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Dictature bancaire ou système monétaire démocratique ? A vous de choisir !

Pour la majorité d’entre nous, le système monétaire semble fonctionner normalement : nous gagnons de l’argent quand nous produisons quelque chose, nous en perdons quand nous achetons. Nous ne nous posons pas de questions sur la façon dont il a été créé, l’important est qu’il circule. Mais si cet argent était faux ? Nous ne nous en apercevrions pas si les autres continuaient à l’accepter ; et nous pensons que les banques et l’état finiraient par s’en apercevoir et arrêteraient les faux monnayeurs. Et si c’était les banquiers les faux monnayeurs ? Et si l’état était complice ?

Nous sommes victimes de la plus grande escroquerie de tous les temps qui fait de nous les esclaves plus ou moins bien nourris d’un système qui ne profite qu’à quelques ’uns et conduit l’humanité à sa perte.

Ce petit dossier démontre simplement pourquoi le système actuel ne peut pas fonctionner, comment on en est arrivé là et comment il serait possible d’en sortir pour le bien de 99% d’entre nous si nous étions suffisamment informés pour faire les bons choix lors des élections. Lisez et faites circuler.

Ce dossier est le résultat d’un travail collectif regroupant, résumant ou enrichissant les acquis d’ouvrages déjà publiés et cités dans la bibliographie. Il vous est possible dans chaque chapitre d’apporter vos commentaires pour éventuellement l’améliorer ou l’enrichir, sachant qu’il est volontairement très condensé pour pouvoir être lu facilement par tous : chaque affirmation pourrait faire l’objet d’un chapitre entier pour en apporter les preuves mais la plupart d’entre nous ont déjà suffisamment d’expérience pour pouvoir en apprécier la véracité.

Table des matières: http://democratie-sociale.fr/?p=734&preview=true

 

Pouvoir de création monétaire et démocratie 

La démocratie n’est pas un tout ou rien, il y a des degrés. Un état est d’autant plus démocratique que les citoyens sont associés aux décisions qui les concernent et que ceux qui exercent un pouvoir sont révocables par ceux sur qui ce pouvoir s’exerce. La démocratie complète n’a sûrement jamais existé, sauf peut-être dans de petites communautés, et notre démocratie dite « représentative » n’est, par nature, pas très démocratique car les dits « représentants » ont toujours plus représenté eux-mêmes que le peuple. C’est d’ailleurs volontairement que ceux qui ont fait la révolution de 1789 ont construit une « république » plutôt qu’une démocratie.

Ils nous ont octroyé quand même la possibilité d’élire ceux qui exercent 2 pouvoirs importants: le législatif et l’exécutif. Restent 3 autres pouvoirs importants qui ne sont pas sous contrôle démocratique:

_Le judiciaire: les juges sont théoriquement indépendants de tout pouvoir, mais, grâce aux procureurs et à son pouvoir de nomination, l’exécutif peut interférer.

_Le contrôle des moyens d’information: la liberté de parole ne sert à rien si personne ne vous entend et ceux qui contrôlent les grands médias jouissent d’un véritable pouvoir. Il fut un temps où c’était l’état, ce n’est plus le cas actuellement mais ce n’est pas pour autant qu’ils sont libres.

_Le pouvoir de création monétaire : nous avons vu qu’il est énorme car il contrôle tout le système économique. Il était autrefois sous contrôle de l’état mais ne l’est plus depuis 1973 et surtout depuis les traités européens.

S’il ne nous reste presque plus rien de démocratique, c’est parce que le cinquième pouvoir, le plus important, n’est pas sous le contrôle des citoyens, il est aux mains d’un petit groupe de banquiers privés, et il a réussi à contaminer tous les autres :

_Ces banquiers ont permis à quelques amis de contrôler les principaux médias.

_Le contrôle des médias a permis d’endoctriner sans qu’elle s’en rende compte la majorité des citoyens: il suffit de savoir trier les informations et de les présenter dans le sens voulu.

_Cette majorité vote donc pour des candidats aux législatives et à l’exécutif présélectionnés par les médias, donc par ce petit groupe, pour leur dépendance à l’idéologie dite « néo-libérale » qui leur assure le pouvoir. On a pu déterminer que le nombre de voix obtenues aux élections était exactement proportionnel au temps de passage sur les écrans TV.

Finalement, au lieu d’être sous contrôle citoyen, ce sont 4 pouvoirs et demi qui sont sous le contrôle d’un petit groupe d’individus composé de banquiers, grands industriels, journalistes et politiques: ce n’est plus une démocratie mais une oligarchie, ou, plus exactement une ploutocratie puisque ce petit groupe est constitué des plus riches.

Revenir vers la démocratie passe donc d’abord par la récupération du pouvoir de création monétaire. On comprend que ceux qui ont actuellement ce pouvoir sont prêts à tout pour ne pas le perdre et rêvent d’une dictature mondiale, mais nous pouvons encore intervenir avec le seul pouvoir qui nous reste: la résistance à la propagande des grands médias grâce en particulier à internet.

Voyons d’abord comment on en est arrivé là.

Théorie de la création monétaire démocratique

   Curieusement, les théories économiques qui justifient le système « néo-libéral » accordent peu d’importance à la façon dont la monnaie est créée, par qui et dans quelles conditions. C’est pourtant là que réside le secret du pouvoir immense qu’ont pris les intérêts financiers sur la vie économique et politique. Pour bien comprendre la logique d’un système monétaire, nous allons raisonner à partir d’une société en grande partie auto-suffisante mais dans laquelle la monnaie n’existe pas encore et étudier les différents moyens de la créer.

Toute société repose sur la répartition du travail productif, ce qui entraine la nécessité d’organiser ensuite les échanges.

Une petite société peut se permettre de fonctionner sans monnaie : chacun donne ce qu’il a produit à ceux qui en ont besoin. C’est ce que nous faisons avec nos proches : nous ne faisons pas payer nos services sachant qu’ils nous rendrons la pareille si nous en avons besoin. L’inconvénient, surtout dans une société plus grande, est que certains peuvent donner beaucoup plus qu’ils ne reçoivent et d’autres recevoir beaucoup plus qu’ils ne donnent.

Si le don ne veut pas être gratuit et demande une réciprocité, on peut envisager le troc : on échange au lieu de donner. L’inconvénient en est quand les choses à échanger n’ont pas la même valeur, ou quand on ne trouve rien à échanger qui satisfasse celui qui possède le bien convoité. Le troc est surtout utilisé pour des échanges entre communautés.

L’invention de la monnaie est un progrès sur le troc car elle va pallier à ces 2 inconvénients en mesurant la valeur des échanges et en permettant leur mutualisation. Chacun pourra savoir s’il a produit suffisamment ou s’il est en dette envers la société, il pourra vendre à l’un et acheter à un autre.

Notons bien que tous les échanges n’ont pas besoin d’être monétisés: lorsqu’on a confiance dans la capacité de rendre à celui à qui on donne, ou quand on peut se permettre de donner sans avoir besoin de retour, dans les échanges entre amis, encore plus dans les échanges amoureux, quand ce qu’on échange est inestimable, il n’y a pas besoin de monnaie. Celle-ci n’intervient que quand la communauté devient trop grande et que la confiance en l’autre que l’on ne connait pas n’est pas automatique, elle sert essentiellement à mesurer que personne ne va recevoir plus qu’il ne peut donner. L’inconvénient de la monnaie est de remplacer des sentiments qui nous motivent par des obligations qui peuvent nous emprisonner : au lieu d’avoir un sentiment de reconnaissance envers celui qui nous a donné, ce qui nous motive pour avoir envie de donner aussi,  le payer fait qu’on ne lui doit rien mais qu’on est obligé de fournir un travail pour gagner cet argent. Et le travail peut devenir une obligation pénible si l’organisation sociale et le système monétaire correspondant ne sont pas conçus de manière démocratique. C’est  un système monétaire démocratique que nous allons essayer de concevoir ici en ne gardant que la fonction essentielle de la monnaie :

La fonction essentielle de la monnaie est de mesurer la valeur des échanges.

La monnaie n’est qu’un instrument de mesure ; elle mesure les valeurs des richesses échangées de la même façon qu’un mètre mesure les longueurs. Et, comme tout instrument de mesure, elle a besoin d’un étalon.

L’étalon doit être connu de tous et représenter une valeur à peu près identique pour chacun : c’est ainsi que, dans les sociétés paysannes, l’étalon a pu être un animal ou une céréale que chacun possédait, ce qui permettait de comparer sa valeur à toute autre production. Dans une société égalitaire, ce pourrait être l’heure de travail. Nous nommerons e la valeur de cet étalon. Comme tout étalon, cette valeur doit être la plus stable possible.

L’estimation de la valeur des produits est par contre variable et obéit à la loi de l’offre et la demande : le prix se négocie entre  le vendeur et l’acheteur.

Il ne suffit pas de mesurer, il faut aussi consigner cette mesure quelque part. Et, pour cela, 2 méthodes sont possibles :

La monnaie scripturale : les gains ou dépenses de chacun sont écrites (d’où le nom de « scriptural ») dans un livre de compte (comme dans l’Égypte ancienne ou les SEL actuels) ou à l’intérieur d’un ordinateur comme c’est le cas dans nos comptes en banque. Chacun a un compte où sont marqués en unités positives ses gains et en unités négatives ses dépenses.

La monnaie matérielle qui a pu prendre différentes formes suivant les époques : cailloux, coquillages, pièces métalliques, billets. La matérialisation des échanges s’avère plus problématique que dans la monnaie scripturale et mérite de s’y attarder.

Examinons ce qui se passe sur une communauté réduite au minimum de 3 personnes: Anatole, Bernard, Camille

Supposons qu’ils aient chacun une production à proposer aux autres, et que, pour simplifier, ces productions soient estimées à la même valeur, 10e. Anatole voudrait acheter à Bernard, Bernard à Camille et Camille à Anatole.

Comme il n’y a pas encore de monnaie qui circule, Anatole va devoir emprunter à l’OE (organisme émetteur de monnaie) 10e (unités étalon): ces 10e n’ont aucune valeur (ou seulement la valeur  de leur fabrication, très faible, on peut parler de monnaie vide, ou monnaie dette, ou monnaie négative par analogie avec la monnaie scripturale négative) ; ces 10e  mesurent seulement la dette d’Anatole envers la société, dette qu’il s’engage à rembourser en produisant pour la société au moins autant.

Avec ces 10e-, il paye Bernard qui les garde en échange de sa production; ces 10e– ont maintenant de la valeur, ils représentent la valeur de la production qu’il vient de vendre et lui donnent le droit d’acheter pour la même valeur. Les 10e– vides sont magiquement devenus 10e+ pleins alors que rien ne distingue  l’un de l’autre.

Bernard va pouvoir utiliser ces 10e+ pleins pour acheter la production de Camille.

Camille va utiliser les 10e+ pleins qu’elle vient d’acquérir en échange de sa production pour acheter celle d’Anatole.

Anatole, qui n’a plus rien à acheter va pouvoir rendre les 10e+ qu’il avait emprunté à l’organisme émetteur qui va annuler sa dette et les détruire. (10e+ + 10e– = 0)

Au final, tout l’argent créé par l’OE lui a été rendu, il n’y a plus de monnaie qui circule mais tous les échanges souhaités ont pu se faire et personne n’est en dette envers les autres.

Il est évident que dans une communauté aussi restreinte, il n’y a pas besoin de monnaie, mais le raisonnement serait le même dans une communauté plus large et si les objets à échanger n’avaient pas la même valeur; au final, certains resteraient avec de la monnaie pleine et d’autres avec de la monnaie dette mais la somme totale serait nulle.

Quand la monnaie est créée uniquement sous forme de dette, pour des prêts  sans intérêts, il n’y a plus de monnaie en circulation quand tous les prêts sont remboursés.

Puisque cette  monnaie créée sous forme de dette est destinée à être rendue, sa valeur propre n’a aucune importance. Son utilisation est basée sur la confiance qu’elle n’a pas été fabriquée par de faux monnayeurs, que sa valeur reste stable, et qu’elle ne pourra être refusée en paiement d’une production.

Comme elle ne fait que symboliser une autre valeur, la valeur propre de la monnaie pleine n’a pas d’importance non plus, qu’elle soit métallique, en or, sous forme de billets ou scripturale, de même façon qu’il est indifférent que votre mètre soit fait en plastique, en métal ou en platine iridié : l’important est qu’il mesure exactement un mètre.

Comment alors va être payé cet organisme émetteur qui a produit un travail pour la collectivité et mérite d’être rémunéré?

Première idée: en prenant un intérêt sur la somme prêtée:

Que va-t-il se passer? Anatole  emprunte 10e– mais devra en rendre 11+.Il achète la production de Bernard en lui donnant les 10e, qui achète celle de Camille, qui achète à Anatole. Celui-ci se retrouve avec ses 10e+ prêtés qu’il peut rendre mais pas le 1e+ d’intérêt car celui-ci n’a pas été créé. Même s’il avait quelque chose à vendre pour 1e, personne ne pourrait lui acheter sauf en empruntant ; mais c’est ce dernier qui ne pourrait pas rembourser son emprunt.

Pour qu’un système monétaire où la monnaie est créée sous forme de dette puisse fonctionner dans une communauté fermée, il est nécessaire que l’organisme qui crée la monnaie ne prenne pas d’intérêts sur les prêts qu’il accorde.

Deuxième idée: en levant des impôts puisqu’il travaille pour la communauté, il est normal que chacun participe

Problème : si l’argent est créé uniquement sous forme de dette, quand tous les emprunts sont remboursés, il n’y a plus d’argent en circulation et il est impossible de lever des impôts.

troisième idée: qu’il se paye lui-même par création monétaire: il mérite que l’on crée de la monnaie pour lui puisqu’il a fourni un travail, c’est la collectivité qui est en dette envers lui et qui va le rembourser en lui fournissant des richesses contre cet argent créé; C’est ce qui se serait passé s’il n’y avait pas d’argent: quand quelqu’un travaille pour le collectif, d’autres se chargent de le nourrir (au sens large, c’est-à-dire lui fournir ce dont il a besoin). Là, certains individus du collectif vont devoir produire un peu plus pour lui mais en s’enrichissant, ce qui est normal puisque toute production vendue mérite sa symbolisation en monnaie. Et il en sera de même pour tous ceux qui travaillent pour la collectivité : cet argent qui leur est versé par création monétaire est le seul argent plein qui va rester en circulation pour échanger et capitaliser quand tous les emprunts auront été remboursés. D’années en années, la masse monétaire de monnaie pleine va augmenter au point que les emprunts seront de moins en moins nécessaires il n’y aura bientôt plus besoin d’emprunter et les éventuels impôts n’interviendront que pour limiter la capitalisation et redistribuer cet argent pour aider les plus défavorisés. Il y aura alors à diminuer la création monétaire et à jouer sur l’équilibre impôts- monnaie créée pour que la masse monétaire soit parfaitement adaptée aux besoins économiques. Contrairement à ce qui peut sembler d’une logique imparable, l’impôt sur le revenu pour financer ceux qui travaillent pour la collectivité est une double peine car nous les finançons 2 fois : une fois en diminuant notre salaire, une deuxième fois en produisant pour eux qui nous paieront avec l’argent que nous leur avons donné.

Ceux qui travaillent pour la collectivité ne peuvent être payés que par création monétaire et ce jusqu’à ce que la masse de monnaie pleine soit suffisante pour pouvoir lever des impôts. Cela ne produit pas d’inflation si la production interne est suffisante et si  la création de monnaie pleine ne peut se faire qu’en échange d’une richesse produite.

Si l’on veut éviter le plus possible le recours aux emprunts par création monétaire qui sont gênants car ils mettent en circulation une monnaie fictive indifférenciable d’une monnaie pleine, on peut imaginer la possibilité d’un découvert non matérialisé sans intérêts ou d’un revenu de base pour chaque membre de la communauté en monnaie pleine, revenu qui devra être dépensé uniquement pour des achats de production interne.

L’inconvénient du revenu de base est qu’il gomme la raison pour laquelle la monnaie a été créée, à savoir mesurer que chaque membre de la communauté produit pour la société au moins autant qu’il en reçoit. Ceux qui le veulent vont pouvoir bénéficier d’un revenu certes minimum mais sans rien produire et seront à la charge des autres. Certains sont déjà pris en charge par la collectivité : les handicapés, les malades, les chômeurs, les retraités. Et ceux-là peuvent effectivement être pensionnés par création monétaire, mais quid de quelqu’un en bonne santé qui ne fait rien et vit aux crochets des autres ? La société est-elle prête à accepter cela ?

Le commerce avec une autre communauté ne pose pas problème : il suffit d’appliquer un taux de conversion entre les 2 étalons ; par exemple, si l’heure de travail étalon vaut 12e dans la communauté A et 60 é dans la communauté B, il suffira de multiplier par 5 ou diviser par 5 lors des échanges entre communautés. Par contre, s’il n’y a pas de monnaie internationale, il s’agit d’un troc et les échanges doivent être équilibrés. S’il existe une monnaie internationale, celle-ci doit répondre aux mêmes critères que précédemment pour être acceptable, à savoir : n’être créée que pour des prêts sans intérêts aux nations en voie de développement et pour des échanges de richesses produites. Une telle monnaie permettrait des réalisations utiles pour l’humanité entière par création monétaire internationale.

Les règles impératives de toute création monétaire démocratique sont donc celles –ci :

La fonction essentielle de la monnaie est de mesurer la valeur des échanges.

Quand la monnaie est créée uniquement sous forme de dette, pour des prêts  sans intérêts, il n’y a plus de monnaie en circulation quand tous les prêts sont remboursés.

La valeur propre  de la monnaie n’a aucune importance. Son utilisation est basée sur la confiance qu’elle n’a pas été fabriquée par de faux monnayeurs, que sa valeur reste stable  et qu’elle ne pourra être refusée en paiement d’une production.

Pour qu’un système monétaire où la monnaie est créée sous forme de dette puisse fonctionner dans une communauté fermée, il est nécessaire que l’organisme qui crée la monnaie ne prenne pas d’intérêts sur les prêts qu’il accorde.

Si l’argent est créé uniquement sous forme de dette, quand tous les emprunts sont remboursés, il n’y a plus d’argent en circulation et il est impossible de lever des impôts.

Ceux qui travaillent pour la collectivité ne peuvent être payés que par création monétaire et ce jusqu’à ce que la masse de monnaie pleine soit suffisante pour pouvoir lever des impôts.  Cela ne produit pas d’inflation si la production interne est suffisante et si  la création de monnaie pleine ne peut se faire qu’en échange d’une richesse produite.

                        Qui peut être cet organisme émetteur ?

L’état

Le pouvoir de création monétaire donne un pouvoir énorme sur toute la vie sociale. C’était autrefois le principal pouvoir régalien, seul le roi avait le droit de frapper la monnaie. Il semblerait que, dans une démocratie, ce rôle devrait revenir à l’état : c’est déjà lui qui légifère pour encadrer la monnaie officielle, organiser les impôts, c’est lui qui peut poursuivre les faux monnayeurs, c’est lui qui doit payer les fonctionnaires. Le danger est que s’il n’est pas bien contrôlé démocratiquement, comme c’est le cas dans notre constitution, il utilise la création monétaire pour des enrichissements personnels ou pour masquer une mauvaise gestion de l’économie, créant plus de monnaie qu’il n’y a de richesses produites, ce qui crée de l’inflation.

Un organisme public sous contrôle démocratique indépendant de l’état

Cet organisme serait soumis aux règles strictes de création monétaire avec une gestion transparente publique. Il ne pourrait fournir de l’argent à l’état et aux particuliers qu’en respectant ces règles. Le risque, comme dans toute gestion humaine, est que tout ne soit pas transparent.

Un logiciel bien programmé, transparent  et infalsifiable

95% de l’argent que nous utilisons est déjà sous forme scripturale, plus exactement électronique car écrite seulement dans des ordinateurs et les opérations courantes dans les banques sont gérées automatiquement par des logiciels. De tels logiciels, programmés avec les règles de création monétaire démocratique, pourraient gérer automatiquement nos comptes quasi gratuitement soit dans une banque centrale d’état accessible à tous, soit individuellement dans des smartphones sécurisés. Les blockchain du bitcoin montrent que l’on peut faire un système à la fois sécure et transparent (mais qui est très lourd et le bitcoin ne satisfait pas aux règles de création démocratique).

Un banquier ( central)privé honnête (respectant la démocratie)

Pour être honnête, il doit respecter les règles de création monétaire démocratique : ne prêter avec intérêts que son argent plein propre ou une partie de celui de ses clients avec leur accord, prêter par création monétaire à l’état et aux particuliers sans intérêts,  créer de l’argent plein pour tous ceux qui travaillent pour la collectivité et uniquement pour ceux-là. Lui-même ne peut se payer que par création monétaire. Mais, si on ne peut faire confiance à l’état, à la comptabilité publique, pour gérer correctement cette création, comment croire qu’un individu privé ne sera pas tenté d’en profiter pour son compte ?

Un banquier (central) privé malhonnête (se mettant au-dessus de l’état)

Celui-là fait croire qu’il prête de l’argent plein même quand il fait de la création monétaire, en profite pour demander des intérêts dessus, considère l’état comme un particulier  et lui prête avec les intérêts de son choix, ne fait aucune création monétaire pour ceux qui travaillent pour la collectivité mais en fait pour lui pour pouvoir jouer au casino-boursier.

C’est dans ce cas de figure que nous sommes car la plupart des Banques Centrales actuelles sont des banques privées : aux USA la Réserve Fédérale  est en réalité régie par un consortium de 3 grandes banques anglo-américaines privées qui ne prêtent qu’avec intérêts même à l’état ; en Europe, les banques centrales des états sont sous les ordres de la BCE qui, d’après les traités, a interdiction de prêter (et encore moins donner) aux états, ce qui revient au même que la situation américaine. Dans les 2 cas, les états se sont interdits le pouvoir de création monétaire et ne peuvent qu’emprunter à des banques privées qui ont, elles, le pouvoir de création monétaire.

Les conséquences en sont énormes :

Toute la monnaie créée pour le circuit économique l’est  sous forme de prêts avec intérêts et nous avons vu que cela crée une situation inextricable où certains ne pourront pas rembourser puisque l’argent des intérêts n’a pas été créé. Cela va engendrer une compétition sauvage entre les membres de la communauté, chacun essayant d’éviter d’être exclu en n’étant pas dans les derniers à rembourser. Cela tend aussi à provoquer de l’inflation car, pour pouvoir payer les intérêts, une possibilité est de gonfler le prix de sa production. Ce système, ingérable dans une société fermée, ne peut perdurer que dans une fuite en avant, une expansion perpétuelle qui permet de reporter sur d’autres le défaut de paiement ou l’endettement non remboursable. Cela explique pourquoi les USA sont dans un expansionnisme permanent, pourquoi les états prisonniers de ce système sont obligés d’exporter agressivement vers d’autres états pour trouver à l’extérieur l’argent des intérêts qui fait défaut chez eux,  pourquoi les économistes adeptes de ce système ne voient de salut que dans la croissance car quand il y a croissance, beaucoup empruntent, et avant que les emprunts soient remboursés, il y a beaucoup de monnaie vide qui circule et donne l’illusion d’une augmentation de la masse monétaire qui permet de rembourser les intérêts des premiers emprunts. Le problème est que quand tous les emprunts veulent être remboursés avec les intérêts, il manque encore plus d’argent qu’avant.

Le fait que ce soit un banquier privé qui crée la monnaie a un autre effet pervers: celui qui emprunte se sent désormais en dette non plus envers la société, mais envers la banque, ce qui justifie tout le pouvoir que peut exercer la banque sur lui en se comportant comme si elle prêtait de l’argent plein: il s’agit ni plus ni moins d’une escroquerie, la dette reste envers la société et non envers la banque.

Le banquier traite l’état comme un particulier, ce qui le met au-dessus de l’état: au lieu que ce soit l’état qui demande à la Banque Centrale de payer les fonctionnaires, c’est la banque qui demande à l’état de s’endetter pour les payer. L’état ne peut plus créer de monnaie et ne peut se financer que par l’emprunt et l’impôt (impôt que nous avons vu impossible dans ces conditions, qui n’est réalisable que si l’état a préalablement emprunté pour augmenter la masse monétaire en circulation). Notre dette correspond exactement à la monnaie que l’état aurait pu créer gratuitement et elle est impossible à rembourser puisqu’aucune monnaie pleine n’est créée. Plus on cherche à rembourser, plus on s’endette et  plus on doit payer des intérêts. Cela explique pourquoi tous les états adeptes de ce système ont des dettes exponentielles et irremboursables qui ne font que croître, quoi qu’ils fassent : les USA sont endettés à plus de 500% du PIB, plus que la Grèce, la dette de la France a commencé à se former en 1974, quand nos politiciens convertis à l’idéologie néolibérale ont préféré se financer sur les marchés au lieu de leur Banque Centrale, idem au Canada quand P.Trudeau a privatisé la Banque Centrale en 1974. Il devient alors impossible de payer les réalisations collectives avec de la création monétaire, L’état doit s’endetter encore plus et se rembourser en partie avec des impôts.

Le banquier prête à qui il veut, en quantité qu’il veut, au taux qu’il veut : quel énorme pouvoir ! C’est lui, et non la société, qui  décide des investissements à faire et il choisit non pas ceux qui sont le plus intéressants pour la société à long terme, mais ceux qui rapportent le plus à court terme. Il peut augmenter ou diminuer la masse monétaire à sa guise, créer inflation ou récession. (C’est ainsi que le prix de l’immobilier a beaucoup augmenté ces dernières années car c’est un crédit sûr pour les banquiers et c’est là qu’ils en ont fait le plus, rendant la demande supérieure à l’offre, ce qui crée l’inflation).

Il y a dans toute la société un renversement des valeurs : l’argent étant artificiellement trop rare, ce sont les considérations d’argent qui priment sur toutes les autres au détriment des valeurs éthiques et morales.

Enfin, rien n’empêche ce banquier de créer de la monnaie pour se financer autant qu’il veut ou pour financer autre chose que des  richesses produites, en particulier pour spéculer à la bourse; les investissements spéculatifs ne sont pas des investissements productifs pour la société et ne devraient pas avoir droit à de la création monétaire. Actuellement, 95% de l’argent créé sert à la spéculation. En 2016, la Banque Centrale Européenne a racheté pendant des mois 60Md d’actifs par mois, ce qui revient à distribuer de la monnaie en la donnant uniquement aux banques qui ne s’en sont servies que pour spéculer (c’est plus que le déficit budgétaire annuel d’un pays comme la France et deux fois la charge des intérêts de la dette de l’Etat français).  Cela crée une inflation masquée : on nous dit que l’inflation est très faible mais cela est faux car le mot et son calcul ont été dénaturés : l’inflation est une augmentation des prix (ce qui est équivalent à une dévaluation de la monnaie) qui se produit quand trop de monnaie a été créée au regard des richesses produites. Ce terme devrait s’appliquer aussi à l’inflation boursière mais il a été cantonné à quelques articles de consommation courante judicieusement choisis selon un mode de calcul faussé : l’immobilier ayant beaucoup augmenté ces dernières années a été sorti de l’indice ; on a introduit une composante « qualité » qui fait que si l’article augmente, mais qu’on estime que la qualité a augmenté aussi , il n’y a pas d’augmentation ; si votre article augmente mais qu’il en existe un autre semblable moins cher, on considère que vous prenez le moins cher, ou que vous en achetez moins, etc… C’est cette inflation réelle qui fait que les cours de la bourse peuvent être longtemps en augmentation, jusqu’au crack quand la banque centrale décide d’arrêter: les cours des monnaies sont maintenus artificiellement, mais les critères de confiance ne sont pas respectés et, en réalité, la plupart des monnaies ont perdu toute valeur. Cette façon de créer de la monnaie ex nihilo sans qu’elle corresponde à une richesse échangée est exactement ce que font les faux monnayeurs (cela a été dénoncé par Maurice Allais,  prix Nobel d’économie, mais occulté par la plupart des économistes néo-libéraux). Cela prouve aussi que l’état ne joue plus son rôle d’interdire les faux monnayeurs et est complice de ce racket des banquiers sur l’économie du pays. Nos politiques auraient le pouvoir, s’ils le voulaient, de reprendre le contrôle de la Banque Centrale; ils ne le font pas en partie par incompréhension du fonctionnement monétaire et ralliement passif à l’idéologie néo-libérale, en partie par corruption car ils sont dépendants des banques pour leur campagne électorale et leur fortune personnelle.

Comble de la perversion du système : quand le système bancaire menace de faire faillite pour avoir trop boursicoté au casino-boursier, c’est l’état qui doit s’endetter encore plus auprès d’eux pour les renflouer car le système monétaire est vital pour le pays.

La spéculation et le prêt avec intérêt permettent à ceux qui ont déjà beaucoup d’argent, essentiellement les banques, d’en acquérir encore plus sans rien produire, ce qui est l’essence même du capitalisme mais est une absurdité: il est incompatible pour un instrument de mesure de s’agrandir à l’usage; imaginez que votre mètre s’allonge quand ce que vous mesurez est grand ! Un instrument de mesure doit au contraire, rester le plus stable possible. (C’est à comparer également à une énergie qui s’accroîtrait quand on la stocke, ce qui est contraire aux principes physiques). Nous devons perdre l’habitude de considérer qu’il est normal que l’argent placé « rapporte »: cela ne se justifie que parce que nous n’en avons pas assez et pour compenser l’inflation, ce qui ne devrait pas avoir lieu dans un système bien géré. Il serait plus normal que l’argent capitalisé, donc inutilisé dans des échanges, perde peu à peu sa valeur : c’est ce qu’ont voulu marquer certaines monnaies locales en étant « fondantes ». Sans aller jusque-là, on pourrait décider que l’argent capitalisé soit limité à un maximum individuel et seulement mis à l’abri de l’inflation : c’est ce que font la majorité des français avec leur livret de caisse d’épargne. Le système capitaliste accroît automatiquement les inégalités en rendant les riches toujours plus riches sans rien produire et les pauvres toujours plus pauvres quels que soient leurs efforts pour travailler plus.

Les (grands) banquiers et leurs alliés, les grands industriels ont utilisé leur argent pour s’emparer des grands médias et réduire encore le peu de démocratie qui nous restait, à savoir le droit d’élire nos dirigeants : à partir du moment où les médias servent de propagande pour le candidat de leur choix et arrivent à fausser le débat démocratique, on peut considérer que les élections ne remplissent plus leur rôle démocratique et que le système se verrouille complètement en dictature d’une petite oligarchie.

Il ne reste plus dans le monde que très peu de banques centrales qui n’appartiennent pas à la famille Rothschild et nous assistons à la phase finale d’un coup d’état qui vise « une dictature mondiale des banquiers » (comme l’a avoué Mr Rockefeller) et qui se prépare depuis des siècles. Comme le disait Mayer Amschel Rothschild à l’origine de tout cela : « donnez-moi  le contrôle de la monnaie et je me moque de qui fait les lois »

La monnaie qui est le sang de la société, qui matérialise nos échanges et devrait être un service public, est devenue entre les mains de ces banquiers pervers un formidable instrument de pouvoir sur les peuples qu’ils utilisent sans aucun respect de la vie sur la planète. (Nous parlons ici des banquiers de banque centrale, ceux des petites succursales sont prisonniers du système et ne se rendent pas forcément compte du fonctionnement d’ensemble : eux sont limités dans leur prêts, peuvent faire faillite si les emprunteurs ne remboursent pas, détruisent l’argent créé lorsqu’il est remboursé et trouvent normal de prendre des intérêts pour se payer ; cela pourrait à la rigueur fonctionner s’il y avait par ailleurs une banque centrale qui créait de l’argent plein).

Pour comprendre comment on en est arrivé là, voir le chapitre « histoire de la création monétaire » http://democratie-sociale.fr/2016/histoire-de-la-creation-monetaire/

Pour comprendre ce que serait un pays et un monde avec une monnaie démocratique, voir http://democratie-sociale.fr/2017/un-monde-de-richesse-et-de-paix-protegeant-la-nature-et-la-vie-sur-terre-est-possible-avec-un-systeme-monetaire-democratique/

Qui veut destituer Trump

Ce n’est pas une majorité de la population, comme on veut nous le faire croire, il a été élu par une réelle majorité.

Qui aurait pu, avant lui, se moquer ouvertement du président de la plus grande puissance mondiale? Si (presque) tout le monde se le permet ici, c’est parce que l’ensemble des grands médias américains se le permettent, et, si ceux ci se le permettent, c’est qu’ils sont aux ordres de plus puissants que lui, la petite oligarchie qui a toujours dirigé dans l’ombre les USA, fait et défait les présidents à sa guise. Trump ne leur plait pas car il s’oppose à la mondialisation et à la guerre avec la Russie: ils vont tout faire pour le destituer et, s’ils n’y arrivent pas, il risque sa vie: ce sont les mêmes, pour les mêmes raisons, qui ont déjà fait assassiner le président Kennedy.

Voir l’article d’un journaliste américain lucide:

1629 – L’enjeu pour Trump et nous tous

Les 99% de la population mondiale sont victimes d’un système monétaire absurde

 

Pourquoi la pauvreté augmente alors que nous n’avons jamais produit autant de richesses ? Pourquoi courrons nous après l’argent alors qu’il n’y en a jamais eu autant de créé ? Pourquoi avons-nous toujours besoin de croissance ? Pourquoi est-ce que gagner de l’argent est devenu la valeur essentielle, au mépris de la qualité, du bien vivre, du respect de l’environnement ? Une seule réponse à toutes ces questions : nous sommes prisonniers d’un système monétaire absurde.

Depuis que  nos monnaies n’ont plus été indexées sur l’or, en 1971, les banques peuvent créer de la monnaie « ex nihilo », à partir de rien, par un simple jeu d’écriture. Elles le font chaque fois que quelqu’un demande un crédit : quand le crédit est remboursé, elles effacent l’argent créé et gardent les intérêts. Cela ne poserait pas problème si elles ne demandaient pas des intérêts et si ce n’était pas la seule façon de créer de la monnaie dans le système économique : il n’est pas besoin d’avoir fait de grandes études pour comprendre que, s’il n’y a personne pour mettre de la monnaie par ailleurs, il ne va pas y avoir assez d’argent en circulation pour payer les intérêts ; les premiers qui remboursent vont pouvoir en trouver chez ceux qui n’ont pas fini de rembourser, mais les derniers vont faire défaut et être saisis. C’est  cela qui explique:

_ Que nous devons être toujours en « croissance » quittes à surconsommer : la croissance permet de payer les intérêts, mais, le jour où elle s’arrête, il en manque encore plus qu’avant.

_Que nous sommes obligés d’être en compétition les uns avec les autres et d’exporter agressivement pour aller prendre chez les autres l’argent qui manque chez soi. C’est la raison essentielle des guerres.( les USA n’ont eu que 23 ans de paix dans toute leur histoire).

_Que les pays pauvres sont pillés sans espoir de pouvoir s’en sortir: on leur prête de l’argent créé ex nihilo en leur demandant des intérêts impossibles à rembourser, ce qui les oblige à donner gratuitement leurs richesses.

Même si nous en vivons les conséquences dramatiques, l’inadéquation de ce système est passée inaperçue du commun des mortels car il ressemble de l’extérieur à celui qui fonctionnait avant : une banque centrale émet la monnaie qu’elle distribue aux banques qui, par le système des réserves fractionnaires, peuvent en émettre aussi en proportion de leur réserve. (C’était pour multiplier la monnaie insuffisante basée sur l’or). La grande différence est que les états se sont privés du droit régalien de battre monnaie et même de bénéficier de prêts à taux zéro en confiant les banques centrales à des banquiers privés : la « réserve fédérale » US est en réalité un consortium de banques privées et les traités européens interdisent à la banque centrale européenne de prêter aux états. Les conséquences en sont énormes :

_Au lieu de battre leur monnaie, les états sont obligés d’emprunter eux aussi auprès de banquiers privés qui fixent les intérêts à leur guise, ce qui explique nos dettes monstrueuses irremboursables mais procurant une rente aux banquiers (l’ensemble de nos impôts sur le revenu).

_Le fait de créer la monnaie place les banques au-dessus des états : ce sont elles qui décident à qui elles veulent prêter, quels sont les investissements à privilégier, choisissant les plus rentables et non les plus nécessaires à la collectivité. Ce sont donc elles qui décident des choix économiques de société à la place des politiques.

_Ce sont elles qui contrôlent les médias par l’intermédiaire de leurs obligés, les « grands industriels » pour faire la promotion de leur idéologie et de leurs candidats politiques, réduisant ce qui nous reste de démocratie à presque rien.

_Il leur est facile de corrompre la vie politique.

_La masse monétaire nécessaire à l’économie est en constante diminution puisqu’aucun argent n’y est créé alors que les intérêts y sont ponctionnés. Par contre, beaucoup d’argent est créé pour la spéculation génératrice d’instabilité et de crises périodiques.(95% de tout l’argent créé). Et, comble d’arrogance, c’est l’état qui doit s’endetter pour éviter leur faillite quand elles ont trop perdu au casino boursier.

_C’est un système qui augmente les inégalités car l’argent des riches peut s’accroître sans rien produire alors que les pauvres qui doivent emprunter sont en plus rackettés. Le système aspire l’argent des plus pauvres vers les plus riches, induit la concentration des industries et des pouvoirs dans un nombre de plus en plus réduit de mains.

_C’est un système qui détruit toute moralité car entièrement tourné vers l’enrichissement personnel, quelque soit la manière d’y arriver.

Ce système qui ne profite qu’à une petite minorité (à peine 1% de la population) ne peut perdurer que par l’ignorance de la majorité de la population et même de la majorité des politiques formatés à l’idéologie néo-libérale. La plupart des banquiers ne se rendent pas compte du mal qu’ils font en prenant des intérêts sur de l’argent créé ex nihilo car ils ont besoin d’équilibrer leurs comptes, mais les gros qui pilotent le système, les Goldman-Sachs, JP Morgan, Rothschild, Rockefeller sont parfaitement conscients et projettent une dictature mondiale de banquiers. Pourtant, d’autres systèmes sont possibles, beaucoup plus performants et stables : il suffirait que ce soit une banque centrale sous contrôle citoyen qui soit seule habilitée à créer la monnaie uniquement dans 2 situations

_pour des prêts sans intérêts dans des investissements productifs.

_pour payer tous ceux qui travaillent pour la collectivité : cela ne produirait pas d’inflation si la production est suffisante pour les nourrir et remplacerait avantageusement une grande partie des impôts et taxes diverses. Les impôts n’interviendraient que lorsqu’il y aurait trop d’argent en circulation et pour répartir l’argent des plus riches vers les plus pauvres.

Et les conséquences en seraient tout aussi énormes, mais dans l’autre sens:

_Il devient possible de réindustrialiser le pays en prêtant sans intérêt à ceux qui s’investissent dans une entreprise et en protégeant ces entreprises de la concurrence étrangère par des taux de change adaptés.

_L’état quant à lui n’a pas besoin d’emprunter: il peut faire payer par création monétaire tous ceux qui travaillent pour la collectivité et toutes les réalisations publiques. L’état en effet n’est pas à considérer comme un simple citoyen car il représente la collectivité: si un citoyen emprunte auprès de la banque centrale, il est en dette envers la collectivité et doit produire des richesses en valeur équivalente pour rembourser. Quand l’état emprunte auprès de la banque centrale, il s’agit d’une dette de la collectivité envers la collectivité qu’elle doit rembourser en produisant plus: ou bien elle donne la valeur de cette production à l’état qui paye ainsi ses agents, ce sont les impôts, ou bien elle donne directement cette production aux agents de l’état s’ils sont payés par création monétaire.  Les 2 façons sont équivalentes mais la deuxième est à la fois plus simple et plus attrayante: au lieu de perdre du pouvoir d’achat en payant ses impôts, on s’enrichit en produisant plus. (cela n’est valable, rappelons le , que s’il y a suffisamment de production intérieure: les productions internes nous enrichissent, les importations nous appauvrissent). C’est seulement quand il y aurait trop d’argent en circulation qu’on pourrait arrêter la création monétaire pour gérer le flux.

C’est ainsi que l’état pourrait racheter les entreprises en difficulté, que les constructions d’autoroutes ou d’hôpitaux pourraient se faire sans impôts et nous appartenir d’emblée, qu’on ne se poserait pas la question du trou de la sécu, que les fameuses « charges salariales » seraient réduites , que les entreprises deviendraient d’autant plus performantes qu’elles n’auraient plus les charges dues aux intérêts (et que l’on pourrait réduire les charges du capital).

-La banque centrale est au service de la collectivité. Les autres banques ne pourront prêter que leur argent propre ou celui d’une partie de leurs déposants avec leur accord.

_C’est maintenant l’état, représentant la collectivité, qui décide des investissements à faire, même s’ils sont peu productifs à court terme, même s’il représentent un coût important. On peut se mettre à respecter l’environnement, à chercher la qualité de vie.

_Mieux protégé, il n’est plus besoin d’être aussi compétitif: on peut s’apercevoir que la coopération est plus productive.

_Le commerce avec les autres états n’a plus besoin d’être agressif et peut se faire dans le respect mutuel.

_C’est un système qui peut fonctionner sans croissance (mais ne l’interdit pas), qui assèche la spéculation et est à l’abri des « crises ».

Ce système améliorerait la vie de 99% de la population, même des industriels capitalistes.Il ne résout pas tous les problèmes de la démocratie, comment mieux répartir les richesses, comment donner plus de pouvoirs aux citoyens pour participer à l’élaboration des lois et contrôler les dirigeants, mais il permet de les aborder avec plus de sérénité, c’est même la condition première à réaliser pour échapper à la dictature de quelques banquiers..

La révolution monétaire, une révolution démocratique pacifique

Les révolutions ont lieu lorsque le peuple est excédé par trop d’oppression, trop de misère, trop de mépris de la part des dirigeants. Ce peuple en colère descend dans la rue, se bat contre les forces armées qu’on lui envoie, réclame et parfois obtient le départ du dirigeant principal. Mais toutes ces révolutions échouent parce qu’elles n’ont pas anticipé ce qu’elles voulaient mettre à la place: le dirigeant principal n’est que la partie apparente d’un système complexe à la fois institutionnel, idéologique et économique et lui parti, le système continue à fonctionner comme avant et le remplace par un autre semblable.

Actuellement, nous sommes sous l’emprise d’un système dit « néolibéral » qui se rapproche du niveau d’oppression, de misère et de mépris du peuple propre à déclencher une révolution mais, si nous ne voulons pas qu’elle échoue aussi, nous devons auparavant analyser en quoi ce système est pervers et anticiper celui que nous voulons mettre à la place. C’est le but de ce document.

L’idéologie néolibérale nous dit que toute l’organisation sociale est régie par le système économique qui s’autogère lui-même par la « loi du marché ». Cette « loi du marché » apparaît tellement complexe que la plupart d’entre nous n’y comprennent rien et que les économistes eux mêmes n’arrivent pas à prévoir quand et pourquoi il va y avoir des « crises ». Les théories économiques néolibérales échouent car le système est tellement dérégulé et instable qu’il obéit à des mouvements psychologiques de masse pouvant se déclencher à tout moment: la seule théorie mathématique qui pourrait s’appliquer à ce système est la bien nommée « théorie du chaos ». Aucune par contre ne se penche sur les conditions initiales qui rendent le système chaotique et ne se pose cette question initiale fondamentale:  comment est créée la monnaie que nous utilisons et quelles sont les règles logiques auxquelles doit obéir cette création pour que le système économique puisse fonctionner de façon pérenne?

Curieusement, ces règles logiques de création monétaire ne sont enseignées nulle part : on enseigne certes la règlementation de la création monétaire mais sans jamais se poser la question de sa cohérence. Et encore cet enseignement est-il réservé à quelques étudiants : combien de français savent que les banques sont autorisées à créer de l’argent ex nihilo (à partir de rien) lorsqu’elles vous font un prêt ?

Or, ces règles logiques ne demandent pas une compétence extraordinaire pour être comprises : il suffit d’essayer de résoudre le problème suivant : comment créer un système monétaire au service d’une communauté fermée autosuffisante ? (ce qui ne l’empêchera pas de commercer avec d’autres communautés si elle n’est pas autosuffisante).C’est ce que nous allons faire, ce qui nous permettra de découvrir quelles sont ces règles logiques et de comparer un système qui les applique à un système qui ne les applique pas.

Supposons pour cela une petite communauté où l’argent n’existe pas encore mais qui fonctionne selon le principe de la répartition du travail : chacun se spécialisant dans une activité, il devient nécessaire d’organiser les échanges pour que chacun puisse avoir tout ce dont il a besoin et que la communauté survive.

Il y a d’abord le don : chacun donne aux autres ce qu’il produit sans compter en espérant que les autres feront de même pour ce dont il a besoin. Cela est valable dans une petite communauté où tout le monde se connait et voit ce que font les autres. Le risque dans une communauté plus grande est qu’il y en ait qui s’épuisent à donner alors que d’autres profitent des dons sans rien produire eux-mêmes.

Si le don ne veut pas être gratuit et demande une réciprocité, on peut envisager le troc : on échange au lieu de donner. L’inconvénient en est quand les choses à échanger n’ont pas la même valeur, ou quand on ne trouve rien à échanger qui satisfasse celui qui possède le bien convoité. Le troc est surtout utilisé pour des échanges entre communautés.

L’invention de la monnaie est un progrès sur le troc car elle va pallier à ces 2 inconvénients en mesurant la valeur des échanges et en permettant leur mutualisation. Chacun pourra savoir s’il a produit suffisamment ou s’il est en dette envers la société, il pourra vendre à l’un et acheter à un autre. Lorsqu’on échange 2 richesses de valeurs différentes, celui qui a donné la richesse de plus grande valeur garde la différence de valeurs pour échanger avec d’autres. Donner de la monnaie à quelqu’un en échange de ce qu’il  donne, cela veut dire exactement: « Tu m’as donné quelque chose qui vaut cette valeur là mais je ne suis pas en dette envers toi car le fait que j’ai cette monnaie prouve que j’ai donné moi aussi quelque chose de cette valeur à quelqu’un d’autre (ou que je vais le faire si c’est un emprunt que je dois rembourser) ». Et celui qui a reçu cette monnaie la garde comme preuve qu’il a déjà donné une richesse de cette valeur là et qu’il a droit à recevoir des richesses de la même valeur. (J’entends par richesse toute production commercialisable: objet, service, transmission de savoir ou de savoir faire, …).

Notons bien que tous les échanges n’ont pas besoin d’être monétisés: lorsqu’on a confiance dans la capacité de rendre à celui à qui on donne, ou quand on peut se permettre de donner sans avoir besoin de retour, dans les échanges entre amis, encore plus dans les échanges amoureux, quand ce qu’on échange est inestimable, il n’y a pas besoin de monnaie. Celle-ci n’intervient que quand la communauté devient trop grande et que la confiance en l’autre que l’on ne connait pas n’est pas automatique, elle sert juste à mesurer que personne ne va recevoir plus qu’il ne peut donner. (Ceci dans une société démocratique où tous les individus sont égaux, nous verrons qu’elle peut aussi être utilisée à d’autres fins).

La fonction de la monnaie dans une démocratie est de mesurer la valeur des échangesLa monnaie n’est qu’un instrument de mesure : elle mesure les valeurs comme un mètre mesure les longueurs.

Regardons plus concrètement comment mettre en place une monnaie :

Il faut tout d’abord se mettre d’accord sur une unité de valeur et attribuer à chaque chose commercialisable une valeur multiple de cette unité.

_Que choisir comme unité ? Puisqu’il ne s’agit que d’un instrument de mesure,  n’importe quoi peut faire l’affaire : une fève, une poule, une vache, un kilo de blé, une pièce en or, un morceau de papier, un signe sur un livre de comptes, une heure de travail. Il suffit qu’elle soit assez petite pour que la valeur de tout ce qui est à échanger en soit des multiples. Il n’est pas nécessaire que la monnaie soit rattachée à l’or: nous verrons plus tard les avantages et inconvénients du rattachement à l’or.

La valeur propre de la monnaie est indépendante de la valeur de ce qu’elle mesure (de même que la valeur du mètre est indépendante de la valeur de l’objet mesuré).

_Comment estimer la valeur de chaque chose ? Cette estimation est forcément subjective et il n’y a guère d’autre solution que de s’en remettre à la loi de l’offre et de la demande. Le prix se négocie entre le vendeur et l’acheteur. L’estimation la plus juste serait de considérer le temps de travail nécessaire pour créer cette richesse, mais d’autres facteurs entrent en jeu: la rareté, la difficulté, la beauté, …

_Comment enregistrer la transaction ?

Avec un livre de comptes : chacun a un compte où se marque en unités positives ce qu’il a vendu et en unités négatives ce qu’il a acheté. Il peut ainsi se rendre compte s’il a donné plus qu’il n’a reçu ou le contraire. C’est ce qui s’est fait dans l’antiquité et se fait actuellement dans les SEL (Systèmes d’Echange Locaux). C’est un système très simple et très sûr qui avait pour seul inconvénient de devoir se référer au livre de compte chaque fois que l’on faisait un échange. Cet inconvénient a été supprimé par la carte bleue car c’est exactement ce qui se passe sur nos comptes en banque (95% de la monnaie mise en circulation est sous forme « scripturale », c’est à dire simplement écrite dans des ordinateurs).

Nous pouvons aussi matérialiser cette monnaie avec des pièces et des billets par exemple et  garder la monnaie en échange  de ce qui a été vendu, comme preuve . Cette solution est beaucoup plus problématique que la précédente car cette monnaie a 4  valeurs différentes:

_elle a la valeur de sa fabrication, le prix du papier, de l’encre et de la main d’œuvre pour fabriquer un billet, ou le prix du métal et de la main d’œuvre pour fabriquer les pièces. Nous parlerons de valeur propre et de monnaie vide.

_Elle représente la valeur de ce que nous venons de vendre: nous parlerons de monnaie pleine.

_elle représente aussi la valeur de ce que celui qui vous l’a donné a fait pour l’obtenir, et qui peut être très différente de la valeur que vous lui attribuez ( elle peut même être vide si c’est un faux monnayeur).

_Elle représente enfin la valeur de ce que vous pouvez acheter avec elle.

L’intérêt d’une monnaie en or était d’homogénéiser ces 4 valeurs, la monnaie ayant une valeur propre sensiblement égale à la valeur qu’elle représentait. Cela décourageait également les faux-monnayeurs qui n’avaient aucun intérêt à utiliser de l’or pour fabriquer une pièce qui ne valait pas plus cher (sauf à utiliser un autre métal jaune qui pouvait tromper le vendeur). L’or avait par contre l’inconvénient d’être en quantité limitée et de ne pas permettre de fabriquer autant de monnaie qu’il était nécessaire. C’est pourquoi, en 1971, Richard Nixon supprima la convertibilité du Dollar en or, et donc des autres monnaies adossées au Dollar. Les monnaies actuelles n’ayant qu’une valeur propre très faible, leur utilisation  n’est  possible que si nous avons suffisamment confiance dans le système pour croire qu’il n’y a que de la monnaie pleine en circulation et que cette valeur reste stable suffisamment longtemps pour que nous puissions acheter pour la même valeur que ce que nous avons vendu. Cela suppose une intervention de l’état qui doit:

_ légiférer pour indiquer quelle monnaie ne peut être refusée en paiement d’une richesse ou pour s’acquitter des taxes et impôts.

_empêcher et interdire la fabrication de fausse monnaie ( monnaie vide identique à la monnaie officielle mais ne correspondant à aucune richesse créée)

Comment cette monnaie est-elle émise pour représenter des richesses réelles ?

. Pour que la monnaie créée représente une richesse réelle vendue, elle ne doit être donnée qu’à celui qui a vendu cette richesse (j’entends par richesse un bien matériel, ou un service, ou une compétence, ou un temps de travail). Celui qui achète doit avoir auparavant produit une richesse lui aussi, ou alors a dû emprunter.

Il y a 2 manières d’emprunter :

_emprunter à quelqu’un qui a trop de monnaie pleine (avec valeur) par rapport à ses besoins et lui rendre quand on aura produit soi-même suffisamment, avec éventuellement  un cadeau de remerciement ou un intérêt.

_emprunter à l’organisme émetteur de la monnaie-sans-valeur qu’on lui rendra quand on aura produit suffisamment pour avoir la même quantité de monnaie avec valeur.(cela correspond au compte négatif du livre de compte que l’on promet de ne pas laisser négatif). Cela prouvera, comme dans le livre de compte, que l’on s’est acquitté de sa dette envers la société en produisant autant que l’on avait emprunté et l’on rendra alors l’instrument de mesure comme on rendrait un mètre à celui qui nous l’a prêté pour faire la mesure. C’est, en quelque sorte, une monnaie négative mais qui ne se différencie pas d’une monnaie positive et cela va poser un gros problème car, pendant tout un temps avant le remboursement, il va y avoir en circulation à la fois de la monnaie vide et de la monnaie pleine et que rien ne permet de distinguer l’une de l’autre; mieux, l’une se transforme en l’autre au cours d’une transaction: si vous payez ce que vous achetez avec une monnaie sans valeur qui vient d’être créée, elle devient instantanément entre les mains du vendeur une monnaie avec valeur ( c’est pour cela que vous devez rendre de la monnaie avec valeur à celui qui vous a prêté de la monnaie sans valeur). Pour bien comprendre cela, regardons ce qui se passe sur une communauté réduite au minimum de 3 personnes, Pierre, Jean, Bernard :

Supposons pour simplifier qu’ils aient chacun une richesse à proposer aux autres, et que ces richesses soient estimés à la même valeur, 10 unités. Jean voudrait acheter à Pierre, Bernard à Jean et Pierre à Bernard. Comme il n’y a pas encore de monnaie qui circule, Jean va emprunter à l’OE (organisme émetteur) 10u (unités): ces 10u n’ont aucune valeur (ou seulement leur valeur propre, très faible, on peut parler de monnaie vide, ou monnaie dette), ils mesurent seulement la dette de Jean envers la société, dette qu’il s’engage à rembourser en produisant pour la société au moins autant.                                                                                                                                Avec ces 10u, il paye Pierre qui les garde en échange de sa richesse; ces 10u ont maintenant de la valeur, ils représentent la valeur de la richesse qu’il vient de vendre et lui donnent le droit d’acheter pour la même valeur. Les 10u vides sont magiquement devenus 10u pleins alors que rien ne distingue l’un de l’autre.                                                                                                                                    Bernard qui n’a pas d’argent non plus va faire de même pour acheter à Jean : il s’endette de 10u vides qu’il donne à Jean, ils deviennent alors pleins et Jean va pouvoir rendre les 10u pleins à l’OE qui les détruit: les pleins ont annulés les vides, Jean a payé sa dette envers la communauté.                                                       Pierre qui a déjà 10u pleins va pouvoir acheter à Bernard sans emprunter, ce qui permettra à Bernard de rembourser sa dette.  Au final, tout l’argent créé par l’OE lui a été rendu, il n’y a plus de monnaie qui circule mais tous les échanges souhaités ont pu se faire et personne n’est en dette envers les autres.

Il est évident que dans une communauté aussi restreinte, il n’y a pas besoin de monnaie, mais le raisonnement serait le même dans une communauté plus large et si les objets à échanger n’avaient pas la même valeur; au final, certains resteraient avec de la monnaie pleine et d’autres avec de la monnaie dette mais la somme totale serait nulle.

Quand la monnaie est créé uniquement sous forme de dette, pour des prêts sans intérêts, il n’y a plus de monnaie en circulation quand tous les prêts sont remboursés.

Comment alors va être payé cet organisme émetteur qui a produit un travail pour la collectivité et mérite d’être rémunéré?

Première idée: en prenant un intérêt sur la somme prêtée:

Que va-t-il se passer? Jean emprunte 10u mais doit en rendre 11 ; il n’a que 2 solutions, augmenter la valeur de sa richesse et la vendre 11u à Bernard ou emprunter encore 1u mais ’il ne pourra jamais le rendre.                                                                                                   Supposons que Bernard accepte l’augmentation de prix : il emprunte 11u, mais il devra en rendre 12. Pierre est coincé : il ne peut pas acheter à 12u car il n’a que 10u et, s’il emprunte 2u, il ne pourra jamais les rembourser, même s’il a encore quelque chose à vendre, puisqu’il n’y aura plus de monnaie en circulation.

Pour qu’un système monétaire où la monnaie est créée exclusivement sous forme de dette puisse fonctionner dans un communauté fermée, il est nécessaire que l’organisme qui crée la monnaie ne prenne pas d’intérêts sur les prêts qu’il accorde.

Deuxième idée: en levant des impôts puisqu’il travaille pour la communauté, il est normal que chacun participe

Probléme; si l’argent est créé uniquement sous forme de dette, quand tous les emprunts sont remboursés, il n’y a plus d’argent en circulation et il est impossible de lever des impôts.

troisième idée: qu’il se paye lui même par création monétaire: il mérite que l’on crée de la monnaie pour lui puisqu’il a fourni un travail, c’est la collectivité qui est en dette envers lui et qui va le rembourser en lui fournissant des richesses contre cet argent créé; C’est ce qui se serait passé s’il n’y avait pas d’argent: quand quelqu’un travaille pour le collectif, d’autres se chargent de le nourrir. Là, certains individus du collectif vont devoir produire un peu plus pour lui mais en s’enrichissant. L’argent versé par création monétaire à ceux qui travaillent pour la collectivité est le seul argent plein qui va rester en circulation pour échanger et capitaliser quand tous les emprunts auront été remboursés. D’années en années, la masse monétaire de monnaie pleine va augmenter au point que les emprunts seront de moins en moins nécessaires il n’y aura bientôt plus besoin d’emprunter et les éventuels impôts n’interviendront que pour limiter la capitalisation et redistribuer cet argent pour aider les plus défavorisés. Il y aura alors à diminuer la création monétaire et à jouer sur l’équilibre impôts- monnaie créée pour que la masse monétaire soit parfaitement adaptée aux besoins économiques. Contrairement à ce qui peut sembler d’une logique imparable, l’impôt sur le revenu pour financer ceux qui travaillent pour la collectivité est une double peine car nous les finançons 2 fois : une fois en diminuant notre salaire, une deuxième fois en produisant pour eux qui nous paieront avec l’argent que nous leur avons donné.

Quand l’organisme émetteur de monnaie est géré par la collectivité, il peut payer les créations collectives (autoroutes, hôpitaux) et tous ceux qui travaillent pour le collectif (fonctionnaires, enseignants, soignants) avec de la création monétaire. Cette création monétaire ne produit pas d’inflation si la production interne est suffisante et si  la création de monnaie pleine ne peut se faire qu’en échange d’une richesse produite.Elle est équivalente à l’impôt et le remplace tant que la masse monétaire en circulation est insuffisante.

Si l’on veut éviter le plus possible le recours aux emprunts par création monétaire qui sont gênants car ils mettent en circulation une monnaie fictive indifférenciable d’une monnaie pleine, on peut imaginer la possibilité d’un découvert non matérialisé sans intérêts ou d’un revenu de base pour chaque membre de la communauté en monnaie pleine, revenu qui devra être dépensé uniquement pour des achats de production interne.

L’inconvénient du revenu de base est qu’il gomme la raison pour laquelle la monnaie a été créée, à savoir mesurer que chaque membre de la communauté produit pour la société au moins autant qu’il en reçoit. Ceux qui le veulent vont pouvoir bénéficier d’un revenu certes minimum mais sans rien produire et seront à la charge des autres. Certains sont déjà pris en charge par la collectivité : les handicapés, les malades, les chômeurs, les retraités. Et ceux-là peuvent effectivement être pensionnés par création monétaire, mais quid de quelqu’un en bonne santé qui ne fait rien et vit aux crochets des autres ? La société est-elle prête à accepter cela ?

Nous avons imaginé une société fermée autosuffisante, mais, si elle ne l’est pas, ce système permet tout aussi bien les échanges commerciaux équilibrés: entre 2 communautés, il suffit d’établir un taux de conversion entre les 2 monnaies des 2 collectivités de façon à égaliser, par exemple, le prix de l’heure de travail. Là on se rapproche du troc car les échanges doivent être équilibrés sauf s’il existe une monnaie internationale qui mutualise tous les échanges internationaux. Cette monnaie internationale devrait être créée par une Banque Centrale Mondiale gérée démocratiquement par tous les états obéissant aux mêmes impératifs de création que ceux décrits précédemment.

Les règles impératives de toute création monétaire démocratique sont donc celles –ci :

La fonction essentielle de la monnaie est de mesurer la valeur des échanges.

Quand la monnaie est créée uniquement sous forme de dette, pour des prêts  sans intérêts, il n’y a plus de monnaie en circulation quand tous les prêts sont remboursés.

La valeur propre  de la monnaie n’a aucune importance. Son utilisation est basée sur la confiance qu’elle n’a pas été fabriquée par de faux monnayeurs, que sa valeur reste stable  et qu’elle ne pourra être refusée en paiement d’une production.

Pour qu’un système monétaire où la monnaie est créée sous forme de dette puisse fonctionner dans une communauté fermée, il est nécessaire que l’organisme qui crée la monnaie ne prenne pas d’intérêts sur les prêts qu’il accorde.

Si l’argent est créé uniquement sous forme de dette, quand tous les emprunts sont remboursés, il n’y a plus d’argent en circulation et il est impossible de lever des impôts.

Ceux qui travaillent pour la collectivité ne peuvent être payés que par création monétaire et ce jusqu’à ce que la masse de monnaie pleine soit suffisante pour pouvoir lever des impôts.  Cela ne produit pas d’inflation si la production interne est suffisante et si  la création de monnaie pleine ne peut se faire qu’en échange d’une richesse produite.

                        Qui peut être cet organisme émetteur ?

L’état

Le pouvoir de création monétaire donne un pouvoir énorme sur toute la vie sociale. C’était autrefois le principal pouvoir régalien, seul le roi avait le droit de frapper la monnaie. Il semblerait que, dans une démocratie, ce rôle devrait revenir à l’état : c’est déjà lui qui légifère pour encadrer la monnaie officielle, organiser les impôts, c’est lui qui peut poursuivre les faux monnayeurs, c’est lui qui doit payer les fonctionnaires. Le danger est que s’il n’est pas bien contrôlé démocratiquement, comme c’est le cas dans notre constitution, il utilise la création monétaire pour des enrichissements personnels ou pour masquer une mauvaise gestion de l’économie, créant plus de monnaie qu’il n’y a de richesses produites, ce qui crée de l’inflation.

Un organisme public sous contrôle démocratique indépendant de l’état

Cet organisme serait soumis aux règles strictes de création monétaire avec une gestion transparente publique. Il ne pourrait fournir de l’argent à l’état et aux particuliers qu’en respectant ces règles. Le risque, comme dans toute gestion humaine, est que tout ne soit pas transparent.

Un logiciel bien programmé, transparent  et infalsifiable

95% de l’argent que nous utilisons est déjà sous forme scripturale, plus exactement électronique car écrite seulement dans des ordinateurs et les opérations courantes dans les banques sont gérées automatiquement par des logiciels. De tels logiciels, programmés avec les règles de création monétaire démocratique, pourraient gérer automatiquement nos comptes quasi gratuitement soit dans une banque centrale d’état accessible à tous, soit individuellement dans des smartphones sécurisés. Les blockchain du bitcoin montrent que l’on peut faire un système à la fois sécure et transparent (mais qui est très lourd et le bitcoin ne satisfait pas aux règles de création démocratique).

Un banquier privé honnête (respectant la démocratie)

Pour être honnête, il doit respecter les règles de création monétaire démocratique : ne prêter avec intérêts que son argent plein propre ou une partie de celui de ses clients avec leur accord, prêter par création monétaire à l’état et aux particuliers sans intérêts,  créer de l’argent plein pour tous ceux qui travaillent pour la collectivité et uniquement pour ceux-là. Lui-même ne peut se payer que par création monétaire. Mais, si on ne peut faire confiance à l’état, à la comptabilité publique, pour gérer correctement cette création, comment croire qu’un individu privé ne sera pas tenté d’en profiter pour son compte ?

Un banquier privé malhonnête (se mettant au-dessus de l’état)

Celui-là fait croire qu’il prête de l’argent plein même quand il fait de la création monétaire, en profite pour demander des intérêts dessus, considère l’état comme un particulier  et lui prête avec les intérêts de son choix, ne fait aucune création monétaire pour ceux qui travaillent pour la collectivité mais en fait pour lui pour pouvoir jouer au casino-boursier.

C’est dans ce cas de figure que nous sommes car la plupart des Banques Centrales actuelles sont des banques privées : aux USA la Réserve Fédérale  est en réalité régie par un consortium de 3 grandes banques anglo-américaines privées qui ne prêtent qu’avec intérêts même à l’état ; en Europe, les banques centrales des états sont sous les ordres de la BCE qui, d’après les traités, a interdiction de prêter (et encore moins donner) aux états, ce qui revient au même que la situation américaine. Dans les 2 cas, les états se sont interdits le pouvoir de création monétaire et ne peuvent qu’emprunter à des banques privées qui ont, elles, le pouvoir de création monétaire.

Cela bafoue toutes les règles que nous venons d’énumérer et nous allons  en étudier les conséquences:

Toute la monnaie créée l’est  sous forme de prêts avec intérêts et nous avons vu que cela crée une situation inextricable où certains ne pourront pas rembourser puisque l’argent des intérêts n’a pas été créé. Cela va engendrer une compétition sauvage entre les membres de la communauté, chacun essayant d’éviter d’être exclu en n’étant pas dans les derniers à rembourser. Cela tend aussi à provoquer de l’inflation car, pour pouvoir payer les intérêts, une possibilité est de gonfler le prix de sa richesse. Ce système ne peut perdurer que dans une fuite en avant, une expansion perpétuelle qui permet de reporter sur d’autres le défaut de paiement ou l’endettement non remboursable. Voilà pourquoi les USA sont dans un expansionnisme permanent, voilà pourquoi les états prisonniers de ce système sont obligés d’exporter agressivement vers d’autres états pour trouver à l’extérieur l’argent des intérêts qui fait défaut chez eux, voilà pourquoi les économistes adeptes de ce système ne voient de salut que dans la croissance car quand il y a croissance, beaucoup empruntent; et avant que les emprunts soient remboursés, il y a beaucoup de monnaie vide qui circule et donne l’illusion d’une augmentation de la masse monétaire. Le problème est que quand tous les emprunts veulent être remboursés avec les intérêts, il manque encore plus d’argent qu’avant.

Le fait que ce soit un banquier privé qui crée la monnaie a un autre effet pervers: celui qui emprunte se sent désormais en dette non plus envers la société, mais envers la banque, ce qui justifie tout le pouvoir que peut exercer la banque sur lui en se comportant comme si elle prêtait de l’argent plein: il s’agit ni plus ni moins d’une escroquerie, la dette reste envers la société et non envers la banque.

Le banquier traite l’état comme un particulier, ce qui le met au dessus de l’état: au lieu que ce soit l’état qui demande à la Banque Centrale de payer les fonctionnaires, c’est la banque qui demande à l’état de s’endetter pour les payer. L’état ne peut plus créer de monnaie et ne peut se financer que par l’emprunt et l’impôt ( impôt que nous avons vu impossible dans ces conditions, qui n’est réalisable que si l’état a préalablement emprunté pour augmenter la masse monétaire en circulation). Notre dette correspond exactement à la monnaie que l’état aurait pu créer gratuitement et elle est impossible à rembourser puiqu’aucune monnaie pleine n’est créée. Plus on cherche à rembourser, plus on s’endette et on doit en plus payer des intérêts. Voilà pourquoi tous les états adeptes de ce système ont des dettes exponentielles et irremboursables qui ne font que croître, quoi qu’ils fassent (les USA sont plus endettés que la Grèce). Fini également  la possibilité de payer les réalisations collectives avec de la création monétaire, il faudra lever des impôts ou emprunter encore et s’endetter encore plus (voilà pourquoi on nous impose l’austérité).

Le banquier va prêter à qui il veut, en quantité qu’il veut, au taux qu’il veut : quel énorme pouvoir ! C’est lui, et non la société, qui va décider des investissements à faire et il choisira non pas ceux qui sont le plus intéressants pour la société à long terme, mais ceux qui rapportent le plus à court terme. Il peut augmenter ou diminuer la masse monétaire à sa guise, créer inflation ou récession. (C’est ainsi que le prix de l’immobilier a beaucoup augmenté ces dernières années car c’est un crédit sûr pour les banquiers et c’est là qu’ils en ont fait le plus, rendant la demande supérieure à l’offre, ce qui crée l’inflation).

Il y a dans toute la société un renversement des valeurs : l’argent étant artificiellement trop rare, ce sont les considérations d’argent qui priment sur toutes les autres au détriment des valeurs éthiques et morales.

Enfin, rien ne l’empêche de créer de la monnaie pour autre chose que des  richesses produites, en particulier pour spéculer à la bourse; les investissements spéculatifs ne sont pas des investissements productifs et ne devraient pas avoir droit à de la création monétaire. Actuellement, 95% de l’argent créé sert à la spéculation: en 2016, la Banque Centrale Européenne a racheté pendant des mois 60Md d’actifs par mois, ce qui revient à distribuer de la monnaie en la donnant uniquement aux banques qui ne s’en sont servis que pour spéculer (c’est plus que le déficit budgétaire annuel d’un pays comme la France et deux fois la charge des intérêts de la dette de l’Etat français).  Cela crée une inflation masquée, car elle n’est pas prise en compte dans l’indice,(Ils ont choisi d’appeler « inflation » seulement l’augmentation du prix de  certains biens et services) mais elle est gigantesque, c’est elle qui fait que les cours de la bourse peuvent être longtemps en augmentation, jusqu’au crack quand la banque centrale décide d’arrêter:  les cours de cette monnaie sont maintenus artificiellement par les états, mais les critères de confiance ne sont pas respectés et, en réalité, cette monnaie a perdu toute valeur. Cette façon de créer de la monnaie ex nihilo sans qu’elle corresponde à une richesse échangée est exactement ce que font les faux monnayeurs (cela a été dénoncé par Maurice Allais,  prix Nobel d’économie, mais occulté par la plupart des économistes néo-libéraux). Cela prouve aussi que l’état ne joue plus son rôle d’interdire les faux monnayeurs. Nos politiques auraient le pouvoir, s’ils le voulaient, de reprendre le contrôle de la Banque Centrale; ils ne le font pas en partie par incompréhension du fonctionnement monétaire et ralliement passif à l’idéologie néo-libérale, en partie par corruption car ils sont dépendants des banques pour leur fortune personnelle.

Comble de la perversion du système : quand le système bancaire menace de faire faillite pour avoir trop boursicoté au casino-boursier, c’est l’état qui doit s’endetter encore plus auprès d’eux pour les renflouer car le système monétaire est vital pour le pays.

La spéculation et le prêt avec intérêt permettent à ceux qui ont déjà beaucoup d’argent, essentiellement les banques, d’en acquérir encore plus sans rien produire, ce qui est une absurdité: il est incompatible pour un instrument de mesure de s’agrandir à l’usage; imaginez que votre mètre s’allonge quand ce que vous mesurez est grand, un instrument de mesure doit au contraire, rester le plus stable possible. C’est à comparer également à une énergie qui s’accroîtrait quand on la stocke, ce qui est contraire aux principes physiques. Nous devons perdre l’habitude de considérer qu’il est normal que l’argent placé « rapporte »: cela ne se justifie que parce que nous n’en avons pas assez et pour compenser l’inflation, ce qui ne devrait pas avoir lieu dans un système bien géré. Il serait plus normal que l’argent capitalisé, donc inutilisé dans des échanges, perde peu à peu sa valeur (c’est ce qu’ont voulu marquer certaines monnaies locales en étant « fondantes »). Ce système accroît automatiquement les inégalités en rendant les riches toujours plus riches sans rien produire et les pauvres toujours plus pauvres quels que soient leurs efforts pour travailler plus.

Comment un système qui bafoue toutes les règles de création monétaire que nous avons démontrées précédemment peut-il perdurer?

D’abord parce que il n’est pas parti de rien: il y avait quand il a commencé une quantité d’argent plein qui avait été créée précédemment et a permis de payer quelques intérêts, mais qui s’épuise puisque ce système revient à pomper l’argent du circuit économique vers les banques.

Ensuite parce que la croissance peut masquer le problème: quand il y a croissance, beaucoup empruntent; et avant que les emprunts soient remboursés, il y a beaucoup de monnaie vide qui circule et donne l’illusion d’une augmentation de la masse monétaire. Mais lorsque la croissance s’arrête et que les emprunts se remboursent avec les intérêts, il y a encore moins d’argent en circulation qu’avant. Voilà pourquoi on nous dit qu’il n’y a de salut que dans la croissance (alors que le premier système démocratique est stable même sans croissance).

L’expansion vers l’extérieur masque également: elle permet d’aller chercher chez les autres l’argent des intérêts qui manque à l’intérieur.  Voilà pourquoi les USA sont dans un expansionnisme permanent, voilà pourquoi les états prisonniers de ce système sont obligés d’exporter agressivement vers d’autres états pour trouver à l’extérieur l’argent des intérêts qui fait défaut chez eux

Enfin, la quantité d’argent que l’état aurait dû créer est remplacée par une dette de l’état auprès des banquiers. C’est une dette fictive et irremboursable, les banquiers le savent bien, mais elle leur assure une rente d’intérêts et leur permet de diriger pratiquement le pays en imposant par exemple des politiques d’austérité.

Mais tous ces leurres arrivent à leur fin et produisent la situation actuelle qui n’est pas une « crise » mais l’aboutissement d’un système absurde qui ne profite qu’à quelques’uns au détriment de l’immense majorité et de l’équilibre de la planète. Les dernières tentatives de sauvetage que sont le « quantitative easing », c’est à dire une création monétaire débridée au profit des banques pour relancer la consommation ne peuvent pas marcher puisque c’est le manque d’argent des consommateurs et non des banques qui empêche la consommation. Les banques , au contraire, se servent de cet argent pour spéculer davantage, ce qui recrée des « bulles » prêtes à éclater de nouveau et que les états, cette fois, ne pourront pas payer.

Peu de banquiers sont pleinement conscients de ce qu’ils font en créant de l’argent et en le prêtant avec intérêts. Ils équilibrent des balances, ils appliquent un fonctionnement archaïque de réserves fractionnaires qui n’avait de raison d’être que lorsque la monnaie était rattachée à l’or (cela permettait de multiplier l’argent insuffisant créé par la banque centrale). Ils essayent de gérer au mieux leur banque dans le système car ils doivent quand même posséder un petit pourcentage de monnaie émise par la banque centrale et ils ne sont pas à l’abri d’une faillite si les créanciers ne remboursent pas ou s’ils font trop de crédits,  mais même si leur fonctionnement leur parait  réglementé, il n’en entraîne pas moins toutes les conséquences décrites précédemment.

Quant à  ceux qui dirigent le système, essentiellement quelques grands banquiers anglo-américains, ils sont parfaitement conscients des énormes pouvoirs que donne la création monétaire : ils savent qu’ils permettent de contrôler  toute la vie sociale. Comme l’a dit si bien un certain Mayer Amschel Rothschild, à l’origine de tout cela : « donnez-moi  le contrôle de la monnaie et je me moque de qui fait les lois ». Plus récemment, Mr Rockefeller a avoué son intention d’établir une dictature mondiale des banquiers préférable à le démocratie. Et c’est parce que le système monétaire est contrôlé par des banquiers  que son idéologie a contaminé toute la vie sociale et politique : la préoccupation majeure est devenue de gagner toujours plus d’argent, indépendamment des besoins de la population et de toute valeur morale. Et il est faux de considérer que ce système nous permet d’avoir une abondance de biens: nous aurions la même abondance avec un système démocratique pour beaucoup moins cher, en travaillant beaucoup moins puisque nous n’aurions pas à payer l’énorme part que s’octroient les profiteurs; et ce que nous produirions serait beaucoup mieux adapté aux vrais besoins de la population que maintenant. Le besoin de produire toujours plus pour que soit créé l’argent des intérêts manquants oblige à la surconsommation, à gâcher, à piller la planète, à mondialiser le système pour reporter sur d’autres le poids de la dette, à faire que les états soient en guerre économique entre eux car il devient nécessaire d’exporter pour payer ses dettes . Actuellement la dette mondiale représente 152000 Milliards de dollars, soit 225% de la valeur de l’économie mondiale. Quand le système sera entièrement mondialisé et qu’on ne pourra plus trouver personne à endetter, il s’écroulera à moins qu’il n’arrive à créer une nouvelle guerre mondiale, ce qui permettrait ensuite de faire repartir la croissance.

Ce système représente un véritable coup d’état et a permis de réduire nos          » démocraties » à la portion congrue.

 

 

Pouvoir de création monétaire et démocratie 

 

La démocratie n’est pas un tout ou rien, il y a des degrés. Un état est d’autant plus démocratique que les citoyens sont associés aux décisions qui les concernent et que ceux qui exercent un pouvoir sont révocables par ceux sur qui ce pouvoir s’exerce. La démocratie complète n’a sûrement jamais existé, sauf peut-être dans de petites communautés, et notre démocratie dite « représentative » n’est, par nature, pas très démocratique car les dits « représentants » ont toujours plus représenté eux-mêmes que le peuple: elle ne devrait pas s’appeler « démocratie » mais « oligarchie » puisque ce n’est pas le peuple qui dirige mais un petit nombre d’individus. C’est d’ailleurs volontairement que ceux qui ont fait la révolution de 1789 (les bourgeois et non le peuple) ont construit une « république » plutôt qu’une démocratie.

Ils nous ont octroyé quand même la possibilité d’élire ceux qui exercent 2 pouvoirs importants: le législatif et l’exécutif. Restent 3 autres pouvoirs importants qui ne sont pas sous contrôle démocratique:

_Le judiciaire: les juges sont théoriquement indépendants de tout pouvoir, mais, grâce aux procureurs et à son pouvoir de nomination, l’exécutif peut interférer.

_Le contrôle des moyens d’information: la liberté de parole ne sert à rien si personne ne vous entend et ceux qui contrôlent les grands médias jouissent d’un véritable pouvoir. Il fut un temps où c’était l’état, ce n’est plus le cas actuellement : tous les principaux médias sont possédés par un petit nombre d’industriels associés aux banques et ne diffusent plus que la propagande du système néo-libéral. Comme les politiques font partie du même système, les médias publics font de même. Le seul média encore libre reste internet mais il n’est pas utilisé comme principal moyen d’information par la majorité.

_Le pouvoir de création monétaire : nous avons vu qu’il est énorme car il contrôle tout le système économique. Il était autrefois sous contrôle de l’état mais ne l’est plus depuis 1973 et surtout depuis les traités européens.

S’il ne nous reste presque plus rien de démocratique, c’est parce que le cinquième pouvoir, le plus important, n’est pas sous le contrôle des citoyens, il est aux mains d’un petit groupe de banquiers privés, et il a réussi à contaminer tous les autres :

_Ces banquiers ont permis à quelques amis de contrôler les principaux médias.

_Le contrôle des médias a permis d’endoctriner sans qu’elle s’en rende compte la majorité des citoyens: il suffit de savoir trier les informations et de les présenter dans le sens voulu.

_Cette majorité vote donc pour des candidats aux législatives et à l’exécutif présélectionnés par les médias, donc par ce petit groupe, pour leur dépendance à l’idéologie dite « néo-libérale » qui leur assure le pouvoir. On a pu déterminer que le nombre de voix obtenues aux élections était exactement proportionnel au temps de passage sur les écrans TV. La rétribution de ces politiques par des postes privilégiés dans de grandes entreprises est une forme de corruption.

Finalement, au lieu d’être sous contrôle citoyen, ce sont 4 pouvoirs et demi qui sont sous le contrôle d’un petit groupe d’individus composé de banquiers, grands industriels, journalistes et politiques: ce n’est plus du tout une démocratie, c’est  une oligarchie de lus en plus restreinte, ou, plus exactement une ploutocratie puisque ce petit groupe est constitué des plus riches.

Revenir vers la démocratie passe donc d’abord par la récupération du pouvoir de création monétaire. On comprend que ceux qui ont actuellement ce pouvoir sont prêts à tout pour ne pas le perdre et rêvent d’une dictature mondiale, mais nous pouvons encore intervenir avec le seul pouvoir qui nous reste: la résistance à la propagande des grands médias grâce en particulier à internet pour élire des politiques non corrompus.

Un petit retour en arrière pour comprendre comment  on en est arrivé là.

 

                                Histoire de la création monétaire

 

On trouve pléthore d’ouvrages sur l’histoire de la monnaie, ses différentes formes, son évolution, mais curieusement très peu sur les conditions de sa création, de sa diffusion et de son fonctionnement

Les premières formes de monnaie,  (coquillages, bœuf, sel, grain de blé…), qui remontent à la préhistoire, semblent avoir un caractère démocratique et servir vraiment à mesurer la valeur des échanges. Mais rapidement les puissants (seigneurs, souverains) imposèrent leur monnaie. Pour instaurer la confiance dans cette monnaie et éviter les falsifications, ils lui donnèrent une valeur propre importante, or ou argent.

Or le fait d’imposer une monnaie qu’ils créent leur donne de fait un énorme  pouvoir supplémentaire sur les peuples : ils en créent plus ou moins à leur guise et la distribuent forcément uniquement à ceux qui travaillent pour eux. Si les gens du peuple veulent commercer entre eux, ils doivent d’abord travailler pour le seigneur, ce qui ne les empêche pas de devoir payer des impôts en plus. Et le Seigneur peut encore user de son rapport de force pour ne pas payer très cher leur travail.

A l’époque de la royauté, ce rapport de force était clair et assumé. Mais l’or et l’argent étant en quantité limité dans le monde et le besoin de monnaie de plus en plus grand , ils avaient beau diminuer la quantité de métal dans les pièces, l’argent qu’ils pouvaient créer ne suffisait pas et ils se trouvèrent obligés d’emprunter à ceux qui en avaient accumulé beaucoup, les riches commerçants et les banquiers.

Les banquiers ont commencé à être des orfèvres, simples dépositaires de l’or de leurs clients qu’ils gardaient en lieu sûr et donnaient en échange un certificat de dépôt qui permettait de récupérer l’or moyennant un droit de garde. Mais, bientôt, ce furent les certificats de dépôt, plus faciles à transporter que l’or, qui servirent de monnaie d’échange. Voyant qu’une grande partie de leurs clients ne venaient jamais rechercher leur or, les orfèvres eurent l’idée d’émettre des billets identiques aux certificats de dépôt mais qui étaient cette fois des reconnaissances de dette : ils venaient de se donner le pouvoir de créer de la monnaie au prix d’une duperie dans la confiance qu’on leur faisait, car, si tout le monde venait réclamer son or à la fois, ce qui arrivait parfois quand il y avait crise de confiance, ils ne pouvaient satisfaire tout le monde et faisaient faillite. C’est à partir de là qu’ils sont devenus  banquiers, gagnant leur vie grâce aux prêts avec intérêts  et aux opérations de change entre les nombreuses monnaies.

Au 18ème siècle, un juif de famille modeste, Mayer Amschel Bauer, qui se fit appeler par la suite Rothschild, vivant dans le ghetto de Francfort- sur-le-Main se lança dans un des seuls métiers autorisés aux juifs, celui de banquier. Il eut l’idée de prêter aux états et réussit à gagner la confiance du Prince Guillaume de Hesse-Cassel, très riche grâce à l’armée de mercenaires qu’il louait régulièrement, qui lui confia la gestion de sa fortune. Ses affaires furent florissantes et il envoya ses 5 fils  établir des succursales dans toute l’Europe. Celui qui s’établit en Angleterre, Nathan Mayer Rothschild (1777-1836),  put prêter d’énormes sommes au roi d’Angleterre, Guillaume d’Orange pour financer ses armées en lutte contre Napoléon, ce qui le rendit indispensable et lui permit de prendre le contrôle de la Banque d’Angleterre déjà privatisée.  Plus tard, en 1815, Nathan Rothschild multiplia sa fortune déjà considérable par vingt en spéculant sur un mensonge, faisant croire à la victoire de Napoléon à Waterloo.

Dans les années 1750, les 13 colonies américaines de la « nouvelle Angleterre » vivaient dans la prospérité car elles avaient créé leur propre monnaie gérée démocratiquement. Les banquiers anglais, mis au courant, firent adopter par le Parlement anglais une loi défendant aux colonies de se servir de leur monnaie script et leur ordonnant de se servir uniquement de la monnaie-dette d’or et d’argent des banquiers qui était fournie en quantité insuffisante. La circulation monétaire dans les colonies se trouva ainsi diminuée de moitié.

«En un an, dit Benjamin Franklin, les conditions changèrent tellement que l’ère de prospérité se termina, et une dépression s’installa, à tel point que les rues des colonies étaient remplies de chômeurs.»

Ce fut la vraie cause de la guerre d’indépendance. Les Pères Fondateurs des Etats-Unis, ayant tous ces faits en mémoire, et pour se protéger de l’exploitation des banquiers internationaux, prirent bien soin de stipuler clairement dans la Constitution américaine, signée à Philadelphie en 1787, dans l’article 1, section 8, paragraphe 5: «C’est au Congrès qu’appartiendra le droit de frapper l’argent et d’en régler la valeur.»

Mais les banquiers londoniens ne désarmèrent pas. Leur émissaire, Alexander Hamilton, secrétaire du trésor dans le gouvernement de Georges Washington, réussit à faire créer en 1791 une « banque des Etats Unis » privée avec une charte de 20 ans. Les résultats furent tellement catastrophiques qu’elle ne fut pas reconduite.

Toute l’histoire des Etats Unis peut se résumer en une lutte des banquiers pour maintenir leur pouvoir de création monétaire qui leur assure un contrôle total de l’économie du pays et donc de sa politique contre ceux, trop peu nombreux, assez lucides pour résister. Il n’y avait plus de roi avec une autorité indépendante pour les remettre au pas (en ne payant pas les dettes ou en les emprisonnant), les présidents avaient besoin des banquiers pour assurer leur fortune et les énormes frais des campagnes électorales, des élus pouvaient être achetés, l’opinion publique manipulée par des médias (achetés eux aussi) et des « experts » venant d’universités financées par les banquiers. Petit à petit, la majorité de l’administration américaine a été constituée de banquiers.

Quelques présidents ont cependant eu le courage de vouloir s’opposer à eux :

_plusieurs présidents se sont opposés au renouvellement de la charte ensuite mais ont fait l’objet de tentatives d’assassinat : Jackson y échappa car l’arme s’est enrayée, Zachary Taylor est mort empoisonné à l’arsenic, James Buchanan, après avoir voulu encadrer les banques, a résisté à un empoisonnement à l’arsenic.

_Pour financer la guerre de sécession, Lincoln émit une monnaie gouvernementale, le billet vert et avait promis de s’attaquer aux banquiers une fois la guerre finie: «J’ai deux grands ennemis: l’armée du Sud en face et les banquiers en arrière. Et des deux, ce sont les banquiers qui sont mes pires ennemis.» Il fut assassiné 5 jours plus tard, le billet vert disparu, une formidable restriction du crédit s’ensuivit, organisée par les banques. L’argent en circulation dans le pays, qui était de 1907 millions $ en 1866, soit 50,46 $ pour chaque Américain, tomba à 605 millions $ en 1876, soit 14,60 $ par Américain. Résultat: en dix ans, 54 446 faillites, pertes de 2 milliards $. Cela ne suffisant pas, on alla jusqu’à réduire la circulation d’argent à 6,67 $ par tête en 1867! Et le président suivant réemprunta chez Rothschild.

_James A. Garfield fut élu ensuite sur le programme de reprendre un contrôle gouvernemental de la monnaie : « celui qui contrôle la monnaie d’une nation contrôle la nation ». Il fut abattu un an plus tard.

_Il y eut encore Mac Kinley, élu en 1896, qui assainit le budget de l’état en ne recourant pas à l’emprunt et parlait de mettre le dollar sous contrôle d’état quand il fut assassiné en 1901.

_. Après la panique monétaire de 1907, le peuple américain réclamait que le système monétaire de la nation soit stabilisé. Le président Roosevelt créa la Commission Monétaire Nationale pour étudier le problème mais le sénateur Aldrich qui la présidait dépensa l’argent alloué en voyages d’étude en Europe sans rien produire. Par contre, il réunit dans le plus grand secret 5 représentants des 3 plus grosses banques (2 dominées par JP Morgan, la troisième Khun,Loeb & Co représentée par Paul Warburg) à Jekyll Island, une île de Géorgie achetée par des millionnaires et réservée à des millionnaires. En 9 jours, ils mirent au point un projet qui fut présenté ensuite comme celui de la commission et qu’ils réussirent à faire voter en 1913 juste avant Noël après avoir dépensé une fortune (5 millions de dollars) pour en faire faire la propagande par les professeurs de leurs universités: ce fût la « loi sur la réserve fédérale » au titre trompeur car ce n’était pas une réserve et c’était un établissement privé et non fédéral. Il avait une apparence collégiale : un conseil des gouverneurs nommés par le président et rendant des comptes au congrès. Mais ce conseil serait contrôlé par un « comité consultatif fédéral » dont les membres seraient choisis par les directeurs des 12 banques partenaires et resteraient inconnus du public et du contrôle parlementaire. Les actions des 12 banques régionales furent rachetées par des banques nationales et ce furent celles contrôlées par Rockefeller, khun-Loeb et Morgan qui en prirent la majorité et contrôlèrent de fait tout le système. Cette loi donnait (et donne encore) à ces 3 banques le pouvoir exorbitant et inconstitutionnel de battre la monnaie à la place de l’état, de fixer les taux d’intérêt, la masse monétaire et le cours de la devise, de faire en sorte  que l’argent soit rare ou abondant,  de  prêter à l’état ensuite à l’intérêt de leur choix, et de rendre ainsi l’état prisonnier d’une dette inextinguible.(La dette des USA s’est mis à croître de façon exponentielle à partir de la création de la FED et est aujourd’hui la plus forte au monde, beaucoup plus que la Grèce)(Encore aujourd’hui ce sujet est tabou : lire à ce propos le livre d’Eustace Mullins « les secrets de la réserve fédérale »  qui a mis 40ans à réunir les documents prouvant cette conspiration, qui a eu beaucoup de mal à se faire publier et dont la traduction française est parue en 2010 aux ed « le retour aux sources »).Le président Wilson qui a signé cette loi n’a cessé de le regretter ensuite :

«Je suis un homme des plus malheureux. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est maintenant contrôlée par son système de crédit. Nous ne sommes plus un gouvernement libre d’opinion, plus un gouvernement avec des convictions et un vote à la majorité, mais un gouvernement sous la volonté et la contrainte d’un petit groupe d’hommes dominants « -. Woodrow Wilson 1919

S’il faut appeler les  choses par leur nom, il s’agit d’un véritable coup d’état car cette loi anticonstitutionnelle place ces banquiers au dessus de l’état.

Grâce  à la FED, les crises qui étaient auparavant incontrôlées vont pouvoir l’être au gré  de ces grands banquiers ; c’est le cas de la crise agricole de 1920-1921 : la première guerre mondiale avait provoqué une prospérité générale aux Etats Unis, en particuliers chez les agriculteurs et les ouvriers agricoles qui, méfiants, déposaient leur argent dans des banques provinciales ne faisant pas partie de la FED. Pour casser cela, on encouragea d’abord les agriculteurs à emprunter à grande échelle pour s’équiper et acheter des terres grâce à des taux d’intérêts très attractifs en échange d’hypothèques sur leurs biens, prêts que seules les grandes banques savaient gérer. Puis, lors d’une réunion secrète le 18 mai 1920 du Conseil des Gouverneurs de la FED où seuls les gros banquiers étaient présents, il fut décidé une contraction brutale du crédit (le taux passa de 3% à 7%) et de la monnaie, ce qui eut pour effet de mettre en faillite les agriculteurs et les banques associées, de  réduire le revenu national de 15 milliards de dollars, jetant des millions de personnes au chômage et réduisant de 20 milliards de dollars la valeur des terres et des ranchs.

Sans le système de la réserve fédérale, aucune guerre mondiale n’aurait pu être déclenchée : les pays européens possédaient de grandes armées opérationnelles qu’ils s’épuisaient à financer mais n’avaient pas une économie suffisante pour financer la guerre ; la FED leur prêta 25 milliards de dollars (que les Etats Unis n’avaient pas non plus, qui furent créés et non remboursés) répartis entre tous les futurs belligérants. La guerre faisait marcher l’industrie et rapportait des bénéfices. C’est pour cela aussi que le président Wilson, qui devait sa fortune et son élection aux banquiers, leur donna des postes de commande dans son administration et mis l’Amérique en guerre.

Mais ces hommes les plus puissants des Etats Unis rendaient eux-mêmes compte à une autre puissance qui les contrôlait de fait déjà en 1910 : la puissance financière Anglaise concentrée dans la branche londonienne de la maison Rothschild. Bien que ces firmes fussent américaines en apparence, entretenant simplement des agences à Londres, le fait est qu’elles allaient prendre leurs ordres à Londres car, depuis le début, c’est la banque d’Angleterre de Nathan Rothschild qui avançait masquée en finançant les grandes banques américaines. Pouvant disposer de sommes énormes, créées maintenant sur ses ordres par le board de la FED aux états Unis, la City de Londres est le centre financier de la planète (on comprend  mieux l’indéfectible alliance entre l’Angleterre et les Etats Unis) : 5 banques d’affaire de Londres contrôlent en réalité les banques new-yorkaises qui possèdent la majorité de contrôle dans la banque de réserve fédérale de New-York.

Le krach de 1929 fut programmé par Londres et la FED pour mettre fin à une période de spéculation, en augmentant brutalement les taux d’intérêt, après avoir prévenu au préalable les initiés ; les autres, les petits spéculateurs, perdirent tout ; 11630 petites banques firent faillite, augmentant encore la concentration de l’argent dans les grandes banques. La FED laissa pourrir la situation jusqu’en 1933 pour soutenir l’élection de Roosevelt, lui-même banquier : elle créa alors 100 millions de dollars d’argent frais et les usines recommencèrent à embaucher. La loi bancaire de 1935 étendit la durée des mandats des gouverneurs de la FED à 14 ans, 3 fois et demi la durée d’un mandat présidentiel, ce qui signifiait que quel que soit le nouveau président, il ne pourrait rien changer à la politique de la FED .En 35 ans,  les banques de la FED ont accru leurs actifs de 143 millions à 45 milliards de dollars sans rien produire, simplement par la création monétaire dont 95% sous forme de crédit

C’est à cause de cette période de chômage de masse et de misère que put naître le nazisme. Les juifs, dont beaucoup étaient banquiers, ont servi de boucs émissaires et ont été victimes de la haine engendrée par la violence du capitalisme bancaire. Après la première guerre mondiale, l’Allemagne avait été condamnée à payer tous les dégâts de la guerre et se trouvait écrasée sous les dettes, ce qui provoqua la chute de la république de Weimar. Hitler fut porté au pouvoir par les grands industriels allemands et réussit à redresser l’économie en créant une monnaie nationale, ce qui, plus que son antisémitisme, a été la principale raison de l’entrée en guerre de l’Angleterre et des Etats Unis : « La guerre ne fut pas seulement pour abolir le fascisme, mais pour conquérir les marchés de vente. Nous aurions pu, si nous avions l’intention de le faire, empêcher cette guerre d’éclater mais nous ne voulions pas. »- Winston Churchill à Truman (Fultun, USA Mars 1946).

Il y eu encore un président pour s’opposer à la création monétaire privée : John Fitzgerald Kennedy venait de signer un décret permettant à l’état de battre monnaie lorsqu’il fut assassiné. Le film de Zapputer, maintenant déclassifié, apporte la preuve qu’il s’agissait bien d’un complot. Ce fut le dernier à s’opposer, la voie était libre pour mondialiser ce dispositif.

La mondialisation s’est faite sur le modèle de la FED, remplaçant les banques centrales des états par des banques privées. « L’Europe » a été construite sur le même modèle : sa banque centrale,  hors contrôle démocratique, ne fournit pas les états mais des banques privées qui prêtent ensuite aux états avec intérêts, ce qui augmente leurs dettes de façon inextinguible  et permet aux banques d’imposer leur politique.

Il est à noter que les seul rares états qui résistaient et avaient une banque centrale d’état indépendante du dollar sont ceux contre qui des guerres ont été engagées.

A la fin de la guerre, les Etats Unis s’étaient beaucoup enrichis et avaient réussi à faire venir chez eux la majorité des réserves d’or. Dans les accords de Brettons Woods, ils imposèrent que seul désormais le dollar serait convertible en or à 35d l’once et que les autres monnaies seraient adossées au dollar. La FED en profita pour émettre beaucoup plus de dollars qu’elle n’avait de réserves d’or, ce qui finit par éveiller la méfiance des autres pays, dont la France, et, quand celle-ci commença à demander la conversion des dollars en or, le président Nixon suspendit le 15 août 1971 la convertibilité du dollar en or. Pour continuer à s’endetter, Nixon a gagé illégalement 25% du territoire américain. Pour continuer à s’endetter, il a proposé aux pays producteurs de pétrole, en échange d’une protection militaire, de vendre leur pétrole contre des dollars investissables dans des bons du trésor remboursables par les générations futures. Mais l’Amérique ayant de moins en moins de choses à offrir, plusieurs pays producteurs commencèrent à exiger d’autres monnaies :

_En 2000, Saddam Hussein préféra  des euros au dollar. 2ans plus tard, l’Irak fut envahi sous de mauvais prétextes et son pétrole revint aux pétrodollars

_En Libye, Mouammar Kadhafi avait institué une banque centrale appartenant à l’Etat et une monnaie d’échange de valeur, le dinar d’or. Il ne vendait plus son pétrole que contre des dinars, des pays africains le rejoignaient ; les Etats Unis ont envahi la Libye, sa banque centrale a été privatisée et le pétrole libyen revendu en dollars.

_La cible suivante a failli être l’Iran, qui a aussi une banque centrale gouvernementale. Mr Obama s’est montré plus pacifique que les précédents présidents, mais si Hillary Clinton est élue, on peut craindre le pire.

A noter que si les musulmans sont devenus la cible privilégiée, c’est peut-être aussi parce que leur religion leur interdit l’ « usure », c’est-à-dire le prêt avec intérêt.

Cet historique montre que ce qui nous arrive est le résultat d’un processus commencé il y a 2 siècles, un véritable coup d’état de quelques banquiers et de leurs alliés prêts à tout, même au meurtre, pour satisfaire leur soif de richesse et de domination. Ce sont eux qui dirigent de fait les USA, les politiques n’étant là que pour occuper l’esprit de la population, ce qui fait que les USA ne doivent pas être considérés comme un état démocratique mais comme un état mafieux (il n’y a pas d’autre mot pour décrire le racket de la population et du monde sous la menace des armes). Nous avons parlé des présidents mais les souffrances de la population sont bien pires : la population a été exploitée et a dû travailler dans des conditions très dures, elle a subi régulièrement des crises économiques liées au dysfonctionnement endémique et aux cracks  boursiers, elle a subi de fréquents appels à la guerre pour satisfaire la nécessité d’une extension permanente. Ce mépris  montré pour la vie humaine renforce profondément la théorie dite « du complot » qui explique, beaucoup mieux que la théorie officielle manifestement mensongère et fausse, les « attentats » du 11 septembre 2001. (Voir l’article dans « articles à méditer »)

La France parait bien engluée dans ce système, ayant perdu avec les traités européens sa souveraineté politique et financière, ayant perdu avec son adhésion à l’OTAN sa souveraineté militaire : comment serait-il possible d’en sortir ?

 

Un monde meilleur est possible avec un système monétaire démocratique

 

Toutes les velléités pour rendre notre monde meilleur, plus respectueux des hommes et de la nature, se heurtent à des considérations économiques qui semblent toutes puissantes. Elles ne le sont que parce que nos politiques ont organisé notre impuissance, mais tout pourrait  changer si nous reprenions le contrôle de la création monétaire.

Ce pouvoir de la création monétaire a été volé aux peuples depuis presque toujours, (voir l’article sur l’histoire), le peuple pourrait le récupérer : en effet, l’énorme pouvoir qu’il confère appartient à celui qui le possède, un peu comme la lampe d’Aladin ; à l’instant où il change de main, le propriétaire précédent perd instantanément tous ses pouvoirs.

Voyons ce qu’il serait possible de faire avec le seul pouvoir démocratique qui nous reste, si nous élisions un président courageux réellement disposé à s’attaquer au système bancaire:

__Ce que nous voulons faire nous mettant de facto en contradiction avec les traités européens, il déclenche le processus de sortie prévu à l’article 50.(Ce qui est un bien car les traités européens nous avaient enlevé notre autonomie politique, économique et militaire). C’est une sortie étalée sur 2 ans maximum qui permet de négocier les liens à conserver.

_Dès son élection, la banque de France revient sous contrôle de l’état, comme cela était prévu dans son programme, et acquiert l’exclusivité de la création monétaire. L’élection avec ce programme vaut référendum et permet de modifier la constitution pour l’adapter à ce programme: il faut y écrire  l’irréversibilité de l’exclusivité de la création monétaire par la banque de France, supprimer les rajouts qui nous subordonnaient à l’Europe, l’améliorer dans la foulée en la démocratisant; il pourrait même y avoir eu une constitution écrite par le peuple dans le programme qui serait donc automatiquement validée par l’élection. Les conséquences de ce premier acte sont énormes:

_Reprendre le contrôle de la monnaie obligera à sortir de l’euro et des traités européens car ceux-ci nous l’interdisent explicitement et ne sont pas modifiables. Mais, contrairement aux prédictions que ne manquerons pas de faire les experts corrompus, nous ne nous en porterons que mieux : l’Europe nous coûte plus qu’elle ne nous rapporte, elle nous enlève notre indépendance politique car les différents gouvernements ne font qu’appliquer les directives de la commission non élue, elle organise le dumping social en supprimant les barrières douanières nécessaires pour protéger notre industrie ; ces barrières n’ont jamais empêché le commerce, elles le régulent. Après la dernière guerre mondiale, la majorité des pays du monde s’étaient mis d’accord sur des règles commerciales permettant de protéger chaque pays : les accords de La Havane n’ont pas été appliqués car les USA s’y sont opposés, les remplaçant par des accords unilatéraux de « libre échange » dont la seule liberté est de permettre aux industries américaines d’envahir les pays qui s’y soumettent. (Alors qu’à leur début, elles étaient bien protégées par des barrières douanières)

_Cela nous fait sortir de l’Euro qui étouffait notre économie mais de façon indolore pour la majorité des Français: les euros qu’ils possèdent deviennent des Francs à parité égale.

_Pour éviter la disparition des capitaux à l’étranger, il est nécessaire d’installer un contrôle des changes et des frontières. Là encore, la majorité des Français n’en sont pas gênés car le contrôle ne concerne que les gros capitaux. De même, l’argent évadé dans les paradis fiscaux ne peut revenir.

_La dette illégitime, et maintenant illégale, est renégociée en supprimant les intérêts mais sans léser les petits épargnants.

_Les banques ne peuvent plus prêter que leur fonds propres et, éventuellement, une partie de l’argent de leurs déposants avec l’accord de ceux ci.

Ces quelques mesures privent instantanément les grandes banques étrangères de tout pouvoir sur notre économie et permettent au nouveau président d’accomplir des miracles car tout ce qui était impossible avant va le devenir:

_D’abord réindustrialiser le pays: les délocalisations ne sont plus rentables puisque des droits de douane protecteurs sont rétablis. L’état peut user de son droit de création monétaire pour des investissements collectifs , racheter des usines abandonnées et aider ceux qui veulent entreprendre par des prêts sans intérêts, faire travailler les chômeurs sur de grands travaux publics.

_L’augmentation de la production permet d’utiliser aussi la création monétaire pour des dépenses de l’état sans générer d’inflation, ce qui permettra de diminuer les impôts, taxes et cotisations diverses.

_Il devient possible de décider ce que nous voulons faire  sur le plan social et environnemental, quelque soit son coût.

_La croissance à tout prix n’est plus un problème: le système peut fonctionner de façon stable sans croissance.

_Il n’est plus nécessaire d’écraser ses voisins pour être compétitif, la coopération est privilégiée.

La gestion publique de la création monétaire ne résoudra cependant pas tous les problèmes sociétaux à elle seule et d’autres mesures devront être prises si on veut aller vers une société plus égalitaire et plus démocratique, voici quelques suggestions:

_Il serait possible à un  état pas très démocratique, comme celui que nous avons actuellement, d’utiliser la création monétaire à son profit exclusif et de recréer un système capitaliste d’inégalités. Il serait mieux que la banque centrale ait une gestion démocratique indépendante de l’exécutif. Le plus simple est d’en revenir au livre de compte mais modernisé: 95% de la monnaie en circulation est déjà sous forme scripturale, toute la monnaie pourrait l’être à condition que nous ayons entière confiance dans l’organisme de gestion et que le paiement en ligne puisse se faire aussi entre particuliers, par exemple avec une application smartphone. Il existe déjà de tels logiciels pouvant jouer le rôle de banque centrale: la création monétaire ne peut se faire que lorsqu’il y a échange de richesse réelle: celui qui donne est crédité positivement, celui qui reçoit négativement. Les 2 doivent confirmer l’échange pour qu’il soit enregistré. Il est possible d’avoir un solde négatif pendant un moment (un découvert) sans que cela engendre de pénalité (équivalent à un prêt sans intérêts). Le solde négatif de l’état lorsqu’il rémunère ceux qui travaillent pour la collectivité n’est pas une dette de l’état, mais une dette de la collectivité envers ceux qui ont travaillé pour elle, qu’elle paiera en leur fournissant des richesses en échange de cette monnaie. Ce solde négatif indique seulement la quantité de monnaie pleine créée, autrement dit le budget de l’état, et n’a pas à être remboursé. Le budget de l’état est public et voté par les citoyens qui vérifient que l’état ne peut pas créer de monnaie autrement que pour des investissement productifs publics. Ce logiciel est dans des serveurs dupliqués, pour éviter une paralysie s’il y a une panne, avec un contrôle humain démocratique pour faire des prêts exceptionnels (ou des découverts exceptionnels) aux particuliers investissant dans une activité productrice. Il ne peut pas y avoir de prêts pour des investissements spéculatifs.

Mais une véritable avancée démocratique ne pourra se faire qu’avec une nouvelle constitution donnant plus de pouvoir au peuple pour participer à l’élaboration des lois et la révocation de ceux qui utilisent mal leur pouvoir.(voir la page « constitution » et « un monde meilleur est possible »)

_Outre sa création, il convient de faire face aux obstacles qui empêchent une bonne circulation de la monnaie, par exemple la capitalisation : l’argent capitalisé est immobilisé et manque à ceux qui veulent échanger. Il n’est pas possible d’empêcher toute capitalisation, il est normal que chacun mette un peu d’argent de côté pour faire face à des imprévus ; mais cette capitalisation doit être limitée et taxée au-delà d’une certaine limite pour encourager la circulation. (Certaines monnaies locales sont «  fondantes », perdant un peu de leur valeur si on les garde trop longtemps).De plus, elle ne doit pas être transmissible au-delà d’un certain seuil pour respecter l’égalité des chances.

_Un autre obstacle est la spéculation qui consiste à revendre plus cher ce qu’on a acheté sans avoir rien produit de nouveau : elle permet d’obtenir de la monnaie sans rien produire, ce qui n’apporte rien au système économique mais se nourrit sur lui, le parasite. Il est impossible d’empêcher toute spéculation (il n’est pas malhonnête de revendre sa maison plus  cher qu’on ne l’a acheté) mais elle doit être limitée à quelques gains particuliers et sévèrement taxée au-delà. La spéculation boursière en particulier, qui mobilise actuellement 98% de l’argent créé et permet surtout aux banques de vivre sur le dos du système économique en le parasitant et en l’étouffant, mérite cette taxation si ce n’est d’être interdite.

Le prêt sans intérêts à tous, la taxation de la capitalisation et de la spéculation au-delà d’un seuil raisonnable, sonneront le glas du système capitaliste. Reste à voir plus précisément comment peut fonctionner ce nouveau système en respectant nos règles démocratiques d’égalité (au moins d’égalité de chances et devant les lois), de liberté (les interdits ne concernent que ce qui est dangereux pour les autres) et de fraternité (en favorisant la coopération plutôt que la compétition). Il faut qu’il permette à chaque citoyen de satisfaire ses besoins tout en contribuant dans la mesure de ses capacités aux tâches nécessaires à la vie de la collectivité.

Il est important que chacun puisse avoir suffisamment d’argent pour satisfaire ses besoins mais

_Nous n’avons pas tous les mêmes besoins d’argent : celui qui vit presque en autarcie, produisant presque tout ce dont il a besoin lui-même aura moins besoin d’argent que celui qui est très spécialisé dans son métier et ne sais rien faire d’autre. Il y a des échanges qui se font sans argent : services entre amis, don, troc, travail non rémunéré (bénévolat, femme au foyer, …). On peut considérer qu’il serait juste que chacun travaille le même temps, environ 30h par semaine au total entre les heures de travail pour soi et les heures de travail pour les autres ; celui qui travaille beaucoup pour lui a donc besoin de moins  d’heures de travail monétisé.

_Nous ne gagnons pas tous la même chose par notre travail monétisé car, à temps égal, les productions réalisées n’ont pas toutes la même valeur. On peut aussi considérer que, selon la profession et le degré de qualification, les heures de travail n’aient pas toutes les mêmes valeurs mais ces valeurs doivent être fixées par une commission nationale et non seulement par l’employeur et doivent avoir une limite inférieure et supérieure, par exemple entre 1 et 10 SMIG, une modulation supplémentaire pouvant être faite entre débutant et expérimenté. Le SMIG correspond à l’argent nécessaire pour satisfaire les besoins fondamentaux (se loger, se nourrir, d’équiper, se soigner, avoir des activités de loisir) et est le minimum que peut gagner quelqu’un qui travaille 30h par semaine de façon monétisée ou qui est empêché de travailler. (Si l’empêchement et dû à l’entreprise, c’est l’entreprise qui paye, sinon, c’est la collectivité).

_Les entreprises permettent actuellement à quelques-uns de gagner des sommes astronomiques au point que gagner le plus d’argent possible prend le pas sur la finalité première de cette entreprise. Ceci est dû à l’énorme pouvoir concédé aux actionnaires propriétaires spéculateurs qui peuvent intervenir comme ils veulent dans la gestion de l’entreprise, y compris choisir le dirigeant, y compris la faire s’endetter pour toucher plus de dividendes.

Le droit de propriété doit être réduit à la propriété d’usage : sa maison, ses biens, son instrument de travail. L’instrument de travail n’est transmissible qu’à un autre travailleur, pas automatiquement à la descendance. Les éventuels actionnaires extérieurs ne tirent aucun bénéfice et n’ont aucun pouvoir sur le fonctionnement de l’entreprise s’ils n’y travaillent pas. (Ceux-là disparaitront car les entreprises auront droit à des prêts sans intérêts).

Si nous considérons que personne ne peut gagner plus de 10 SMIG, le prix de vente des richesses produites devra se rapprocher de la formule :

Prix de vente= coût de production+ salaires/quantité produite

Ce qui veut dire que le prix de vente est calculé en fonction du salaire et non l’inverse comme actuellement. Les salaires étant fixés, les prix de vente ne varient qu’en fonction des coups de production et ont donc tendance à rester fixes s’ils ne dépendent pas trop des importations.

La part due au capital disparaît, ce qui fait un gain de 30 à 40%. La part due aux intérêts des emprunts bancaires disparaît aussi. Nos entreprises deviennent très compétitives même sans dévaluation de Franc. De toutes façons, les parités entre monnaies doivent se décider dans une négociation entre états en fonction du prix moyen de l’heure de travail, par exemple, et non en fonction de l’humeur du marché.

Les bénéfices  devront être mutualisés pour alimenter une caisse publique de secours          ( pour aider les entreprises en déficit) et d’investissements

_Nous ne démarrons pas tous du même point : celui qui hérite d’une grande propriété, voire d’une fortune n’aura pas besoin d’autant d’argent que celui qui démarre de rien. Pour respecter l’égalité des chances, il parait juste que le droit d’héritage soit restreint à des biens personnels (maison, épargne dans la limite autorisée, et entreprise familiale seulement si l’héritier y travaille). Le reste revient à l’état qui le redistribue démocratiquement (modalités à voir, peut-être concours public)

_Il y en a qui ne peuvent pas travailler autant que les autres : chômage, maladie, handicap. Il est humain de les prendre en charge et le système monétaire doit s’y adapter.

Pour tenir compte de tous ces éléments, il va falloir que ceux qui le peuvent travaillent plus que ce qui est nécessaire pour la simple satisfaction de leurs besoins de façon à subvenir à la fois à ceux qui ne peuvent pas et à tous ceux qui travaillent pour la collectivité : c’est ce que nous faisons à travers les différents impôts et cotisations diverses, mais tout cela pourrait se simplifier et s’enrichir grâce à la création monétaire maîtrisée :

Plus besoin d’impôts ni de TVA, c’est par la création monétaire que sont payés tous ceux qui travaillent pour la collectivité et la collectivité rembourse en produisant plus pour eux, donc en s’enrichissant. Les impôts ne touchent que ceux qui dépassent les plafonds.

Les pensions de ceux qui ne peuvent travailler suffisamment sont payées par création monétaire aussi.

Débarrassées du coût du capital, du coût des intérêts et des charges sociales des travailleurs, les entreprises deviennent très compétitives en étant protégées en plus par les éventuelles barrières douanières. Pour éviter que des entreprises privées abusent d’une situation de monopole, on pourrait organiser dans tous les domaines une compétitivité saine avec des entreprises d’état à la comptabilité transparente : si le privé peut faire mieux que l’état, il peut gagner plus, mais pas dans des proportions énormes. Les services publics par contre (poste, EDF, SNCF, santé, routes, aéroports,  banque de France …) sont forcément nationalisés.

Chacun travaille de façon monétisée en fonction de ses besoins.

Le travail est un devoir et un droit, l’état est employeur en dernier recours.

Ce système de monnaie service public pourrait satisfaire presque tout le monde, y compris les vrais entrepreneurs industriels : la limite de 10 SMIG de revenus permet de vivre suffisamment largement, d’autant plus que le SMIG serait plus élevé que le SMIG actuel (d’après l’INSEE, cela ne toucherait que les 0,01% les plus riches de la population si le SMIG se rapproche de 2000€). Tout le monde gagnerait en liberté d’entreprendre et en qualité de vie.

Utopique ce système? Oui si vous pensez qu’il l’est. Réalisable? Oui si vous pensez qu’il l’est. Nous fonctionnons par prophéties auto réalisables: si vous pensez que c’est une utopie, vous ne bougerez pas et le système actuel continuera. Si vous êtes convaincu qu’il peut se réaliser, vous allez commencer à chercher quelqu’un capable de l’appliquer et vous en trouverez .Des hommes politiques intègres, courageux et démocrates, capables de porter ce projet existent mais sont soigneusement ignorés des médias, il faut les chercher sur internet avant que celui-ci soit aussi censuré. Il est encore possible de faire une révolution pacifique en utilisant le peu de démocratie qui nous reste, essentiellement l’élection présidentielle, pour reprendre le contrôle de la création monétaire, qui est la clé qui nous permettra d’aller vers plus de démocratie, de redresser l’économie, de nous intéresser vraiment au bien être social et au respect de l’environnement. Les candidats qui prétendent faire cela sans reprendre le contrôle de la création monétaire ne sont pas crédibles car le système actuel l’empêche.L’heure est grave car nous vivons la phase finale d’un coup d’état amorcé il y a 2 siècles qui vise la domination mondiale des peuples par une petite oligarchie comprenant quelques grands banquiers et leurs alliés politiques, médias et grands industriels. (voir l’article sur l’histoire de la création monétaire). Nous pouvons encore réagir tant que les nations existent mais n’oublions pas que la construction européenne vise à leur destruction à moyen terme pour ne gérer que de grandes régions.Un chef d’état non corrompu et courageux pourrait le faire. Il faut que ce chef d’état ne soit pas déjà lié aux banques, pour financer son élection par exemple, et qu’il soit courageux car, avant d’arriver au pouvoir, il subira tous les coups tordus des médias et politiciens actuels aux ordres de l’oligarchie bancaire. Il risque même sa vie s’il est trop seul, c’est pourquoi cela ne pourra se faire qu’avec un soutien populaire important. Il faut militer pour ce système, le faire connaitre pour qu’il devienne la volonté d’une majorité de la population. En attendant, et parallèlement, il est possible de créer des monnaies locales qui l’appliquent pour vérifier sa validité. La plupart des monnaies locales déjà créées s’appuient sur l’euro (on ne peut créer une unité locale qu’en déposant 1€ dans une banque), ce qui leur interdit toute création monétaire nouvelle et limite considérablement leur portée mais, à ma connaissance, aucune disposition légale n’empêcherait d’en faire sur le modèle des SEL. D’ailleurs, si, pendant le temps des négociations, l’UE nous interdit de sortir de l’euro, il serait possible de créer une monnaie française complémentaire de même valeur mais non convertible, directement gérée par notre banque centrale, qui permettrait d’expérimenter sans danger et mettre au point le système monétaire démocratique tout en nous mettant à l’abri des éventuelles sanctions économiques que ne manqueront pas de nous infliger les puissances financières. Au bout des 2 ans, la MF devient la monnaie nationale, l’euro devient une monnaie étrangère et est soumis au contrôle des changes avec un taux de change qui fera partie des négociations. A noter que retrouver l’identité française n’exclura pas la libre circulation des personnes : c’est le taux de change monétaire qui servira de frontière douanière. Ces 2 ans serviront aussi à renégocier la dette : cette dette est illégitime car elle n’a pas été contractée par le peuple français mais par des politiciens traites à la nation qui ont décidé sans le consentement du peuple de se financer sur les marchés financiers. Le paiement des intérêts sera immédiatement suspendu et le remboursement des intérêts précédents considéré comme un remboursement du principal, les politiciens traîtres seront poursuivis. Si les négociateurs sont intransigeants, notre MF nous permettra d’activer la menace de faire banqueroute : cela a déjà eu lieu dans l’histoire de France et ne peut donner lieu qu’à un refus ultérieur de prêter. Mais, avec un système monétaire démocratique, un état ne peut pas s’endetter sauf envers un autre état si sa balance commerciale est déficitaire et cela ne nécessite pas un emprunt mais un rééquilibrage des échanges commerciaux.

Primaires

                                                                           

A l’heure où les grands médias nous abreuvent de primaires, de la droite d’abord et bientôt de ce qu’ils appellent, par abus de langage, la gauche, nous devrions nous poser quelques questions sur le fonctionnement non démocratique de ces élections:

_Elles accordent une énorme publicité aux candidats de 2 partis seulement qui se distinguent sur des points de détail mais ont en commun la même politique économique néo-libérale dont on a déjà vu les conséquences anti-sociales.

_Or on sait que les résultats aux élections présidentielles sont exactement proportionnels au temps de passage sur les écrans TV.

_Par là même, on occulte les autres candidats dont on ne parlera même pas dans le temps légal de la campagne puisque la récente loi Uvoas a restreint encore leur temps de parole à ce moment là.

_Notons enfin que notre mode de scrutin à 2 tours où l’on ne prend que les 2 meilleurs scores à l’issue du premier tour n’est pas très démocratique car il induit à voter « utile », c’est à dire à voter dès le premier tour pour le candidat qui semble avoir les meilleures chances de battre celui qu’on ne veut pas: on a vu que Jospin n’avait pas eu accès au deuxième tour alors qu’ il y avait plus de voix de gauche que pour Le Pen parce qu’il y avait eu un autre candidat de gauche. Or il existe d’autres modes de scrutin plus démocratiques qui n’éliminent pas les autres candidats: voir à ce propos l’excellente démonstration sur       https://www.youtube.com/watch?v=ZoGH7d51bvc

_Il existe une primaire citoyenne qui fonctionne avec ce système plus démocratique: tout citoyen voulant se présenter a mis son programme en ligne; tous ceux ayant obtenus plus de 500 soutiens de citoyens ont été sélectionnés et, à l’issue d’un autre vote démocratique, il en reste 5 pour lesquels vous pouvez encore voter en rejoignant                      https://laprimaire.org/

_Le fait que notre mode d’élection présidentielle ne soit pas très démocratique est voulu: on veut faire comme aux USA, canaliser les votes sur 2 « grands » partis présentant la même politique économique néo-libérale car ces candidats sont ceux qui ont été préalablement sélectionnés par l’oligarchie économico-financière qui veut nous gouverner. Voter pour eux, c’est leur donner une légitimité. Ne pas voter, c’est aussi voter pour eux. La solution? Chercher les candidats sur internet et non en regardant la TV.

Article 8 : de l’économie

Tout citoyen non privé de ses droits pour délits est libre d’entreprendre et de commercer.

Les échanges entre particuliers ( ou mono-entrepreneurs) se font librement de gré à gré; L’état peut intervenir pour taxer ou interdire des échanges jugés dangereux. Pour les autres, il n’y a ni impôts, ni taxes en deça des maximums autorisés car ceux qui travaillent pour la collectivité peuvent être payés par création monétaire.

Les créateurs d’entreprise peuvent bénéficier de prêts sans intérêts de la Banque de France si cette entreprise est reconnue d’utilité publique par les citoyens. L’état veille à favoriser les entreprises permettant à la nation un maximum d’auto-suffisance.

Le créateur d’une entreprise comprenant un ou plusieurs salariés est seul habilité à la posséder totalement tant qu’il la dirige et que sa valeur n’atteint pas le Capital Maximum Autorisé. Au delà, il doit partager le capital entre plusieurs actionnaires. Les actionnaires ne travaillant pas dans l’entreprise n’ont aucun pouvoir de décision et ne peuvent prétendre à toucher des intérêts. Les bénéfices non réinvestis doivent être placés dans une caisse de dépôt et peuvent être réutilisés en cas de difficultés. Une entreprise  ne peut être transmise par succession que si sa valeur ne dépasse pas le CMA, si le descendant est capable de la diriger et est approuvé par une majorité de salariés. Si une entreprise est vendue, le repreneur doit être approuvé par une majorité de salariés. Les salariés constitués en coopérative puis l’état sont prioritaires pour le rachat. Lorsque le capital est réparti entre plusieurs actionnaires, seuls ceux qui y travaillent effectivement ont pouvoir de vote sur les décisions concernant cette entreprise en fonction de leur participation et de leur temps de travail. Les actionnaires ne peuvent prétendre à être remboursés plus que leur mise.

Les buts essentiels d’une entreprise étant de satisfaire ses clients et de permettre à ceux qui y travaillent de vivre correctement, les revenus aussi bien des salariés que des dirigeants sont encadrés et plafonnés.  Dans les entreprises privées, les revenus sont libres mais ne peuvent dépasser 10 SMIG. Dans les entreprises publiques, c’est une commission nationale, comprenant des représentants de toutes les professions, qui fixe le salaire moyen de chaque profession dans une échelle allant de 1 à 10 SMIG.  La valeur du SMIG et la durée du temps plein sont votées chaque année avec le budget de l’état. Les heures supplémentaires sont à éviter, en conséquence elles ne sont pas rémunérées davantage. Il est interdit de sanctionner un salarié refusant de faire des heures supplémentaires.

Ces revenus peuvent s’ajouter à un revenu de base équivalent à 1 Rmv (revenu minimum vital); Le SMIG est alors égal au Rmv et toute personne travaillant a donc un revenu minimum de 2 Rmv.

La limitation des revenus (R) entraîne automatiquement la limitation des possibilités de capitalisation à 500R. Nul ne peut capitaliser plus de 5000 Rmv.

Le chômage est assuré par l’état au niveau du Rmv, même en cas de démission. Pour avoir une allocation complémentaire, ceux dont le salaire est supérieur doivent cotiser à part égale avec leur entreprise à une caisse nationale, gérée conjointement par des représentants patronaux et salariés.

Les maladies sont pris en charge par l’état s’il n’y a pas faute de l’entreprise mais l’entreprise est responsable et doit s’assurer contre les maladies ou accidents professionnels.

Les retraites sont prises en charge par l’état au niveau du Rmv. Pour avoir une retraite complémentaire, les salariés doivent cotiser à une caisse nationale gérée par des représentants salariés.

En dehors des cotisations précitées, les salaires sont nets. Le plafonnement des revenus et des possibilités de capitalisation permet d’éviter les impôts pour la très grande majorité des citoyens.

Tout citoyen en capacité de travailler a droit et devoir de l’exercer. L’état est employeur en dernier recours et, s’il ne peut le faire, doit indemniser ceux qu’il n’emploie pas au SMIG.

L’état veille à ce qu’aucun individu ou groupe d’individus privés ne puisse devenir plus puissant que l’intérêt collectif. Il possède dans tous les secteurs d’activité des entreprises concurrentes des entreprises privées de façon qu’aucune ne puisse se trouver en situation de monopole. Les entreprises importantes en situation de monopole ou de service public sont nationalisées. Une entreprise ne peut être propriétaire de plusieurs marques ni posséder des activités n’ayant aucun rapport entre elles.

L’accumulation de richesses est réglementée et limitée, la spéculation fortement taxée et imposée. La bourse est nationalisée et veille à empêcher la spéculation en interdisant les opérations à risques (titrisation, levierisation) et en taxant les transactions. Toute collusion d’intérêts entre un agent de l’état et des entreprises privées entraînera sa radiation et son inéligibilité à vie.

Les entreprises multinationales sont soumises au droit Français pour leurs activités en France.

Article 8 : liberté d’expression

La liberté d’expression n’a de sens que si elle a des chances d’être entendue. En conséquence, la pluralité des médias doit pouvoir refléter la pluralité des expressions ; ceux-ci ne peuvent donc être financés que par leurs abonnés.

A côté des médias privés, le média principal sera financé par création monétaire et géré directement par les citoyens qui en détermineront les programmes, éliront ou révoqueront les administrateurs.

La liberté d’expression n’est pas la liberté de parole et les paroles visant à manipuler l’opinion et le comportement des autres sont interdites.

Nul ne peut être condamné pour avoir dénoncé des agissements contraires à l’intérêt collectif.

 

Le leurre Européen.

                                                             

A l’heure où les anglais se posent la question de rester ou non dans l’union européenne, nous pourrions nous la poser nous aussi. Tous les médias nous laissent à penser qu’il est mal de vouloir quitter l’Europe, que c’est refuser le partage et la communauté,  se replier dans un individualisme stupide,  ne pas aimer les autres peuples européens.

Nous vivons sur une idée de l’Europe pleine de bons sentiments : il faut cesser les guerres entre nous, nous rapprocher, partager, échanger librement. Sauf que les traités que l’on nous a imposés sont tout autres : rappelons qu’après les avoir lu, la majorité de la population française s’y était opposé car on y parlait plus de marchandises que d’êtres humains. Et la suite a montré que nous avions raison car ce qui a été construit n’est pas une Europe des peuples mais des marchandises :

Les traités européens instaurent :

_ L’abolition des frontières douanières qui permet au moins disant d’être plus compétitif que les autres, ce qui instaure le dumping social et les délocalisations qui ruinent les pays où le droit du travail est mieux protégé. Les pays sont en compétition au lieu d’être en coopération et l’enrichissement de l’un ne peut se faire qu’au détriment des autres.

_Une monnaie commune mais dont la banque centrale ne peut prêter aux états, ce qui oblige tous les états à s’endetter inexorablement et donne pouvoir aux banquiers privés de dicter la politique intérieure des états. Ce qui est arrivé à la Grèce arrivera forcément un jour ou l’autre à tous les autres états.

_Des institutions non démocratiques : le parlement européen est un leurre pour tromper les populations et n’a de parlement que le nom ; ce n’est pas lui qui propose les lois, il ne peut qu’amender légèrement celles que propose la commission non élue, à condition que celle-ci le veuille bien car, sinon, elle peut passer outre.

Il y a un monde entre le rêve dans lequel on nous entretient et la réalité que nous subissons : cessons d’être schizophrènes, une Europe des peuples est à construire mais sur des bases démocratiques très différentes. Et ne croyons pas que cette construction Européenne pourrait être améliorée, elle est comme la loi sur le travail  (qui n’est pas « El khomri » mais directement dictée par la commission européenne), tous les articles sont mauvais et inacceptables. Et ce ne sont pas des erreurs : la construction européenne a été voulue ainsi par des politiques qui, par méconnaissance, endoctrinement ou corruption, ont délibérément vendu les états européens aux intérêts américains.(voir par exemple les révélations faites sur Jean Monnet, un des principaux pères fondateurs de cette « Europe »)

Chronologie des interventions militaires US (document FERS)

Voici une chronologie non-exhaustive des différentes interventions militaires des États-Unis dans le monde depuis le Manifest Destiny de 1845. Une idéologie de colonisation, sous la présidence de James Polk, selon laquelle les États-Unis ont pour mission divine d’apporter la démocratie et la civilisation vers l’Ouest, sur les terres amérindiennes. Au début du XXème siècle, le président Théodore Roosevelt a repris le concept afin de justifier l’expansionnisme et l’interventionnisme des États-Unis hors de ses frontières quand les intérêts américains étaient menacés. Il déclara notamment :

« Je crois que Dieu a présidé à la naissance de cette nation et que nous sommes choisis pour montrer la voie aux nations du monde dans leur marche sur les sentiers de la liberté. »

1846 : Mexique. A l’issue d’une guerre qu’ils avaient programmées et provoquées, les États-Unis s’emparent de la moitié du territoire mexicain. Ce territoire conquis s’appelle aujourd’hui : la Californie, le Nevada, l’Utah, l’Arizona, le Nouveau-Mexique, le Colorado (en partie).

1852-1853 : Argentine. Les Marines  débarquent et s’installent à Buenos-Aires pour protéger les intérêts américains face à une révolution.

1853 : Nicaragua. Protection des citoyens et intérêts américains pendant des troubles politiques.

1853-1854 : Japon. « Plan d’ouverture du Japon » et expédition Perry qui conduit, avec les navires de guerre américains, à forcer le Japon à ouvrir ses ports aux États-Unis. Attendant une réponse du Japon l’autorisant à se rendre dans ce pays, le contre-amiral américain Perry, opère une démonstration navale de force et débarque par deux fois. Il obtient des autorités de Naha, sur l’île d’Okinawa, la gestion d’une concession minière. Il opère la même démonstration de force dans les îles de Bonin afin d’obtenir des facilités commerciales.

1854 : Nicaragua. Pour venger une offense faite au ministre-président américain en poste au Nicaragua : destruction de la vile de Greytown (San Juan del Norte).

1855 : Uruguay. Les armées américaines et européennes débarquent pour protéger les intérêts américains au cours d’une tentative de révolution à Montevideo.

1859 : Chine. Intervention destinée à protéger les intérêts des États-Unis à Shanghai.

1860 : Angola. Intervention en Afrique occidentale portugaise pour assurer la sécurité des citoyens et des biens américains pendant une révolte indigène à Kissembo.

1893 : Hawaii. Sous couvert officiel de protéger les vies et les biens des américains, cette intervention visa à mettre en place un gouvernement provisoire sous l’autorité de Sanford D. Dole.

1894 : Nicaragua. Intervention militaire pour protéger les intérêts américains à Bluefields à la suite d’une révolution.

1898 : Cuba. Sous prétexte de libérer l’île de la tutelle espagnole, les États-Unis s’installent et imposent une base militaire, la possibilités d’investissements financiers américains et un droit d’intervention dans les affaires intérieures du pays.

1898 : Porto-Rico, Hawaii, Wake, Guam. Sous prétexte de défaire la tutelle espagnole, les États-Unis s’installent et imposent une base militaire, la possibilités d’investissements financiers américains et un droit d’intervention dans les affaires intérieures du pays.

1898 : Philippines. L’archipel est vendu aux USA par l’Espagne (décembre 1898), les philippins se soulèvent contre les États-Unis (février 1899), les États-Unis envoie 70 000 militaires qui mettront trois ans pour mater le soulèvement (des milliers de pertes humaines).

1903 : Colombie. Les États-Unis fomentent une révolution à l’issue de laquelle ils créent de toute pièce la République de Panama qui lui assure le contrôle du canal et des bénéfices qu’il génère.

1914-1918 : Première Guerre Mondiale.

1915 : Haïti. Nouvelle intervention et occupation des troupes américaines pendant 19 ans.

1916 : République Dominicaine. Quatrième intervention et maintien des troupes américaines pendant 8 ans.

1926 : Nicaragua. Nouvelle intervention et expédition de 5000 militaires pour contrer une révolution.

1940-1945 : Deuxième Guerre Mondiale.

1945 : Début de la Guerre Froide entre les États-Unis et l’URSS.

1945 : Japon. Bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki.

1945-46 : Chine. Bombardements.

1946 : Philippines. Colonie américaine jusqu’à l’occupation japonaise, les Philippines accèdent à leur indépendance en 1946 en concédant aux États-Unis un droit illimité d’exploitation des ressources naturelles du pays au titre des dommages de guerre. Jusqu’en 1992 les États-Unis conservent 23 bases militaires et participent à la répression des opposants communistes ou musulmans.

1947 : Grèce. Les États-Unis volent au secours de la dictature de colonels mise en place par les britanniques et menacée par la guérilla des gauchistes. Les États-Unis livrent 74 000 tonnes de matériels militaires et d’armements et envoient 250 « conseillers » militaires sur le terrain, assurant ainsi la victoire des forces de droite en 1949.

1950 : Porto Rico. Les troupes américaines qui stationnent en permanence écrasent un mouvement d’indépendance. Deux ans plus tard, Porto Rico se voit accorder le statut d‘État libre associé aux États-Unis.

1950-1953 : Corée. Les forces armées de la Corée du Nord franchissent le 38ème parallèle et pénètrent en Corée du Sud. A la « demande » des Nations-Unies, les États-Unis acceptent d’aider à repousser l’agression armée. 2 millions de coréens trouvent la mort au cours de cette guerre.

1950-53 : Chine. Nouveaux bombardements.

1953 : Iran. Opération Ajax, un coup d’État orchestré par la CIA est mené par l’armée et les grands propriétaires fonciers après que les britanniques aient organisés le boycott des compagnies pétrolières iraniennes suite à leur nationalisation en 1951. Les États-Unis soutiennent pendant les 25 ans qui suivent l’homme fort du pays, le Shah d’Iran. Celui-ci s’enfuira en 1978 devant le raz-de-marée de la Révolution Islamique de l’ayatollah Khomeiney en exil. Deux ans plus tard, en 1980, la guerre entre l’Iran et l’Irak sera une aubaine pour les industries d’armements, notamment américaines.

1954 : Guatemala. Opération PBSUCCESS, des mercenaires entraînés par la CIA au Honduras et au Nicaragua renversent, avec l’aide de l’aviation américaine, le gouvernement démocratique du président Arbenz Guzman remplacé par une junte militaire réclamée par Eisenhower.

1958 : Liban. Des milliers de Marines sont envoyés à Beyrouth pour empêcher le renversement du gouvernement pro-américain et protéger les intérêts américains dans la région.

1958 : Indonésie. Bombardements par les militaires et combattants islamistes appuyés par les États-Unis contre le gouvernement démocratique de Sumatra.

1960 : Guatemala. Bombardements.

1961 : Cuba. Opération Mongoose, armés et entraînés par la CIA, plus de 1000 exilés cubains débarquent dans la Baie des Cochons avec l’espoir de provoquer une rébellion contre le gouvernement castriste en place très populaire. Le soulèvement n’a pas lieu, les mercenaires sont rejetés à la mer, les États-Unis imposent un embargo à Cuba.

1961-1972 : Vietnam. Pendant 11 ans, les États-Unis, prenant le relais de l’armée française, utilisent tout leur arsenal militaire y compris des armes chimiques pour venir à bout d’un mouvement révolutionnaire nationaliste d’indépendance. La plus longue guerre dans laquelle se sont embarqués les États-Unis causera la mort de plus d’un million de combattants vietnamiens, quatre millions de civils et près de 60 000 soldats américains.

1961-1972 : Laos et Cambodge. Bien qu’officiellement pas en guerre avec ces deux pays, les États-Unis y effectuèrent d’incessantes attaques aériennes et d’innombrables massacres de populations.

1961 : Congo. Assassinat du premier ministre Patrice Lumumba par les services secrets belges soutenus par la CIA.

1962 : Cuba. Crise des missiles.

1964 : Panama.  Les Marines qui protègent les intérêts américains du canal de Panama écrasent une révolte visant à nationaliser ce secteur stratégique. Après avoir protégé et utilisé le dictateur panaméen pour leurs attaques contre le Nicaragua sandiniste, les USA s’en débarrassent. 26 000 soldats américains envahissent le pays sous couvert de le faire comparaître devant les tribunaux américains pour trafic de drogue. Des centaines de civils périssent sous les bombardements.

1964 : Brésil. Renversement du président Joao Goulart par un putch militaire soutenu par la CIA et instauration de la dictature du maréchal Castelo Branco.

1964 : Congo. Bombardements pour réprimer la révolte nationaliste de gauche soutenue par l’Organisation de l’Unité Africaine.

1965 : Indonésie. Prétextant une tentative de putch des communiste pourtant proche du pouvoir de Sukarno, une opération militaire sanglante dont les dirigeants sont téléguidés par la CIA est menée. Des centaines de milliers d’indonésiens sont victimes d’une chasse à l’opposant, la longue et meurtrière carrière de l’homme de paille américain Suharto commence pour culminer au Timor Oriental.

1965 : République Dominicaine. Sous le couvert de l’Organisation des États Américains, les États-Unis interviennent militairement pour contrer une prétendue menace communiste et provoquent un coup d’État contre le président Juan Bosch élu démocratiquement. La bataille de Saint-Domingue fait quelque 10 000 victimes.

1965 : Pérou. Bombardements.

1967-69 : Guatemala. Formation des forces armées guatémaltèques du président Julio César Mendez Montenegro par les forces spéciales américaines pour contrer les attaques des rebelles gauchistes.

1970 : Oman. Soutien logistique de la CIA et formation par des conseillers américains, les troupes iraniennes tentent d’envahir le sultanat pour contrer l’insurrection communiste dite Guerre du Dhofar.

1970 : Moyen-Orient. Implication militaire des États-Unis auprès d’Israël dans les guerres qui ont lieu dans cette région du globe.

1973 : Chili. Suite à la réforme agraire et aux nationalisations, les États-Unis, par l’intermédiaire de la CIA et de la firme ITT, fomentent un coup d’État militaire qui conduit à l’extermination du président élu de gauche Salvador Allende. Des milliers de morts, de femmes et d’enfants enlevés et torturés, et l’installation de la dictature d’extrême-droite du général Pinochet conseillé par la CIA.

1975-1999 : Timor Oriental. Les États-Unis soutiennent sans faillir l’invasion et l’annexion conduite par l’Indonésie de Suharto. Un tiers de la population est décimée en près de 25 années. Alors qu’en 1999 lors d’un référendum, 80% de la population du Timor Oriental choisit l’indépendance, les États-Unis soutiennent les exactions et la terreur de milices téléguidées par l’armée indonésienne qui s’opposent à l’indépendance. Les États-Unis finissent par accepter, sous la pression internationale, l’idée d’une force de maintien de la Paix de l’ONU.

1979-1989 : Afghanistan. Opération Cyclone, soutien logistique aux Moudjahidins du commandant Massoud pour contrer l’invasion de l’URSS. Soutien à Oussama Ben Laden appuyé par les services secrets pakistanais, l’ISI, dans le recrutement, la formation et l’envoi de combattants islamistes sur le front afghan.

1980-1990 : Salvador. Les États-Unis s’engagent militairement aux côté des forces gouvernementales, de l’oligarchie au pouvoir et des escadrons de la mort de l’armée salvadorienne pour contrer la guérilla marxiste du FMLN. En 1980, l’archevêque Romero, très populaire chez les pauvres, est assassiné par des hommes proches de la CIA. En dix ans, la guerre civile a fait plus de 100 000 morts.

1981-1988 : Nicaragua. Les États-Unis n’acceptent pas la série de réformes que les Sandinistes du président Daniel Ortega arrivés au pouvoir en 1979 engagent. Les États-Unis apportent leur soutien aux Contras basés au Honduras. En 1986, le scandale de l’Irangate révèle que le produit financier des ventes d’armes américaines à l’Iran a servi a financer les Contras.

1982-1984 : Liban. Les troupes phalangistes du Liban soutenues par Israël et les États-Unis expulsent et massacrent des Palestiniens.

1983 : Grenade. Opération Urgent Fury, embourbés au Liban, les États-Unis font une démonstration de force en envahissant la minuscule île de la Grenade prétextant de la sécurité de quelques citoyens américains et pour renverser le dirigeant Maurice Bishop suite à son coup d’Etat pacifique contre le régime autoritaire du Premier Ministre Eric Gairy. Huit ans plus tard, le Wall Street Journal qualifie cette démonstration d’« invasion des banques », l’île est devenue un paradis pour la fraude financière et l’évasion fiscale.

1986 : Libye. Suite aux attentats anti-américains en Europe, l’aviation américaine bombarde des villes libyennes, faisant des centaines de victimes parmi les civils et les officiels.

1986 : Les États-Unis sont condamnés pour « usage illégal de la force » contre le Nicaragua par la Cour internationale de justice de La Haye.

1988 : Iran. Opération Praying Mantis de la marine américaine contre les deux plateformes pétrolières iraniennes, Sassan & Sirri, durant la guerre Iran-Irak et suite aux dégâts de la frégate USS Samuel B. Roberts causés par une mine iranienne.

1989 : Philippines. L’aviation américaine prête main-forte aux forces gouvernementales pour contrecarrer un des nombreux coup d’État contre la présidente Corazon Aquino, farouche opposante aux communistes et aux indépendantistes musulmans.

1989 : Panama. Opération Just Cause, le président George H.W. Bush ordonne la prise de contrôle du canal de Panama et renverse le dictateur militaire Manuel Noriega, agent double de la CIA, suite au prétexte de l’exécution d’un soldat américain par des soldats panaméens.

1991 : Irak. Allié précieux des États-Unis dans la région durant de longues années, le dictateur Saddam Hussein envahit le Koweït sans en référer à la superpuissance. Les États-Unis, n’acceptant pas de perdre le contrôle d’une partie des ressources pétrolières du Golfe, déclarent la guerre à l’Irak en janvier 1991 et mettent en place une coalition militaire internationale qui, avec le soutien de l’ONU, libère le Koweït. L’Irak est placé sous embargo.

1993-1994 : Somalie. Fiasco des opérations Restore Hope I et II, en appui à l’ONU, pour mettre fin à la guerre civile du seigneur de guerre Mohamed Aidid.

1994 : Haïti. Ayant occupé Haïti de 1915 à 1934 puis soutenus les deux effroyables dictatures de François et Jean-Claude Duvalier de 1957 à 1986, les États-Unis se montrent favorables au renversement par coup d’État, en 1991, contre le dictateur Raoul Cédras remplacé par le le président en exil Jean-Bertrand Aristide escorté par 22000 soldats américains. Parmi les militaires impliqués dans le coup d’État, le colonel François qui a été formé, comme les dictateurs latino-américains Noriega et d’Aubuisson, dans la même académie militaire américaine. Trois ans plus tard les États-Unis interviennent militairement pour remettre en scelle le président déchu.

1995 : Yougoslavie. Bombardements en Bosnie-Herzégovine en soutien aux forces armées de l’ONU/OTAN.

1996 : Somalie. Soutien de la CIA dans l’assassinat de Mohamed Aidid.

1998 : Irak. Les États-Unis et l’Angleterre reprennent leurs bombardements sur l’Irak et se fixent comme objectif l’élimination physique de Saddam Hussein et la mise en place d’un gouvernement de remplacement.

1998 : Soudan. Opération Infinite Reach, en riposte aux attentats terroristes contre les ambassades américaines de Nairobi au Kenya et de Dar-es-Salaam en Tanzanie, l’armée américaine détruit un complexe pharmaceutique d’Al-Shifa supposé servir de lieux de production d’armement chimique à des fins terroristes.

1998 : Afghanistan, Opération Infinite Reach, bombardements massifs par la marine américaine de quatre camps d’entrainement dont Al Badr, El Farouq et Zawhar Kili, dirigés par Oussama Ben Laden, ex-agent de la CIA, lors d’un sommet de hauts responsables de plusieurs milices islamistes. L’attaque américaine provoqua la mort de cinq agents secrets pakistanais de l’ISI.

1998 : Timor Oriental. Soutien logistique à l’ONU pour son indépendance.

1999 : Yougoslavie. Au mois de mars, sous l’impulsion des États-Unis, l’OTAN bombarde le Kosovo et la Serbie ou s’opposent l’Armée de Libération du Kosovo qui depuis 1998 mène des opérations de guérilla et les forces de polices serbes qui, de leur côté, prennent en otage les populations civiles. Des centaines de bombes à uranium appauvri sont testées par les États-Unis.

11 septembre 2001 : Début de la Guerre contre le Terrorisme. Lancement de l’opération Enduring Freedom à l’échelle du globe.

2001/2014 : Afghanistan. Opération Active Endeavour, suite aux attentats du 11 septembre attribués à l’organisation Al-Qaïda dirigée par Oussama Ben Laden, les États-Unis forment une coalition internationale, implantent des bases au Pakistan et bombardent massivement le pays. Les Taliban sont renversés. Les États-Unis ne parviennent pas à imposer leur « protégé » (l’ancien roi), un gouvernement de transition est mis en place. Les prisonniers de guerre se voient déniés par les États-Unis de leurs droits internationaux reconnus par les conventions internationales, certains sont déportés sur la base militaire américaine de Guantanamo à Cuba et subissent un régime d’exception contraire aux principes internationaux et à la législation américaine elle-même. Derrière ces événements, les États-Unis légitiment leur allié dictateur du Pakistan, assurent peu à peu leur mainmise sur le transit des ressources naturelles régionales.

2002 : Irak, Iran et Corée du Nord. Les États-Unis placent ces pays au nombre des composantes de l’Axe du Mal, la nouvelle doctrine militaro-mystique de mise en place de « guerres préventives »  contre tous ceux qui ne s’alignent pas sur les États-Unis.

2002 : Phillipines. Opération Enduring Freedom, soutien économique et militaire au gouvernement philippin contre les guérillas.

2002 : Corne de l’Afrique. Opération Enduring Freedom.

2002 : Géorgie. Opération Enduring Freedom, formation de plusieurs bataillons d’infanterie de l’armée géorgienne dans la vallée du Pankissi.

2002 : Irak. Les États-Unis font pression sur la communauté internationale pour lancer un corps expéditionnaire en Irak visant au renversement de Saddam Hussein, à l’instauration d’un gouvernement favorable à leurs intérêts, à l’obtention des principales parts de marchés de la reconstruction du pays après bombardements, à l’octroi de concessions sur les immenses ressources pétrolières du pays. Fin 2002, les USA et leurs alliés anglais ont massés des dizaines de milliers de soldats sur-équipés sur place, prêts à une offensive.

2003 : Irak. Les États-Unis outrepassent les décisions de l’ONU et envahissent l’Irak dans la nuit du 19 au 20 mars, avec le soutien de l’Angleterre. Un déluge de feu s’abat sur le pays et la population dont déjà près de 500 000 personnes sont mortes en 10 ans du fait du blocus économique (800 missiles Tomahawk, 23 000 bombes à uranium, à fragmentation, mini-nucléaire). Un mouvement mondial d’opposition à la guerre et à l’agression militaire des États-Unis se développe en faveur de la paix et pour le respect du droit international. La majorité des pays de la planète condamnent l’agression américaine contre un pays souverain. Par cet acte les USA ouvre la voix dangereuse et criminelle à la doctrine de la guerre préventive permettant d’attaquer tout pays ne se soumettant pas à la conception impérialiste américaine.

2003 : Sao Tomé-et-Principe. Intervention suite à une tentative de coup d’État militaire contre le président Fradique de Menezes.

2004 : Haïti. Intervention militaire avec l’aide de la France pour chasser le président Jean-Bertrad Aristide.

2004 à nos jours : Pakistan Début de la guerre du Waziristan contre les nombreux mouvements de Taliban. Bombardements réguliers par des drones de l’armée américaine et de la CIA.

2004 : Algérie. Soutien militaire au gouvernement dans sa lutte contre le GSPC devenu AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique).

2004 : Kyrghizstan. Opération Enduring Freedom.

2008 à nos jours : Somalie. Bombardements de plusieurs camps islamistes d’Al-Shabaab supposés être liés à Al-Qaïda.

2008-2009 : Palestine. Soutien financier et logistique à l’armée israélienne dont l’envoi de 3000 tonnes de munitions en prélude à l’opération Plomb Durci dans la Bande de Gaza contre le Hamas.

2009-2010 : Yémen. Bombardements par l’aviation américaine de plusieurs camps de la rébellion zaïdites des Houthis soutenus par l’Iran et en conflit contre le gouvernement yéménite depuis 2004, dit Insurrection de Sa’dah.

2011 : intervention en Libye

2014 : contre l’EI

 

 

Un monde meilleur est possible avec un système monétaire démocratique

Toutes les velléités pour rendre notre monde meilleur, plus respectueux des hommes et de la nature, se heurtent à des considérations économiques qui semblent toutes puissantes. Elles ne le sont que parce que nos politiques ont organisé notre impuissance, mais tout pourrait  changer si nous reprenions le contrôle de la création monétaire.

Ce pouvoir de la création monétaire a été volé aux peuples depuis presque toujours, (voir l’article sur l’histoire), le peuple pourrait le récupérer : en effet, l’énorme pouvoir qu’il confère appartient à celui qui le possède, un peu comme la lampe d’Aladin ; à l’instant où il change de main, le propriétaire précédent perd instantanément tous ses pouvoirs.

Voyons ce qu’il serait possible de faire avec le seul pouvoir démocratique qui nous reste, si nous élisions un président courageux réellement disposé à s’attaquer au système bancaire:

_Dès son élection, la banque de France revient sous contrôle de l’état, comme cela était prévu dans son programme, et acquiert l’exclusivité de la création monétaire. L’élection avec ce programme vaut référendum et permet de modifier la constitution pour l’adapter à ce programme: il faut y écrire  l’irréversibilité de l’exclusivité de la création monétaire par la banque de France, supprimer les rajouts qui nous subordonnaient à l’Europe, l’améliorer dans la foulée en la démocratisant; il pourrait même y avoir eu une constitution écrite par le peuple dans le programme qui serait donc automatiquement validée par l’élection. Les conséquences de ce premier acte sont énormes:

_Cela nous met de facto en contradiction avec les traités européens et déclenche le processus de sortie prévu à l’article 50.(Ce qui est un bien car les traités européens nous avaient enlevé notre autonomie politique, économique et militaire). C’est une sortie étalée sur 2 ans maximum qui permet de négocier les liens à conserver.

_Reprendre le contrôle de la monnaie obligera à sortir de l’euro et des traités européens car ceux-ci nous l’interdisent explicitement et ne sont pas modifiables. Mais, contrairement aux prédictions que ne manquerons pas de faire les experts corrompus, nous ne nous en porterons que mieux : l’Europe nous coûte plus qu’elle ne nous rapporte, elle nous enlève notre indépendance politique car les différents gouvernements ne font qu’appliquer les directives de la commission non élue, elle organise le dumping social en supprimant les barrières douanières nécessaires pour protéger notre industrie ; ces barrières n’ont jamais empêché le commerce, elles le régulent. Après la dernière guerre mondiale, la majorité des pays du monde s’étaient mis d’accord sur des règles commerciales permettant de protéger chaque pays : les accords de La Havane n’ont pas été appliqués car les USA s’y sont opposés, les remplaçant par des accords unilatéraux de « libre échange » dont la seule liberté est de permettre aux industries américaines d’envahir les pays qui s’y soumettent. (Alors qu’à leur début, elles étaient bien protégées par des barrières douanières)

_Cela nous fait sortir de l’Euro qui étouffait notre économie mais de façon indolore pour la majorité des Français: les euros qu’ils possèdent deviennent des Francs à parité égale.

_Pour éviter la disparition des capitaux à l’étranger, il est nécessaire d’installer un contrôle des changes et des frontières. Là encore, la majorité des Français n’en sont pas gênés car le contrôle ne concerne que les gros capitaux. De même, l’argent évadé dans les paradis fiscaux ne peut revenir.

_La dette illégitime, et maintenant illégale, est renégociée en supprimant les intérêts mais sans léser les petits épargnants.

_Les banques ne peuvent plus prêter que leur fonds propres et, éventuellement, une partie de l’argent de leurs déposants avec l’accord de ceux ci.

Ces quelques mesures privent instantanément les grandes banques étrangères de tout pouvoir sur notre économie et permettent au nouveau président d’accomplir des miracles car tout ce qui était impossible avant va le devenir:

_D’abord réindustrialiser le pays: les délocalisations ne sont plus rentables puisque des droits de douane protecteurs sont rétablis. L’état peut user de son droit de création monétaire pour des investissements collectifs productifs, racheter des usines abandonnées, prêter sans intérêt à ceux qui veulent entreprendre, faire travailler les chômeurs sur de grands travaux publics.

_L’augmentation de la production permet d’utiliser aussi la création monétaire pour des dépenses de l’état sans générer d’inflation, ce qui permettra de diminuer les impôts, taxes et cotisations diverses.

_Il devient possible de décider ce que nous voulons faire  sur le plan social et environnemental, quelque soit son coût.

_La croissance à tout prix n’est plus un problème: le système peut fonctionner de façon stable sans croissance.

_Il n’est plus nécessaire d’écraser ses voisins pour être compétitif, la coopération est privilégiée.

La gestion publique de la création monétaire ne résout cependant pas tous les problèmes sociétaux à elle seule et d’autres mesures devront être prises si on veut aller vers une société plus égalitaire et plus démocratique, voici quelques suggestions:

_Il serait possible à un  état pas très démocratique, comme celui que nous avons actuellement, d’utiliser la création monétaire à son profit exclusif et de recréer un système capitaliste d’inégalités. Il serait mieux que la banque centrale ait une gestion démocratique indépendante de l’exécutif. Le plus simple est d’en revenir au livre de compte mais modernisé: 95% de la monnaie en circulation est déjà sous forme scripturale, toute la monnaie pourrait l’être à condition que nous ayons entière confiance dans l’organisme de gestion et que le paiement en ligne puisse se faire aussi entre particuliers, par exemple avec une application smartphone. Il existe déjà de tels logiciels pouvant jouer le rôle de banque centrale: la création monétaire ne peut se faire que lorsqu’il y a échange de richesse réelle: celui qui donne est crédité positivement, celui qui reçoit négativement. Les 2 doivent confirmer l’échange pour qu’il soit enregistré. Il est possible d’avoir un solde négatif pendant un moment (un découvert) sans que cela engendre de pénalité (équivalent à un prêt sans intérêts). Le solde négatif de l’état lorsqu’il rémunère ceux qui travaillent pour la collectivité n’est pas une dette de l’état, mais une dette de la collectivité envers ceux qui ont travaillé pour elle, qu’elle paiera en leur fournissant des richesses en échange de cette monnaie. Ce solde négatif indique seulement la quantité de monnaie pleine créée, autrement dit le budget de l’état, et n’a pas à être remboursé. Le budget de l’état est public et voté par les citoyens qui vérifient que l’état ne peut pas créer de monnaie autrement que pour des investissement productifs publics. Ce logiciel est dans des serveurs dupliqués, pour éviter une paralysie s’il y a une panne, avec un contrôle humain démocratique pour faire des prêts exceptionnels (ou des découverts exceptionnels) aux particuliers investissant dans une activité productrice. Il ne peut pas y avoir de prêts pour des investissements spéculatifs.

Mais une véritable avancée démocratique ne pourra se faire qu’avec une nouvelle constitution donnant plus de pouvoir au peuple pour participer à l’élaboration des lois et la révocation de ceux qui utilisent mal leur pouvoir.(voir la page « constitution » et « un monde meilleur est possible »)

_Outre sa création, il convient de faire face aux obstacles qui empêchent une bonne circulation de la monnaie, par exemple la capitalisation : l’argent capitalisé est immobilisé et manque à ceux qui veulent échanger. Il n’est pas possible d’empêcher toute capitalisation, il est normal que chacun mette un peu d’argent de côté pour faire face à des imprévus ; mais cette capitalisation doit être limitée et taxée au-delà d’une certaine limite pour encourager la circulation. (Certaines monnaies locales sont «  fondantes », perdant un peu de leur valeur si on les garde trop longtemps).De plus, elle ne doit pas être transmissible au-delà d’un certain seuil pour respecter l’égalité des chances.

_Un autre obstacle est la spéculation qui consiste à revendre plus cher ce qu’on a acheté sans avoir rien produit de nouveau : elle permet d’obtenir de la monnaie sans rien produire, ce qui n’apporte rien au système économique mais se nourrit sur lui, le parasite. Il est impossible d’empêcher toute spéculation (il n’est pas malhonnête de revendre sa maison plus  cher qu’on ne l’a acheté) mais elle doit être limitée à quelques gains particuliers et sévèrement taxée au-delà. La spéculation boursière en particulier, qui mobilise actuellement 98% de l’argent créé et permet surtout aux banques de vivre sur le dos du système économique en le parasitant et en l’étouffant, mérite cette taxation si ce n’est d’être interdite.

Le prêt sans intérêts à tous, la taxation de la capitalisation et de la spéculation au-delà d’un seuil raisonnable, sonneront le glas du système capitaliste. Reste à voir plus précisément comment peut fonctionner ce nouveau système en respectant nos règles démocratiques d’égalité (au moins d’égalité de chances et devant les lois), de liberté (les interdits ne concernent que ce qui est dangereux pour les autres) et de fraternité (en favorisant la coopération plutôt que la compétition). Il faut qu’il permette à chaque citoyen de satisfaire ses besoins tout en contribuant dans la mesure de ses capacités aux tâches nécessaires à la vie de la collectivité.

Il est important que chacun puisse avoir suffisamment d’argent pour satisfaire ses besoins mais

_Nous n’avons pas tous les mêmes besoins d’argent : celui qui vit presque en autarcie, produisant presque tout ce dont il a besoin lui-même aura moins besoin d’argent que celui qui est très spécialisé dans son métier et ne sais rien faire d’autre. Il y a des échanges qui se font sans argent : services entre amis, don, troc, travail non rémunéré (bénévolat, femme au foyer, …). On peut considérer qu’il serait juste que chacun travaille le même temps, environ 30h par semaine au total entre les heures de travail pour soi et les heures de travail pour les autres ; celui qui travaille beaucoup pour lui a donc besoin de moins  d’heures de travail monétisé.

_Nous ne gagnons pas tous la même chose par notre travail monétisé car, à temps égal, les productions réalisées n’ont pas toutes la même valeur. On peut aussi considérer que, selon la profession et le degré de qualification, les heures de travail n’aient pas toutes les mêmes valeurs mais ces valeurs doivent être fixées par une commission nationale et non seulement par l’employeur et doivent avoir une limite inférieure et supérieure, par exemple entre 1 et 10 SMIG, une modulation supplémentaire pouvant être faite entre débutant et expérimenté. Le SMIG correspond à l’argent nécessaire pour satisfaire les besoins fondamentaux (se loger, se nourrir, d’équiper, se soigner, avoir des activités de loisir) et est le minimum que peut gagner quelqu’un qui travaille 30h par semaine de façon monétisée ou qui est empêché de travailler. (Si l’empêchement et dû à l’entreprise, c’est l’entreprise qui paye, sinon, c’est la collectivité).

_Les entreprises permettent actuellement à quelques-uns de gagner des sommes astronomiques au point que gagner le plus d’argent possible prend le pas sur la finalité première de cette entreprise. Ceci est dû à l’énorme pouvoir concédé aux actionnaires propriétaires spéculateurs qui peuvent intervenir comme ils veulent dans la gestion de l’entreprise, y compris choisir le dirigeant, y compris la faire s’endetter pour toucher plus de dividendes.

Le droit de propriété doit être réduit à la propriété d’usage : sa maison, ses biens, son instrument de travail. L’instrument de travail n’est transmissible qu’à un autre travailleur, pas automatiquement à la descendance. Les éventuels actionnaires extérieurs ne tirent aucun bénéfice et n’ont aucun pouvoir sur le fonctionnement de l’entreprise s’ils n’y travaillent pas. (Ceux-là disparaitront car tout le monde aura droit à des prêts sans intérêts).

Si nous considérons que personne ne peut gagner plus de 10 SMIG, le prix de vente des richesses produites devra se rapprocher de la formule :

Prix de vente= coût de production+ salaires/quantité produite

Ce qui veut dire que le prix de vente est calculé en fonction du salaire et non l’inverse comme actuellement. Les salaires étant fixés, les prix de vente ne varient qu’en fonction des coups de production et ont donc tendance à rester fixes s’ils ne dépendent pas trop des importations.

La part due au capital disparaît, ce qui fait un gain de 30 à 40%. La part due aux intérêts des emprunts bancaires disparaît aussi. Nos entreprises deviennent très compétitives même sans dévaluation de Franc. De toutes façons, les parités entre monnaies doivent se décider dans une négociation entre états en fonction du prix moyen de l’heure de travail, par exemple, et non en fonction de l’humeur du marché.

Les bénéfices  devront être mutualisés pour alimenter une caisse publique de secours          ( pour aider les entreprises en déficit) et d’investissements

_Nous ne démarrons pas tous du même point : celui qui hérite d’une grande propriété, voire d’une fortune n’aura pas besoin d’autant d’argent que celui qui démarre de rien. Pour respecter l’égalité des chances, il parait juste que le droit d’héritage soit restreint à des biens personnels (maison, épargne dans la limite autorisée, et entreprise familiale seulement si l’héritier y travaille). Le reste revient à l’état qui le redistribue démocratiquement (modalités à voir, peut-être concours public)

_Il y en a qui ne peuvent pas travailler autant que les autres : chômage, maladie, handicap. Il est humain de les prendre en charge et le système monétaire doit s’y adapter.

Pour tenir compte de tous ces éléments, il va falloir que ceux qui le peuvent travaillent plus que ce qui est nécessaire pour la simple satisfaction de leurs besoins de façon à subvenir à la fois à ceux qui ne peuvent pas et à tous ceux qui travaillent pour la collectivité : c’est ce que nous faisons à travers les différents impôts et cotisations diverses, mais tout cela pourrait se simplifier et s’enrichir grâce à la création monétaire maîtrisée :

Plus besoin d’impôts ni de TVA, c’est par la création monétaire que sont payés tous ceux qui travaillent pour la collectivité et la collectivité rembourse en produisant plus pour eux, donc en s’enrichissant. Les impôts ne touchent que ceux qui dépassent les plafonds.

Les pensions de ceux qui ne peuvent travailler suffisamment sont payées par création monétaire aussi.

Débarrassées du coût du capital, du coût des intérêts et des charges sociales des travailleurs, les entreprises deviennent très compétitives en étant protégées en plus par les éventuelles barrières douanières. Pour éviter que des entreprises privées abusent d’une situation de monopole, on pourrait organiser dans tous les domaines une compétitivité saine avec des entreprises d’état à la comptabilité transparente : si le privé peut faire mieux que l’état, il peut gagner plus, mais pas dans des proportions énormes. Les services publics par contre (poste, EDF, SNCF, santé, routes, aéroports,  banque de France …) sont forcément nationalisés.

Chacun travaille de façon monétisée en fonction de ses besoins.

Le travail est un devoir et un droit, l’état est employeur en dernier recours.

Ce système de monnaie service public pourrait satisfaire presque tout le monde, y compris les vrais entrepreneurs industriels : la limite de 10 SMIG de revenus permet de vivre suffisamment largement, d’autant plus que le SMIG serait plus élevé que le SMIG actuel (d’après l’INSEE, cela ne toucherait que les 0,01% les plus riches de la population si le SMIG se rapproche de 2000€). Tout le monde gagnerait en liberté d’entreprendre et en qualité de vie.

Utopique ce système? Oui si vous pensez qu’il l’est. Réalisable? Oui si vous pensez qu’il l’est. Nous fonctionnons par prophéties auto réalisables: si vous pensez que c’est une utopie, vous ne bougerez pas et le système actuel continuera. Si vous êtes convaincu qu’il peut se réaliser, vous allez commencer à chercher quelqu’un capable de l’appliquer et vous en trouverez .Des hommes politiques intègres, courageux et démocrates, capables de porter ce projet existent mais sont soigneusement ignorés des médias, il faut les chercher sur internet avant que celui-ci soit aussi censuré. Il est encore possible de faire une révolution pacifique en utilisant le peu de démocratie qui nous reste, essentiellement l’élection présidentielle, pour reprendre le contrôle de la création monétaire, qui est la clé qui nous permettra d’aller vers plus de démocratie, de redresser l’économie, de nous intéresser vraiment au bien être social et au respect de l’environnement. Les candidats qui prétendent faire cela sans reprendre le contrôle de la création monétaire ne sont pas crédibles car le système actuel l’empêche.L’heure est grave car nous vivons la phase finale d’un coup d’état amorcé il y a 2 siècles qui vise la domination mondiale des peuples par une petite oligarchie comprenant quelques grands banquiers et leurs alliés politiques, médias et grands industriels. (voir l’article sur l’histoire de la création monétaire). Nous pouvons encore réagir tant que les nations existent mais n’oublions pas que la construction européenne vise à leur destruction à moyen terme pour ne gérer que de grandes régions.Un chef d’état non corrompu et courageux pourrait le faire. Il faut que ce chef d’état ne soit pas déjà lié aux banques, pour financer son élection par exemple, et qu’il soit courageux car, avant d’arriver au pouvoir, il subira tous les coups tordus des médias et politiciens actuels aux ordres de l’oligarchie bancaire. Il risque même sa vie s’il est trop seul, c’est pourquoi cela ne pourra se faire qu’avec un soutien populaire important. Il faut militer pour ce système, le faire connaitre pour qu’il devienne la volonté d’une majorité de la population. En attendant, et parallèlement, il est possible de créer des monnaies locales qui l’appliquent pour vérifier sa validité. La plupart des monnaies locales déjà créées s’appuient sur l’euro (on ne peut créer une unité locale qu’en déposant 1€ dans une banque), ce qui leur interdit toute création monétaire nouvelle et limite considérablement leur portée mais, à ma connaissance, aucune disposition légale n’empêcherait d’en faire.

Histoire de la création monétaire

On trouve pléthore d’ouvrages sur l’histoire de la monnaie, ses différentes formes, son évolution, mais curieusement très peu sur les conditions de sa création, de sa diffusion et de son fonctionnement

Les premières formes de monnaie,  (coquillages, bœuf, sel, grain de blé…), qui remontent à la préhistoire, avaient un caractère démocratique et servaient vraiment à mesurer la valeur des échanges. Mais rapidement les puissants (seigneurs, souverains) imposèrent leur monnaie : pour instaurer la confiance dans cette monnaie et éviter les falsifications, ils lui donnèrent une valeur propre importante, or ou argent.

Or le fait d’imposer une monnaie qu’ils créent leur donne de fait un énorme  pouvoir supplémentaire sur les peuples : ils en créent plus ou moins à leur guise et la distribuent forcément uniquement à ceux qui travaillent pour eux. Si les gens du peuple veulent commercer entre eux, ils doivent d’abord travailler pour le seigneur, ce qui ne les empêche pas de devoir payer des impôts en plus. Et le Seigneur peut encore user de son rapport de force pour ne pas payer très cher leur travail.

A l’époque de la royauté, ce rapport de force était clair et assumé. Mais l’or et l’argent étant en quantité limité dans le monde et le besoin de monnaie de plus en plus grand , ils avaient beau diminuer la quantité de métal dans les pièces, l’argent qu’ils pouvaient créer ne suffisait pas et ils se trouvèrent obligés d’emprunter à ceux qui en avaient beaucoup, les riches commerçants et les banquiers.

Les banquiers ont commencé à être des orfèvres, simples dépositaires de l’or de leurs clients qu’ils gardaient en lieu sûr et donnaient en échange un certificat de dépôt qui permettait de récupérer l’or moyennant un droit de garde. Mais, bientôt, ce furent les certificats de dépôt, plus faciles à transporter que l’or, qui servirent de monnaie d’échange. Voyant qu’une grande partie de leurs clients ne venaient jamais rechercher leur or, les orfèvres eurent l’idée d’émettre des billets identiques aux certificats de dépôt mais qui étaient cette fois des reconnaissances de dette : ils venaient de se donner le pouvoir de créer de la monnaie au prix d’une duperie dans la confiance qu’on leur faisait, car, si tout le monde venait réclamer son or à la fois, ce qui arrivait parfois quand il y avait crise de confiance, ils ne pouvaient satisfaire tout le monde et faisaient faillite. C’est à partir de là qu’ils sont devenus  banquiers, gagnant leur vie grâce aux prêts avec intérêts  et aux opérations de change entre les nombreuses monnaies.

Au 18ème siècle, un juif de famille modeste, Mayer Amschel Bauer, qui se fit appeler par la suite Rothschild, vivant dans le ghetto de Francfort- sur-le-Main se lança dans un des seuls métiers autorisés aux juifs, celui de banquier. Il eut l’idée de prêter aux états et réussit à gagner la confiance du Prince Guillaume de Hesse-Cassel, très riche grâce à l’armée de mercenaires qu’il louait régulièrement, qui lui confia la gestion de sa fortune. Ses affaires furent florissantes et ses 5 fils allèrent établir des succursales dans toute l’Europe. Celui qui s’établit en Angleterre, Nathan Mayer Rothschild put prêter d’énormes sommes au roi d’Angleterre, Guillaume d’Orange, qui permirent à celui-ci de financer ses armées en lutte contre Napoléon. En 1812, il réussit à prendre le contrôle de la banque d’Angleterre (déjà privatisée) en torpillant le marché boursier  avec le soutien du roi. En 1815, il multiplia sa fortune déjà considérable par vingt en spéculant sur un mensonge, faisant croire à la victoire de Napoléon à Waterloo.

A cette époque, les 13 colonies américaines de la « nouvelle Angleterre » vivaient dans la prospérité car elles avaient créé leur propre monnaie gérée démocratiquement. Les banquiers anglais, mis au courant, firent adopter par le Parlement anglais une loi défendant aux colonies de se servir de leur monnaie script et leur ordonnant de se servir uniquement de la monnaie-dette d’or et d’argent des banquiers qui était fournie en quantité insuffisante. La circulation monétaire dans les colonies se trouva ainsi diminuée de moitié.

«En un an, dit Benjamin Franklin, les conditions changèrent tellement que l’ère de prospérité se termina, et une dépression s’installa, à tel point que les rues des colonies étaient remplies de chômeurs.»

Ce fut la vraie cause de la guerre d’indépendance. Les Pères Fondateurs des Etats-Unis, ayant tous ces faits en mémoire, et pour se protéger de l’exploitation des banquiers internationaux, prirent bien soin de stipuler clairement dans la Constitution américaine, signée à Philadelphie en 1787, dans l’article 1, section 8, paragraphe 5: «C’est au Congrès qu’appartiendra le droit de frapper l’argent et d’en régler la valeur.»

Mais les banquiers londoniens ne désarmèrent pas. Leur émissaire, Alexander Hamilton, secrétaire du trésor dans le gouvernement de Georges Washington, réussit à faire créer une « banque des Etats Unis » privée avec une charte de 20 ans. Les résultats furent tellement catastrophiques qu’elle ne fut pas reconduite. Nathan Rothschild usa alors de son influence pour déclencher la guerre de l’Angleterre contre les Etats Unis qui fit des milliers de morts et les appauvrit au point qu’ils durent demander une aide financière en échange du renouvellement de la charte.

Toute l’histoire des Etats Unis peut se résumer en une lutte des banquiers pour maintenir leur pouvoir de création monétaire qui leur assure un contrôle total de l’économie du pays et donc de sa politique contre ceux, trop peu nombreux, assez lucides pour résister. Il n’y avait plus de roi avec une autorité indépendante pour les remettre au pas (en ne payant pas les dettes ou en les emprisonnant), les présidents avaient besoin des banquiers pour assurer leur fortune et les énormes frais des campagnes électorales, des élus pouvaient être achetés, l’opinion publique manipulée par des médias, achetés eux aussi, et des « experts » venant d’universités financées par les banquiers. Petit à petit, la majorité de l’administration américaine a été constituée de banquiers.

Quelques présidents ont cependant eu le courage de vouloir s’opposer à eux :

_plusieurs présidents se sont opposés au renouvellement de la charte ensuite mais ont fait l’objet de tentatives d’assassinat : Jackson y échappa car l’arme s’est enrayée, Zachary Taylor est mort empoisonné à l’arsenic, James Buchanan, après avoir voulu encadrer les banques, a résisté à un empoisonnement à l’arsenic.

_Pour financer la guerre de sécession, Lincoln émit une monnaie gouvernementale, le billet vert et avait promis de s’attaquer aux banquiers une fois la guerre finie: «J’ai deux grands ennemis: l’armée du Sud en face et les banquiers en arrière. Et des deux, ce sont les banquiers qui sont mes pires ennemis.» Il fut assassiné 5 jours plus tard, le billet vert disparu, une formidable restriction du crédit s’ensuivit, organisée par les banques. L’argent en circulation dans le pays, qui était de 1907 millions $ en 1866, soit 50,46 $ pour chaque Américain, tomba à 605 millions $ en 1876, soit 14,60 $ par Américain. Résultat: en dix ans, 54 446 faillites, pertes de 2 milliards $. Cela ne suffisant pas, on alla jusqu’à réduire la circulation d’argent à 6,67 $ par tête en 1867! Et le président suivant réemprunta chez Rothschild.

_James A. Garfield fut élu ensuite sur le programme de reprendre un contrôle gouvernemental de la monnaie : « celui qui contrôle la monnaie d’une nation contrôle la nation ». Il fut abattu un an plus tard.

_Il y eut encore Mac Kinley, élu en 1896, qui assainit le budget de l’état en ne recourant pas à l’emprunt et parlait de mettre le dollar sous contrôle d’état quand il fut assassiné en 1901.

_. Après la panique monétaire de 1907, le peuple américain réclamait que le système monétaire de la nation soit stabilisé. Le président Roosevelt créa la Commission Monétaire Nationale pour étudier le problème mais le sénateur Aldrich qui la présidait dépensa l’argent alloué en voyages d’étude en Europe sans rien produire. Par contre, il réunit dans le plus grand secret 5 représentants des 3 plus grosses banques (2 dominées par JP Morgan, la troisième Khun,Loeb & Co représentée par Paul Warburg) à Jekyll Island, une île de Géorgie achetée par des millionnaires et réservée à des millionnaires. En 9 jours, ils mirent au point un projet qui fut présenté ensuite comme celui de la commission et qu’ils réussirent à faire voter en 1913 juste avant Noël après avoir dépensé une fortune (5 millions de dollars) pour en faire faire la propagande par les professeurs de leurs universités: ce fût la « loi sur la réserve fédérale » au titre trompeur car ce n’était pas une réserve et c’était un établissement privé et non fédéral. Il avait une apparence collégiale : un conseil des gouverneurs nommés par le président et rendant des comptes au congrès. Mais ce conseil serait contrôlé par un « comité consultatif fédéral » dont les membres seraient choisis par les directeurs des 12 banques partenaires et resteraient inconnus du public et du contrôle parlementaire. Les actions des 12 banques régionales furent rachetées par des banques nationales et ce furent celles contrôlées par Rockefeller, khun-Loeb et Morgan qui en prirent la majorité et contrôlèrent de fait tout le système. Cette loi donnait (et donne encore) à ces 3 banques le pouvoir exorbitant et inconstitutionnel de battre la monnaie à la place de l’état, de fixer les taux d’intérêt, la masse monétaire et le cours de la devise, de faire en sorte  que l’argent soit rare ou abondant,  de  prêter à l’état ensuite à l’intérêt de leur choix, et de rendre ainsi l’état prisonnier d’une dette inextinguible.(Encore aujourd’hui ce sujet est tabou : lire à ce propos le livre d’Eustace Mullins « les secrets de la réserve fédérale »  qui a mis 40ans à réunir les documents prouvant cette conspiration, qui a eu beaucoup de mal à se faire publier et dont la traduction française est parue en 2010 aux ed « le retour aux sources »).Le président Wilson qui a signé cette loi n’a cessé de le regretter ensuite : «Je suis un homme des plus malheureux. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est maintenant contrôlée par son système de crédit. Nous ne sommes plus un gouvernement libre d’opinion, plus un gouvernement avec des convictions et un vote à la majorité, mais un gouvernement sous la volonté et la contrainte d’un petit groupe d’hommes dominants « -. Woodrow Wilson 1919

Grâce  à la FED, les crises qui étaient auparavant incontrôlées vont pouvoir l’être au gré  de ces grands banquiers ; c’est le cas de la crise agricole de 1920-1921 : la première guerre mondiale avait provoqué une prospérité générale aux Etats Unis, en particuliers chez les agriculteurs et les ouvriers agricoles qui, méfiants, déposaient leur argent dans des banques provinciales ne faisant pas partie de la FED. Pour casser cela, on encouragea d’abord les agriculteurs à emprunter à grande échelle pour s’équiper et acheter des terres grâce à des taux d’intérêts très attractifs en échange d’hypothèques sur leurs biens, prêts que seules les grandes banques savaient gérer. Puis, lors d’une réunion secrète le 18 mai 1920 du Conseil des Gouverneurs de la FED où seuls les gros banquiers étaient présents, il fut décidé une contraction brutale du crédit (le taux passa de 3% à 7%) et de la monnaie, ce qui eut pour effet de mettre en faillite les agriculteurs et les banques associées, de  réduire le revenu national de 15 milliards de dollars, jetant des millions de personnes au chômage et réduisant de 20 milliards de dollars la valeur des terres et des ranchs.

Sans le système de la réserve fédérale, aucune guerre mondiale n’aurait pu être déclenchée : les pays européens possédaient de grandes armées opérationnelles qu’ils s’épuisaient à financer mais n’avaient pas une économie suffisante pour financer la guerre ; la FED leur prêta 25 milliards de dollars (que les Etats Unis n’avaient pas non plus, qui furent créés et non remboursés) répartis entre tous les futurs belligérants. La guerre faisait marcher l’industrie et rapportait des bénéfices. C’est pour cela aussi que le président Wilson, qui devait sa fortune et son élection aux banquiers, leur donna des postes de commande dans son administration et mis l’Amérique en guerre.

Mais ces hommes les plus puissants des Etats Unis rendaient eux-mêmes compte à une autre puissance qui les contrôlait de fait déjà en 1910 : la puissance financière Anglaise concentrée dans la branche londonienne de la maison Rothschild. Bien que ces firmes fussent américaines en apparence, entretenant simplement des agences à Londres, le fait est qu’elles allaient prendre leurs ordres à Londres car, depuis le début, c’est la banque d’Angleterre de Nathan Rothschild qui avançait masquée en finançant les grandes banques américaines. Pouvant disposer de sommes énormes, créées maintenant sur ses ordres par le board de la FED aux états Unis, la City de Londres est le centre financier de la planète (on comprend  mieux l’indéfectible alliance entre l’Angleterre et les états unis) : 5 banques d’affaire de Londres contrôlent en réalité les banques new-yorkaises qui possèdent la majorité de contrôle dans la banque de réserve fédérale de New-York.

Le krach de 1929 fut programmé par Londres et la FED pour mettre fin à une période de spéculation, en augmentant brutalement les taux d’intérêt, après avoir prévenu au préalable les initiés ; les autres, les petits spéculateurs, perdirent tout ; 11630 petites banques firent faillite, augmentant encore la concentration de l’argent dans les grandes banques. La FED laissa pourrir la situation jusqu’en 1933 pour soutenir l’élection de Roosevelt, lui-même banquier : elle créa alors 100 millions de dollars d’argent frais et les usines recommencèrent à embaucher. La loi bancaire de 1935 étendit la durée des mandats des gouverneurs de la FED à 14 ans, 3 fois et demi la durée d’un mandat présidentiel, ce qui signifiait que quel que soit le nouveau président, il ne pourrait rien changer à la politique de la FED .En 35 ans,  les banques de la FED ont accru leurs actifs de 143 millions à 45 milliards de dollars sans rien produire, simplement par la création monétaire dont 95% sous forme de crédit

C’est à cause de cette période de chômage de masse et de misère que put naître le nazisme. Les juifs, dont beaucoup étaient banquiers, ont servi de boucs émissaires et ont été victimes de la haine engendrée par la violence du capitalisme bancaire. Après la première guerre mondiale, l’Allemagne avait été condamnée à payer tous les dégâts de la guerre et se trouvait écrasée sous les dettes, ce qui provoqua la chute de la république de Weimar. Hitler fut porté au pouvoir par les grands industriels allemands et réussit à redresser l’économie en créant une monnaie nationale, ce qui, plus que son antisémitisme, a été la principale raison de l’entrée en guerre de l’Angleterre et des Etats Unis : « La guerre ne fut pas seulement pour abolir le fascisme, mais pour conquérir les marchés de vente. Nous aurions pu, si nous avions l’intention de le faire, empêcher cette guerre d’éclater mais nous ne voulions pas. »- Winston Churchill à Truman (Fultun, USA Mars 1946).

Il y eu encore un président pour s’opposer à la création monétaire privée : John Fitzgerald Kennedy venait de signer un décret permettant à l’état de battre monnaie lorsqu’il fut assassiné. Le film de Zapputer, maintenant déclassifié, apporte la preuve qu’il s’agissait bien d’un complot. Ce fut le dernier à s’opposer, la voie était libre pour mondialiser ce dispositif.

La mondialisation s’est faite sur le modèle de la FED, remplaçant les banques centrales des états par des banques privées. « L’Europe » a été construite sur le même modèle : sa banque centrale,  hors contrôle démocratique, ne fournit pas les états mais des banques privées qui prêtent ensuite aux états avec intérêts, ce qui augmente leurs dettes de façon inextinguible  et permet aux banques d’imposer leur politique.

Il est à noter que les seul rares états qui résistaient et avaient une banque centrale d’état indépendante du dollar sont ceux contre qui des guerres ont été engagées.

A la fin de la guerre, les Etats Unis s’étaient beaucoup enrichis et avaient réussi à faire venir chez eux la majorité des réserves d’or. Dans les accords de Brettons Woods, ils imposèrent que seul désormais le dollar serait convertible en or à 35d l’once et que les autres monnaies seraient adossées au dollar. La FED en profita pour émettre beaucoup plus de dollars qu’elle n’avait de réserves d’or, ce qui finit par éveiller la méfiance des autres pays, dont la France, et, quand celle-ci commença à demander la conversion des dollar en or, le président Nixon suspendit le 15 août 1971 la convertibilité du dollar en or. Pour continuer à s’endetter, Nixon a gagé illégalement 25% du territoire américain. Pour continuer à s’endetter, il a proposé aux pays producteurs de pétrole, en échange d’une protection militaire, de vendre leur pétrole contre des dollars investissables dans des bons du trésor remboursables par les générations futures. Mais l’Amérique ayant de moins en moins de choses à offrir, plusieurs pays producteurs commencèrent à exiger d’autres monnaies :

_En 2000, Saddam Hussein préféra  des euros au dollar. 2ans plus tard, l’Irak fut envahi sous de mauvais prétextes et son pétrole revint aux pétrodollars

_En Libye, Mouammar Kadhafi avait institué une banque centrale appartenant à l’Etat et une monnaie d’échange de valeur, le dinar d’or. Il ne vendait plus son pétrole que contre des dinars, des pays africains le rejoignaient ; les Etats Unis ont envahi la Libye, sa banque centrale a été privatisée et le pétrole libyen revendu en dollars.

_La cible suivante a failli être l’Iran, qui a aussi une banque centrale gouvernementale. Mr Obama s’est montré plus pacifique que les précédents présidents, mais si Hillary Clinton est élue, on peut craindre le pire.

Cet historique montre que ce qui nous arrive est le résultat d’un processus commencé il y a 2 siècles, un véritable coup d’état de quelques banquiers et de leurs alliés prêts à tout, même au meurtre, pour satisfaire leur soif de richesse et de domination. Ce sont eux qui dirigent de fait les USA, les politiques n’étant là que pour occuper l’esprit de la population, ce qui fait que les USA ne doivent pas être considérés comme un état démocratique mais comme un état mafieux (il n’y a pas d’autre mot pour décrire le racket de la population et du monde sous la menace des armes). Nous avons parlé des présidents mais les souffrances de la population sont bien pires : la population a subi régulièrement des crises économiques liées au disfonctionnement endémique et aux cracks  boursiers, elle a subi de fréquents appels à la guerre pour satisfaire la nécessité d’une extension permanente. Ce mépris  montré pour la vie humaine renforce profondément la théorie dite « du complot » qui explique, beaucoup mieux que la théorie officielle manifestement mensongère et fausse, les « attentats » du 11 septembre 2001. (Voir l’article dans « articles à méditer »)

A noter que si les musulmans sont devenus la cible privilégiée, c’est peut-être aussi parce que leur religion leur interdit l’ « usure », c’est-à-dire le prêt avec intérêt.

La France parait bien engluée dans ce système, ayant perdu avec les traités européens sa souveraineté politique et financière, ayant perdu avec son adhésion à l’OTAN sa souveraineté militaire : comment serait-il possible d’en sortir ?

Voir la suite:  un monde meilleur est possible

http://democratie-sociale.fr/2017/un-monde-de-richesse-et-de-paix-protegeant-la-nature-et-la-vie-sur-terre-est-possible-avec-un-systeme-monetaire-democratique/

 

 

L’extraordinaire pouvoir de la création monétaire

                         Nous sommes une majorité à désirer un monde meilleur, plus respectueux des autres êtres humains et de l’écologie, avec moins d’inégalités, moins de violence, plus de liberté, un monde où chacun pourrait s’épanouir et développer toutes les potentialités de son être. Nous avons atteint les capacités techniques pour que cela soit possible et pourtant nous assistons à un pillage de la planète, à  la montée de la violence guerrière, à une compétitivité exacerbée comme s’il n’y avait pas assez de place pour tout le monde, à voir quelques très riches qui peuvent tout se permettre et beaucoup de très pauvres qui ne peuvent même pas manger à leur faim.

La justification de tout cela est toujours économique, c’est en son nom qu’on nous impose l’hyper compétitivité, les délocalisations et le chômage, l’austérité, la détérioration des acquis sociaux, la braderie de l’état social, la perte de la démocratie. Pourtant, un système économique est déterminant pour l’organisation sociale et devrait être sous le contrôle du politique: s’il ne l’est pas, c’est que les politiques sont devenus les valets de plus puissants qu’eux.

Nous sommes tellement imprégnés par ce système dit « néo-libéral »qu’il nous est difficile d’en imaginer un autre. Pourtant je vous propose de partir de rien, d’une époque où la monnaie n’existe pas encore, pour construire un système monétaire respectueux des individus et de la démocratie, ce qui nous permettra de mesurer le fossé qui le sépare du système actuel mais nous motivera aussi pour transformer celui-ci.

Supposons pour cela une petite communauté où l’argent n’existe pas encore mais qui fonctionne selon le principe de la répartition du travail : chacun se spécialisant dans une activité, il devient nécessaire d’organiser les échanges pour que chacun puisse avoir tout ce dont il a besoin et que la communauté survive.

Il y a d’abord le don : chacun donne aux autres ce qu’il produit sans compter en espérant que les autres feront de même pour ce dont il a besoin. Cela est valable dans une petite communauté où tout le monde se connait et voit ce que font les autres. Le risque dans une communauté plus grande est qu’il y en ait qui s’épuisent à donner alors que d’autres profitent des dons sans rien produire eux-mêmes.

Si le don ne veut pas être gratuit et demande une réciprocité, on peut envisager le troc : on échange au lieu de donner. L’inconvénient en est quand les choses à échanger n’ont pas la même valeur, ou quand on ne trouve rien à échanger qui satisfasse celui qui possède le bien convoité. Le troc est surtout utilisé pour des échanges entre communautés.

L’invention de la monnaie est un progrès sur le troc car elle va pallier à ces 2 inconvénients en mesurant la valeur des échanges et en permettant leur mutualisation. Chacun pourra savoir s’il a produit suffisamment ou s’il est en dette envers la société, il pourra vendre à l’un et acheter à un autre. Lorsqu’on échange 2 richesses de valeurs différentes, celui qui a donné la richesse de plus grande valeur garde la différence de valeurs pour échanger avec d’autres.

Notons bien que tous les échanges n’ont pas besoin d’être monétisés: lorsqu’on a confiance dans la capacité de rendre à celui à qui on donne, ou quand on peut se permettre de donner sans avoir besoin de retour, dans les échanges entre amis, encore plus dans les échanges amoureux, quand ce qu’on échange est inestimable, il n’y a pas besoin de monnaie. Celle ci n’intervient que quand la communauté devient trop grande et que la confiance en l’autre n’est pas automatique, elle sert juste à mesurer que personne ne va recevoir plus qu’il ne peut donner. (Ceci dans une société démocratique où tous les individus sont égaux, nous verrons qu’ elle peut aussi être utilisée à d’autres fins).

La fonction première de la monnaie dans une démocratie est de mesurer la valeur des échanges.La monnaie n’est qu’un instrument de mesure : elle mesure les valeurs comme un mètre mesure les longueurs. Elle n’a pas de valeur en soi ou, si elle a une valeur propre, cette valeur est indépendante de la valeur de ce qu’elle mesure (de même que la longueur du mètre est indépendante de la longueur de l’objet mesuré).

Regardons plus concrètement comment mettre en place une monnaie :

Il faut tout d’abord se mettre d’accord sur une unité de valeur et attribuer à chaque chose commercialisable une valeur multiple de cette unité.

_Que choisir comme unité ? On peut choisir n’importe quoi : une fève, une poule, une vache, un kilo de blé, une pièce en or, un morceau de papier, un signe sur un livre de comptes, une heure de travail. Il suffit qu’elle soit assez petite pour que la valeur de tout ce qui est à échanger en soit des multiples.

_Comment estimer la valeur de chaque chose ? Cette estimation est forcément subjective et il n’y a guère d’autre solution que de s’en remettre à la loi de l’offre et de la demande. Le prix se négocie entre le vendeur et l’acheteur. L’estimation la plus juste serait de considérer le temps de travail nécessaire pour créer cette richesse, mais d’autres facteurs entrent en jeu: la rareté, la difficulté, la beauté, …

_Comment enregistrer la transaction ?

Avec un livre de comptes : chacun a un compte où se marque en unités positives ce qu’il a vendu et en unités négatives ce qu’il a acheté. Il peut ainsi se rendre compte s’il a donné plus qu’il n’a reçu ou le contraire. C’est ce qui s’est fait dans l’antiquité et se fait actuellement dans les SEL (Systèmes d’Echange Locaux). C’est un système très simple et très sûr qui a pour seul inconvénient de devoir se référer au livre de compte chaque fois que l’on fait un échange.

Nous pouvons aussi matérialiser cette monnaie avec des pièces et des billets par exemple et  garder la monnaie en échange  de ce qui a été vendu, comme preuve . Cette solution est beaucoup plus problématique que la précédente car cette monnaie a 4  valeurs différentes:

_elle a la valeur de sa fabrication, le prix du papier, de l’encre et de la main d’oeuvre pour fabriquer un billet ou le prix du métal et de la main d’oeuvre pour fabriquer les pièces. Nous parlerons de valeur propre et de monnaie vide.

_Elle représente la valeur de ce que nous venons de vendre: nous parlerons de monnaie pleine.

_elle a aussi la valeur de ce que celui qui vous l’a donné a fait pour l’obtenir, et qui peut être très différente de la valeur que vous lui attribuez, vide ou pleine différemment..

_Elle a enfin la valeur de ce que vous pouvez acheter avec elle.

Comme rien en apparence ne distingue ces 4 valeurs, il a paru nécessaire de les homogénéiser: ce sont les conventions sociales et la loi de l’offre et le demande qui homogénéisent les monnaies pleines. Reste le problème de la différence entre monnaie vide et monnaie pleine: une première solution fut de donner à la monnaie une valeur propre importante, aussi importante que les autres valeurs: c’est ainsi qu’il y eut des pièces en or. Mais le besoin de monnaie augmentant, et l’or étant en quantité finie, les pièces ont contenu de moins en moins d’or, jusqu’à devenir des billets un peu rattachés à l’or puis plus rattachés du tout. Lorsque la valeur propre de la monnaie est devenue très faible, pour qu’elle puisse encore être acceptée comme représentant une valeur, il faut 3 conditions :

_Qu’elle soit acceptée par tous et en particulier par les instances dirigeantes, l’état. C’est l’état qui légifère pour indiquer quelle monnaie ne peut être refusée en paiement d’une valeur ou pour s’acquitter des taxes et impôts.

_qu’elle ne puisse pas être falsifiée par de faux monnayeurs: seuls ont le droit de la fabriquer ceux désignés par l’état.

_et  qu’elle corresponde à des valeurs réelles. Cela implique que l’on fasse confiance à l’organisme émetteur de cette monnaie de ne l’émettre que pour des valeurs réelles.

Comment cette monnaie est-elle émise pour représenter des valeurs réelles ?

. Pour que la monnaie créée représente une valeur réelle, elle ne doit être donnée qu’à celui qui a vendu une richesse (j’entends par richesse un bien matériel, ou un service, ou une compétence, ou un temps de travail). Celui qui achète doit avoir auparavant produit une richesse lui aussi, ou alors a dû emprunter.

Il y a 2 manières d’emprunter :

_emprunter à quelqu’un qui a trop de monnaie pleine (avec valeur) par rapport à ses besoins et lui rendre quand on aura produit soi-même suffisamment, avec éventuellement  un cadeau de remerciement ou un intérêt.

_emprunter à l’organisme émetteur de la monnaie-sans-valeur qu’on lui rendra quand on aura produit suffisamment pour avoir la même quantité de monnaie avec valeur.(cela correspond au compte négatif du livre de compte que l’on promet de ne pas laisser négatif). Cela prouvera, comme dans le livre de compte, que l’on s’est acquitté de sa dette envers la société en produisant autant que l’on avait emprunté et l’on rendra alors l’instrument de mesure comme on rendrait un mètre à celui qui nous l’a prêté pour faire la mesure. Mais cela va poser un gros problème car, pendant tout un temps avant le remboursement, il va y avoir en circulation à la fois de la monnaie vide et de la monnaie pleine et que rien ne permet de distinguer l’une de l’autre; mieux, l’une se transforme en l’autre au cours d’une transaction: si vous payez ce que vous achetez avec une monnaie sans valeur qui vient d’être créée, elle devient instantanément entre les mains du vendeur une monnaie avec valeur ( c’est pour cela que vous devez rendre de la monnaie avec valeur à celui qui vous a prêté de la monnaie sans valeur). Mais, contrairement à l’emprunt précédent, il n’est pas possible pour l’organisme émetteur de demander des intérêts car cela reviendrait à prendre de la monnaie avec valeur dans le circuit économique alors que son rôle est d’en mettre, cela créerait de l’inflation et un endettement non remboursable. Pour bien comprendre cela, regardons ce qui se passe sur une communauté réduite au minimum de 3 personnes, Pierre, Jean, Bernard :

Supposons pour simplifier qu’ils aient chacun une richesse à proposer aux autres, et que ces richesses soient estimés à la même valeur, 10 unités. Jean voudrait acheter à Pierre, Bernard à Jean et Pierre à Bernard. Comme il n’y a pas encore de monnaie qui circule, Jean va emprunter à l’OE (organisme émetteur) 10u: ces 10u n’ont aucune valeur (ou seulement leur valeur propre, très faible, on peut parler de monnaie vide, ou monnaie dette), ils mesurent seulement la dette de Jean envers la société, dette qu’il s’engage à rembourser en produisant pour la société au moins autant.                                                                                                    Avec ces 10u, il paye Pierre qui les garde en échange de sa richesse; ces 10u ont maintenant de la valeur, ils représentent la valeur de la richesse qu’il vient de vendre et lui donnent le droit d’acheter pour la même valeur. Les 10u vides sont magiquement devenus 10u pleins alors que rien ne distingue l’un de l’autre.                                                                                                                                    Bernard qui n’a pas d’argent non plus va faire de même pour acheter à Jean : il s’endette de 10u vides qu’il donne à Jean, ils deviennent alors pleins et Jean va pouvoir rendre les 10u pleins à l’OE qui les détruit: les pleins ont annulés les vides, Jean a payé sa dette envers la communauté .                                                     Pierre qui a déjà 10u pleins va pouvoir acheter à Bernard sans emprunter, ce qui permettra à Bernard de rembourser sa dette.  Au final, tout l’argent créé par l’OE lui a été rendu, il n’y a plus de monnaie qui circule mais tous les échanges souhaités ont pu se faire et personne n’est en dette envers les autres.

Il est évident que dans une communauté aussi restreinte,il n’y a pas besoin de monnaie, mais le raisonnement serait le même dans une communauté plus large et si les objets à échanger n’avaient pas la même valeur; au final, certains resteraient avec de la monnaie pleine et d’autres avec de la monnaie dette mais la somme totale serait nulle.

Qui va être cet organisme émetteur et comment va-t-il fonctionner ? La monnaie étant un service public, il semblerait normal que ce soit un organisme public. Ce fut le cas pendant longtemps avec des banques centrales d’état seules habilitées à créer la monnaie. Ce n’est plus le cas actuellement dans la plupart des pays occidentaux, en particulier aux USA ( où la « Réserve Fédérale » est en réalité un consortium de banques privées) et en Europe ( où la Banque Centrale est hors contrôle des états membres).

Imaginons maintenant que l’OE  soit un banquier qui ne soit pas au service de la communauté mais vise seulement son intérêt propre: il va prêter mais en demandant des intérêts sur l’argent créé (normal, pensez vous, il faut bien qu’il se rémunère, mais vous allez voir que cela change tout): Jean emprunte 10u mais doit en rendre 11 ; il n’a que 2 solutions, augmenter la valeur de sa richesse et la vendre 11u à Bernard ou emprunter encore 1u qu’il ne pourra jamais rendre. Supposons que Bernard accepte l’augmentation de prix : il emprunte 11u, mais il devra en rendre 12. Pierre est coincé : il ne peut pas acheter à 12u car il n’a que 10u et, s’il emprunte 2u, il ne pourra jamais les rembourser puisqu’il n’y aura plus de monnaie en circulation.

Pour qu’un système monétaire puisse fonctionner dans un communauté fermée, il est nécessaire que l’organisme qui crée la monnaie ne prenne pas d’intérêts sur les prêts qu’il accorde.

S’il y a une seule loi scientifique en économie, c’est celle-là, et, pourtant elle n’est pas appliquée dans le système actuel qu’on nous impose.

Bien sûr, cette loi n’est valable que si le banquier crée la monnaie, il aurait le droit de demander des intérêts pour vivre s’il prêtait de l’argent plein ou des promesses d’argent plein, comme cela se faisait autrefois. Il est récent que les banquiers aient le droit de créer l’argent qu’ils prêtent. Celui qui crée la monnaie a besoin certes d’être rémunéré pour le service qu’il rend, mais il ne peut le faire en demandant des intérêts, nous verrons plus loin comment il peut l’être.

Le fait que ce soit un banquier privé qui crée la monnaie a un autre effet pervers: celui qui emprunte se sent désormais en dette non plus envers la société, mais envers la banque, ce qui justifie tout le pouvoir que peut exercer la banque sur lui en se comportant comme si elle prêtait de l’argent plein: il s’agit ni plus ni moins d’une escroquerie, la dette reste envers la société et non envers la banque.

Le fait que l’organisme émetteur soit géré par la collectivité comme un service public permet non seulement de prêter sans intérêts à tous ceux capables de créer des richesses et rembourser un jour, mais aussi de payer directement par création monétaire (pleine  puisqu’elle correspond à une richesse créée) tous ceux qui travaillent pour la communauté : c’est la collectivité qui est en dette envers eux et rembourse en donnant de la valeur contre leur monnaie. C’est l’équivalent d’un impôt qui aurait dû être levé pour les payer, mais indolore : il demande à la collectivité de produire plus mais l’enrichit au lieu de l’appauvrir. C’est d’ailleurs la seule façon possible de démarrer car, au départ, quand tout le monde a remboursé ses dettes, il n’y a pas d’argent qui circule et il est impossible alors de lever des impôts: il faut commencer par donner de l’argent plein avant de pouvoir en ponctionner. Les impôts ne se justifieront que lorsqu’il y aura trop d’argent en circulation.

Prenons l’exemple de celui qui gère l’organisme émetteur : s’il ne peut prendre d’intérêts, comment va-t-il être rémunéré ? Il produit quelque chose pour la communauté, donc mérite d’être payé par elle. Pour cela, 2 solutions : ou on lève un impôt qui permettra de le payer, ou on le paye par création monétaire . L’impôt est pour l’instant impossible car nous avons vu que si les échanges entre les membres de la communauté sont équilibrés, il n’y a plus d’argent en circulation. Son travail doit donc être payé directement par création monétaire,  la collectivité rembourse en donnant des richesses en échange de cette monnaie mais , au lieu de s’endetter, elle s’enrichit. La masse monétaire en circulation augmente, elle s’adapte automatiquement aux besoins. (Bien sûr, il faudra un contrôle démocratique pour qu’il ne puisse pas se payer autant qu’il veut).

Il en est de même pour les investissements apportant une richesse dont profite toute la communauté, par exemple autoroute ou hôpital : ceux qui les construisent sont payés par création monétaire et, en acceptant cette monnaie contre des richesses, la communauté paye cette réalisation qui lui appartient d’emblée.

Tout cela correspond à ce qui se passerait s’il n’y avait pas d’argent : ceux qui travaillent pour la communauté sont pris en charge par celle-ci qui se charge de les nourrir. C’est le système monétaire qui  s’adapte aux besoins de la communauté et non le contraire.

Quand l’organisme émetteur de monnaie est géré par la collectivité, il peut payer les investissements collectifs et ceux qui travaillent pour le collectif avec de la création monétaire. Cela remplace l’impôt et ne produit pas d’inflation. Il n’y a pas d’inflation tant que la monnaie créée correspond à la valeur d’une richesse produite.

Ce problème de l’inflation est à approfondir car il a servi de prétexte pour créer une Banque Centrale Européenne indépendante des états et ne pouvant pas prêter aux états: « si les états contrôlaient la Banque Centrale, ils s’en serviraient pour créer de l’argent à tout va, pour masquer leur mauvaise gestion, et, quand il y a trop d’argent qui circule par rapport aux besoins, les vendeurs peuvent se permettre d’augmenter les prix, ce qui crée de l’inflation ». Le premier raisonnement est spécieux: si on part du principe que l’état va mal utiliser les outils qu’on lui donne, il ne faut rien lui confier d’autre non plus, et, dans un état démocratique, si le gouvernement fait une mauvaise gestion, il ne sera pas reconduit. Ensuite, les causes de l’inflation n’ont jamais été clairement analysées et sont multiples: nous avons vu que les prêts par création monétaire avec intérêt poussent à l’inflation, elle peut être due aussi à la hausse du coût des matières premières importées, mais elle est surtout due à un système dont l’objectif  essentiel est l’enrichissement. Enfin, l’inflation n’a pas que des inconvénients car elle pénalise surtout les rentiers. Ici, l’OE ne peut pas émettre de la monnaie n’importe comment, seulement pour un investissement collectif qui appartiendra à la communauté ou pour payer ceux qui travaillent pour le collectif: n’oublions pas que ce sera le seul argent plein qui restera en circulation quand tous les emprunts auront été remboursés. Avant que la quantité d’argent plein atteigne le PIB, il faudra plusieurs années, et, lorsque ce sera le cas, il sera possible de remplacer la création monétaire par des impôts: l’état pourra jouer entre création monétaire et impôt pour adapter finement la masse monétaire pleine aux besoins. ( Et, si nous sommes dans un état très démocratique avec séparation des pouvoirs, il sera possible que l’OE soit un service public sous contrôle citoyen mais non soumis à l’état, soumis seulement aux contraintes d’émission citées plus haut).

Pour arriver plus vite à ce que ce soit uniquement de l’argent plein qui circule et éviter les successions d’emprunts, il serait peut-être possible que l’OE verse au départ à tous les citoyens une certaine quantité d’argent plein, mais les conditions d’attribution semblent assez difficiles à déterminer pour respecter les impératifs d’émission.

Regardons  maintenant ce qui se passe lorsque c’est un banquier qui se propose d’être l’organisme émetteur de monnaie, sans contrôle démocratique:

_Il va prêter à qui il veut, en quantité qu’il veut, au taux qu’il veut : quel énorme pouvoir ! C’est lui, et non la société, qui va décider des investissements à faire et il choisira non pas ceux qui sont le plus intéressants à long terme, mais ceux qui rapportent le plus à court terme. Il peut augmenter ou diminuer la masse monétaire à sa guise, créer inflation ou récession.

Le fait de prêter de la monnaie créée avec intérêts déséquilibre complètement le système monétaire, comme nous l’avons vu, et fera des exclus qui ne pourront pas rembourser. Cela va créer une compétition sauvage entre les membres de la communauté, chacun essayant d’éviter d’être exclu. Cela tend aussi à provoquer de l’inflation car, pour pouvoir payer les intérêts, une possibilité est de gonfler le prix de sa richesse. Ce système ne peut perdurer que dans une fuite en avant, une expansion perpétuelle qui permet de reporter sur d’autres le défaut de paiement ou l’endettement non remboursable. Voilà pourquoi les USA sont dans un expansionnisme permanent, voilà pourquoi les économistes adeptes de ce système ne voient de salut que dans la croissance: quand il y a croissance, beaucoup empruntent; avant que les emprunts soient remboursés, il y a beaucoup de monnaie vide qui circule et donne l’impression d’un augmentation de la masse monétaire. Le problème est que quand tous les emprunts sont remboursés avec les intérêts, il y a encore moins d’argent en circulation qu’avant.

L’état ne pourra pas créer de monnaie et ne pourra se financer que par l’emprunt et l’impôt. En dernier recours, quand il faudra bien augmenter la masse monétaire, c’est sur lui que retombera l’endettement non remboursable (voilà pourquoi tous les états adeptes de ce système ont des dettes exponentielles qui ne font que croître, quoi qu’ils fassent). Fini également  la possibilité de payer les réalisations collectives avec de la création monétaire, il devra lever des impôts ou emprunter encore et s’endetter encore plus (voilà pourquoi on nous impose l’austérité).

Enfin, rien ne l’empêche de créer de la monnaie pour autre chose que des  richesses produites, en particulier pour spéculer à la bourse; les investissements spéculatifs ne sont pas des investissements productifs et ne devraient pas avoir droit à de la création monétaire. Actuellement, 95% de l’argent créé sert à la spéculation: en 2016, la Banque Centrale Européenne a racheté pendant des mois 60Md d’actifs par mois, ce qui revient à distribuer de la monnaie en la donnant uniquement aux banques qui ne s’en sont servies que pour spéculer ( c’est plus que le déficit budgétaire annuel d’un pays comme la France et deux fois la charge des intérêts de la dette de l’Etat français).  Cela crée une inflation masquée, car elle n’est pas prise en compte dans l’indice, mais elle est gigantesque et enlèverait toute valeur à la monnaie si les utilisateurs le savaient.

La spéculation et le prêt avec intérêt permettent à ceux qui ont déjà beaucoup d’argent, essentiellement les banques, d’en acquérir encore plus sans rien produire, ce qui est une absurdité: il est incompatible pour un instrument de mesure de s’agrandir à l’usage; imaginez que votre mètre s’allonge quand ce que vous mesurez est grand, un instrument de mesure doit au contraire, rester le plus stable possible. C’est à comparer également à une énergie qui s’accroîtrait quand on la stocke, ce qui est contraire aux principes de l’entropie. Nous devons perdre l’habitude de considérer qu’il est normal que l’argent placé « rapporte »: cela ne se justifie que parce que nous n’en avons pas assez et pour compenser l’inflation, ce qui ne devrait pas avoir lieu dans un système bien géré. Il serait plus normal que l’argent capitalisé, donc inutilisé dans des échanges, perde peu à peu sa valeur. C’est ce qu’ont voulu marquer certaines monnaies locales en étant « fondantes ».

Peu de banquiers sont pleinement conscients de ce qu’ils font en créant de l’argent et en le prêtant avec intérêts. Ils équilibrent des balances, ils appliquent un fonctionnement archaïque de réserves fractionnaires qui n’avait de raison d’être que lorsque la monnaie était rattachée à l’or (cela permettait de multiplier l’argent insuffisant créé par la banque centrale). Même si leur fonctionnement leur parait  réglementé, il n’en entraîne pas moins toutes les conséquences décrites précédemment.

Mais ceux qui dirigent le système, essentiellement quelques grands banquiers anglo-américains, sont parfaitement conscients des énormes pouvoirs que donne la création monétaire : ils permettent de contrôler  toute la vie sociale. Comme l’a dit si bien un certain Mayer Amschel Rothschild, à l’origine de tout cela : « donnez-moi  le contrôle de la monnaie et je me moque de qui fait les lois ». Et c’est parce que le système monétaire est contrôlé par des banquiers que la préoccupation majeure est devenue de gagner toujours plus d’argent, indépendamment des besoins de la population et de toute valeur morale.

Comment le pouvoir de création monétaire permet de tuer la démocratie: voir la suite

création monétaire et démocratie

On comprend que ceux qui ont en mains un tel pouvoir fassent tout pour le conserver et rêvent de dominer l’humanité entière, mais comment s’en sont-ils emparés ? Jusqu’où peuvent-ils aller pour le conserver ? Leur mise en lumière amène à une nouvelle lecture de l’Histoire.

voir la suite: histoire de la création monétaire

Histoire de la création monétaire

 

 

Vers un totalitarisme capitaliste bancaire

Ceux qui croient encore que nous sommes dans un état de droit démocratique commettant certes quelques erreurs en prolongeant un état d’urgence « pour notre sécurité » ou en arrêtant des militants écologistes au lieu de terroristes, mais que l’on peut ramener à la raison en manifestant, ou en faisant des pétitions, ou en votant, se réveilleront lorsqu’il sera trop tard. Ce ne sont pas des erreurs mais la phase presque finale de l’emprise des grands capitalistes sur les peuples à une échelle qui devient mondiale.

Qui sont ces grands capitalistes ? Ce ne sont pas ceux qui possèdent leur outil de travail, les petits paysans ou les petits entrepreneurs mais ceux qui possèdent de très grandes propriétés ou de très grandes entreprises. Le système économique capitaliste leur permet de s’approprier environ le tiers de la valeur produite par les travailleurs, ce qui dans le cas de très grosses entreprises représente des sommes considérables qui leur permettent de corrompre les politiques. (Non, le mot n’est pas trop fort : comment appeler autrement le fait qu’en échange des services rendus quand ils étaient au pouvoir, ces politiques retrouvent un emploi bien rémunéré dans ces entreprises, quand ils n’en viennent pas. Et qui a payé leur campagne ?). Cet argent leur permet d’acheter aussi les médias : pratiquement tous les médias français appartiennent à 5 ou 6 grands industriels et diffusent exclusivement leur idéologie en dénigrant ou censurant les alternatives. (Pourquoi parle-t-on toujours du coût du travail, ce qui est le point de vue du patronat minoritaire, au lieu de parler du coût du capital, point de vue des travailleurs majoritaires ?).Ces quelques très riches, représentant à peine 1% de la population constituent une classe sociale qui dirige le pays dans son intérêt propre et non dans celui de la population, au-dessus des lois qu’ils imposent aux autres. N’oublions pas dans cette classe ceux qui sont devenus dominants, les grands banquiers, ceux que l’on a autorisé à jouer le rôle de banque centrale en ne créant la monnaie qu’au prix d’un endettement de l’état.

Le fait qu’une petite minorité de grands capitalistes dirige de fait et dans l’ombre le pays, (les institutions d’apparence démocratique n’étant qu’un décor pour que la population ne se révolte pas), ne devient évident chez nous que depuis relativement peu de temps : il y a eu des époques où le pouvoir politique arrivait à mieux contenir le capitalisme. Par contre, c’est ce que les USA connaissent depuis leur fondation : les banquiers alliés aux grands propriétaires ont toujours fait et défait les présidents et conduit le pays au moyen d’un capitalisme sauvage très dur envers ceux du bas de l’échelle sociale, n’hésitant pas à sacrifier la population dans des conditions de travail inhumaines et dans des guerres de conquêtes pour le profit. Les USA ne sont pas une démocratie (les médias canalisent les votes sur 2 grands partis qui s’opposent sur des détails mais ne remettent pas en cause le système  économique qui laisse le pouvoir aux grands capitalistes) et ne sont pas les amis des démocraties : ils sont capables de soutenir des dictateurs et de renverser (en se cachant, par CIA interposée) des régimes démocratiques qui vont contre leurs intérêts financiers : tout le monde a en mémoire Salvador Allende au Chili mais il y en a eu beaucoup d’autres.(voir http://democratie-sociale.fr/2016/chronologie-des-interventions-militaires-us/)

Leur appétit de pouvoir est immense et mortifère : combien de milliers de civils morts en Irak dans une guerre uniquement pour le profit ? Ce sont eux qui ont créé Al Qaîda et ont permis l’apparition de Daech. Les attentats du 11 septembre ( qu’ils ont très certainement organisé, voir l’article correspondant) leur ont permis d’avancer vers plus de totalitarisme en faisant voter des lois liberticides qui, sous prétexte de s’attaquer au terrorisme, permettent d’emprisonner sans jugement tout opposant au système.

Vous reconnaissez ce qui nous arrive ? Ce n’est pas un hasard : les USA ont été très présents dans la construction européenne et ils l’ont fait se construire sur le même modèle qu’eux : obligation pour les états de s’endetter auprès de banques privées, parlement sans grand pouvoir réel, les décisions étant prises par une « commission » non élue, verrouillage des grands partis politiques sur le même programme économique favorisant uniquement les grandes entreprises, utilisation de l’état pour détricoter les lois sociales et augmenter la partie répressive, gouvernement par la peur.

Il n’y a pas succession d’erreurs, tout cela converge vers un but : l’établissement d’une dictature mondiale des grands capitalistes sur toutes les nations et les peuples de la planète.

Il est encore possible de résister et la France, si elle sortait de l’UE, en aurait encore les moyens, mais plus pour longtemps. Pour cela, il ne faut surtout pas voter pour 1 des 3 partis promus par les médias : le FN sert actuellement de repoussoir pour faire voter PS ou LR mais cela est un mauvais calcul pour ceux qui votent ainsi car ils légitiment ceux qui ont montré leur incapacité à sortir de la crise sociale et poussent les déçus à voter FN. Et le FN, s’il était élu, ne gênerait pas les grands capitalistes car il a multiplié les signaux auprès des banques pour dire que, contrairement à ce qu’il prétend, il ne sortirait pas du système néo-libéral (de même que François Hollande, après son discours du Bourget où il disait qu’il allait s’attaquer à la finance, était parti immédiatement rassurer les banquiers Anglais en leur disant le contraire). Les promesses n’engagent que ceux qui y croient et c’est pourquoi les médias canalisent l’opinion uniquement sur ces 3 partis. Pourtant d’autres solutions que cette dictature du capitalisme existent, il est encore possible pour un état qui le déciderait de reprendre le contrôle de la monnaie et d’endiguer les désirs d’hégémonie capitaliste mais les partis qui le prônent sincèrement sont exclus des grands médias et il leur sera encore plus difficile de se faire entendre car, profitant de la trêve de Noël, le gouvernement a fait passer une loi qui rend plus difficile à ces autres partis de se présenter et diminue  leur temps de parole pendant la campagne présidentielle. Toutes les actions de ce gouvernement (et du précédent) sont cohérentes, il n’y a pas d’erreur.

 

 Notre système économique est ubuesque                                 Il est possible d’en changer

            

                                         

Notre situation économique actuelle est absurde car, malgré tous les progrès techniques, tous les gains de productivité, il y a de plus en plus de pauvres : de plus en plus de citoyens sont exclus du monde du travail, donc de la société de consommation car, malgré l’abondance potentielle de biens, sans argent, on ne peut rien avoir ; beaucoup essayent de survivre par des petits boulots épuisants et mal payés qui ne leur rapportent même pas le SMIG, 5 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté ; enfin, ceux qui ont « la chance » d’avoir un emploi subissent de plus en plus de pression pour travailler toujours plus avec de moins en moins de reconnaissance. Pourquoi en arrive-t-on là ? On peut chercher des fautifs : le progrès technique qui diminue les emplois, les délocalisations permises par les traités européens,  les capitalistes qui en prennent trop pour eux, l’état qui ne les impose pas suffisamment, tolère la fraude fiscale et ne redistribue donc pas assez, mais personne ne remet en question les bases d’un système si mal conçu qu’il ne peut à l’évidence pas fonctionner de façon pérenne.

La façon dont circule l’argent dans la société parait actuellement si compliquée que beaucoup renoncent à comprendre mais les principes de base sont simples :

La vie en société repose sur une répartition du travail : au lieu que chacun vive en autarcie sur son territoire en produisant lui-même tout ce dont il a besoin, il se spécialise dans une activité qu’il échange avec ceux qui produisent ce qui lui manque. Pour échanger des biens ou des services de valeurs différentes, on a inventé l’argent.

Notons bien 2 remarques importantes :

_Tout travail ne donne pas lieu à un échange monétisé : quand on travaille pour soi en faisant son ménage ou tondant sa pelouse au lieu de faire appel à un professionnel, quand on se rend des services entre amis, quand on échange des choses de même valeur, il n’y a pas besoin d’argent. C’est pourquoi le PIB ne rend absolument pas compte de la quantité des échanges dans un pays, encore moins de la qualité et du bien-être de la population : par exemple si celle-ci travaille dans de mauvaises conditions qui la rendent malade, il faut payer en plus les médecins, les pharmaciens et les industries pharmaceutiques, le PIB augmente mais le bien-être a diminué.

_A l’origine l’argent n’est qu’un instrument de mesure, ce n’est pas lui qui a de la valeur, la valeur se situe dans les biens ou les services que les personnes s’échangent et l’argent n’est là que pour la quantifier. L’argent joue exactement le même rôle que le mètre quand vous voulez mesurer la longueur d’un objet. Quand vous avez fini de mesurer, vous pouvez rendre le mètre à celui qui vous l’a prêté. De même, après avoir réalisé un échange de valeurs égales, vous pouvez rendre l’argent à celui qui vous l’a prêté. Par contre, si l’échange est de valeurs inégales, l’argent qui vous reste représente de la valeur, le morceau de valeur supérieure du bien ou du service que vous avez échangé et qui va vous permettre un nouvel échange sans rien apporter de vraie valeur nouvelle autre que cet argent. C’est pour symboliser cette valeur que l’on avait rattaché la monnaie à l’or d’abord en faisant rentrer de l’or dans la composition des pièces, puis en la rattachant à une quantité d’or détenue par la banque centrale, et enfin, comme le volume de monnaie nécessaire dépassait la quantité d’or disponible, on a supprimé la convertibilité, c’est-à-dire que la monnaie n’est plus rattachée à rien . Ce n’est pas un problème en soi car n’importe quoi peut servir de monnaie, l’important étant la conservation de sa valeur qui dépend de la confiance qu’on lui accorde et de la bonne gestion de ceux qui fabriquent la monnaie ( s’il y a trop de monnaie en circulation, il y a inflation et elle perd de sa valeur)Autre élément d’incertitude, alors qu’une longueur ne varie guère dans le temps, (elle peut évoluer en fonction de la température mais très peu), l’évaluation de la valeur d’un bien ou d’un service est très subjective. C’est pourquoi on s’en est remis à la loi de l’offre et de la demande. Cette loi imparfaite permet toutes les inégalités : ceux dont les biens produits ou les services sont très valorisés peuvent devenir très riches alors que d’autres peu demandés sont très pauvres ,quelque chose qui valait beaucoup un jour peut ne plus rien valoir quelque temps plus tard, et les rapports de pouvoir peuvent s’en mêler pour surconsidérer la valeur de ce qu’apporte le plus fort et déconsidérer la valeur de ce qu’apporte le plus faible (une journée de travail d’un patron peut valoir autant de nos jours qu’un an de travail d’un ouvrier). Avoir de l’argent est rapidement devenu synonyme de pouvoir social et ceux qui en avaient plus que leur besoins ont inventé deux nouvelles règles machiavéliques : le prêt avec intérêt et la spéculation qui permettent, quand on a trop d’argent, d’en avoir encore plus sans rien produire. Cela ne fait qu’accroitre les inégalités. Nous y sommes tellement habitués que cela parait normal mais on n’a jamais vu un instrument de mesure s’accroître tout seul.

Ensuite, une fois l’argent créé, pour que le système économique fonctionne de façon pérenne au niveau d’un pays ou d’une communauté, il est nécessaire que tout l’argent qui a été gagné lors d’échanges déséquilibrés soit redépensé, redistribué dans le même pays ou la même communauté, sinon la masse monétaire en circulation diminue inexorablement et c’est la récession sauf si on rajoute de l’argent frais pour compenser les pertes. Or les pertes sont inévitables :

-Il y a d’abord tous ceux qui capitalisent, les petits comme vous et moi quand ils  mettent de l’argent à la caisse d’épargne, et les gros qui ont des milliards pour les jouer à la bourse . Il y a ensuite ceux qui font sortir l’argent du circuit, par exemple ceux qui placent leur argent à l’étranger au lieu de payer leurs impôts. Cet argent-là ne circule plus et la masse monétaire globale en circulation diminue.

-Il y a paradoxalement les banques : tout le monde croit que les banques redistribuent une partie de l’argent qui leur est déposé en prenant un intérêt pour leur frais de fonctionnement. Cela était vrai autrefois mais ne l’est plus maintenant : quand vous empruntez de l’argent à une banque, elle le crée tout simplement sur une ligne d’ordinateur, c’est de l’argent sans valeur, une fausse monnaie, absolument identique aux faux billets que fabriquaient les faux-monnayeurs autrefois car elle permet d’acheter de la valeur avec une monnaie qui n’en a pas. Par contre, c’est vous qui allez lui donner de la valeur par le travail que vous allez fournir pour rembourser. Quand vous aurez remboursé, elle effacera  de ses comptes l’argent qu’elle avait créé pour vous et personne ne s’apercevrait de la supercherie si elle ne vous réclamait pas en plus des intérêts: c’est comme si celui qui vous avait prêté un mètre pour mesurer un objet vous demandait de lui rendre en plus un pourcentage de l’objet que vous avez mesuré. Ces intérêts, vous devez les soustraire à la masse monétaire (des valeurs) commune, donc de l’argent va manquer à quelqu’un d’autre quand il voudra rembourser sa banque à moins qu’il n’en prenne lui même à un autre, … Au bout de la chaîne, il y aura des faillites. C’est ce système qui oblige à la compétitivité à outrance et à l’exclusion des plus malchanceux. L’argent des intérêts va sortir du circuit car la banque essaiera de le faire fructifier en spéculant à la bourse. Autrement dit, une banque ne fournit pas d’argent dans le circuit économique, elle ne le redistribue pas non plus, elle en prend.

Même si la balance commerciale est en équilibre, même si l’argent était mieux redistribué par les impôts, ces 2 raisons font que la masse monétaire globale en circulation  diminue et quand elle diminue, il y a récession économique. Pour qu’il n’y en ait pas, il faudrait plutôt qu’elle augmente régulièrement car, chaque fois que la population augmente, chaque fois qu’il y a création d’entreprise, chaque fois qu’un échange qui n’était pas monétisé le devient (par exemple quand quelqu’un qui travaillait au foyer prend un travail rémunéré et une aide-ménagère également rémunérée),  il faut pour qu’il n’y ait pas récession rajouter régulièrement de l’argent dans la masse monétaire en circulation.

_Qui régule la quantité d’argent créé? Nous avons vu que les banques privées créent de l’argent chaque fois que vous empruntez mais que cet argent n’accroît qu’illusoirement la masse monétaire en circulation tant qu’il n’est pas remboursé et la diminue ensuite. La véritable création et régulation monétaire est le rôle de la banque centrale: elle crée une monnaie également sans valeur réelle ( c’est celui qui utilise la monnaie qui lui donne de la valeur, pas la banque) mais avec valeur légale: une série de décrets oblige   chaque citoyen à l’accepter comme moyen de paiement. Cette monnaie imposée par l’état devrait être sous le contrôle de l’état mais elle ne l’est plus. Pourquoi cette absurdité ? Parce que les politiques ont laissé quelques banquiers privés s’accaparer du pouvoir de créer  l’argent à la place de l’état puis de lui facturer non pas au coût de la fabrication mais au prix de la valeur qu’il représente et même encore plus cher puisqu’ils demandent des intérêts. Toute création monétaire se traduit donc par une dette de l’état envers ces banques privées, dette qui ne peut être qu’exponentielle et non remboursable puisque pour la rembourser il faut emprunter encore plus. Actuellement, tout l’argent de nos impôts sert à rembourser l’intérêt de la dette alors que si c’était l’état qui battait monnaie, il n’y aurait plus de dette. C’est en ce sens que le système est ubuesque car quoiqu’on fasse par ailleurs il ne peut pas fonctionner de manière pérenne : il aboutit fatalement à une récession économique. C’est la raison essentielle de la « crise » actuelle qui n’est que la répétition des « crises » passées et à venir, qui n’est pas une crise mais l’aboutissement inéluctable d’un système abscons, à la fois stupide et obscur, qui endette inexorablement les états et donne tout pouvoir aux banques sur les états  car, sous prétexte du remboursement de cette dette illégitime, elles en viennent à dicter des politiques d’austérité.

La seule solution dont on nous parle pour sortir de ce genre de « crise » en gardant ce système a toujours  été « la croissance », mais ce n’est qu’une solution illusoire et temporaire pour 2 raisons :

_une croissance infinie dans un monde fini est impossible et la croissance dans un état se fait toujours au détriment d’un autre état.

_Quand il y a croissance, il y a beaucoup d’emprunts et, tant qu’ils ne sont pas remboursés, beaucoup d’argent fictif créé par les banques circule, la masse monétaire globale semble avoir augmenté et l’économie fonctionne mieux. Mais quand les prêts sont remboursés, on s’aperçoit qu’il y en a encore moins qu’avant et c’est une nouvelle « crise ». Jusqu’à quand pourra-t-on aller comme cela ? (et ceci indépendamment des crises bancaires supplémentaires dues à l’excès de spéculation boursière)

Cette prise de pouvoir des banquiers sur les états a une longue histoire (plus d’info sur http://democratie-sociale.fr/2015/le-coup-detat-des-grands-banquiers-2/ ). Elle s’est légalisée aux USA quand ils ont réussi à faire voter par le congrès la « loi sur la réserve fédérale » qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est ni une réserve, ni fédérale, mais un consortium de 2 ou 3 banques privées anglo-américaines habilité à créer à volonté la monnaie américaine et à endetter exponentiellement les USA. Comme elles créent beaucoup trop d’argent par rapport aux besoins économiques, le dollar n’a plus grande valeur réelle mais il maintient son cours artificiellement car les USA ont pratiquement obligé les états du monde entier à l’utiliser dans leurs transactions internationales et dans les réserves de leur banque centrale. Ils peuvent ainsi acheter toutes les valeurs réelles du monde avec un dollar qui ne vaut rien et le jour où ils décideront de le dévaluer brutalement, tout le monde sera ruiné sauf eux qui possèderont les vraies valeurs.

La construction européenne s’est faite sur le modèle américain avec une banque centrale qui ne peut ni donner ni même prêter aux états mais seulement aux banques privées qui prêtent ensuite aux états avec intérêts substantiels. D’où l’endettement énorme de tous les états de l’UE depuis la création de l’euro.

Aucun progrès social, aucun respect de l’environnement ne peut être mis en place tant que ce système perdure car dans la logique bancaire imposée, tout est ramené à l’argent comme seule valeur, les états n’ont pas d’autre solution que de s’endetter et d’être soumis aux dictats des banques. On ne peut en sortir qu’en rendant à la banque centrale de chaque état, ou de l’Europe si on veut créer une vraie Europe des peuples et non seulement des marchandises, l’exclusivité d’une création monétaire donnée aux états (ou directement à ceux qui en ont besoin) à prix coûtant pour équilibrer la masse monétaire en circulation en fonction des besoins. L’argent est un service public qui ne peut être confié au privé. En attendant que les politiques le fassent au niveau national, il est possible de créer des monnaies locales  sur ce principe : une banque centrale qui crée la monnaie en quantité juste suffisante et ne prend pas d’intérêt quand elle prête, une capitalisation rendue inutile car la monnaie ne prend pas de valeur en la conservant, elle peut même en perdre lorsqu’elle est « fondante » pour encourager la rapide circulation,  la spéculation y est interdite, il est impossible de sortir cette monnaie de la communauté car elle n’a aucune valeur à l’extérieur. A chaque fois, la prospérité locale a suivi : les Suisses par exemple ont une monnaie locale presque aussi importante que la monnaie nationale, le Wir, qui pour contrarier la capitalisation est « fondante », c’est à dire qu’elle perd de sa valeur quand on la stocke, ce qui atténue considérablement les effets de la « crise ». De plus en plus de villes de part le monde possèdent leur monnaie locale: Toulouse par exemple possède 3 sortes de monnaies locales: le SEL, système d’échange local, assez répandu en France, amélioration du troc qui permet d’échanger des biens et des services occasionnels (non professionnels) dont l’unité de monnaie est la minute de temps de travail; le SOL Violette, véritable monnaie reliée à l’euro, qui permet le commerce professionnel (mais en payant les taxes en euro), et l’Oseille, monnaie locale non reliée à l’euro.

Article 7 : liberté de commerce

 

Hormis pour les marchandises prohibées (dont la liste est soumise à consultation nationale), les échanges entre producteur et acheteur sont libres, se font de gré à gré, et ne donnent pas lieu à impôts s’ils n’atteignent pas le revenu maximum autorisé décidé en même temps que le budget. Les taxes ne concernent que les produits dont on veut limiter la consommation, dont la liste est aussi soumise à consultation nationale.

Le bénéfice des entreprises est également plafonné et ne peut donner lieu à rémunération des actionnaires. Dans la mesure où les services publics peuvent être pris en charge par création monétaire, les cotisations patronales et salariales les concernant n’auront plus lieu d’être. Les entreprises sont soumises à la charte constitutionnelle, ceux ayant pouvoir sur les autres sont mandatés et élus par ceux sur qui ce pouvoir s’exerce. Les actionnaires ne travaillant pas dans l’entreprise n’ont aucun pouvoir décisionnel. Les entreprises multinationales sont soumises au droit Français pour leurs activités en France.

Tout citoyen en état de travailler ayant le droit et le devoir de le faire, l’état est employeur en dernier recours pour de grands travaux d’intérêt public.

 

Théorie du complot

Accuser quelqu’un de croire à une théorie du complot, c’est l’accuser d’abord de croire à une théorie, c’est à dire à une élucubration de l’esprit sans rapport avec la réalité, et par conséquent d’ être un esprit faible qui se fait manipuler. Cela ferme généralement la discussion et évite de considérer les arguments.

Or les théories sont certes des élucubrations de l’esprit mais elles nous servent à expliquer les phénomènes qui nous entourent et à prévoir leur évolution. Une théorie est réputée vraie si elle explique tous les phénomènes de son champ d’application et fausse si un seul phénomène lui échappe: c’est ainsi que des théories que l’on a cru vraies pendant un certain temps se sont révélées fausses lorsqu’on a découvert des phénomènes qu’elles n’expliquaient pas et qu’il a fallu en inventer de nouvelles plus complètes: il y a eu par exemple la théorie de la terre plate, puis celle de la terre ronde avec le soleil qui lui tournait autour, puis celle où la terre tournait autour du soleil, puis la théorie newtonienne, puis la théorie de la relativité, nous en sommes à la théorie quantique et ce n’est certainement pas fini.

D’autre part, le fait qu’il puisse y avoir complot, c’est à dire que des puissants agissent dans l’ombre pour conserver ou accroître leur pouvoir au détriment de l’intérêt général, n’est pas quelque chose d’impossible: l’Histoire regorge de ce genre d’histoires.

Les théories du complot ne sont donc pas à rejeter à priori mais demandent à être examinées objectivement pour voir si elles expliquent plus de phénomènes que les autres. Il court bien sûr beaucoup de théories farfelues sur internet qui ne reposent sur aucune preuve sérieuse mais, en ce qui concerne les évènements du 11 septembre 2001, il faut reconnaître que la théorie qui implique le FBI et la haute administration américaine dans la destruction des tours jumelles est beaucoup plus crédible que la version officielle car elle explique tout un ensemble de faits prouvés que la théorie officielle n’explique pas quand celle-ci ne se montre pas  manifestement fausse sur certains points.

Si la théorie du complot ne vous convient pas, essayez d’en trouver une autre qui explique  l’ensemble des faits ci -dessous:

-Les tours se sont écroulées sur elles-mêmes comme dans une destruction contrôlée alors qu’elles avaient une structure en nid d’abeille conçue pour résister à l’impact d’un avion et qu’il est impossible qu’un incendie provoqué par un avion atteigne la température qui puisse faire fondre la structure métallique. Une troisième tour s’est écroulée de la même façon alors qu’elle n’avait été touchée par aucun avion.

-De nombreux témoins (que la commission a refusé d’entendre) ont entendu des explosions venant du sous-sol. On voit sur les vidéos des explosions avoir lieu juste en dessous de la partie qui s’écroule et projeter violemment le métal vers l’extérieur.

-On a retrouvé dans les poussières des traces de thermate, puissant explosif utilisé par les seuls militaires et capable, lui, de faire fondre instantanément l’acier.

-Il est impossible qu’un avion qui s’écrase sur un immeuble disparaisse immédiatement dans celui-ci sans se casser comme le deuxième avion l’a fait : était-ce un hologramme ? ou un montage cinématographique ?

-Aucun avion ne s’est écrasé sur le pentagone : on voit sur les photos que la pelouse est intacte et qu’il n’y a aucun débris d’avion. Or, il est impossible qu’un Boeing disparaisse sans laisser de traces dans un trou de 5m de diamètre.

-Le Pentagone est ultra protégé avec des missiles qui se déclenchent automatiquement à l’approche d’un avion sauf s’il s’agit d’un avion militaire. La manœuvre pour y arriver n’est réalisable que par un excellent pilote et les supposés pirates ne l’étaient pas.

-Pourquoi des avions détournés ont-ils pu voler 90mn sans être interceptés alors que la défense aérienne est très efficace ? La plupart des avions de chasse étaient occupés ce jour-là à des manœuvres anticipées et les officiers importants absents ou remplacés par des néophytes inexpérimentés. Pour les 4 avions qui restaient, la procédure d’interception avait été changée 2 mois auparavant : au lieu d’être à l’initiative du pilote en cas de danger, il fallait demander au préalable l’autorisation au Pentagone. Or, ce matin-là, Donald Rumsfeld au Pentagone ne répondait pas.

-Tous les militaires qui ont failli à leur mission ce jour-là, au lieu d’être réprimandés, ont été promus.

-Des familles ont reçu des appels de passagers : or, à cette époque, les portables ne pouvaient pas émettre d’un avion.

-Malgré ses énormes moyens, le FBI n’a jamais apporté la preuve de la culpabilité de Ben Laden et de ce fait, celui-ci n’a jamais été poursuivi par la justice. Ben Laden n’a jamais revendiqué l’attentat alors qu’il aurait pu en tirer gloire (les vidéos trouvées après coup sont manifestement truquées). Il a été assassiné alors qu’il n’était pas armé et sans procès où il aurait pu parler.

-Al Quaïda a été créé en 1989 par la CIA : c’est une liste de participants à la guerre d’Afghanistan, formés et embauchés par la CIA (sous couvert d’une société privée), utilisés dans le conflit en Bosnie et toujours payés par le CIA en 2001. C’est la CIA qui en a fait entrer plusieurs aux USA peu de temps avant le 11 septembre, alors que leurs papiers n’étaient pas conformes. Ils n’ont pas été discrets et ont passé leur temps à se faire remarquer en prenant des cours d’aviation (sans grand résultat, Mohamed Atta n’arrivant pas à faire décoller un petit avion). Ils figurent dans la liste des passagers publiée par la CIA ( malgré le nombre de caméras de surveillance, aucune photo de leur embarquement) mais cette liste est fantaisiste, plusieurs ayant fait savoir par la suite qu’ils n’y étaient pas. Les compagnies d’aviation n’ont fourni aucune liste de passagers.

-Un individu dangereux, par contre, Moussaoui, qui voulait apprendre à décoller mais pas atterrir, avait été signalé aux autorités, sans suite.

_Des agents de la CIA ont révélé avoir été prévenus des mois avant de l’imminence de cet attentat.

-la commission d’enquête a été mise en place tardivement sous la pression populaire, avec peu de moyens et a refusé d’examiner tous les témoignages et les faits qui pouvaient remettre en cause la version officielle.

 

Enfin, comme dans toute enquête criminelle, on peut se demander à qui profite le crime :

-Ben Laden n’en a manifestement pas beaucoup profité

-Ces tours n’étaient plus le joyau de l’Amérique car elles étaient devenues obsolètes et pas rentables : conçues avant l’interdiction de l’amiante, elles en étaient bourrées et le devis pour désamianter s’élevait à des sommes astronomiques, plus cher que d’en reconstruire des neuves. Pourtant, quelques mois avant, un homme d’affaires fortuné, Larry Silverstein, en fit l’acquisition pour plus de  3 milliards et s’empressa de les assurer contre les attentats pour de fortes sommes. Il y installa ses bureaux et y vint régulièrement sauf ce jour-là, « sa femme ayant pris un rendez-vous chez un médecin ». Comme il y  eu 2 avions, il réclama le double à l’assurance (7 milliards). C’est le gouvernement qui interdit à l’assurance de faire une contre-enquête et fixa le montant à verser (4,5 milliards) Non seulement il n’a pas eu à désamianter (c’est la population de New York qui en a respiré les vapeurs), mais il a récupéré plus que sa mise et se retrouve propriétaire d’un terrain constructible qui vaut une fortune.

-Il y a eu en bourse d’immenses spéculations à la baisse juste avant les attentats sur les compagnies aériennes et sur les assurances qui ont généré des milliards de profits. Qui savait ?

-La troisième tour contenait des bureaux du FBI qui enquêtait sur des faillites frauduleuses : dossiers perdus.

-La partie du Pentagone qui a explosé était celle qui enquêtait sur la « disparition » de 2300 milliards de dollars annoncée la veille par Donald Rumsfeld.

-Le choc créé sur la population a permis de déclencher la guerre en Afghanistan et en Irak qui était déjà programmée.

-Il a aussi permis de faire voter une série de lois liberticides qui, sous couvert de s’attaquer aux « terroristes », permet d’emprisonner sans jugement tout citoyen un peu trop critique envers le gouvernement.

 

Notons enfin que l’oligarchie qui dirige de façon secrète les USA est coutumière de ce genre de manipulation : quand il a fallu déclarer la guerre à l’Espagne pour prendre de vitesse les révoltés cubains, un navire Américain a explosé dans le port, tuant tous les marins (mais pas les officiers qui avaient un repas à terre) ; à Pearl Harbour, les chefs des armées et le président Roosevelt étaient prévenus de l’attaque des japonais mais ils n’ont pas avertis les commandants de la base : 3000 morts ont convaincu la population d’entrer en guerre.

 

Cela est tellement épouvantable et tellement contraire à l’image que nous pouvons avoir des USA qu’il serait plus confortable de le nier ; mais plus on se documente, plus on est convaincu de l’implication d’au moins une partie de la CIA et de la haute administration américaine dans ces attentats et cela devrait rafraichir la pseudo-amitié (pour ne pas dire l’allégeance) que nous portons aux dirigeants américains. Le sujet est encore tabou en France mais plus de 50% des américains sont convaincus que le gouvernement leur a menti. Ceux qui veulent en savoir davantage peuvent lire le livre de David Ray Griffin « un autre regard sur le 11 septembre » traduit en Français aux éditions Demi-Lune ou aller voir sur You Tube le site Reopen 911 ou consensus 9/11 ou voir le film de Massico Mazzucco « 11 septembre : le nouveau Pearl Harbor »

 

Un film bien documenté sur les mensonges de la version officielle :

https://youtu.be/VGjFCCCF0AA

Les révélations d’une agent de la CIA qui négociait avec l’Irak :

https://www.youtube.com/watch?v=Vd0vxcARIvs

Programme pour un monde meilleur

Notre société n’est pas si mauvaise, dirons certains, qu’il faille en changer : il y a pire, regardez les autres pays, plus pauvres, ou en guerre, ou sous la coupe de tyrans. Certes, il y a pire : nous croulons sous une abondance de biens matériels et il y a encore un semblant de démocratie. Mais il y a aussi pas mal de défauts que nous allons répertorier, qui gâchent la vie de pas mal d’entre nous, qu’il serait possible de supprimer si nous sommes assez nombreux à le vouloir et qui ne feront que s’aggraver si nous ne faisons rien.

 

L’austérité liée à la dette

       On nous dit que l’état est obligé de réduire tous ses programmes sociaux pour rembourser une énorme dette, ceci en culpabilisant les plus démunis qui grèvent par exemple le budget de la sécurité sociale.

Les vraies causes de la dette

Il y en a  essentiellement quatre :

-Les intérêts exorbitants des emprunts de l’état : ils sont dus au fait que les états ont délégué à des banquiers privés le pouvoir de créer de l’argent. Chaque fois qu’il y a besoin de créer de la monnaie, ne serait-ce que pour équilibrer la masse monétaire en circulation lorsque le PIB augmente, ils doivent verser des intérêts réels à des banquiers qui n’ont fait que créer une monnaie artificielle sur une ligne d’ordinateur alors que si c’était l’état qui le faisait, il n’y aurait pas d’intérêts à verser. La totalité de nos impôts sur le revenu servent à payer les intérêts de la dette alors que si depuis 1970 l’état n’avait pas recouru à des emprunts sur les marchés financiers, il n’y aurait plus aucune dette. Ceux qui s’intéressent à cette usurpation de la création monétaire peuvent consulter le texte « le coup d’état des grands banquiers » en annexe ou l’excellent site www.comprendrelargent.net

-La reprise par l’état des énormes sommes données aux banques sans contrepartie pour les renflouer après la crise de 2008 due à leur excès de spéculation.

-Le déséquilibre entre recettes et dépenses : on nous dit que l’état dépense trop en  oubliant de dire qu’il pourrait gagner plus s’il n’avait pas fait tant de cadeaux aux riches et aux grandes entreprises : l’ensemble des baisses d’impôts accordés aux grandes entreprises et aux plus riches depuis 10 ans nous coûte chaque année 100 milliards. La fraude fiscale des grandes entreprises et des plus riches, contre laquelle on ne lutte pas beaucoup, est évaluée à 50 milliards par an, soit l’équivalent du déficit de l’état. La fraude sociale, quant à elle, que l’on ne manque pas de stigmatiser et d’incriminer, n’est évaluée qu’à 300 millions d’euros (sur un budget de 500milliards).

-le déséquilibre du commerce extérieur : on nous dit que nos entreprises ne sont pas assez compétitives, ce qui justifie les cadeaux fiscaux et l’aggravation des conditions de travail, mais c’est parce qu’on les met en compétition avec des pays où les travailleurs sont beaucoup moins payés.

Les solutions

Redonner à un état démocratique  le pouvoir de créer sa monnaie et l’écrire dans sa constitution. C’était écrit dans la constitution des USA mais 3 grands banquiers ont réussi un véritable coup d’état en 1913 en faisant voter la « loi sur la réserve fédérale » qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est ni une réserve ni fédérale. Elle donne,  grâce à un savant montage, tout pouvoir à ces 3 banquiers de contrôler la masse monétaire du pays et les taux d’intérêt. Ils peuvent ainsi à leur guise provoquer inflation ou récession. (cf texte sur la réserve fédérale). Ce système a été reproduit dans la construction européenne où la banque centrale n’a pas le droit de prêter aux états. Elle crée de l’argent qu’elle prête aux banques privées qui prêtent à leur tour aux états, générant ainsi des taux d’intérêt qui n’ont pas lieu d’être. Une grande partie de la dette est donc illégitime. Certains parlent de la renégocier sans changer nos institutions mais cela dépend du bon vouloir des banques et il est peu probable qu’elles acceptent à moins d’y être forcées. Seul un état qui inscrirait la création monétaire dans sa constitution rendrait ces intérêts illégaux.

-Faire rembourser les banques, les très grandes entreprises, et les très riches des cadeaux qui leur ont été faits ou du moins supprimer ces cadeaux inutiles. Les grandes entreprises sont taxées à 25% sur leurs bénéfices en Europe alors qu’elles le sont à 40% aux USA. Les multinationales arrivent même à ne pas payer d’impôts du tout grâce à de savants montages dans les paradis fiscaux mais on pourrait, si on le voulait, trouver des moyens de les imposer quand même. Les très riches étaient imposés à 70% sous Roosevelt et ne s’en portaient pas plus mal ; ils le sont beaucoup moins maintenant, d’autant moins qu’ils ont à leur disposition des « niches » fiscales » qui leur permettent de minorer encore les prélèvements.

-Faire cesser cette compétitivité à outrance, cette concurrence faussée car elle met en compétition des pays avec des niveaux de vie très différents. Il faut rétablir des droits de douane pour protéger nos industries et permettre même la réindustrialisation du pays. Les USA l’ont fait pour protéger leurs industries quand elles étaient faibles et ont prôné le « libre échange » quand elles ont été assez fortes pour écraser les autres. . Après la guerre de 1940-1945, et pour éviter de nouveaux désordres économiques reconnus comme grands responsables des guerres, 53 pays capitalistes s’étaient  réunis pour élaborer une chartre régissant le commerce international : la Charte de la Havane fut élaborée du 21 novembre 1947 au 24 Mars 1948. Le but était de créer une Organisation Internationale du Commerce (OIC), dans le cadre de l’ONU, en complément du FMI et de la Banque mondiale, afin de reconstruire un ordre économique international cohérent, l’ONU reconnaissant les fondements économiques de la paix énoncés dans l’article 55 de la Charte des Nations Unies. Cette chartre prévoyait un équilibre des balances commerciales des différents pays, des normes de travail équitables avec interdiction du dumping, le contrôle du mouvement des capitaux et la possible intervention de l’état, la coopération entre les états plutôt que la concurrence effrénée. Cette OIC n’a jamais vu le jour car le Congrès américain qui venait de changer de majorité, s’est opposé à sa ratification. Il estimait que les Etats unis devaient s’assurer une totale liberté pour écouler leur surplus de marchandises aux pays qui en étaient dépourvus au lendemain de la guerre. C’est ainsi que nous avons eu l’OMC, indépendante de l’ONU, à la place de l’OIC.L’OMC et le FMI, sous domination américaine, ont favorisé des pactes bilatéraux toujours à leur avantage. C’est le cas du « partenariat transatlantique » que l’on veut nous imposer qui prévoit au contraire la domination des grandes entreprises multinationales sur les états. La construction européenne du traité de Maastricht entre dans ce même cadre néolibéral mettant les états en concurrence au lieu d’être en coopération, organisant le dumping social, donnant le pouvoir aux grandes entreprises sur les états à travers des instances non démocratiques.

Pour faire cesser cette hyper-compétitivité, il faut rétablir des droits de douane de telle sorte que le prix d’une marchandise importée soit le même que celui de la même marchandise fabriquée en France : ainsi, la concurrence ne porterait que sur la qualité du produit et ces droits de douane pourraient être reversés en aides aux travailleurs du pays concerné.

 

Le Chômage

 

     Il y a actuellement plus de 6 millions de demandeurs d’emploi inscrits à pôle emploi (tous ne sont pas inscrits et seulement 6 chômeurs sur 10 sont indemnisés), 8,5 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (987€ par mois) dont 3millions d’enfants.

 

Les causes

La désindustrialisation du pays par les délocalisations plus rentables pour les multinationales.

-Le gain de productivité des travailleurs : en trente ans, l’économie française produit 76 % de plus avec 10 % de travail en moins. Du fait des gains de productivité, l’économie a besoin de 10 % de travail en moins mais, dans le même temps, le nombre de personnes disponibles a augmenté de 23 % ! Un écart de 33 % s’est donc creusé entre l’offre et la demande de travail.

-Le fait qu’il y ait un chômage important favorise les entreprises qui peuvent augmenter la pression sur leurs employés.

Les solutions

Réindustrialiser le pays  grâce à des droits de douane protecteurs.

-Diminuer le temps de travail qui pourrait être ramené à 4 jours, 28 ou 30 heures (actuellement, la moyenne du temps de travail est de 33,7h aux USA et de 30,05h en Allemagne). Certains ont un mauvais souvenir du passage aux 35h parce que celui-ci s’est fait dans de mauvaises conditions : les entreprises soumises à des impératifs de compétitivité ont triché et ont demandé aux salariés de faire en 35h ce qu’ils faisaient en 40h sans embaucher. Il en serait autrement si elles étaient sûres de pouvoir vendre plus cher grâce à la protection douanière.

 

 

 

 

L’immigration

 

Il est évident que nous ne pouvons pas accueillir tous ceux qui fuient leur pays à cause d’une mauvaise organisation économique. Mais il y a déjà beaucoup de barrages mis à leur installation et leur coût financier est dérisoire par rapport à tous les manques à gagner. Le problème est en amont, il faut aider les pays d’où ils viennent à mieux organiser leur économie.

 

 

 

L’insécurité

 

Les récents attentats ont renforcé le sentiment d’insécurité, le désir de s’en remettre à quelqu’un de puissant qui nous protège et d’éradiquer le mal vu sous la forme d’un intégrisme religieux. Mais méfions-nous de ces pulsions primaires et du discours des pompiers pyromanes : le problème n’est pas un problème religieux mais un problème économique et politique et ceux qui prétendent nous protéger sont en grande partie responsables : les frères Kouachi ont été élevés dans un orphelinat en France et avaient alors des compétences et un désir d’intégration mais que leur a-t-on proposé à leur majorité ? on les a mis à la rue car à 18 ans, ils ne relevaient plus de la protection de l’enfance, sans accompagnement pour les aider à trouver un travail (et notre système faisant qu’il n’y a plus assez de travail pour tout le monde, les plus fragiles restent sur la touche), dans des ghettos de désœuvrés à la recherche d’une identité sociale. Que leur propose-t-on à part le spectacle de l’exclusion et de la corruption généralisée ? Ce sont ces conditions qui leur permettent d’adhérer à des discours qui leur fournissent un idéal adapté à la violence qu’ils ressentent. Et s’ils commencent à dévier, la seule réponse est la prison qui, loin de les rééduquer, ne fait que renforcer leur violence.

La solution n’est pas dans la répression car on ne peut mettre un gendarme derrière chaque citoyen et ceux qui sont déterminés passeront toujours à travers les mailles, mais dans une meilleure éducation et intégration de notre jeunesse.

Ce sentiment d’insécurité était distillé par les médias bien avant les attentats car des individus en insécurité se terrent chez eux, ne font plus confiance à leur voisin et ne s’associent plus dans des mouvements sociaux. Et le désir de répression qu’il inspire permet de faire voter des lois qui, sous prétexte de lutter contre les « terroristes » sont liberticides pour l’ensemble de la population car, par un glissement de sens, sont passibles d’être accusés de « terroristes » tous ceux qui s’opposent aux privations de liberté imposées par le gouvernement. On a vu aux USA nombre de lois liberticides votées après le 11 septembre qui sont toujours en vigueur.

 

L’éducation

 

Notre système d’ « éducation nationale » ne mérite guère son nom, il vaudrait mieux parler d’ « instruction nationale ». Une véritable éducation part de la spécificité de chaque enfant, de ses préoccupations  personnelles, pour l’amener à se construire et à développer ses compétences. Tout notre système est à repenser avec l’aide des intéressés en fonction de ces principes.

 

Ecologie et respect de l’environnement

 

Le non-respect de l’environnement est essentiellement le fait de très grosses entreprises qui ne considèrent que l’accroissement de leur bénéfice au mépris des hommes et de l’environnement : les très gros chaluts  qui détruisent les fonds marins et des milliers de tonnes de poissons inutiles rejetés morts en mer, Monsanto qui affame les populations des pays du sud en leur faisant produire des plantes brevetées et stériles résistantes aux pesticides qu’ils vendent aussi, ….Quand on ne respecte pas les hommes, on ne respecte pas la nature ; quand un homme n’est pas respecté, il ne respecte pas non plus les formes de vie plus faibles. L’idéologie capitaliste considère qu’il n’y a pas de place pour tous, que les plus forts peuvent accéder à une richesse illimitée en ne laissant que des miettes aux plus faibles : une telle idéologie est par nature destructrice et conduit au pillage des ressources. Vouloir être écologique dans de telles conditions est voué à l’échec.
L’idéologie démocratique au contraire, qui préconise le respect d’autrui, le partage et la collaboration plutôt que la compétition, débouche naturellement sur un respect de l’environnement

 

 

L’accroissement des inégalités

 

L’accroissement des inégalités est inhérent au système capitaliste : les riches ont 3 moyens d’accroitre leur richesse indéfiniment sans rien produire : en faisant travailler les autres pour eux ( les propriétaires des entreprises ou les actionnaires), en prêtant leur argent avec intérêt, ou en spéculant (la bourse n’est qu’un jeu spéculatif au même titre que le tiercé à la différence qu’il n’est pas imposé par l’état et que les chevaux qu’on fait courir sont les salariés  des entreprises). Ce sont eux qui décident du salaire des salariés et, profitant de leur pouvoir, ils ont réussi en 10 ans à accroitre leur part du PIB de 10% au détriment des salariés.

De plus, il peut y avoir des différences énormes de salaire entre les différents salariés : le PDG de Renault par exemple gagne 100 fois le SMIG.

Les solutions

-Au plus fort du capitalisme triomphant aux USA, des patrons pourtant très puissants comme JP Morgan considéraient que l’écart des salaires entre un patron et un ouvrier ne devait pas dépasser la proportion de 1 à 20. Aujourd’hui, il n’y a plus de retenue et on en est à 1 pour 100 et plus. Il faut que l’état instaure un revenu maximum au-delà duquel l’imposition sera de 100% en faisant entrer dans le revenu les revenus spéculatifs. Cela aurait le double avantage de réduire les inégalités (en permettant aussi de revaloriser le SMIG) et de faire en sorte que les puissants n’aient plus pour seule obsession d’accumuler indéfiniment de l’argent au mépris de leurs concitoyens et de l’environnement.

-Les actionnaires non-salariés d’une entreprise pourraient prêter leur argent et  toucher des intérêts sur les bénéfices mais n’auraient aucun pouvoir de contrôle sur la marche de l’entreprise (on a vu des fonds de pension obliger l’entreprise à s’endetter lourdement pour toucher encore plus de dividendes et limoger le PDG qui n’était pas d’accord).

-Les patrons ne seraient pas les seuls à décider du salaire : une commission nationale pourrait décider du salaire moyen de chaque profession, celui-ci pouvant être modulé ensuite en fonction de la qualité du travail.

_Les revenus boursiers seraient taxés comme les autres revenus. On pourrait même supprimer la bourse, comme le propose l’économiste Frédéric Lordon, car si l’état peut facilement prêter aux entreprises, celle-ci perd de son intérêt et ne sert plus qu’à la spéculation.

-L’accumulation de bénéfices énormes par de grosses entreprises privées pourrait être automatiquement limité sans gros moyens de contrôle en instaurant dans tous les domaines une concurrence saine entre les entreprises privées et des entreprises d’état : les entreprises d’état fonctionnant de manière démocratique, avec une comptabilité publique transparente et des bénéfices juste suffisants pour assurer la bonne marche de l’entreprise. Si le privé peut faire de meilleure qualité ou à moindre coût, il peut gagner plus mais pas dans des proportions énormes.

 

 

 

Une justice pas égale pour tous

 

Il est facile de constater que la justice est généralement beaucoup plus sévère pour les pauvres que pour les riches ou les puissants.

Les causes

Le code pénal ne propose guère d’autres sanctions que des amendes ou de la prison : les riches souffrent beaucoup moins des amendes.

-Ils peuvent se payer de très bons avocats capables de profiter du moindre vice de forme.

-Le code pénal est beaucoup plus indulgent pour les délits financiers qui peuvent pourtant avoir des conséquences graves pour la vie de nombreux citoyens.

-C’est le procureur, dépendant de l’exécutif, qui décide si une affaire doit être portée devant la justice ou pas : il est donc facile pour l’exécutif de bloquer les affaires qui le touchent.

-C’est l’exécutif qui décide de la carrière des juges : ceux qui veulent rester intègres dans les affaires politiques doivent renoncer à faire carrière.

-Pour échapper encore mieux à la justice ordinaire, les politiques ont créé la « haute cour de justice » composée de leurs pairs et donc plus enclins à la clémence.

 

Les solutions

-Rendre la justice indépendante de l’état : elle pourrait dépendre d’un « conseil des sages » élu au suffrage universel ou tiré au sort, totalement indépendant, même pour son budget, de l’exécutif.

-Ce conseil des sages pourrait avantageusement remplacer le conseil constitutionnel, garant de la constitution, et le sénat pour donner son accord à toute proposition de loi.

-Il aurait en charge la police qui ne dépendrait donc que de la justice. L’exécutif n’aurait à sa disposition que la gendarmerie.

-Reprendre tout le code civil pour que les lois soient vraiment les mêmes pour tous et que les sanctions aient valeur de réparation en vue d’une réinsertion. La prison ne serait réservée qu’aux personnes dangereuses et serait conçue autrement, en plongeant les prisonniers dans un milieu éducatif très contenant où règne la loi et le respect au lieu de les exposer à « la loi du milieu » qui ne fait que les endurcir.

-La « haute cour de justice »serait supprimée.

 

L’illusion démocratique

 

Beaucoup d’entre nous croient encore être en démocratie parce qu’ils ont la possibilité de voter tous les 5 ans pour un président et sa « troupe » de députés  élue pour son appartenance au même parti et qui doit le soutenir quoiqu’il fasse. Si l’on considère que la démocratie c’est la possibilité pour chaque citoyen de participer aux décisions qui le concernent et de pouvoir choisir et révoquer ceux qui le gouvernent, il faut reconnaitre que nous en sommes loin :

-Nous ne faisons qu’élire un chef de gouvernement très éloigné de notre quotidien : ceux qui ont le plus de pouvoir sur nous, les patrons, les fonctionnaires, ne sont pas élus ni révocables par nous.

– Le système électoral fait que ce président ne représente en fait qu’une minorité de français : en 2012  François Hollande a obtenu au premier tour 28.63% des 77.96% votants  exprimés soit 22.31% des Français. Au second tour ceux qui se sont ralliés à lui l’ont fait plutôt pour voter contre son prédécesseur que pour lui et malgré cela, il ne représente que  51.63% des 75.69% votants  exprimés soit 39% des Français. Il en était de même pour Nicolas Sarkozy.

-Ceux qui ont voté pour son programme ont été floués car, même s’il ne respecte pas ses promesses, il est irrévocable pendant 5 ans. Et pour le remplacer, on va nous proposer le précédent.

-Notre choix est canalisé par les médias sur 2 grands partis dits « de droite » et « de gauche » mais qui ont exactement le même programme économique donc le même programme politique à quelques détails près.

-Ces hommes (et femmes) politiques élu(e)s ne possèdent plus de véritable pouvoir : ils l’ont donné aux banquiers et aux grands industriels avec qui ils possèdent des liens incestueux : ce sont eux qui assurent leur fortune et payent leur campagne électorale très couteuse et, en échange, ils mènent leur politique, à savoir la braderie de l’état au privé et la destruction de l’état social. Le vrai terme pour désigner notre organisation sociale n’est pas « démocratie » mais « oligarchie », c’est-à-dire gérée par un petit groupe dominant. Plus exactement peut être par « ploutocratie » car cette classe dominante n’est pas constituée des meilleurs mais des plus riches.

-Cette petite classe dominante possède tous les pouvoirs :

L’argent : « donnez-moi le contrôle de la monnaie », avait dit Rothschild, « et je me moque de qui fait les lois »

La propriété des grandes entreprises avec pouvoir sur les salariés.

Le pouvoir idéologique par sa possession des médias qui répandent l’idéologie néo-libérale comme étant la seule possible : on pouvait se demander pourquoi un entrepreneur de travaux public achetait une chaine de télévision alors qu’il n’en avait aucune compétence; la réponse a été donnée par le directeur qu’il a choisi et qui a reconnu être là pour « vendre des temps de cerveau disponible » aux publicitaires, c’est-à-dire aux grands industriels.

Le pouvoir politique : les hommes et femmes politiques de « droite » comme de « gauche » sortent tous des mêmes écoles (qui recrutent déjà de préférence dans cette classe), sont loin des préoccupations populaires, sont formatés à l’idéologie néo-libérale et ont des intérêts convergents.

-Et l’heure est grave si nous ne faisons rien car l’oligarchie qui contrôle les USA se mondialise et n’hésite pas à assassiner des milliers d’individus, y compris dans sa propre population, pour assouvir sa soif d’argent et de pouvoir.

(Voir la fiche « histoire populaire de l’Amérique », résumé du livre de Howard Zinn et celle du « 11septembre », résumé du livre de Ray Griffin)

Ce n’est pas « une théorie » du complot,( prenez la peine de vous informer et de vérifier vos informations en dehors de la propagande officielle),  c’est un véritable complot des puissances d’argent contre les peuples, qui a pris son essor à partir du moment où des banquiers privés ont réalisé un véritable coup d’état en prenant le contrôle de la monnaie US grâce à la «  loi sur la réserve fédérale »,emprisonnant ainsi les USA puis les autres états dans une dette exponentielle. Et leur appétit de pouvoir et d’argent est tel qu’ils n’hésitent pas à détruire tous ceux qui s’y opposent : les 3 présidents US qui ont essayé de reprendre le contrôle de la monnaie sont morts assassinés, et, pour le président Kennedy au moins, on a maintenant la preuve qu’il s’agissait d’un complot dans lequel étaient impliqués le FBI et Rockefeller (cf fiche « Kennedy »).Ils se nourrissent des guerres qu’ils provoquent ou attisent, méprisent les peuples et l’environnement, cherchent à imposer une gouvernance mondiale non démocratique et conduisent si on les laisse faire l’humanité à sa perte.

 

Comment établir un état démocratique ?

 

C’est la question la plus difficile car une véritable démocratie au sens où nous l’avons définie n’a pu exister que dans de petits groupes, jamais au niveau d’un état important.

La démocratie n’est pas l’organisation la plus spontanée : le plus spontané est que les plus puissants dominent les autres et imposent leur loi. L’idéologie démocratique cherche à rendre les citoyens plus égaux dans leur liberté de choix de façon que les liens sociaux soient plus des rapports de coopération que des rapports de domination. Cette idéologie est résumée dans notre devise : « liberté, égalité, fraternité ». Elle s’oppose aussi à l’exclusion de certains du concert social mais elle se heurte à ce que l’on peut considérer comme un trait fondamental de la nature humaine, un véritable théorème:

« Tout individu, ou groupe d’individus, doté d’un pouvoir a tendance à utiliser ce pouvoir pour aller dans le sens de ses propres intérêts et pour éliminer ceux qui s’y opposent »

Ajoutons à cela que tout individu a besoin d’un certain pouvoir, d’une compétence socialement reconnue, d’un « territoire », pas forcément physique, pour exister.

Si l’on veut établir une démocratie en tenant compte de ce cela, des conséquences s’imposent :

-Il ne faut jamais donner un trop grand pouvoir à un seul individu ou groupe d’individu. L’histoire fourmille d’exemples de révolutionnaires portés au pouvoir avec des idées démocratiques qui sont devenus ensuite de véritables tyrans. La constitution de la 5ieme république donne beaucoup trop de pouvoirs au seul président. Et si le président a du pouvoir sur le peuple, il est soumis au pouvoir des grands banquiers et des grands industriels qui sont devenus plus puissants que l’état : personne ou groupe de personnes ne doit pouvoir devenir plus puissant que l’état démocratique comme le permet ce système capitaliste. Le système capitaliste qui permet la possession de son outil de travail n’est pas mauvais en soi : il le devient lorsqu’il n’est pas limité et encadré par un système démocratique.

-Il faut renoncer à l’idéologie néo libérale qui prétend qu’en abolissant les règlementations, un équilibre égalitaire finira par s’établir : c’est manifestement faux ! Quand on supprime les règles, c’est la loi du plus fort qui s’impose. La démocratie a besoin de règles  qui protègent les plus faibles.

 

Des solutions possibles

Il faudrait donc que tout individu exerçant un pouvoir fasse la preuve de ses compétences et, pour respecter la démocratie, soit librement choisi et révocable par ceux sur qui ce pouvoir s’exerce

Cela ne passe pas forcément par l’élection : par exemple, pendant la période de plein emploi des années 60, il pouvait y avoir des petits patrons non élus dans un contexte démocratique car un ouvrier pouvait choisir son patron et en changer quand il voulait.

-Mais cela peut aussi passer par l’élection quand on connait celui que l’on élit et que l’on peut être associé à ce qu’il fait : c’est le cas par exemple des maires des petites communes. Les élections ne sont plus démocratiques lorsque celui pour qui on vote est trop lointain, connu seulement par une étiquette de parti et une image de façade, et que l’on est ni associé ni même témoin de ce qu’il fait vraiment .Il faut donc beaucoup d’élections sur de nombreux niveaux pour que l’élu soit toujours contrôlable par ceux qui l’ont élu : un ministre par exemple n’a pas à être choisi par le chef du gouvernement simplement parce qu’il est de son parti (en pouvant prendre n’importe quel ministère comme s’il pouvait avoir toutes les compétences) mais par une pyramide de ses administrés.

-Certains proposent le tirage au sort de ceux qui ont une charge publique, à durée limitée et non renouvelable comme cela se pratiquait dans la démocratie athénienne. Cela a l’avantage de concrétiser que la politique est l’affaire de tous, pas seulement de professionnels, limite les possibilités de corruption et abolit la dépendance aux bailleurs de fonds pour les campagnes électorales. Le risque est de tirer un incompétent (mais on peut en élire un aussi) : le tirage  pourrait n’avoir lieu que parmi ceux qui ont pu prouver au préalable une compétence.

-Dans une démocratie, ce n’est pas le gouvernement qui impose ses lois : il n’est là que pour exécuter les lois votées par le parlement.

-Le parlement lui-même doit être composé d’élus au sommet d’une pyramide d’élus ou d’un échantillon de la population tiré au sort. Mais avec les moyens modernes de communication, notamment internet, il me semble qu’il serait possible que chaque loi soit votée par l’ensemble des citoyens concernés après une discussion nationale.

 

Concrètement

Tout ceci est un résumé volontairement très succinct d’informations et de réflexions dont chacune pourrait faire l’objet d’un développement beaucoup plus important (des fiches complémentaires renvoyant à des références encore plus détaillées permettent à ceux qui le désirent de le faire).

Il paraitra peut être déjà très compliqué à certains et surtout complètement utopiste car trop éloigné de la réalité actuelle. Et pourtant : l’utopie n’est qu’un projet non encore réalisé et nul ne peut dire qu’il est irréalisable sans en fournir la preuve. L’utopie certainement irréalisable en ce moment, c’est la croyance en une croissance infinie dans un monde fini : l’idéologie néo libérale veut nous imposer cette croyance en étouffant toute pensée contradictoire car c’est une nécessité pour ceux qui la pilotent, c’est-à-dire quelques gros capitalistes, pour continuer à s’enrichir : comme ils produisent au bout d’un moment trop pour la consommation intérieure (restreinte aussi parce que les ouvriers ne sont pas assez payés), ils ont besoin de trouver des débouchés extérieurs, soit par des guerres (c’est le but essentiel des guerres faites par les USA), soit par des « traités » bilatéraux léonins qui imposent aux états plus faibles d’ouvrir leur frontière et de détruire leur état social pour être livrés à leurs multinationales. L’utopie, c’est aussi de croire qu’on peut réformer le système sans sortir de l’euro et de la construction européenne actuelle, sans reprendre le contrôle de la monnaie et des frontières : l’expérience vouée à l’échec de Syriza en Grèce nous en fournira la preuve .On nous promet les pires catastrophes si nous sortons de l’euro : fuite des capitaux, inflation, dette accrue. C’est vrai si on ne remet pas en question le fonctionnement des banques et de la création monétaire. C’est faux sinon, on pourrait même effacer la dette sans que le système international s’écroule puisqu’il suffit aux banques centrales de recréer cet argent manquant. Bien sûr, les banques internationales refuseraient de prêter ensuite mais elles n’auraient à le faire que si la balance commerciale est en déficit. Quant aux capitaux en fuite, un contrôle des changes les empêcherait de revenir et l’état pourrait créer toute la monnaie nécessaire à l’économie interne sans faire de dettes. On pourrait ensuite recréer une monnaie commune à certains états européens assez proches en niveau de vie sur d’autres bases, en plus des monnaies nationales (voir l’article de l’économiste Frédéric Lordon dans le monde diplomatique d’aout 2013)

Il est urgent de réagir si on ne veut pas être complètement dépecés, comme la Grèce actuellement, et la France en a encore les moyens. Mais pour cela elle doit renoncer à cette fausse union européenne qui n’est qu’une construction néo libérale non démocratique destinée à terme à détruire les états et elle doit retrouver la souveraineté de sa monnaie et de ses frontières. Elle ne pourra trouver sa légitimité à le faire qu’en adoptant une nouvelle constitution qui écrira ces principes dans le marbre. Elle sera alors en position de force pour renégocier sa dette et les traités européens : elle pèse encore assez pour ne pas être envahie militairement et son expérience servira d’exemple aux autres peuples d’Europe et d’ailleurs qui souffrent aussi de cette domination de l’argent ; la France retrouvera le rôle de phare des libertés qu’elle a eu autrefois.

Mais cette nouvelle constitution, on ne va pas nous en faire cadeau et il ne faut pas compter sur les politiques actuels pour la faire. Elle ne peut être faite que par le peuple pour le peuple. Toutes les constitutions précédentes ont été faites par des « élites » pour des « élites » convaincus que le peuple était incapable de participer à sa gouvernance. Et si vous pensez que c’est une tâche trop difficile pour être faite par des non spécialistes, lisez celle de la 5ieme république qui nous gouverne (trouvable sur internet): elle est d’une simplicité désarmante : après une vague allusion à la déclaration des droits de l’homme (mais sans valeur contraignante), elle se contente de décrire les énormes pouvoirs du président de la république et ses rapports avec les autres institutions : parlement, sénat, conseil constitutionnel. C’est une constitution écrite par De Gaulle pour De Gaulle qui a pu fonctionner pour lui car il plaçait la haute idée qu’il avait de la France au-dessus de ses intérêts personnels mais qui n’est plus adaptée aujourd’hui.

Un peu partout en France, des associations se sont formées pour réclamer ou commencer à écrire cette constitution. Il est nécessaire de rassembler en un seul texte tous ces travaux épars pour le présenter au vote d’une majorité de Français. Je propose de faire un site internet qui regroupe et ordonne tous ces articles, auquel chacun pourra participer en fonction de ses compétences et du temps dont il dispose. Même si vous disposez de très peu de temps, un simple vote pour ou contre chaque article est important : si une majorité de Français pouvait s’unir pour un projet commun et non pas seulement contre quelques-uns, une révolution tranquille pourrait se faire.

L’emprise des grands banquiers sur la démocratie

Vous êtes-vous déjà demandé d’où vient l’argent ? Si vous avez besoin d’argent, vous allez à une banque qui vous en prête moyennant le fait que vous lui en rendiez plus, normal, pensez-vous pour le service qu’elle vous a rendu. Mais d’où vient l’argent de la banque ?

Au début, les banquiers étaient les gardiens de l’or de leurs déposants et remettaient en échange du papier-monnaie qui avait la même valeur que l’or déposé car reconvertible en or sur demande,  tout en étant plus facilement utilisable dans les échanges commerciaux. Rapidement, ils se sont aperçus que tous les déposants ne venaient pas réclamer leur or en même temps et ils ont commencé à prêter une partie de l’or déposé (environ 30%) à d’autres, moyennant des intérêts. C’était déjà une pratique à l’honnêteté douteuse car ils prêtaient de l’argent qui ne leur appartenait pas, et dangereuse car s’il y avait une crise de confiance et que tout le monde venait réclamer son or en même temps, ils faisaient faillite. Actuellement, la monnaie n’est plus adossée à l’or, ce qui n’est pas grave en soi car n’importe quoi peut servir de monnaie à condition d’être infalsifiable et d’avoir une valeur constante : 5% seulement de notre monnaie actuelle  est sous forme de billets, les  95% restants sont sous forme « scripturale », c’est-à-dire simplement écrite dans des ordinateurs. Mais on a permis aux banquiers actuels de faire encore mieux que leurs prédécesseurs : si quelqu’un vient déposer 100€ dans une banque, celle-ci peut prêter 92e avec intérêt à quelqu’un d’autre. Et pas de risque de faire faillite car ces 92€ ne sont pas pris sur l’argent des déposants mais sont créés sur une ligne d’ordinateur puis effacés quand le prêt est remboursé. Autrement dit, une banque vous prête de l’argent qu’elle n’a pas (ou seulement 8% et encore, avec la titrisation, elles peuvent même ne plus avoir ces 8% ). Dans les périodes où elles prêtent beaucoup, tant que les prêts ne sont pas remboursés, on a l’impression trompeuse qu’elles ont créé de l’argent et l’économie peut tourner relativement bien. Mais si, pour une raison quelconque, par exemple parce qu’elles ont fait de mauvaises affaires en bourse, elles cessent de prêter, les prêts se remboursent, l’argent créé s’efface, mais elles empochent les intérêts qui, eux, sont débités de la masse monétaire globale : c’est la récession, la crise. Et donc, au total, les banques n’ont pas créé d’argent pour le système économique mais elles lui en ont pris (les intérêts).

C’est une des raisons pour laquelle la masse monétaire globale s’appauvrit régulièrement. La deuxième raison est due à tous ceux qui ne redépensent pas tout l’argent qu’ils gagnent mais en capitalisent une partie. Pour que le système économique continue à bien tourner, il faut d’une part que l’argent reparte, grâce aux impôts, des plus riches vers les plus pauvres, et, d’autre part, remettre dans le circuit régulièrement de la monnaie nouvelle : c’est le rôle de la banque centrale. Si c’est une banque d’état, cela ne coûte pratiquement rien, le prix de fabrication des billets ou, encore moins, de l’écriture scripturale sur un ordinateur. Mais certains banquiers privés ont réussi à obtenir le statut de banque centrale, fabricant la monnaie mais la prêtant à l’état avec intérêt, ce qui a assuré leur fortune mais a plongé ces états dans une dette inextinguible.

Qui sont ces banquiers ?

Le premier qui eut l’idée de prêter aux états, les princes ou les rois à l’époque, fut un certain Mayer Amschel Rothschild, à Francfort, dont les 5 fils s’établirent dans les principales villes d’Europe. Celui qui s’installa en Angleterre s’accoquina tellement bien avec le roi Guillaume d’Orange que celui-ci le nomma « Banque d’Angleterre », c’est à dire le seul habilité à émettre de la monnaie. Ce même Nathan Mayer Rothschild, à qui on doit la formule « donnez moi le contrôle de la monnaie, je me moque de qui fait les lois » n’eut de cesse de faire interdire par le roi la monnaie locale qui avait été créée dans les colonies d’Amérique et assurait leur prospérité. Il s’ensuivit là-bas une période d’austérité qui fut à l’origine de la guerre d’indépendance.

_Dans la Constitution américaine, signée à Philadelphie en 1787,  les « pères fondateurs » avaient bien pris  soin de stipuler clairement, dans l’article 1, section 8, paragraphe 5 : « C’est au Congrès qu’appartiendra le droit de frapper l’argent et d’en régler la valeur. ». Mais les banquiers ne désarmèrent pas et convainquirent le président Washington, dont ils avaient assuré l’élection, de créer une « banque des Etats Unis » privée qui dura 20 ans  mais ne fut pas renouvelée. Lincoln leur échappa en créant le « greenback » pour financer la guerre de sécession mais,  ayant financé l’élection d’assez de sénateurs et de députés, les banquiers firent voter par le Congrès en 1863 le retrait de la loi des Greenbacks et son remplacement par le National Banking Act (Loi des Banques Nationales, où l’argent serait créé avec intérêt par des compagnies privées). Lincoln fut assassiné au moment où il disait vouloir s’attaquer aux banquiers et une formidable restriction du crédit, organisée par les banquiers, s’ensuivit.

_. Après la panique monétaire de 1907, le peuple américain réclamait que le système monétaire de la nation soit stabilisé. Le président Roosevelt créa la Commission Monétaire Nationale pour étudier le problème mais le sénateur Aldrich qui la présidait dépensa l’argent alloué en voyages d’étude en Europe sans rien produire. Par contre, il réunit dans le plus grand secret 5 représentants des 3 plus grosses banques ( 2 dominées par JP Morgan, la troisième Khun,Loeb & Co représentée par Paul Warburg) à Jekyll Island, une île de Géorgie achetée par des millionnaires et réservée à des millionnaires. En 9 jours, ils mirent au point un projet qui fut présenté ensuite comme celui de la commission et qu’ils réussirent à faire voter en 1913 juste avant Noël après avoir dépensé une fortune (5 millions de dollars) pour en faire faire la propagande par les professeurs de leurs universités: ce fût la « loi sur la réserve fédérale » au titre trompeur car ce n’était pas une réserve et c’était un établissement privé et non fédéral. Il avait une apparence collégiale : un conseil des gouverneurs nommés par le président et rendant des comptes au congrès. Mais ce conseil serait contrôlé par un « comité consultatif fédéral » dont les membres seraient choisis par les directeurs des 12 banques partenaires et resteraient inconnus du public et du contrôle parlementaire. Les actions des 12 banques régionales furent rachetées par des banques nationales et ce furent celles contrôlées par Rockefeller, khun-Loeb et Morgan qui en prirent la majorité et contrôlèrent de fait tout le système. Cette loi donnait (et donne encore) à ces 3 banques le pouvoir exorbitant et inconstitutionnel de battre la monnaie à la place de l’état, de fixer les taux d’intérêt, la masse monétaire et le cours de la devise, de faire en sorte  que l’argent soit rare ou abondant,  de  prêter à l’état ensuite à l’intérêt de leur choix, et de rendre ainsi l’état prisonnier d’une dette inextinguible.(Encore aujourd’hui ce sujet est tabou : lire à ce propos le livre d’Eustace Mullins « les secrets de la réserve fédérale »  qui a mis 40ans à réunir les documents prouvant cette conspiration, qui a eu beaucoup de mal à se faire publier et dont la traduction française est parue en 2010 aux ed « le retour aux sources »).

Grâce  à la FED, les crises qui étaient auparavant incontrôlées vont pouvoir l’être au gré  de ces grands banquiers ; c’est le cas de la crise agricole de 1920-1921 : la première guerre mondiale avait provoqué une prospérité générale aux Etats Unis, en particuliers chez les agriculteurs et les ouvriers agricoles qui, méfiants, déposaient leur argent dans des banques provinciales ne faisant pas partie de la FED. Pour casser cela, on encouragea d’abord les agriculteurs à emprunter à grande échelle pour s’équiper et acheter des terres grâce à des taux d’intérêts très attractifs en échange d’hypothèques sur leurs biens, prêts que seules les grandes banques savaient gérer. Puis, lors d’une réunion secrète le 18 mai 1920 du Conseil des Gouverneurs de la FED où seuls les gros banquiers étaient présents, il fut décidé une contraction brutale du crédit (le taux passa de 3% à 7%) et de la monnaie, ce qui eut pour effet de mettre en faillite les agriculteurs et les banques associées, de  réduire le revenu national de 15 milliards de dollars, jetant des millions de personnes au chômage et réduisant de 20 milliards de dollars la valeur des terres et des ranchs.

Sans le système de la réserve fédérale, aucune guerre mondiale n’aurait pu être déclenchée : les pays européens possédaient de grandes armées opérationnelles qu’ils s’épuisaient à financer mais n’avaient pas une économie suffisante pour financer la guerre ; la FED leur prêta 25 milliards de dollars (que les Etats Unis n’avaient pas non plus, qui furent créés et non remboursés) répartis entre tous les futurs belligérants. La guerre faisait marcher l’industrie et rapportait des bénéfices. C’est pour cela aussi que le président Wilson, qui devait sa fortune et son élection aux banquiers, leur donna des postes de commande dans son administration et mis l’Amérique en guerre.

Mais ces hommes les plus puissants des Etats Unis rendaient eux-mêmes compte à une autre puissance qui les contrôlait de fait déjà en 1910 : la puissance financière Anglaise concentrée dans la branche londonienne de la maison Rothschild. Bien que ces firmes fussent américaines en apparence, entretenant simplement des agences à Londres, le fait est qu’elles allaient prendre leurs ordres à Londres car leur origine se trouve dans le trafic international de l’or, des esclaves, des diamants et autres produits de contrebande où la grande Bretagne, grâce à sa maitrise des mers, avait le monopole. Pouvant disposer de sommes énormes, créées sur ses ordres par le board de la FED aux états Unis, Londres est le centre financier de la planète (on comprend  mieux l’indéfectible alliance entre l’Angleterre et les états unis) : 5 banques d’affaire de Londres contrôlent en réalité les banques new-yorkaises qui possèdent la majorité de contrôle dans la banque de réserve fédérale de New-York.

Le krach de 1929 fut programmé par Londres et la FED pour mettre fin à une période de spéculation, en augmentant brutalement les taux d’intérêt, après avoir prévenu au préalable les initiés ; les autres, les petits spéculateurs, perdirent tout ; 11630 petites banques firent faillite, augmentant encore la concentration de l’argent dans les grandes banques. La FED laissa pourrir la situation jusqu’en 1933 pour soutenir l’élection de Roosevelt, lui-même banquier : elle créa alors 100 millions de dollars d’argent frais et les usines recommencèrent à embaucher. La loi bancaire de 1935 étendit la durée des mandats des gouverneurs de la FED à 14 ans, 3 fois et demi la durée d’un mandat présidentiel, ce qui signifiait que quel que soit le nouveau président, il ne pourrait rien changer à la politique de la FED .En 35 ans,  les banques de la FED ont accru leurs actifs de 143 millions à 45 milliards de dollars sans rien produire, simplement par la création monétaire dont 95% sous forme de crédit

C’est à cause de cette période de chômage de masse et de misère que put naître le nazisme. Les juifs, dont beaucoup étaient banquiers, ont servi de boucs émissaires et ont été victimes de la haine engendrée par la violence du capitalisme bancaire. Hitler fut inspiré par les écrits d’Henri Ford, porté au pouvoir par les grands industriels allemands et c’est une banque anglo-américaine (Schroeder-Rockefeller) qui lui a fourni l’argent nécessaire pour  se réarmer.

La mondialisation s’est faite sur le modèle de la FED, remplaçant les banques centrales des états par des banques privées. « L’Europe » a été construite sur le même modèle : sa banque centrale hors contrôle démocratique ne fournit pas les états mais des banques privées qui prêtent ensuite aux états avec intérêts, ce qui augmente leurs dettes de façon inextinguible  et permet aux banques d’imposer leur politique.

L’austérité imposée par les banques pour rembourser une dette illégitime, le dumping social, l’impossibilité d’être dans une extension permanente nous conduisent de nouveau à une période de chômage et de misère dont il risque de sortir, les mêmes causes produisant les mêmes effets, une grande violence.

En sortir serait simple si l’état le voulait : reprendre le contrôle de la création monétaire, ne pas rembourser la partie illégitime de la dette.(Annuler une dette ne coûte strictement rien à une banque centrale et le refus d’annuler la dette de la Grèce alors qu’une grande partie de la dette Allemande avait été annulée après la guerre est un choix politique et non économique)

Le capitalisme est par nature antidémocratique

On a coutume de définir le capitalisme par la notion de propriété individuelle et propriété de ses instruments de travail en l’opposant au « communisme » où tout est collectif, comme s’il n’y avait que ces 2 alternatives. Tout ceci est très manichéen car, d’une part le communisme est associé à la dictature stalinienne qui n’avait plus aucun rapport avec l’idéal communiste originel et d’autre part le capitalisme actuel n’est pas que ça : c’est un système économique, certes, mais associé à une idéologie et une certaine organisation sociale.

_une idéologie disant qu’il n’y a pas de bonne place pour tout le monde et que seuls quelques-uns arriveront aux très bonnes. Cela met les citoyens en situation de compétition les uns par rapport aux autres d’autant plus violente que les mauvaises places sont vraiment très mauvaises et que les chances d’arriver aux très bonnes ne sont pas égales. Cela crée un climat social de violence et d’exclusion : imaginez l’ambiance qui règnerait dans une famille si les parents disaient aux enfants que les premiers arrivés pourraient tout manger et que les derniers n’auraient rien. C’est une idéologie qui s’oppose à l’idéologie démocratique car celle ci cherche à donner des droits égaux à tous, à protéger les plus faibles des plus forts.

_Un système politico-économique qui donne du pouvoir à ceux qui possèdent sur ceux qui ne possèdent pas : ceux qui possèdent une entreprise, même s’ils n’y travaillent pas, ont le pouvoir d’engager ou de licencier qui ils veulent, décident du salaire des employés et de la répartition des bénéfices.

_un système économique qui tend à concentrer l’argent et le pouvoir qu’il donne sur un très petit nombre de personnes : la compétition à outrance oblige les entreprises à se concentrer car les plus gros sont les plus forts et les propriétaires des très grosses entreprises peuvent alors détourner à leur profit de très fortes sommes ; de plus, le système permet à ceux qui ont trop d’argent, plus d’argent qu’il n’en est nécessaire pour vivre, d’en gagner encore plus sans rien produire en le prêtant, en spéculant ou en le jouant à la bourse, ce qui fait en particulier la fortune des banques (voir l’article sur le coup d’état des grandes banques).

La société est donc traversée par 2 courants antagonistes : le courant capitaliste de la compétition sauvage et individualiste pour la possession et l’argent. Et le courant démocratique, plus élaboré, qui cherche des relations plus égalitaires d’échange et de solidarité. Mais qui a besoin de s’appuyer pour cela sur  un ensemble de lois protégeant les plus faibles des plus forts et sur un état à la fois fort et représentant l’intérêt général pour les faire appliquer.

Le capitalisme existe depuis longtemps car il correspond  aux pulsions primaires des animaux et des êtres humains, à savoir la loi dite « de la jungle », c’est-à-dire la loi du plus fort qui permet à ceux-ci de faire ce qu’ils veulent des plus faibles, les éliminer ou les soumettre  à travailler pour eux. Il a été contrebalancé par d’autres pouvoirs : pouvoir de la religion, pouvoir de l’aristocratie, pouvoir du roi, pouvoir d’institutions élues démocratiquement. Le problème est qu’aux USA, le capitalisme a gangréné dès le début l’état et n’a plus rencontré d’autres contre-pouvoirs (voir l’article sur les USA). Il s’est mondialisé grâce aux guerres menées par les USA, guerres militaires , guerres économiques et guerre idéologique : l’idéologie « néo-libérale » que nous vivons demande à tous les états qui s’y soumettent d’ouvrir leurs frontières pour être pillés par la concurrence faussée des multinationales, de saborder toute leur partie sociale pour la donner au privé (donc aux capitalistes) et de ne garder que la partie répressive de l’état pour mâter le mécontentement des populations. La construction européenne a été faite dans cet esprit.

Les laisser faire, c’est laisser le monde courir à sa perte. Pourtant il est possible de concevoir un système économique démocratique qui ne soit ni ce capitalisme ni le communisme, en conservant la propriété privée mais en mettant des limites à l’enrichissement.( voir l’article « programme pour un monde meilleur »)

 

Daesh

 

Les attentats que commet Daesh sont atroces, incompréhensibles pour ceux qui recherchent les plaisirs de la vie, l’oeuvre de désespérés qui se détruisent en même temps qu’ils détruisent les autres.

En cherchant à comprendre, ne nous égarons pas en devenant islamophobe: la religion islamique n’est qu’un habillage, Daesh est dirigé par des fascistes qui se servent de la religion comme alibi pour assouvir leur soif de pouvoir et de destruction (comme d’autres se sont servi du nationalisme) et qui jouent de l’endoctrinement et de la menace pour faire agir à leur place des rejetés de la société.

Ne négligeons pas non plus la responsabilité du capitalisme financier dans la genèse et l’existence actuelle de Daesh : c’est parce que des capitalistes attirés par le pétrole sont venus semer le chaos en Irak en méprisant la population, tuant des civils par milliers, que la haine de l’occident a permis des ralliements aux fanatiques de Daesh. Ce sont les armes qu’ils y ont abandonnées et que, de toute façon, ils vendent partout dans le monde, qui arment Daesh. C’est l’argent du pétrole que ces mêmes capitalistes achètent quand même qui finance Daesh. C’est à cause du désespoir de ceux que ce capitalisme laisse sur la touche dans des ghettos que Daesh peut recruter même en France.

De même que la pourriture se développe sur des plantes malades, le fascisme se développe toujours sur des crises économiques et humanitaires engendrées par le capitalisme.

Et il n’y a pas le bien d’un côté et le mal de l’autre : le capitalisme financier est aussi un terrorisme, mais à visage masqué, qui a déjà tué des milliers de personnes pour assouvir sa soif de puissance et de profits ; Et il ne se contente pas de tuer des milliers d’innocents dans des guerres pour le profit, il opprime et massacre aussi dans sa propre population,  pour justifier la guerre et faire passer des lois liberticides lui permettant ensuite, grâce à des définitions assez vagues de « terroriste »de juguler ses opposants. (que ceux qui croient encore aux invraisemblances de la version officielle se renseignent davantage sur ce qui s’est réellement passé un certain 11 septembre).(plus d’infos sur www.democratie-sociale.fr  et sur reopen911 )

Cela ne semble pas le cas pour les attentats de Paris et ce qui précède ne vise absolument pas à excuser Daesh mais à dévoiler l’hypocrisie des dirigeants  qui se servent de la peur du feu qu’ils ont eux-mêmes allumé pour se présenter en pompiers défenseurs du peuple. Et les banques qui gouvernent le monde ( à cause de la complicité des politiques et de l’absurdité du système économique) s’accommodent mieux des régimes despotiques que des démocraties: elles ont financé Hitler, elles pourraient arrêter de financer Daesh si elles le voulaient (voir le blog de Lucie Couvreur).

La France paye aussi son alignement inconditionnel sur les USA et Mr Hollande s’est peut-être lancé à la légère dans une demi-guerre contre Daesh, l’attaquant sans vouloir le détruire sur le territoire qu’il occupe, sans chercher d’abord des solutions politiques, sans en mesurer les conséquences et surtout sans avoir consulté sa population auparavant.

« autopsie d’un monstre » sur France Inter

 

Le capitalisme US est le grand responsable du désordre mondial

  

Les colonisateurs de l’Amérique y ont importé le capitalisme européen en le rendant encore plus sauvage : dans l’Espagne de Christophe Colomb, la noblesse représentant 2% de la population possédait 95% des terres ; en Amérique, les colons s’emparèrent des terres des indiens et firent de ceux qui les avaient accueillis en offrant eau, nourriture et présents, des esclaves. Les indiens se montrant mauvais esclaves, pas assez résistants, se suicidant ou se révoltant, ils les massacrèrent par milliers, ce fut un véritable génocide. (Entre 1494 et 1508, trois millions d’individus ont été victimes de la guerre, de l’esclavage et du travail dans les mines). Et c’est en Afrique que l’on alla chercher des esclaves noirs que l’on traita avec la même cruauté.

Les premiers arrivés ou les plus malins ou les mieux placés dans la hiérarchie sociale s’approprièrent d’immenses terres au sud sur lesquelles ils faisaient travailler des esclaves tandis qu’au nord ce sont les banquiers et les grands industriels qui prirent le pouvoir. Le racisme permettait de maltraiter les noirs considérés comme une race inférieure donc méprisable (pourquoi inférieur serait-il synonyme de méprisable ?) mais les blancs  pauvres n’étaient guère mieux traités avec des conditions de travail très dures et des salaires très bas. La plupart des nouveaux arrivants étaient des pauvres croyant fuir la pauvreté mais qui devaient signer pour payer leur voyage des « contrats » les soumettant complètement à un « maitre » pendant de longues années et celui-ci, fort de son impunité dans les cours de justice, ne les traitait guère mieux que les esclaves. Et, plus tard, l’abolition de l’esclavage fut surtout symbolique car il a été remplacé très rapidement par une autre forme d’esclavage : l’esclavage économique, travailler 12 à 13h par jour pour un salaire de survie comme cela se pratiquait déjà au nord chez les grands propriétaires avec le « métayage ». C’est cette classe de puissants qui dirigea effectivement le pays et fit faire aux pauvres (qui rechignèrent et ne gagnèrent que grâce à l’appui des Français) la guerre d’indépendance pour s’affranchir de la tutelle Anglaise. Elle occupa les postes de responsabilité et rédigea la constitution et des textes de lois faites pour eux : seuls les propriétaires avaient droit de vote (ce qui excluait les noirs, les indiens, les pauvres, et les femmes), les décisions de « justice » étaient très différentes suivant qu’on était riche ou pauvre, les riches, en payant, étaient exemptés d’aller à la guerre. La constitution de 1787 peut apparaitre sur le papier comme très démocratique, parlant d’égalité et de liberté d’expression mais elle a été rédigée par des possédants pour des possédants, réalisant un compromis entre les intérêts des esclavagistes du sud et ceux des affairistes du nord : par exemple, une clause interdisait aux états de « porter atteinte aux obligations résultant des contrats », ce qui revenait à mettre l’énorme machine gouvernementale avec ses tribunaux, ses lois, ses shérifs et sa police au service des privilégiés ; le premier amendement garantissant la liberté d’expression fut violé dès 1798 par une loi qualifiant de crime toute opinion malveillante contre le gouvernement. Les syndicats étaient jugés « illégaux » car coupables de «  conspiration  contre la liberté du commerce ».  D’autres clauses, comme le droit de lever et de percevoir des taxes allaient par contre être fermement appliquées, en usant de la force armée si nécessaire. (Un impôt spécial fut créé pour rembourser à leur valeur nominale la plus élevée les détenteurs de titres de la dette publique, soit un groupe très  restreint de gens fortunés) . Le statut des femmes restait entièrement soumis aux hommes : elles n’avaient pas le droit de vote, tout ce qu’elles possédaient ou gagnaient revenait au mari, à travail égal le salaire était quart ou moitié de celui d’un homme, elles étaient exclues des professions juridiques et médicales. Leur réhabilitation fut une longue lutte.

Une autre clause de la constitution ne fut pas respectée : dans la Constitution américaine, signée à Philadelphie en 1787,  les « pères fondateurs » avaient bien pris  soin de stipuler clairement, dans l’article 1, section 8, paragraphe 5 : « C’est au Congrès qu’appartiendra le droit de frapper l’argent et d’en régler la valeur. ». Mais les banquiers faisaient partie dès le début de la classe dirigeante et corrompaient le pouvoir politique en achetant des sénateurs et surtout les présidents dont ils assuraient la fortune personnelle et finançaient les élections ; ils convainquirent le président Washington de créer une « banque des Etats Unis » privée. Celle-ci ne dura que 20 ans,Lincoln leur échappa en créant le « greenback » pour financer la guerre de sécession mais, ayant financé l’élection d’assez de sénateurs et de députés, les banquiers firent voter par le Congrès en 1863 le retrait de la loi des Greenbacks et son remplacement par le National Banking Act (Loi des Banques Nationales, où l’argent serait créé avec intérêt par des compagnies privées).Lincoln fut assassiné au moment où il disait vouloir s’attaquer aux banquiers. Les banquiers finirent par légaliser leur pouvoir en faisant voter en 1913 la « loi sur la Réserve Fédérale » qui, sous ce titre trompeur, leur donnait plein pouvoir pour créer l’argent à leur guise, contrôler la masse monétaire et fixer les taux d’intérêt (voir l’article sur « le coup d’état des grands banquiers »).

Dans la mesure où il faisait corps avec le pouvoir politique, le capitalisme US n’a pas rencontré les limites qu’il pouvait y avoir encore en Europe du fait de l’autorité royale. La démocratie n’y est qu’une apparence destinée à calmer une population durement exploitée : une petite caste dans l’ombre fait et défait les présidents à cause des énormes sommes nécessaires pour financer une campagne électorale et parce que, les médias lui appartenant, elle canalise l’opinion publique sur 2 grands partis qui s’opposent sur quelques détails mais ne remettent pas en cause le système capitaliste. Toute l’administration US est essentiellement composée de banquiers et tous les présidents qui ont essayé de s’opposer à eux sont curieusement morts assassinés: Garfield après avoir fait un discours sur les problèmes monétaires, Lincoln avec son dollar « greenback », J.F Kennedy qui venait de signer un décret permettant à l’état de reprendre le contrôle de la monnaie. (Pour le président Kennedy, on a maintenant la preuve qu’il s’agissait bien d’un complot impliquant le FBI et Rockefeller, voir l’article dédié)

Cette petite caste capitaliste est particulièrement cruelle et n’a jamais hésité devant le meurtre pour satisfaire sa soif de pouvoir et d’argent : les ouvriers surexploités sont morts par milliers à cause de mauvaises conditions de travail, et quand ils se révoltaient, c’est l’armée qui leur tirait dessus ; le capitalisme ayant constamment besoin de croissance et de débouchés nouveaux, ils ont régulièrement envoyé leur population dans des guerres de conquête :contre le Mexique d’abord pour annexer le Texas, le Nouveau Mexique et la Californie , contre l’Espagne pour s’imposer à Cuba, contre les Philippines  cédées par l’Espagne où 70 000 soldats massacrèrent des milliers de philippins à la peau sombre (hommes, femmes, enfants, prisonniers, otages) pour garder une base stratégique vers l’Asie. Les guerres européennes apportèrent la prospérité aux industries d’armement et pendant la « guerre froide », ils surent entretenir les tensions avec l’URSS pour justifier un énorme budget militaire (50%, une partie de la caste vit des commandes militaires de l’état) alors qu’ils étaient 10 fois plus armés que celle-ci. Sous prétexte de faire la chasse aux « communistes », ils purgèrent de l’administration tous ceux qui avaient des idées un peu socialistes. Plus récemment, ce fut l’atroce guerre du Vietnam où des milliers de civils continuent de mourir du napalm déversé sur le pays, puis l’inutile invasion de l’Afghanistan et de l’Irak où on a peu parlé des centaines de milliers de morts civils dus à l’armée américaine. Contrairement à ce que tente de faire croire la propagande officielle, aucune de ces guerres ne visait à défendre les démocraties, toutes avaient des visées d’expansion économique. La preuve en est qu’ils s’accommodent plus facilement de dictateurs quand ceux-ci vont dans le sens de leurs intérêts que des démocraties qui n’y vont pas : en 1953, la CIA réussi à renverser un gouvernement démocratique en Iran qui voulait nationaliser le pétrole, et à restaurer le chah  Mohammad Reza Pahlavi (qui fut lâché à son tour plus tard lorsqu’il devint trop indépendant des intérêts américains); en 1954, au Guatemala, un gouvernement légalement élu fut renversé par des mercenaires entraînés par la CIA, soutenus par des avions de l’armée Américaine , pour installer un colonel dictateur (qui rendit les 95ooo ha que ce gouvernement avait confisqué à la United Fruit) ; en 1958, Eisenhower envoya des milliers de soldats au Liban pour conforter un gouvernement pro-américain ; en 1961, les forces entraînées par la CIA ratèrent le débarquement à Cuba pour renverser Fidel Castro qui avait repris 400 000 ha de terres à 3 entreprises américaines ; c’est aussi la CIA qui permit le renversement de Salvador Allende par le push du général Pinochet le 11 septembre 1973.

Toutes ces guerres enrichissent les grands capitalistes mais épuisent la population qui a toujours été  réticente à y aller : il a fallu à chaque fois ordonner la conscription et souvent y associer un choc psychologique : quand il a fallu déclarer la guerre à l’Espagne, un navire Américain a explosé dans un port Cubain, tuant tous les hommes d’équipage (mais pas les officiers invités à un repas à terre ce jour-là) ; pour la seconde guerre mondiale, ce fut Pearl Harbour (plusieurs témoignages laissent à penser que le haut commandement a été informé de l’imminence de l’attaque mais n’a pas prévenu le commandant de la base) ; pour la guerre en Irak, ce fut le 11 septembre 2001 (atroce à imaginer mais trop d’éléments contredisent la version officielle et prouvent l’implication de la haute administration US, voir la fiche correspondante).

Les guerres maintenant n’interviennent qu’en dernier recours car l’arme la plus efficace est la guerre idéologique : arriver à faire croire aux dirigeants d’un état que le «  néo-libéralisme » est un système économique incontournable, qu’il faut toujours moins d’état et laisser faire la loi des marchés, suffit pour que cet état se saborde lui-même et ouvre ses frontières à la concurrence déloyale des grandes entreprises surtout américaines, signant son arrêt de mort à plus ou moins long terme. Cette idéologie est à la base de la construction européenne : les dirigeants américains ont été très présents dans cette construction dont le but est la destruction des états nations européens et la mise sous tutelle de l’Europe par les grands capitalistes. Ce qu’on appelle « la mondialisation » n’est qu’une mondialisation de cette idéologie. (mais quelques états d’Amérique du sud, qui  ont été les premiers atteints, commencent à résister).

Les USA sont grandement responsables du désordre mondial actuel car les dégâts que leur présence guerrière (ou économique) méprisante pour les populations civiles a occasionné partout où ils sont passés ont entraîné le rejet des valeurs capitalistes occidentales et favorisé l’intégrisme religieux.

 

Source principale : « histoire populaire des Etats Unis » par Howard Zinn

 

La crise

La « crise » que nous vivons n’est pas un accident de parcours comme on voudrait nous le faire croire mais étroitement liée au processus de création monétaire (voir les articles dédiés): comme il n’y a que les banques privées qui peuvent créer de l’argent et que celles ci ne le créent que sous forme de dettes, au bout d’un moment, il n’y a plus assez d’argent qui circule et tout le monde est endetté. Seules les banques prospèrent et vont miser leurs bénéfices au jeu de la bourse où elles peuvent s’enrichir encore plus ou tout perdre. Mais si elles perdent, ce n’est pas grave: elles vont demander aux politiques complices de compenser leurs pertes en endettant un peu plus l’état.

La solution démocratique

Redonner la prérogative de la création monétaire à l’état qui, sous contrôle public, devra l’adapter aux besoins pour qu’il n’y ait ni inflation, ni récession. Les banques privées ne pourraient gérer que l’argent privé qui leur est confié. Cet article est à mettre dans la nouvelle constitution.

La dette

       On nous dit que l’état est obligé de réduire tous ses programmes sociaux pour rembourser une énorme dette, ceci en culpabilisant les plus démunis qui grèvent par exemple le budget de la sécurité sociale.

Les vraies causes de la dette

Il y en a  essentiellement quatre :

-Les intérêts exorbitants des emprunts de l’état : ils sont dus au fait que les états ont délégué à des banquiers privés le pouvoir de créer de l’argent. Chaque fois qu’il y a besoin de créer de la monnaie, ne serait-ce que pour équilibrer la masse monétaire en circulation lorsque le PIB augmente, ils doivent verser des intérêts réels à des banquiers qui n’ont fait que créer une monnaie artificielle sur une ligne d’ordinateur alors que si c’était l’état qui le faisait, il n’y aurait pas d’intérêts à verser. La totalité de nos impôts sur le revenu servent à payer les intérêts de la dette alors que si depuis 1970 l’état n’avait pas recouru à des emprunts sur les marchés financiers, il n’y aurait plus aucune dette. Ceux qui s’intéressent à cette usurpation de la création monétaire peuvent consulter le texte « le coup d’état des grands banquiers » en annexe ou l’excellent site www.comprendrelargent.net

-La reprise par l’état des énormes sommes données aux banques sans contrepartie pour les renflouer après la crise de 2008 due à leur excès de spéculation.

-Le déséquilibre entre recettes et dépenses : on nous dit que l’état dépense trop en  oubliant de dire qu’il pourrait gagner plus s’il n’avait pas fait tant de cadeaux aux riches et aux grandes entreprises : l’ensemble des baisses d’impôts accordés aux grandes entreprises et aux plus riches depuis 10 ans nous coûte chaque année 100 milliards. La fraude fiscale des grandes entreprises et des plus riches, contre laquelle on ne lutte pas beaucoup, est évaluée à 50 milliards par an, soit l’équivalent du déficit de l’état. La fraude sociale, quant à elle, que l’on ne manque pas de stigmatiser et d’incriminer, n’est évaluée qu’à 300 millions d’euros (sur un budget de 500milliards).

-le déséquilibre du commerce extérieur : on nous dit que nos entreprises ne sont pas assez compétitives, ce qui justifie les cadeaux fiscaux et l’aggravation des conditions de travail, mais c’est parce qu’on les met en compétition avec des pays où les travailleurs sont beaucoup moins payés.

Les solutions

Redonner à un état démocratique  le pouvoir de créer sa monnaie et l’écrire dans sa constitution. C’était écrit dans la constitution des USA mais 3 grands banquiers ont réussi un véritable coup d’état en 1913 en faisant voter la « loi sur la réserve fédérale » qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est ni une réserve ni fédérale. Elle donne,  grâce à un savant montage, tout pouvoir à ces 3 banquiers de contrôler la masse monétaire du pays et les taux d’intérêt. Ils peuvent ainsi à leur guise provoquer inflation ou récession. (cf texte sur la réserve fédérale). Ce système a été reproduit dans la construction européenne où la banque centrale n’a pas le droit de prêter aux états. Elle crée de l’argent qu’elle prête aux banques privées qui prêtent à leur tour aux états, générant ainsi des taux d’intérêt qui n’ont pas lieu d’être. Une grande partie de la dette est donc illégitime. Certains parlent de la renégocier sans changer nos institutions mais cela dépend du bon vouloir des banques et il est peu probable qu’elles acceptent à moins d’y être forcées. Seul un état qui inscrirait la création monétaire dans sa constitution rendrait ces intérêts illégaux.

-Faire rembourser les banques, les très grandes entreprises, et les très riches des cadeaux qui leur ont été faits ou du moins supprimer ces cadeaux inutiles. Les grandes entreprises sont taxées à 25% sur leurs bénéfices en Europe alors qu’elles le sont à 40% aux USA. Les multinationales arrivent même à ne pas payer d’impôts du tout grâce à de savants montages dans les paradis fiscaux mais on pourrait, si on le voulait, trouver des moyens de les imposer quand même. Les très riches étaient imposés à 70% sous Roosevelt et ne s’en portaient pas plus mal ; ils le sont beaucoup moins maintenant, d’autant moins qu’ils ont à leur disposition des « niches » fiscales » qui leur permettent de minorer encore les prélèvements.

-Faire cesser cette compétitivité à outrance, cette concurrence faussée car elle met en compétition des pays avec des niveaux de vie très différents. Il faut rétablir des droits de douane pour protéger nos industries et permettre même la réindustrialisation du pays. Les USA l’ont fait pour protéger leurs industries quand elles étaient faibles et ont prôné le « libre échange » quand elles ont été assez fortes pour écraser les autres. . Après la guerre de 1940-1945, et pour éviter de nouveaux désordres économiques reconnus comme grands responsables des guerres, 53 pays capitalistes s’étaient  réunis pour élaborer une chartre régissant le commerce international : la Charte de la Havane fut élaborée du 21 novembre 1947 au 24 Mars 1948. Le but était de créer une Organisation Internationale du Commerce (OIC), dans le cadre de l’ONU, en complément du FMI et de la Banque mondiale, afin de reconstruire un ordre économique international cohérent. Cette chartre prévoyait un équilibre des balances commerciales des différents pays, des normes de travail équitables avec interdiction du dumping, le contrôle du mouvement des capitaux et la possible intervention de l’état, la coopération entre les états plutôt que la concurrence effrénée. Cette OIC n’a jamais vu le jour car le Congrès américain qui venait de changer de majorité, s’est opposé à sa ratification. Il estimait que les Etats unis devaient s’assurer une totale liberté pour écouler leur surplus de marchandises aux pays qui en étaient dépourvus au lendemain de la guerre. C’est ainsi que nous avons eu l’OMC, indépendante de l’ONU, à la place de l’OIC.L’OMC et le FMI, sous domination américaine, ont favorisé des pactes bilatéraux toujours à leur avantage. C’est le cas du « partenariat transatlantique » que l’on veut nous imposer qui prévoit au contraire la domination des grandes entreprises multinationales sur les états. La construction européenne du traité de Maastricht entre dans ce même cadre néolibéral mettant les états en concurrence au lieu d’être en coopération, organisant le dumping social, donnant le pouvoir aux grandes entreprises sur les états à travers des instances non démocratiques.

Pour faire cesser cette hyper-compétitivité, il faut rétablir des droits de douane de telle sorte que le prix d’une marchandise importée soit le même que celui de la même marchandise fabriquée en France : ainsi, la concurrence ne porterait que sur la qualité du produit et ces droits de douane pourraient être reversés en aides aux travailleurs du pays concerné.

 

Quel système économique compatible avec la démocratie ?

Nous avons vu que le système économique actuel est incompatible avec la démocratie car il donne le pouvoir sur les états aux banques et aux multinationales. De plus, il est intrinsèquement incohérent : si on compare la circulation monétaire à la circulation sanguine, car elle joue le même rôle de régulation des échanges dans tout l’organisme, le capitalisme permet aux capitalistes de pomper du sang indéfiniment sans le remettre dans le circuit et personne d’autre n’en remet. Il y a les petits capitalistes, ceux qui mettent leurs économies à la caisse d’épargne en cas de besoin, ce qui pourrait être compatible avec un système démocratique, et les gros, les banques et les grands industriels, qui eux pompent d’énormes sommes. Les banques centrales privées remettent bien de l’argent mais en échange d’endetter l’état de façon exponentielle. Le système ne peut aboutir qu’à la mort des états.

L’absurdité principale est dûe au système bancaire : il faut remettre les banques à la place qu’elles n’auraient jamais dû quitter, à savoir ne pouvoir prêter que l’argent qu’elles possèdent, à la rigueur une petite partie de l’argent en dépôt, mais surtout pas avoir le droit d’en créer. Et donc surtout avoir une banque centrale d’état chargée de remettre gratuitement de l’argent dans le circuit pour compenser celui qui a été capitalisé ou pour s’adapter à la création de nouvelles entreprises ou de nouveaux échanges monétisés. Cet argent pourrait être distribué sous la forme d’un salaire de base versé sans condition à tous qui intègrerait les minimas sociaux.

Cette condition préalable indispensable étant faite, on peut aussi réfléchir à un système plus juste qui n’engendre pas autant d’inégalités en mettant des limites à l’enrichissement de façon qu’aucun particulier ou qu’aucune société ne puisse devenir plus puissant que l’état :

_En limitant les revenus à 10 ou 20 SMIG par exemple, les impôts étant à 100% au-delà : cela enlèverait le caractère insatiable et destructeur du capitalisme car il ne servirait à rien de vouloir gagner plus.

_En limitant le droit de propriété aux biens personnels et à ses instruments de travail. Les actionnaires auraient le droit d’aider une entreprise par leur argent mais n’auraient aucun pouvoir sur la marche de l’entreprise s’ils n’y travaillent pas.

_En limitant les héritages aux biens personnels eux-mêmes limités (une seule maison par exemple). L’argent capitalisé serait remis dans le pot commun et servirait à alimenter aussi le revenu de base.

_En limitant les possibilités de spéculation : les gains spéculatifs entreraient dans les revenus et seraient imposés en conséquence, les transactions boursières fortement taxées ou même supprimées comme l’a suggéré l’économiste Frédéric Lordon, car actuellement elles agissent plutôt en parasitant l’économie qu’en l’aidant.

_En limitant les bénéfices des grosses entreprises de 2 façons :

En n’en laissant aucune en position de monopole ; il pourrait y avoir dans tous les domaines concurrence entre les entreprises d’état à la comptabilité publique et les entreprises privées : si elles font mieux, elles peuvent gagner plus, mais pas dans des proportions énormes ;

En imposant fortement les bénéfices non réinvestis ou qui ne servent pas à rembourser les actionnaires. Ces bénéfices pourraient être versés à une caisse de solidarité destinée à aider les entreprises en difficulté.

 

Un tel système n’aurait que des avantages pour 99% de la population :

_Les salariés pourraient bénéficier d’un salaire plus important car le fait d’imposer une limite supérieure permettrait de revaloriser le SMIG et le salaire médian. Les entreprises n’auraient pas à craindre de payer trop leurs salariés car elles seraient protégées de la concurrence extérieure par un rétablissement des droits de douane.

_Les petites et moyennes entreprises pourraient se développer librement grâce à un crédit plus facile des banques d’état (ou un don par création d’emploi puisqu’un nouvel emploi nécessite de remettre plus d’argent en circulation) et des charges mieux proportionnées.

_La TVA qui entrave le commerce et est un impôt injuste pourrait être supprimée si l’impôt sur le revenu était calculé de façon plus juste.

_Le chômage ne serait plus un problème car le revenu de base permettrait de continuer à vivre décemment même sans travail.

_Le travail, ou plutôt la participation aux activités sociales, serait davantage choisi, plus facilement négociable ou même conçu dans des échanges non monétisés.

Comprendre la circulation monétaire

C’est simple si vous n’écoutez pas les économistes officiels : la finance a atteint des niveaux de sophistication volontairement assez incompréhensibles pour le commun des mortels mais qui cachent des mécanismes de base assez simples qui indigneraient tout le monde s’ils étaient compris. On nous annonce chaque jour les cours de la bourse comme on nous annonce la météo comme si notre vie en dépendait, alors que la bourse n’est qu’un jeu d’argent spéculatif qui ne concerne que quelques gros « investisseurs », essentiellement des banques. On veut nous faire partager les préoccupations des banques car, sans banques, nous n’avons plus d’argent !

Et c’est là que se situe une énorme mystification car l’argent que les banques nous prêtent, elles ne l’ont pas, elles fabriquent pour nous un argent virtuel qu’elles effaceront quand nous aurons remboursé mais en ayant empoché des intérêts réels, autrement dit, elles nous volent et vont jouer avec cet argent volé en bourse pour le faire fructifier et en avoir encore plus. (Voir l’article sur le coup d’état des grands banquiers).

Ce système est fou et ne profite qu’aux banquiers. Il ne perdure que parce qu’on lui a donné une apparence si compliquée que personne n’y comprend rien, même les politiques. Comment pourrait-on faire autrement ?

Et d’abord, a-t-on besoin d’argent ? Ne pourrait-on pas se contenter de faire du troc ?

L’argent a été un progrès sur le troc car il a permis d’échanger des choses de valeur différentes. La valeur étant une notion très subjective qui peut être différente d’un individu à l’autre, on a considéré qu’elle pouvait être fixée par la loi de l’offre et la demande : cette loi est valable quand les individus sont dans des relations égalitaires mais devient fausse dès qu’il y a des relations de pouvoir (ce sont les puissants qui fixent la valeur du travail des autres, sinon ce seraient les travaux les plus pénibles qui seraient le mieux payés).

Supposons donc une démocratie idéale où les individus sont égaux et où l’argent sert principalement à échanger des objets ou services de valeurs différentes :  comment pourrait fonctionner l’argent ?

_Constatons d’abord que toutes les relations d’échange n’ont pas besoin d’être quantifiées par l’argent : tout ce que fait la femme au foyer n’est pas monétisé par exemple, ni les échanges de service amicaux,…

_Par corollaire, ce n’est pas le PIB qui mesure la réalité des échanges dans un pays ni la qualité de vie des individus : si, par exemple, de mauvaises conditions de travail rendent les individus malades, il faut payer des médecins et des médicaments, ce qui fait augmenter le PIB mais pas la qualité de vie.

Le système monétaire a donc besoin d’être là seulement quand on en a besoin.

N’importe quoi peut servir de monnaie à 2 conditions :

_Que sa valeur soit reconnue constante par tous les membres de la société.

_Qu’elle ne soit pas falsifiable, c’est-à-dire fabricable sans rien produire (c’est ce que font les banques aujourd’hui)

Ce peut être des vaches, des kilos de blé, des pièces d’or, des billets, ou des écritures.

Mais comment le système monétaire peut-il commencer et continuer ? Quand ce sont des vaches ou des kilos de blé dans une société paysanne, ils sont là au départ et se renouvellent chaque année. Mais quand ce sont des billets ou écritures ? On a beau réfléchir, il n’y a pas d’autre solution que d’en distribuer au départ une même quantité à chacun comme dans tous les jeux de société où il y a de l’argent.. Ensuite, le système fonctionne plus ou moins bien : l’idéal est que chacun achète autant qu’il produise, l’argent circule alors dans la société comme notre circulation sanguine, il y a un flux constant. Mais  si quelqu’un achète  sans rien produire ou sans qu’on lui achète autant, il se retrouve rapidement sans argent tandis que celui qui vend beaucoup sans acheter autant va en avoir trop, la circulation s’appauvrit.

Pour que ça continue à fonctionner, il faut redistribuer, que celui qui en a trop le redonne à ceux qui en ont pas assez, ou alors, s’il veut capitaliser au cas où il en ait besoin un jour, il faut que le gestionnaire remette de l’argent dans le circuit. On voit que la capitalisation est déjà un frein à l’économie : elle forme des caillots dans le sang, et, si les caillots sont trop gros, on risque l’embolie. On voit aussi que ce système ne peut fonctionner que si l’argent est donné et non prêté car prêter revient à en prendre et non à en mettre.

Il y a pire : c’est quand l’argent stocké inutilement s’accroit. C’est un phénomène assez curieux qui n’a aucun équivalent dans les lois naturelles : d’habitude, quand on stocke une énergie, elle a tendance à se détériorer, à diminuer. Le fait que l’argent inutilisé dans l’économie s’accroisse (par la spéculation) est non seulement un paradoxe mais un danger pour le système car, au niveau organique, c’est un cancer qui ronge l’organisme et le tue.

C’est curieux : quand on essaye d’imaginer un système où l’argent a seulement pour rôle de faciliter les échanges, on ne voit pas autant la nécessité de banques privées ! Si les banques privées sont si importantes dans notre système économique, c’est parce qu’il a été créé par des banquiers pour des banquiers : ils créent de la monnaie non pas pour la donner mais pour la prêter, ce qui fait qu’au total ils ne font qu’en prendre et que personne n’en remet ; ça ne peut pas marcher, c’est pour cela qu’il y a régulièrement des « crises », quand ils ont tout pris et qu’ils ne peuvent plus en prendre. En dernier recours, c’est l’état qui s’endette pour remettre un peu d’argent, mais au prix d’une dette exponentielle  dont il sait qu’il ne pourra jamais la rembourser même si, en oppressant la population au maximum, on essaye de l’y obliger.

Un état qui voudrait redonner à l’argent sa seule valeur d’échange supprimerait donc pour les banques le droit de créer de l’argent : il ne leur laisserait que le rôle de dépôt (avec possibilité de prêter l’argent qu’elles possèdent vraiment) et distribuerait (gratuitement) une même quantité d’argent à tous. On retrouve l’idée du revenu de base inconditionnel qui permet à ceux qui font des échanges surtout non monétisés de subvenir quand même à leurs besoins monétisés et qui n’empêche pas ceux qui font des échanges plus monétisés d’avoir des revenus supérieurs. Seuls sont taxés pour permettre la redistribution les trop gros revenus et ceux qui capitalisent trop.

L’illusion démocratique

Beaucoup d’entre nous croient encore être en démocratie parce qu’ils ont la possibilité de voter tous les 5 ans pour un président et sa « troupe » de députés  élue pour son appartenance au même parti et qui doit le soutenir quoiqu’il fasse. Si l’on considère que la démocratie c’est la possibilité pour chaque citoyen de participer aux décisions qui le concernent et de pouvoir choisir et révoquer ceux qui le gouvernent, il faut reconnaître que nous en sommes loin :

-Nous ne faisons qu’élire un chef de gouvernement très éloigné de notre quotidien : ceux qui ont le plus de pouvoir sur nous, les patrons, les fonctionnaires, ne sont pas élus ni révocables par nous.

– Ce président ne représente en fait qu’une minorité de français : en 2012  François Hollande a obtenu au premier tour 28.63% des 77.96% votants  exprimés soit 22.31% des Français. Au second tour ceux qui se sont ralliés à lui l’ont fait plutôt pour voter contre son prédécesseur que pour lui et malgré cela, il ne représente que  51.63% des 75.69% votants  exprimés soit 39% des Français. Il en était de même pour Nicolas Sarkozy.

-Ceux qui ont voté pour son programme ont été floués car, même s’il ne respecte pas ses promesses, il est irrévocable pendant 5 ans. Et pour le remplacer, on va nous proposer le précédent.

-Notre choix est canalisé par les médias sur 2 grands partis dits « de droite » et « de gauche » mais qui ont exactement le même programme économique donc le même programme politique à quelques détails près. Ils sortent tous de la même école où ils ont été formatés pour appliquer la doctrine « néo-libérale » (le mot « libéral » sonne bien car il fait penser à » liberté » mais la seule liberté dont il s’agit est la liberté des forts d’écraser les faibles).

-Ces hommes (et femmes) politiques élu(e)s ne possèdent plus de véritable pouvoir : ils l’ont donné aux banquiers et aux grands industriels avec qui ils possèdent des liens incestueux : ce sont eux qui assurent leur fortune et payent leur campagne électorale très coûteuse et, en échange, ils mènent leur politique, à savoir la braderie de l’état au privé et la destruction de l’état social.

L’ensemble composé des grands banquiers, des grands industriels, des politiques, des propriétaires des médias, d’un certain nombre de journalistes et d' »experts » fréquemment invités sur les ondes, constitue une véritable « classe sociale » vivant en circuit fermé au dessus des lois et des contingences du menu peuple en dirigeant le pays exclusivement à son avantage.Le vrai terme pour désigner notre organisation sociale n’est pas « démocratie » mais « oligarchie », c’est-à-dire gérée par un petit groupe dominant. Plus exactement peut être par « ploutocratie » car cette classe dominante n’est pas constituée des meilleurs mais des plus riches.

-Et l’heure est grave si nous ne faisons rien : il y a la même oligarchie aux USA depuis leur création (voir l’article sur les USA et sur les banquiers), disons même que c’est le modèle US qui se répand chez nous et se mondialise. Et cette oligarchie maintenant dominée par la finance qui ne rencontre plus de contre-pouvoir a un tel appétit d’argent et de pouvoir qu’elle est prête à massacrer des milliers d’individus (y compris dans son propre peuple) et à détruire la planète pour assouvir sa faim.

(Voir la fiche « histoire populaire de l’Amérique », résumé du livre de Howard Zinn et celle du « 11septembre », résumé du livre de Ray Griffin)

 

Comment établir un état démocratique ? 

C’est la question la plus difficile car une véritable démocratie au sens où nous l’avons définie n’a pu exister que dans de petits groupes, jamais au niveau d’un état important.

La démocratie n’est pas l’organisation la plus spontanée : le plus spontané est que les plus puissants dominent les autres et imposent leur loi et il faut savoir que tout individu, ou groupe d’individus, doté d’un pouvoir a tendance à utiliser ce pouvoir pour aller dans le sens de ses propres intérêts et pour éliminer ceux qui s’y opposent .

Il ne faut donc jamais donner un trop grand pouvoir à un seul individu ou groupe d’individu. L’histoire fourmille d’exemples de révolutionnaires portés au pouvoir avec des idées démocratiques qui sont devenus ensuite de véritables tyrans. La constitution de la cinquième république donne beaucoup trop de pouvoirs au seul président. Et si le président a du pouvoir sur le peuple, il est soumis au pouvoir des grands banquiers et des grands industriels qui sont devenus plus puissants que l’état : personne ou groupe de personnes ne doit pouvoir devenir plus puissant que l’état démocratique comme le permet ce système capitaliste. Le système capitaliste qui permet la possession de son outil de travail n’est pas mauvais en soi : il le devient lorsqu’il n’est pas limité et encadré par un système démocratique.

Il faut renoncer à l’idéologie néo libérale qui prétend qu’en abolissant les règlementations, un équilibre égalitaire finira par s’établir : c’est manifestement faux ! Quand on supprime les règles, c’est la loi du plus fort qui s’impose. La démocratie a besoin de règles  qui protègent les plus faibles.

Des solutions possibles

Il faudrait donc que tout individu exerçant un pouvoir fasse d’abord la preuve de ses compétences et, pour respecter la démocratie, soit librement choisi et révocable par ceux sur qui ce pouvoir s’exerce

Cela ne passe pas forcément par l’élection : par exemple, pendant la période de plein emploi des années 60, il pouvait y avoir des petits patrons non élus dans un contexte démocratique car un ouvrier pouvait choisir son patron et en changer quand il voulait.

-Mais cela peut aussi passer par l’élection quand on connait celui que l’on élit et que l’on peut être associé à ce qu’il fait : c’est le cas par exemple des maires des petites communes. Les élections ne sont plus démocratiques lorsque celui pour qui on vote est trop lointain, connu seulement par une étiquette de parti et une image de façade, et que l’on est ni associé ni même témoin de ce qu’il fait vraiment .Il faut donc beaucoup d’élections sur de nombreux niveaux pour que l’élu soit toujours contrôlable par ceux qui l’ont élu : un ministre par exemple n’a pas à être choisi par le chef du gouvernement simplement parce qu’il est de son parti (en pouvant prendre n’importe quel ministère comme s’il pouvait avoir toutes les compétences) mais par une pyramide de ses administrés. L’élection d’un président au suffrage universel est, contrairement aux apparences, antidémocratique.

-Certains proposent le tirage au sort de ceux qui ont une charge publique, à durée limitée et non renouvelable comme cela se pratiquait dans la démocratie athénienne. Cela a l’avantage de concrétiser que la politique est l’affaire de tous, pas seulement de professionnels, limite les possibilités de corruption et abolit la dépendance aux bailleurs de fonds pour les campagnes électorales. Le risque est de tirer un incompétent (mais on peut en élire un aussi) : le tirage  pourrait n’avoir lieu que parmi ceux qui ont pu prouver au préalable une compétence.Ce qui sous-entend aussi que la politique n’est pas un métier: il faut un premier métier dans lequel on a montré ses capacités avant de pouvoir accéder éventuellement à une charge politique.

-Dans une démocratie, ce n’est pas le gouvernement qui impose ses lois : il n’est là que pour exécuter les lois votées par le parlement.

-Le parlement lui-même doit être composé d’élus au sommet d’une pyramide d’élus ou d’un échantillon de la population tiré au sort. Mais avec les moyens modernes de communication, notamment internet, il me semble qu’il serait possible que chaque loi soit votée par l’ensemble des citoyens concernés après une discussion nationale.

Concrètement

Tout ceci est une ébauche de ce que pourrait être notre travail collectif: mettre au point un système politico-économique cohérent qui permette une véritable démocratie. Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, des solutions sont possibles dès qu’on accepte de sortir du système » néo-libéral ». Certains diront que c’est  complètement utopiste car trop éloigné de la réalité actuelle. Et pourtant : l’utopie n’est qu’un projet non encore réalisé et nul ne peut dire qu’il est irréalisable sans en fournir la preuve. L’utopie certainement irréalisable en ce moment, c’est la croyance en une croissance infinie dans un monde fini : l’idéologie néo libérale veut nous imposer cette croyance en étouffant toute pensée contradictoire car c’est une nécessité pour ceux qui la pilotent, c’est-à-dire quelques gros capitalistes, pour continuer à s’enrichir : comme ils produisent au bout d’un moment trop pour la consommation intérieure (restreinte aussi parce que les ouvriers ne sont pas assez payés), ils ont besoin de trouver des débouchés extérieurs, soit par des guerres (c’est le but essentiel des guerres faites par les USA), soit par des « traités » bilatéraux léonins qui imposent aux états plus faibles d’ouvrir leur frontière et de détruire leur état social pour être livrés à leurs multinationales. L’utopie, c’est aussi de croire qu’on peut réformer le système sans sortir de l’euro et de la construction européenne actuelle, sans reprendre le contrôle de la monnaie et des frontières : l’expérience vouée à l’échec de Syriza en Grèce nous en fournira la preuve .On nous promet les pires catastrophes si nous sortons de l’euro : fuite des capitaux, inflation, dette accrue. C’est vrai si on ne remet pas en question le fonctionnement des banques et de la création monétaire. C’est faux sinon, on pourrait même effacer la dette sans que le système international s’écroule puisqu’il suffit aux banques centrales de recréer cet argent manquant. Bien sûr, les banques internationales refuseraient de prêter ensuite mais elles n’auraient à le faire que si la balance commerciale est en déficit. Quant aux capitaux en fuite, un contrôle des changes les empêcherait de revenir et l’état pourrait créer toute la monnaie nécessaire à l’économie interne sans faire de dettes. On pourrait ensuite recréer une monnaie commune à certains états européens assez proches en niveau de vie sur d’autres bases, en plus des monnaies nationales (voir l’article de l’économiste Frédéric Lordon dans le monde diplomatique d’aout 2013)

Il est urgent de réagir si on ne veut pas être complètement dépecés, comme la Grèce actuellement, et la France en a encore les moyens. Mais pour cela elle doit renoncer à cette fausse union européenne qui n’est qu’une construction néo libérale non démocratique destinée à terme à détruire les états et elle doit retrouver la souveraineté de sa monnaie et de ses frontières. Elle ne pourra trouver sa légitimité à le faire qu’en adoptant une nouvelle constitution qui écrira ces principes dans le marbre. Elle sera alors en position de force pour renégocier sa dette et les traités européens : elle pèse encore assez pour ne pas être envahie militairement et son expérience servira d’exemple aux autres peuples d’Europe et d’ailleurs qui souffrent aussi de cette domination de l’argent ; la France retrouvera le rôle de phare des libertés qu’elle a eu autrefois.

Mais cette nouvelle constitution, on ne va pas nous en faire cadeau et il ne faut pas compter sur les politiques actuels pour la faire. Elle ne peut être faite que par le peuple pour le peuple. Toutes les constitutions précédentes ont été faites par des « élites » pour des « élites » convaincus que le peuple était incapable de participer à sa gouvernance. Et si vous pensez que c’est une tâche trop difficile pour être faite par des non spécialistes, lisez celle de la 5ieme république qui nous gouverne (trouvable sur internet): elle est d’une simplicité désarmante : après une vague allusion à la déclaration des droits de l’homme (mais sans valeur contraignante), elle se contente de décrire les énormes pouvoirs du président de la république et ses rapports avec les autres institutions : parlement, sénat, conseil constitutionnel. C’est une constitution écrite par De Gaulle pour De Gaulle qui a pu fonctionner pour lui car il plaçait la haute idée qu’il avait de la France au-dessus de ses intérêts personnels mais qui n’est plus adaptée aujourd’hui.

Un peu partout en France, des associations se sont formées pour réclamer ou commencer à écrire cette constitution. Il est nécessaire de rassembler en un seul texte tous ces travaux épars pour le présenter au vote d’une majorité de Français. Je propose de faire un site internet qui regroupe et ordonne tous ces articles, auquel chacun pourra participer en fonction de ses compétences et du temps dont il dispose. Même si vous disposez de très peu de temps, un simple vote pour ou contre chaque article est important : si une majorité de Français pouvait s’unir pour ce projet commun et non pas seulement contre quelques-uns, une révolution tranquille pourrait se faire.

 

La justice

Il est facile de constater que la justice est généralement beaucoup plus sévère pour les pauvres que pour les riches ou les puissants.

Les causes

Le code pénal ne propose guère d’autres sanctions que des amendes ou de la prison : les riches souffrent beaucoup moins des amendes.

-Ils peuvent se payer de très bons avocats capables de profiter du moindre vice de forme.

-Le code pénal est beaucoup plus indulgent pour les délits financiers qui peuvent pourtant avoir des conséquences graves pour la vie de nombreux citoyens.

-C’est le procureur, dépendant de l’exécutif, qui décide si une affaire doit être portée devant la justice ou pas : il est donc facile pour l’exécutif de bloquer les affaires qui le touchent.

-C’est l’exécutif qui décide de la carrière des juges : ceux qui veulent rester intègres dans les affaires politiques doivent renoncer à faire carrière.

-Pour échapper encore mieux à la justice ordinaire, les politiques ont créé la « haute cour de justice » composée de leurs pairs et donc plus enclins à la clémence.

Les solutions

-Rendre la justice indépendante de l’état : elle pourrait dépendre d’un « conseil des sages » élu au suffrage universel ou tiré au sort, totalement indépendant, même pour son budget, de l’exécutif.

-Ce conseil des sages pourrait avantageusement remplacer le conseil constitutionnel, garant de la constitution, et le sénat pour donner son accord à toute proposition de loi.

-Il aurait en charge la police qui ne dépendrait donc que de la justice. L’exécutif n’aurait à sa disposition que la gendarmerie.

-Reprendre tout le code civil pour que les lois soient vraiment les mêmes pour tous et que les sanctions aient valeur de réparation en vue d’une réinsertion. La prison ne serait réservée qu’aux personnes dangereuses et serait conçue autrement, en plongeant les prisonniers dans un milieu éducatif très contenant où règne la loi et le respect au lieu de les exposer à « la loi du milieu » qui ne fait que les endurcir.

-La « haute cour de justice »serait supprimée.

 

L’accroissement des inégalités

L’accroissement des inégalités est inhérent au système capitaliste : les riches ont 3 moyens accroître leur richesse indéfiniment sans rien produire : en faisant travailler les autres pour eux ( les propriétaires des entreprises ou les actionnaires), en prêtant leur argent avec intérêt, ou en spéculant (la bourse n’est qu’un jeu spéculatif au même titre que le tiercé à la différence qu’il n’est pas imposé par l’état et que les chevaux qu’on fait courir sont les salariés  des entreprises). Ce sont eux qui décident du salaire des salariés et, profitant de leur pouvoir, ils ont réussi en 10 ans à accroître leur part du PIB de 10% au détriment des salariés.

Entre salariés aussi, les différences peuvent être énormes  : le PDG de Renault par exemple gagne 100 fois le SMIG .Et les salariés les mieux payés cumulent ces salaires avec des primes et des actions propriétaires.

Les solutions

-Au plus fort du capitalisme triomphant aux USA, des patrons pourtant très puissants comme JP Morgan considéraient que l’écart des salaires entre un patron et un ouvrier ne devait pas dépasser la proportion de 1 à 20. Aujourd’hui, il n’y a plus de retenue et on en est de 1 à 100 et plus. Il faut que l’état instaure un revenu maximum au-delà duquel l’imposition sera de 100% en faisant entrer dans le revenu les revenus spéculatifs. Cela aurait le double avantage de réduire les inégalités (en permettant aussi de revaloriser le SMIG) et de faire en sorte que les puissants n’aient plus pour seule obsession d’accumuler indéfiniment de l’argent au mépris de leurs concitoyens et de l’environnement.

-Les actionnaires non-salariés d’une entreprise pourraient prêter leur argent et  toucher des intérêts sur les bénéfices mais n’auraient aucun pouvoir de contrôle sur la marche de l’entreprise (on a vu des fonds de pension obliger l’entreprise à s’endetter lourdement pour toucher encore plus de dividendes et limoger le PDG qui n’était pas d’accord).

-Les patrons ne seraient pas les seuls à décider du salaire : une commission nationale pourrait décider du salaire moyen de chaque profession, celui-ci pouvant être modulé ensuite en fonction de la qualité du travail.

_Les revenus boursiers seraient taxés comme les autres revenus. On pourrait même supprimer la bourse, comme le propose l’économiste Frédéric Lordon, car si l’état peut facilement prêter aux entreprises, celle-ci perd de son intérêt et ne sert plus qu’à la spéculation.

-L’accumulation de bénéfices énormes par de grosses entreprises privées pourrait être automatiquement limité sans gros moyens de contrôle en instaurant dans tous les domaines une concurrence saine entre les entreprises privées et des entreprises d’état : les entreprises d’état fonctionnant de manière démocratique, avec une comptabilité publique transparente et des bénéfices juste suffisants pour assurer la bonne marche de l’entreprise. Si le privé peut faire de meilleure qualité ou à moindre coût, il peut gagner plus mais pas dans des proportions énormes.

Le chômage

Il y a actuellement plus de 6 millions de demandeurs d’emploi inscrits à pôle emploi (tous ne sont pas inscrits et seulement 6 chômeurs sur 10 sont indemnisés), 8,5 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (987€ par mois) dont 3millions d’enfants.

Les causes

La désindustrialisation du pays par les délocalisations plus rentables pour les multinationales.

-Le gain de productivité des travailleurs : en trente ans, l’économie française produit 76 % de plus avec 10 % de travail en moins. Du fait des gains de productivité, l’économie a besoin de 10 % de travail en moins mais, dans le même temps, le nombre de personnes disponibles a augmenté de 23 % ! Un écart de 33 % s’est donc creusé entre l’offre et la demande de travail.

-Le système capitaliste fait que ce gain de productivité profite uniquement aux industriels sans se soucier du sort des ouvriers. Le chômage important est même un avantage pour eux car il permet d’augmenter la pression sur les employés et de faire baisser les salaires.

Les solutions

Réindustrialiser le pays  grâce à des droits de douane protecteurs.

-Diminuer le temps de travail qui pourrait être ramené à 4 jours, 28 ou 30 heures (actuellement, la moyenne du temps de travail est de 33,7h aux USA et de 30,05h en Allemagne). Certains ont un mauvais souvenir du passage aux 35h parce que celui-ci s’est fait dans de mauvaises conditions : les entreprises soumises à des impératifs de compétitivité ont triché et ont demandé aux salariés de faire en 35h ce qu’ils faisaient en 40h sans embaucher. Il en serait autrement si elles n’étaient pas soumises à une concurrence si sévère et étaient sûres de pouvoir vendre plus cher grâce à la protection douanière.

_Le » salaire de base », revenu distribué indistinctement à tous, financé à la fois par l’ensemble des aides aux plus démunis (RSA, allocations diverses), les impôts sur les plus riches et la création monétaire. Il s’ajoute aux revenus du travail quand il y en a et permet de continuer à vivre sans quémander quand il n’y en a pas.

 

Article 9

Tous les codes existants devrons être mis en accord avec cette constitution.

Cette constitution prime sur tous les traités internationaux présents, passés ou à venir. Les traités déjà conclus deviennent nuls sur les points en contradiction et sont à renégocier en fonction des nouvelles dispositions.

(l’accord sur cet article vaut accord pour toute cette constitution)

 

Article 3bis: citoyenneté

-Est citoyen Français de droit tout individu majeur dont un au moins des parents est français et ayant passé au moins 5 ans de son enfance en France.

Peuvent demander la nationalité Française :

_Les adultes dont un parent est Français mais n’ayant pas vécu leur enfance en France.

_les étrangers  bénéficiant du droit d’asile, c’est-à-dire en danger de mort dans leur pays d’origine.

_les étrangers mariés à un(e) citoyen(ne) français(e)

-les travailleurs étrangers travaillant depuis 5 ans en France et parrainés par au moins 5 Français d’origine (chaque parrain ne peut parrainer qu’une seule personne ou famille)

_les enfants de parents étrangers ayant vécu au moins 5 ans en France.

Article 4: justice

 

 

 

Article 6: la monnaie

Le rôle de la   monnaie est uniquement de favoriser les échanges entre les citoyens en mesurant, symbolisant et conservant la valeur de ces échanges.

Cette monnaie peut être scripturale ou matérielle.

Le système monétaire est le service public fondamental, en conséquence sa gestion est publique. Un organisme public, appelé « banque de France », géré sous contrôle démocratique indépendant de l’exécutif est chargé de contrôler la création monétaire, sa circulation et sa destruction.

La création monétaire par le crédit doit rester marginale et ne peut donner lieu à intérêts. La création monétaire pour mesurer le travail de ceux qui œuvrent pour la communauté ou pour des projets d’intérêt collectif doit faire l’objet d’une consultation et d’un vote national, ainsi que l’ensemble du budget.

La monnaie nationale est le Franc et est la seule qui ne peut être refusée en paiement. Les monnaies locales et complémentaires sont autorisées dans la mesure où elles sont gérées par des associations à but non lucratif, ont un taux de change fixe par rapport à la monnaie nationale, et obéissent aux règles de création monétaire précédentes.

Le taux de change du Franc avec les monnaies étrangères est fixé politiquement par les 2 pays en fonction du revenu minimum vital de chacun. Une monnaie commune avec d’autres états de même niveau de vie n’est envisageable que dans les mêmes conditions, à savoir une banque centrale commune sous contrôle démocratique seule habilitée à produire cette monnaie dans les conditions décrites ci-dessus en juste quantité pour qu’il n’y ait ni inflation ni récession.

Les changes entre le Franc et les monnaies étrangères sont obligatoirement contrôlés par la banque de France (lutte contre l’évasion fiscale)

Article 5: exécutif

Le gouvernement est composé de citoyens mandatés et élus individuellement par la méthode du jugement majoritaire, choisis en fonction de leur compétence dans leur domaine. Toute collusion avec des intérêts privés est interdite et sanctionnable par la justice ordinaire.

Le président est élu au suffrage universel par la méthode du jugement majoritaire à partir d’une liste cautionnée par les élus. Il coordonne l’ensemble des ministres et représente la France à l’étranger.

Le gouvernement applique les lois votées et peut faire des propositions de lois qui suivent la procédure ordinaire.

Il choisit les membres de son administration.

Il dirige l’armée mais ne peut l’engager dans des conflits extérieurs qu’après consultation nationale largement majoritaire.

Le rôle de l’armée est de défendre le pays contre les agressions extérieures. Elle ne peut intervenir à l’intérieur du pays que si des étrangers menaçants s’y sont introduits.

Article 4: législatif

 

Peuvent proposer les lois : les élus du gouvernement, le conseil de la magistrature, le conseil constitutionnel ou un ensemble de 10 000 citoyens. Le RIC permet également de révoquer un élu en cours de mandat si celui-ci n’est pas respecté ou de le traduire en justice pour faute grave.

Toute proposition de loi est d’abord étudiée en commission composée de citoyens ayant une compétence dans ce domaine, élus par la méthode du jugement majoritaire. Elle doit être ensuite approuvée par l’ensemble des citoyens et appliquée par le gouvernement.

Ne peuvent être votées que des lois permettant une meilleure organisation sociale et ne favorisant pas un groupe d’individus. Les interdictions ne peuvent porter que sur des actes dangereux pour autrui.

Ne peuvent voter les lois que les citoyens résidant en France ou dans les territoires d’outre-mer. Les travailleurs étrangers résidant en France sont soumis aux mêmes droits et devoirs que les travailleurs Français et ont le droit de vote après 5 ans de résidence en France.

Article 3: justice

 

Les juges de métier ont une formation universitaire et sont organisés par un conseil national de la magistrature élu par eux.

Ils ont pour rôle d’appliquer le code pénal mais ont une grande latitude sur les sanctions à appliquer dans la mesure où elles respectent la constitution. Tous les jugements sont collégiaux et comprennent une majorité de citoyens tirés au sort, la victime ou un représentant, l’accusé ou un représentant, le policier chargé de l’enquête et un(e) psychiatre ou psychologue (chaque participant comptant pour une voix). (il n’y a plus de procureurs ni de cour d’appel, l’accusé ne peut faire appel qu’au conseil constitutionnel s’il estime que le jugement viole la constitution).

Les sanctions sont à la liberté des jugements et doivent avoir valeur de réparation lorsque cela est possible. Seuls ceux qui présentent un danger pour la vie d’autrui peuvent être emprisonnés dans des conditions qui permettent leur évolution vers une réinsertion.

La justice est organisée de façon qu’elle soit également accessible pour tous et que les sanctions soient les mêmes pour tous y compris pour les politiques qui restent responsables et justifiables pendant leur mandat. (La « haute cour de justice » est supprimée).

La police est sous les ordres exclusifs de la magistrature et du conseil constitutionnel. Le rôle de la police est d’assurer l’ordre public et d’opposer une force tranquille aux éventuelles manifestations de violence. Toute agression de la part d’un policier est soumise au droit pénal.

 

Article 2: le conseil constitutionnel

Le conseil constitutionnel est constitué de 100 membres dont quelques-uns peuvent être élus eu égard à leur réputation de sagesse mais dont la majorité sont constitués de citoyens tirés au sort.

Il vérifie la conformité des projets de loi avec la constitution et peut s’y opposer. En cas d’opposition, seul un référendum avec une majorité des 2/3 peut passer outre. Il peut également faire des propositions de loi qui suivent la procédure normale.

Il supervise l’organisation de la justice.

Il organise les élections et est garant de leur validité.

 

Article premier: préambule

 

La France est une nation indivisible, laïque, démocratique, sociale et solidaire. Elle a pour but la satisfaction des besoins matériels et immatériels de ses membres et la recherche du bonheur. Elle respecte la vie sous toutes ses formes et ne l’ôte que dans la stricte nécessité vitale ou alimentaire en veillant à ne jamais détruire une espèce entière. La vie humaine ne peut être amputée qu’en cas de légitime défense, lorsqu’aucune autre solution n’est possible.

Elle respecte la charte constitutive précédente ainsi que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de position sociale, d’origine, de race, de sexe ou de religion.

 

 

Programme pour un monde meilleur

Notre société n’est pas si mauvaise, dirons certains, qu’il faille en changer : il y a pire, regardez les autres pays, plus pauvres, ou en guerre, ou sous la coupe de tyrans. Certes, il y a pire : nous croulons sous une abondance de biens matériels et il y a encore un semblant de démocratie. Mais il y a aussi pas mal de défauts que nous allons répertorier, qui gâchent la vie de pas mal d’entre nous, qu’il serait possible de supprimer si nous sommes assez nombreux à le vouloir et qui ne feront que s’aggraver si nous ne faisons rien.

 

L’austérité liée à la dette

       On nous dit que l’état est obligé de réduire tous ses programmes sociaux pour rembourser une énorme dette, ceci en culpabilisant les plus démunis qui grèvent par exemple le budget de la sécurité sociale.

Les vraies causes de la dette

Il y en a  essentiellement quatre :

-Les intérêts exorbitants des emprunts de l’état : ils sont dus au fait que les états ont délégué à des banquiers privés le pouvoir de créer de l’argent. Chaque fois qu’il y a besoin de créer de la monnaie, ne serait-ce que pour équilibrer la masse monétaire en circulation lorsque le PIB augmente, ils doivent verser des intérêts réels à des banquiers qui n’ont fait que créer une monnaie artificielle sur une ligne d’ordinateur alors que si c’était l’état qui le faisait, il n’y aurait pas d’intérêts à verser. La totalité de nos impôts sur le revenu servent à payer les intérêts de la dette alors que si depuis 1970 l’état n’avait pas recouru à des emprunts sur les marchés financiers, il n’y aurait plus aucune dette. Ceux qui s’intéressent à cette usurpation de la création monétaire peuvent consulter l’article « le coup d’état des grandes banques » ou l’excellent site www.comprendrelargent.net

-La reprise par l’état des énormes sommes données aux banques sans contrepartie pour les renflouer après la crise de 2008 due à leur excès de spéculation.

-Le déséquilibre entre recettes et dépenses : on nous dit que l’état dépense trop en  oubliant de dire qu’il pourrait gagner plus s’il n’avait pas fait tant de cadeaux aux riches et aux grandes entreprises : l’ensemble des baisses d’impôts accordés aux grandes entreprises et aux plus riches depuis 10 ans nous coûte chaque année 100 milliards. La fraude fiscale des grandes entreprises et des plus riches, contre laquelle on ne lutte pas beaucoup, est évaluée à 50 milliards par an, soit l’équivalent du déficit de l’état. La fraude sociale, quant à elle, que l’on ne manque pas de stigmatiser et d’incriminer, n’est évaluée qu’à 300 millions d’euros (sur un budget de 500milliards).

-le déséquilibre du commerce extérieur : on nous dit que nos entreprises ne sont pas assez compétitives, ce qui justifie les cadeaux fiscaux et l’aggravation des conditions de travail, mais c’est parce qu’on les met en compétition avec des pays où les travailleurs sont beaucoup moins payés.

Les solutions

Redonner à un état démocratique  le pouvoir de créer sa monnaie et l’écrire dans sa constitution. C’était écrit dans la constitution des USA mais 3 grands banquiers ont réussi un véritable coup d’état en 1913 en faisant voter la « loi sur la réserve fédérale » qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est ni une réserve ni fédérale. Elle donne,  grâce à un savant montage, tout pouvoir à ces 3 banquiers de contrôler la masse monétaire du pays et les taux d’intérêt. Ils peuvent ainsi à leur guise provoquer inflation ou récession. (cf texte sur « le coup d’état des grandes banques »). Ce système a été reproduit dans la construction européenne où la banque centrale n’a pas le droit de prêter aux états. Elle crée de l’argent qu’elle prête aux banques privées qui prêtent à leur tour aux états, générant ainsi des taux d’intérêt qui n’ont pas lieu d’être. Une grande partie de la dette est donc illégitime. Certains parlent de la renégocier sans changer nos institutions mais cela dépend du bon vouloir des banques et il est peu probable qu’elles acceptent à moins d’y être forcées. Seul un état qui inscrirait la création monétaire dans sa constitution rendrait ces intérêts illégaux.

-Faire rembourser les banques, les très grandes entreprises, et les très riches des cadeaux qui leur ont été faits ou du moins supprimer ces cadeaux inutiles.

_Les grandes entreprises sont taxées à 25% sur leurs bénéfices en Europe alors qu’elles le sont à 40% aux USA. Les multinationales arrivent même à ne pas payer d’impôts du tout grâce à de savants montages dans les paradis fiscaux mais on pourrait, si on le voulait, trouver des moyens de les imposer quand même. Les très riches étaient imposés à 70% sous Roosevelt et ne s’en portaient pas plus mal ; ils le sont beaucoup moins maintenant, d’autant moins qu’ils ont à leur disposition des « niches » fiscales » qui leur permettent de minorer encore les prélèvements.

-Faire cesser cette compétitivité à outrance, cette concurrence faussée car elle met en compétition des pays avec des niveaux de vie très différents. Il faut rétablir des droits de douane pour protéger nos industries et permettre même la réindustrialisation du pays. Les USA l’ont fait pour protéger leurs industries quand elles étaient faibles et ont prôné le « libre échange » quand elles ont été assez fortes pour écraser les autres. . Après la guerre de 1940-1945, et pour éviter de nouveaux désordres économiques reconnus comme grands responsables des guerres, 53 pays capitalistes s’étaient  réunis pour élaborer une chartre régissant le commerce international : la Charte de la Havane fut élaborée du 21 novembre 1947 au 24 Mars 1948. Le but était de créer une Organisation Internationale du Commerce (OIC), dans le cadre de l’ONU, en complément du FMI et de la Banque mondiale, afin de reconstruire un ordre économique international cohérent, l’ONU reconnaissant les fondements économiques de la paix énoncés dans l’article 55 de la Charte des Nations Unies. Cette chartre prévoyait un équilibre des balances commerciales des différents pays, des normes de travail équitables avec interdiction du dumping, le contrôle du mouvement des capitaux et la possible intervention de l’état, la coopération entre les états plutôt que la concurrence effrénée. Cette OIC n’a jamais vu le jour car le Congrès américain qui venait de changer de majorité, s’est opposé à sa ratification. Il estimait que les Etats unis devaient s’assurer une totale liberté pour écouler leur surplus de marchandises aux pays qui en étaient dépourvus au lendemain de la guerre. C’est ainsi que nous avons eu l’OMC, indépendante de l’ONU, à la place de l’OIC. L’OMC et le FMI, sous domination américaine, ont favorisé des pactes bilatéraux toujours à leur avantage. C’est le cas du « partenariat transatlantique » que l’on veut nous imposer qui prévoit au contraire la domination des grandes entreprises multinationales sur les états. La construction européenne du traité de Maastricht entre dans ce même cadre néolibéral mettant les états en concurrence au lieu d’être en coopération, organisant le dumping social, donnant le pouvoir aux grandes entreprises sur les états à travers des instances non démocratiques.

Pour faire cesser cette hyper-compétitivité, il faut rétablir des droits de douane de telle sorte que le prix d’une marchandise importée soit le même que celui de la même marchandise fabriquée en France : ainsi, la concurrence ne porterait que sur la qualité du produit et ces droits de douane pourraient être reversés en aides aux travailleurs du pays concerné.Il ne faut pas croire que rétablir des droits de douane nous isolerait du monde: ces droits n’ont jamais empêché le commerce mais permettent de le réguler et de protéger nos industries.

 

Le Chômage 

     Il y a actuellement plus de 6 millions de demandeurs d’emploi inscrits à pôle emploi (tous ne sont pas inscrits et seulement 6 chômeurs sur 10 sont indemnisés), 8,5 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (987€ par mois) dont 3millions d’enfants.

Les causes

La désindustrialisation du pays par les délocalisations plus rentables pour les multinationales.

-Le gain de productivité des travailleurs : en trente ans, l’économie française produit 76 % de plus avec 10 % de travail en moins. Du fait des gains de productivité, l’économie a besoin de 10 % de travail en moins mais, dans le même temps, le nombre de personnes disponibles a augmenté de 23 % ! Un écart de 33 % s’est donc creusé entre l’offre et la demande de travail.

-Le fait qu’il y ait un chômage important favorise les entreprises qui peuvent augmenter la pression sur leurs employés.

Les solutions

Réindustrialiser le pays  grâce à des droits de douane protecteurs.

-Diminuer le temps de travail qui pourrait être ramené à 4 jours, 28 ou 30 heures (actuellement, la moyenne du temps de travail est de 33,7h aux USA et de 30,05h en Allemagne). Certains ont un mauvais souvenir du passage aux 35h parce que celui-ci s’est fait dans de mauvaises conditions : les entreprises soumises à des impératifs de compétitivité ont triché et ont demandé aux salariés de faire en 35h ce qu’ils faisaient en 40h sans embaucher. Il en serait autrement si elles n’étaient pas soumises à une concurrence si sévère et étaient sûres de pouvoir vendre plus cher grâce à la protection douanière.

_Le » salaire de base », revenu distribué indistinctement à tous, financé à la fois par l’ensemble des aides aux plus démunis (RSA, allocations diverses), les impôts sur les plus riches et la création monétaire. Il s’ajoute aux revenus du travail quand il y en a et permet de continuer à vivre sans quémander quand il n’y en a pas.

 

L’immigration 

Il est évident que nous ne pouvons pas accueillir tous ceux qui fuient leur pays à cause d’une mauvaise organisation économique. Mais il y a déjà beaucoup de barrages mis à leur installation et leur coût financier est dérisoire par rapport à tous les manques à gagner. Le problème est en amont, il faut aider les pays d’où ils viennent à mieux organiser leur économie.

 

 

L’insécurité 

Les récents attentats ont renforcé le sentiment d’insécurité, le désir de s’en remettre à quelqu’un de puissant qui nous protège, et d’éradiquer le mal vu sous la forme d’un intégrisme religieux. Mais méfions-nous de ces pulsions primaires et du discours des pompiers pyromanes : le problème n’est pas un problème religieux mais un problème économique et politique et ceux qui prétendent nous protéger sont en grande partie responsables : les frères Kouachi ont été élevés dans un orphelinat en France et avaient alors des compétences et un désir d’intégration mais que leur a-t-on proposé à leur majorité ? on les a mis à la rue car à 18 ans, ils ne relevaient plus de la protection de l’enfance, sans accompagnement pour les aider à trouver un travail (et notre système faisant qu’il n’y a plus assez de travail pour tout le monde, les plus fragiles restent sur la touche), dans des ghettos de désœuvrés à la recherche d’une identité sociale. Que leur propose-t-on à part le spectacle de l’exclusion et de la corruption généralisée ? Ce sont ces conditions qui leur permettent d’adhérer à des discours qui leur fournissent un idéal adapté à la violence qu’ils ressentent. Et s’ils commencent à dévier, la seule réponse est la prison qui, loin de les rééduquer, ne fait que renforcer leur violence.

La solution n’est pas dans la répression car on ne peut mettre un gendarme derrière chaque citoyen et ceux qui sont déterminés passeront toujours à travers les mailles, mais dans une meilleure éducation et intégration de notre jeunesse.

Ce sentiment d’insécurité était distillé par les médias bien avant les attentats car des individus en insécurité se terrent chez eux, ne font plus confiance à leur voisin et ne s’associent plus dans des mouvements sociaux. Et le désir de répression qu’il inspire permet de faire voter des lois qui, sous prétexte de lutter contre les « terroristes » sont liberticides pour l’ensemble de la population car, par un glissement de sens, sont passibles d’être accusés de « terroristes » tous ceux qui s’opposent aux privations de liberté imposées par le gouvernement. On a vu aux USA nombre de lois liberticides votées après le 11 septembre qui sont toujours en vigueur.

 

L’éducation 

Malgré le dévouement de la plupart des enseignants, notre système d’ « éducation nationale » ne mérite guère son nom, il vaudrait mieux parler d’ « instruction nationale ». Une véritable éducation part de la spécificité de chaque enfant, de ses préoccupations  personnelles, pour l’amener à se construire et à développer ses compétences. Tout notre système est à repenser avec l’aide des intéressés en fonction de ces principes.

 

Ecologie et respect de l’environnement 

Le non-respect de l’environnement est une conséquence du système capitaliste qui oblige les entreprises à devenir toujours plus grosses et produire toujours plus pour résister à la concurrence, s’enrichir ou simplement survivre, au mépris des hommes et de l’environnement : les très gros chaluts  qui détruisent les fonds marins et des milliers de tonnes de poissons inutiles rejetés morts en mer, Monsanto qui affame les populations des pays du sud en leur faisant produire des plantes brevetées et stériles résistantes aux pesticides qu’ils vendent aussi, ….Quand on ne respecte pas les hommes, on ne respecte pas la nature ; quand un homme n’est pas respecté, il ne respecte pas non plus les formes de vie plus faibles. L’idéologie capitaliste considère qu’il n’y a pas de place pour tous, que les plus forts peuvent accéder à une richesse illimitée en ne laissant que des miettes aux plus faibles : une telle idéologie est par nature destructrice et conduit au pillage des ressources. Vouloir être écologique dans de telles conditions est voué à l’échec.
L’idéologie démocratique au contraire, qui préconise le respect d’autrui, le partage et la collaboration plutôt que la compétition, débouche naturellement sur un respect de l’environnement

 

L’accroissement des inégalités 

L’accroissement des inégalités est inhérent au système capitaliste : les riches ont 3 moyens accroître leur richesse indéfiniment sans rien produire : en faisant travailler les autres pour eux ( les propriétaires des entreprises ou les actionnaires), en prêtant leur argent avec intérêt, ou en spéculant (la bourse n’est qu’un jeu spéculatif au même titre que le tiercé à la différence qu’il n’est pas imposé par l’état et que les chevaux qu’on fait courir sont les salariés  des entreprises). Ce sont eux qui décident du salaire des salariés et, profitant de leur pouvoir, ils ont réussi en 10 ans à accroître leur part du PIB de 10% au détriment des salariés.

Entre salariés aussi, les différences peuvent être énormes  : le PDG de Renault par exemple gagne 100 fois le SMIG .Et les salariés les mieux payés cumulent ces salaires avec des primes et des actions propriétaires.

Les solutions

-Au plus fort du capitalisme triomphant aux USA, des patrons pourtant très puissants comme JP Morgan considéraient que l’écart des salaires entre un patron et un ouvrier ne devait pas dépasser la proportion de 1 à 20. Aujourd’hui, il n’y a plus de retenue et on en est de 1 à 100 et plus. Il faut que l’état instaure un revenu maximum au-delà duquel l’imposition sera de 100% en faisant entrer dans le revenu les revenus spéculatifs. Cela aurait le double avantage de réduire les inégalités (en permettant aussi de revaloriser le SMIG) et de faire en sorte que les puissants n’aient plus pour seule obsession d’accumuler indéfiniment de l’argent au mépris de leurs concitoyens et de l’environnement.

-Les actionnaires non-salariés d’une entreprise pourraient prêter leur argent et  toucher des intérêts sur les bénéfices mais n’auraient aucun pouvoir de contrôle sur la marche de l’entreprise (on a vu des fonds de pension obliger l’entreprise à s’endetter lourdement pour toucher encore plus de dividendes et limoger le PDG qui n’était pas d’accord).

-Les patrons ne seraient pas les seuls à décider du salaire : une commission nationale pourrait décider du salaire moyen de chaque profession, celui-ci pouvant être modulé ensuite en fonction de la qualité du travail.

_Les revenus boursiers seraient taxés comme les autres revenus. On pourrait même supprimer la bourse, comme le propose l’économiste Frédéric Lordon, car si l’état peut facilement prêter aux entreprises, celle-ci perd de son intérêt et ne sert plus qu’à la spéculation.

-L’accumulation de bénéfices énormes par de grosses entreprises privées pourrait être automatiquement limité sans gros moyens de contrôle en instaurant dans tous les domaines une concurrence saine entre les entreprises privées et des entreprises d’état : les entreprises d’état fonctionnant de manière démocratique, avec une comptabilité publique transparente et des bénéfices juste suffisants pour assurer la bonne marche de l’entreprise. Si le privé peut faire de meilleure qualité ou à moindre coût, il peut gagner plus mais pas dans des proportions énormes.

 

 

Une justice pas égale pour tous 

Il est facile de constater que la justice est généralement beaucoup plus sévère pour les pauvres que pour les riches ou les puissants.

Les causes

Le code pénal ne propose guère d’autres sanctions que des amendes ou de la prison : les riches souffrent beaucoup moins des amendes.

-Ils peuvent se payer de très bons avocats capables de profiter du moindre vice de forme.

-Le code pénal est beaucoup plus indulgent pour les délits financiers qui peuvent pourtant avoir des conséquences graves pour la vie de nombreux citoyens.

-C’est le procureur, dépendant de l’exécutif, qui décide si une affaire doit être portée devant la justice ou pas : il est donc facile pour l’exécutif de bloquer les affaires qui le touchent.

-C’est l’exécutif qui décide de la carrière des juges : ceux qui veulent rester intègres dans les affaires politiques doivent renoncer à faire carrière.

-Pour échapper encore mieux à la justice ordinaire, les politiques ont créé la « haute cour de justice » composée de leurs pairs et donc plus enclins à la clémence.

Les solutions

-Rendre la justice indépendante de l’état : elle pourrait dépendre d’un « conseil des sages » élu au suffrage universel ou tiré au sort, totalement indépendant, même pour son budget, de l’exécutif.

-Ce conseil des sages pourrait avantageusement remplacer le conseil constitutionnel, garant de la constitution, et le sénat pour donner son accord à toute proposition de loi.

-Il aurait en charge la police qui ne dépendrait donc que de la justice. L’exécutif n’aurait à sa disposition que la gendarmerie.

-Reprendre tout le code civil pour que les lois soient vraiment les mêmes pour tous et que les sanctions aient valeur de réparation en vue d’une réinsertion. La prison ne serait réservée qu’aux personnes dangereuses et serait conçue autrement, en plongeant les prisonniers dans un milieu éducatif très contenant où règne la loi et le respect au lieu de les exposer à « la loi du milieu » qui ne fait que les endurcir.

-La « haute cour de justice »serait supprimée.

 

L’illusion démocratique 

Beaucoup d’entre nous croient encore être en démocratie parce qu’ils ont la possibilité de voter tous les 5 ans pour un président et sa « troupe » de députés  élue pour son appartenance au même parti et qui doit le soutenir quoiqu’il fasse. Si l’on considère que la démocratie c’est la possibilité pour chaque citoyen de participer aux décisions qui le concernent et de pouvoir choisir et révoquer ceux qui le gouvernent, il faut reconnaître que nous en sommes loin :

-Nous ne faisons qu’élire un chef de gouvernement très éloigné de notre quotidien : ceux qui ont le plus de pouvoir sur nous, les patrons, les fonctionnaires, ne sont pas élus ni révocables par nous.

– Ce président ne représente en fait qu’une minorité de français : en 2012  François Hollande a obtenu au premier tour 28.63% des 77.96% votants  exprimés soit 22.31% des Français. Au second tour ceux qui se sont ralliés à lui l’ont fait plutôt pour voter contre son prédécesseur que pour lui et malgré cela, il ne représente que  51.63% des 75.69% votants  exprimés soit 39% des Français. Il en était de même pour Nicolas Sarkozy.

-Ceux qui ont voté pour son programme ont été floués car, même s’il ne respecte pas ses promesses, il est irrévocable pendant 5 ans. Et pour le remplacer, on va nous proposer le précédent.

-Notre choix est canalisé par les médias sur 2 grands partis dits « de droite » et « de gauche » mais qui ont exactement le même programme économique donc le même programme politique à quelques détails près.

-Ces hommes (et femmes) politiques élu(e)s ne possèdent plus de véritable pouvoir : ils l’ont donné aux banquiers et aux grands industriels avec qui ils possèdent des liens incestueux : ce sont eux qui assurent leur fortune et payent leur campagne électorale très coûteuse et, en échange, ils mènent leur politique, à savoir la braderie de l’état au privé et la destruction de l’état social. Le vrai terme pour désigner notre organisation sociale n’est pas « démocratie » mais « oligarchie », c’est-à-dire gérée par un petit groupe dominant. Plus exactement peut être par « ploutocratie » car cette classe dominante n’est pas constituée des meilleurs mais des plus riches.

-Cette petite classe dominante possède tous les pouvoirs :

L’argent : « donnez-moi le contrôle de la monnaie », avait dit Rothschild, « et je me moque de qui fait les lois »

La propriété des grandes entreprises avec pouvoir sur les salariés.

Le pouvoir idéologique par sa possession des médias qui répandent l’idéologie néo-libérale comme étant la seule possible : on pouvait se demander pourquoi un entrepreneur de travaux public achetait une chaîne de télévision alors qu’il n’en avait aucune compétence; la réponse a été donnée par le directeur qu’il a choisi et qui a reconnu être là pour « vendre des temps de cerveau disponible » aux publicitaires, c’est-à-dire aux grands industriels.

Le pouvoir politique : les hommes et femmes politiques de « droite » comme de « gauche » sortent tous des mêmes écoles (qui recrutent déjà de préférence dans cette classe), sont loin des préoccupations populaires, sont formatés à l’idéologie néo-libérale et ont des intérêts convergents.

-Et l’heure est grave si nous ne faisons rien car l’oligarchie qui contrôle les USA se mondialise et n’hésite pas à assassiner des milliers d’individus, y compris dans sa propre population, pour assouvir sa soif d’argent et de pouvoir.

(Voir la fiche « histoire populaire de l’Amérique », résumé du livre de Howard Zinn et celle du « 11septembre », résumé du livre de Ray Griffin)

Ce n’est pas  une « théorie  » du complot,( prenez la peine de vous informer et de vérifier vos informations en dehors de la propagande officielle),  c’est un véritable complot des puissances d’argent contre les peuples, qui a pris son essor à partir du moment où des banquiers privés ont réalisé un véritable coup d’état en prenant le contrôle de la monnaie US grâce à la «  loi sur la réserve fédérale »,emprisonnant ainsi les USA puis les autres états dans une dette exponentielle. Et leur appétit de pouvoir et d’argent est tel qu’ils n’hésitent pas à détruire tous ceux qui s’y opposent : les 3 présidents US qui ont essayé de reprendre le contrôle de la monnaie sont morts assassinés, et, pour le président Kennedy au moins, on a maintenant la preuve qu’il s’agissait d’un complot dans lequel étaient impliqués le FBI et Rockefeller (cf fiche « Kennedy »).Ils se nourrissent des guerres qu’ils provoquent ou attisent, méprisent les peuples et l’environnement, cherchent à imposer une gouvernance mondiale non démocratique et conduisent si on les laisse faire l’humanité à sa perte.

 

Comment établir un état démocratique ? 

C’est la question la plus difficile car une véritable démocratie au sens où nous l’avons définie n’a pu exister que dans de petits groupes, jamais au niveau d’un état important.

La démocratie n’est pas l’organisation la plus spontanée : le plus spontané est que les plus puissants dominent les autres et imposent leur loi et il faut savoir que tout individu, ou groupe d’individus, doté d’un pouvoir a tendance à utiliser ce pouvoir pour aller dans le sens de ses propres intérêts et pour éliminer ceux qui s’y opposent .

-Il ne faut jamais donner un trop grand pouvoir à un seul individu ou groupe d’individu. L’histoire fourmille d’exemples de révolutionnaires portés au pouvoir avec des idées démocratiques qui sont devenus ensuite de véritables tyrans. La constitution de la 5ieme république donne beaucoup trop de pouvoirs au seul président. Et si le président a du pouvoir sur le peuple, il est soumis au pouvoir des grands banquiers et des grands industriels qui sont devenus plus puissants que l’état : personne ou groupe de personnes ne doit pouvoir devenir plus puissant que l’état démocratique comme le permet ce système capitaliste. Le système capitaliste qui permet la possession de son outil de travail n’est pas mauvais en soi : il le devient lorsqu’il n’est pas limité et encadré par un système démocratique.

-Il faut renoncer à l’idéologie néo libérale qui prétend qu’en abolissant les règlementations, un équilibre égalitaire finira par s’établir : c’est manifestement faux ! Quand on supprime les règles, c’est la loi du plus fort qui s’impose. La démocratie a besoin de règles  qui protègent les plus faibles.

 

Des solutions possibles

Il faudrait donc que tout individu exerçant un pouvoir fasse la preuve de ses compétences et, pour respecter la démocratie, soit librement choisi et révocable par ceux sur qui ce pouvoir s’exerce

Cela ne passe pas forcément par l’élection : par exemple, pendant la période de plein emploi des années 60, il pouvait y avoir des petits patrons non élus dans un contexte démocratique car un ouvrier pouvait choisir son patron et en changer quand il voulait.

-Mais cela peut aussi passer par l’élection quand on connait celui que l’on élit et que l’on peut être associé à ce qu’il fait : c’est le cas par exemple des maires des petites communes. Les élections ne sont plus démocratiques lorsque celui pour qui on vote est trop lointain, connu seulement par une étiquette de parti et une image de façade, et que l’on est ni associé ni même témoin de ce qu’il fait vraiment .Il faut donc beaucoup d’élections sur de nombreux niveaux pour que l’élu soit toujours contrôlable par ceux qui l’ont élu : un ministre par exemple n’a pas à être choisi par le chef du gouvernement simplement parce qu’il est de son parti (en pouvant prendre n’importe quel ministère comme s’il pouvait avoir toutes les compétences) mais par une pyramide de ses administrés.

-Certains proposent le tirage au sort de ceux qui ont une charge publique, à durée limitée et non renouvelable comme cela se pratiquait dans la démocratie athénienne. Cela a l’avantage de concrétiser que la politique est l’affaire de tous, pas seulement de professionnels, limite les possibilités de corruption et abolit la dépendance aux bailleurs de fonds pour les campagnes électorales. Le risque est de tirer un incompétent (mais on peut en élire un aussi) : le tirage  pourrait n’avoir lieu que parmi ceux qui ont pu prouver au préalable une compétence.Ce qui sous-entend aussi que la politique n’est pas un métier: il faut un premier métier dans lequel on a montré ses capacités avant de pouvoir accéder éventuellement à une charge politique.

-Dans une démocratie, ce n’est pas le gouvernement qui impose ses lois : il n’est là que pour exécuter les lois votées par le parlement.

-Le parlement lui-même doit être composé d’élus au sommet d’une pyramide d’élus ou d’un échantillon de la population tiré au sort. Mais avec les moyens modernes de communication, notamment internet, il me semble qu’il serait possible que chaque loi soit votée par l’ensemble des citoyens concernés après une discussion nationale.

 

Concrètement

Tout ceci est une ébauche de ce que pourrait être notre travail collectif: mettre au point un système politico-économique cohérent qui permette une véritable démocratie. Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, des solutions sont possibles dès qu’on accepte de sortir du système » néo-libéral ». Certains diront que c’est  complètement utopiste car trop éloigné de la réalité actuelle. Et pourtant : l’utopie n’est qu’un projet non encore réalisé et nul ne peut dire qu’il est irréalisable sans en fournir la preuve. L’utopie certainement irréalisable en ce moment, c’est la croyance en une croissance infinie dans un monde fini : l’idéologie néo libérale veut nous imposer cette croyance en étouffant toute pensée contradictoire car c’est une nécessité pour ceux qui la pilotent, c’est-à-dire quelques gros capitalistes, pour continuer à s’enrichir : comme ils produisent au bout d’un moment trop pour la consommation intérieure (restreinte aussi parce que les ouvriers ne sont pas assez payés), ils ont besoin de trouver des débouchés extérieurs, soit par des guerres (c’est le but essentiel des guerres faites par les USA), soit par des « traités » bilatéraux léonins qui imposent aux états plus faibles d’ouvrir leur frontière et de détruire leur état social pour être livrés à leurs multinationales. L’utopie, c’est aussi de croire qu’on peut réformer le système sans sortir de l’euro et de la construction européenne actuelle, sans reprendre le contrôle de la monnaie et des frontières : l’expérience vouée à l’échec de Syriza en Grèce nous en fournira la preuve .On nous promet les pires catastrophes si nous sortons de l’euro : fuite des capitaux, inflation, dette accrue. C’est vrai si on ne remet pas en question le fonctionnement des banques et de la création monétaire. C’est faux sinon, on pourrait même effacer la dette sans que le système international s’écroule puisqu’il suffit aux banques centrales de recréer cet argent manquant. Bien sûr, les banques internationales refuseraient de prêter ensuite mais elles n’auraient à le faire que si la balance commerciale est en déficit. Quant aux capitaux en fuite, un contrôle des changes les empêcherait de revenir et l’état pourrait créer toute la monnaie nécessaire à l’économie interne sans faire de dettes. On pourrait ensuite recréer une monnaie commune à certains états européens assez proches en niveau de vie sur d’autres bases, en plus des monnaies nationales (voir l’article de l’économiste Frédéric Lordon dans le monde diplomatique d’aout 2013)

Il est urgent de réagir si on ne veut pas être complètement dépecés, comme la Grèce actuellement, et la France en a encore les moyens. Mais pour cela elle doit renoncer à cette fausse union européenne qui n’est qu’une construction néo libérale non démocratique destinée à terme à détruire les états et elle doit retrouver la souveraineté de sa monnaie et de ses frontières. Elle ne pourra trouver sa légitimité à le faire qu’en adoptant une nouvelle constitution qui écrira ces principes dans le marbre. Elle sera alors en position de force pour renégocier sa dette et les traités européens : elle pèse encore assez pour ne pas être envahie militairement et son expérience servira d’exemple aux autres peuples d’Europe et d’ailleurs qui souffrent aussi de cette domination de l’argent ; la France retrouvera le rôle de phare des libertés qu’elle a eu autrefois.

Mais cette nouvelle constitution, on ne va pas nous en faire cadeau et il ne faut pas compter sur les politiques actuels pour la faire. Elle ne peut être faite que par le peuple pour le peuple. Toutes les constitutions précédentes ont été faites par des « élites » pour des « élites » convaincus que le peuple était incapable de participer à sa gouvernance. Et si vous pensez que c’est une tâche trop difficile pour être faite par des non spécialistes, lisez celle de la 5ieme république qui nous gouverne (trouvable sur internet): elle est d’une simplicité désarmante : après une vague allusion à la déclaration des droits de l’homme (mais sans valeur contraignante), elle se contente de décrire les énormes pouvoirs du président de la république et ses rapports avec les autres institutions : parlement, sénat, conseil constitutionnel. C’est une constitution écrite par De Gaulle pour De Gaulle qui a pu fonctionner pour lui car il plaçait la haute idée qu’il avait de la France au-dessus de ses intérêts personnels mais qui n’est plus adaptée aujourd’hui.

Un peu partout en France, des associations se sont formées pour réclamer ou commencer à écrire cette constitution. Il est nécessaire de rassembler en un seul texte tous ces travaux épars pour le présenter au vote d’une majorité de Français. Je propose de faire un site internet qui regroupe et ordonne tous ces articles, auquel chacun pourra participer en fonction de ses compétences et du temps dont il dispose. Même si vous disposez de très peu de temps, un simple vote pour ou contre chaque article est important : si une majorité de Français pouvait s’unir pour ce projet commun et non pas seulement contre quelques-uns, une révolution tranquille pourrait se faire.

 

Un coup d’état financier contre Athènes par Vicky Skoumbi

Un plan de déstabilisation financière et politique de la Grèce est en cours depuis quelques semaines. A vrai dire, c’est bien avant l’élection de Syriza, que le processus a été mis en route, mais son accélération intensive les derniers jours jette une lumière vive sur celui-ci.  Il s’agirait de rien de moins que d’une tentative de renverser le  gouvernement Syriza  pour que celui-ci soit enfin remplacé une  coalition de la convenance de créanciers. Le chantage odieux exercé sur le gouvernement grec, par le biais d’une incitation ouverte à un bank run ne laisse aucun doute sur la volonté des créanciers d’en finir une fois pour toutes avec un gouvernement qui ose contester leurs diktats et refuse de faire boire au peuple grec jusqu’à la lie la potion létale que Bruxelles, BCE et FMI ont savamment concocté pour lui. Doit-on rappeler ici que les programmes de « sauvetage » qui n’ont sauvé personne à l’exception notoire de banques européennes, grecques comprises, n’ont pas manqué de produire une telle chute du PIB, une telle baisse du niveau de vie que même une guerre menée par des moyens militaires n’aurait su produire. La nouveauté aujourd’hui consiste au fait que le trio infernal de la Troïka a décidé de mettre délibérément en danger le système bancaire grec afin de faire tomber un gouvernement qui, malgré les pressions terrifiantes,  a osé lui tenir tête pendant cinq mois. Après tout, il n’est pas interdit de mettre en danger quelques petites banques périphériques si c’est pour rafler la mise sur le plan politique et économique. Ces affirmations qui pourraient, aux yeux de certains, paraître exagérées voire gratuites, s’appuient sur des faits.

Déstabilisation économique

Le lendemain du Eurogroupe du 18 juin, M. Tusk a su trouver la bonne formule pour résumer la situation, la Grèce aura à choisir entre ou bien le projet que proposent les créancier, ou bien la faillite, a-t-il déclaré. Mais ces messieurs qui sont censés de veiller sur la sauvegarde des intérêts des peuples européens, ne se sont pas contenter de mettre un gouvernement élu devant ce choix forcé. La faillite ils ne limitent pas à l’évoquer ; ils l’organisent sournoisement et méthodiquement par des rumeurs, de vraies fausses annonces aux médias, de fuites savamment orchestrées, qui toutes laissent planer depuis plusieurs jours la menace d’un scénario à la chypriote. Par un jeu calculé de déclarations alarmantes ils préviennent de l’imminence  d’un capital control en Grèce et poussent délibérément les épargnants grecs de faire de retraits massifs,  qui n’ont pas manqué à  conduire les banques au bord du gouffre. Dresser ici un inventaire exhaustif de faits et gestes incitant à la panique bancaire n’est pas possible; je vous renvoie à l’excellent compte rendu qu’en fait  Romaric Godin dans la Tribune ainsi qu’à l’analyse de Martine Orange dans Mediapart.

Je mentionne juste deux exemples : le refus de  la Commission de démentir l’article de SDZ qui évoquait la possibilité d’un contrôle de capitaux et la vraie fausse rumeur lancé par les soins de M. Queré,  selon laquelle, il se pourrait que les banques grecques ne s’ouvrent pas lundi dernier. Une fois cette prévision catastrophique démentie par les faits, le spectre de la fermeture bancaire s’est savamment déplacée vers …mardi !  Que faudrait-il de plus pour que les épargnants se ruent vers les agences les plus proches? La très honorable institution qui se doit d’assurer la stabilité du système financier européen, n’accorde chaque jour qu’une somme «insuffisamment suffisante », pour maintenir les banques grecques tout juste à flot, mais toujours au bord du gouffre. Bref les responsables européens avec l’aide de leur amis du FMI recourent ici au bon vieux schéma de la prophétie apocalyptique, qui, en semant la panique, finit par s’accomplir, du fait de sa seule énonciation publique. Le but de l’opération étant d’obliger le gouvernement Tsipras de décider ses prochains mouvements sous la menace imminente d’un « accident » bancaire. Ce qui pourrait expliquer les concessions supplémentaires que le gouvernement grec a fait en acceptant une hausse de la TVA et une augmentation de cotisations de retraités. Pour compléter le tableau, juste avant la réunion du 24 juin, un dignitaire européen a jugé bon de rappeler à notre mémoire le scénario à la chypriote, dont la répétition pourrait intervenir à tout moment.

Mais cela n’a pas suffi, la preuve, la nouvelle proposition de trois institutions, qui en fait ne diffère que très peu de la précédente, exige de nouveaux baisses de retraites et de salaires dans le but évidente mais non avoué d’enfoncer encore plus la Grèce à une misère économique et sociale la plus totale. Prenons juste un exemple parmi les mesures préconisées, à savoir que le taux d’imposition des agriculteurs passe du 13% au 26 voire au 33%, et la diminution de moitié de la réduction de taxes sur le pétrole destiné aux travaux agricoles. Pareilles mesures, si elles venaient de s’appliquer sur une agriculture à l’agonie, pousseraient la grande majorité des cultivateurs de renoncer à leur métier et de brader leur champs pour moins que rien. Sous pretexte de multiplacation de recettes de l’Etat, ce qui est tout simplement point envisageable car on ne peut rien tirer des gens ruinés, la terre arable grecque changerait de mains.  J’ajoute que selon Wolfgang Münchau la proposition précédente de ceux qui prétendent parler au nom de l’Europe, et qui diffère très peu de celle actuellement sur la table, ne manquerait pas de produire un effet récessif de 12,6% sur quatre ans, et que la dette risquait d’atteindre le 200% du PIB en 2019. Avoir mis sous tutelle un pays dont la dette s’élevait à 120% en 2009 pour la sauver de la faillite, et la  conduire  grâce aux conditionnalités de l’ « aide » accordée, à 200%,  c’est un brillant exercice de destruction massive, qui pourrait servir d’exemple à tous ceux et celles en Europe qui trouvent que l’austérité est un remède qui tue. A ce propos, on aimerait bien savoir sur  quelle logique,  M. Moscovici s’appuie pour affirmer qu’un paquet de 11 milliards d’économie étalées en 18 mois, imposé à un pays en  dépression, ne constitue point un plan d’austérité.

 

Des acolytes bien commodes

Il est à noter que les déclarations catastrophistes les plus redoutables  venaient de l’intérieur même du pays. Le bal fut ouvert par Mme Bakogianni qui depuis le 24 mai déjà avait affirmé l’imminence d’un capital control qui pourrait intervenir dans le long week-end de la Pentecôte. M. M. Géorgiadis, transfuge de l’extrême droite au sein du gouvernement précédent et vendeur de pamphlets antisémites, n’a pas manqué à apporter sa propre touche à l’édifice. Cependant, celui qui a vraiment donné le coup de grâce  fut le directeur de la Banque de Grèce, M. Stournaras. Celui-ci, en outrepassant abusivement les limites de sa fonction en tant que garant de la stabilité financière grecque, a jugé bon de publier, la veille de l’Eurogroupe du 18 juin, un rapport qui prévoyait des catastrophes cataclysmiques, si jamais un accord avec les créanciers n’était pas signé tout de suite.

Terrorisme financier

Mais la BCE n’en est pas à son premier coup. En matière de chantages aux liquidités et d’ultimatums, M. Jean-Claude Trichet avait s’est avéré maître à la tête de la BCE. Les Irlandais en ont goûté la saveur, lorsqu’en novembre 2010 et sous la menace du tarissement de liquidités, ils furent forcés de signer un mémorandum qu’ils s’obstinaient jusqu’alors à rejeter. On peut également évoquer l’éviction de Papandréou de son poste de Premier Ministre, une fois que celui-ci avait eu la très mauvaise idée de proposer en novembre 2011 un référendum. Quant au ‘bail in’ chypriote, on aurait tort à oublier le chantage ouvert qu’a exercé encore une fois la BCE, en menaçant de couper les liquidités aux banques chypriotes. Cet exercice de haut vol de terrorisme financier a prouvé encore une fois en Chypre son efficacité : il a obligé le Parlement chypriote de revenir sur sa décision initiale et d’accepter le 22 mars 2013 le même bail in que trois jours avant il avait rejeté.

Cependant l’exemple le plus instructif reste celui qui concerne la fuite de capitaux ‘téléguidée’, pendant la période électorale entre les élections de mai et celles du mois du juin 12 en Grèce. Une étude de Peterson Institute datée de mai 2012 sous le titre parlant Comment un bank run peut faire partie de la solution décrit en détail de quelle manière une panique bancaire en période électoral pourrait s’avérer forte opportune pour  pousser les électeurs à se détourner de Syriza. Son auteur, M. Jacob Funk Kirkegaard, ne mâche pas ses mots : «un bank run accéléré en Grèce pourrait offrir quelques opportunités. Nous devons donc s’attendre à aucun répit sur le front de menaces de la part des dirigeants d’Eurozone. En effet, ces dirigeants peuvent encourager secrètement la panique bancaire, une stratégie qui révèlerait aux yeux de tous, le caractère fallacieux et trompeur du programme électoral de Syriza. Si les déposants des banques grecques ne peuvent pas faire confiance  aux promesses d’Alexis Tsipras concernant leur argent propre, pourquoi ils voteraient pour lui ? » Et l’excellent homme  pousse son raisonnement jusqu’à dire « tout un chacun qui veut maintenir la Grèce dans l’Eurozone se doit de retirer de l’argent aux banques ». On ne peut pas être plus clair, je crois. Il ne faut surtout pas imaginer que ce scénario-là était resté lettre morte à l’époque. Entre mai et juin 2012, résonnaient sans cesse à nos oreilles les  dignitaires européens  du plus haut rang n’ont eu cesse de nous prévenir des catastrophes apocalyptiques se produiraient si jamais Syriza  gagnait les élections (voir ici un article relatif et l’appel que nous avons lancé, à l’époque, Etienne Balibar, Michel Vakaloulis et moi-même).  Tout au long de cette période électorale, on a pu constater  une fuite considérable de capitaux vers l’étranger, dont une grande partie fut rapatrié  juste après la formation du gouvernement Samaras. Une véritable campagne d’intimidation avait été lancée en interne et en externe afin de terroriser les électeurs avec la perspective de la perte de leur épargne et d’une fermeture imminente des grandes entreprises, si, par malheur, Syriza l’emportait. Une grande banque systémique grecque, Eurobank pour ne pas la nommer, avait même donné la consigne à ses employés de bien prévenir la clientèle de la fermeture certaine de la banque, si Syriza l’emportait, après quoi leurs économies seraient partie en fumée.

Mais nul besoin de remonter si loin pour trouver des précédents. Début février la BCE avait annoncé la suppression de lignes de financement des banques grecques, qu’elle acceptait depuis 2010. «Les responsables de la banque centrale ont annoncé que l’institut monétaire mettait un terme à partir du 28 février – dans les faits, la mesure devrait prendre effet dès le 11 février pour des raisons techniques – à la clause qui lui permettait d’accepter les titres grecs, classés aujourd’hui en junk bonds, que les banques grecques placent en dépôt de garantie pour obtenir des crédits bancaires. Pour les banques grecques, privées de tout accès aux financements interbancaires, ce dispositif est essentiel pour assurer leur financement», écrivait  Martine Orange. Après donc avoir accepté pendant plusieurs années d’acheter de titres qui étaient classés très bas dans l’échelle d’évaluation, subitement la BCE a commencé à se poser des questions sur la qualité de ces titres en se souvenant tout d’un coup que son règlement lui interdit d’acheter de titres qui ne sont dotés du fameux triple AAA. Il va de soi que le moment ne fut pas choisi au hasard : Syriza venait d’emporter les élections du 25 janvier et les négociations avec les créanciers venaient juste de commencer.

Toutefois, la sortie systématique de la BCE de ses prérogatives ne s’arrête pas ici. L’honorable institution refuse de rendre à la Grèce, les gains qu’elle a faits sur les obligations grecques achetées dans le cadre  du programme SMP (Securities Market Program, un programme d’achat  des obligations les plus attaquées sur le marché afin de faire baisser les taux d’intérêt). Ces gains pour la seule année 2014 s’élève à 1,9 milliards. Bref, la BCE, au même titre que n’importe quel spéculateur, profite allègrement de taux d’intérêts très élevés de cette catégorie de titres, et elle en ce moment critique où l’économie grecque est à l’asphyxie,  refuse de payer à la Grèce son dû,  si celle-ci ne cède pas aux exigences exubérantes de créanciers. Car à partir du 1/1/2013 les intérêts perçus sur ces titres grecs doivent obligatoirement être rétrocédés aux banques centrales nationales qui elles-mêmes les mettront à la  disposition du pays émetteur du titre. Mais l’ « exception » grec autorise quelques écarts par rapport aux accords que les institutions ont signés avec la Grèce. Non pas que cela ne se fait pas également au détriment d’autres pays comme le Portugal. Quoi qu’il en soi, dans le cas de la Grèce ces types de pratiques constituent plutôt la règle que l’exception.

Un scénario assez semblable au bank run de mai 2012, est  en cours aujourd’hui, sauf que maintenant l’implication des institutions européennes se fait  ouvertement et non plus à mot couvert. Comme l’a révélé Martine Orange dans son article Grèce : les créanciers instaurent la stratégie de la terreur, une étude de la très honorable Goldman Sachs avait déjà tout prévu depuis le mois de décembre : « Cette volonté de semer l’inquiétude ressemble tant au scénario de Goldman Sachs, établi dès décembre, où s’enchaînaient panique bancaire, fermeture des banques, contrôle des capitaux, capitulation politique, mise sous tutelle économique et nouvelles élections, que cela en devient troublant». «Tout au long de la semaine, les créanciers et la BCE ont tout fait pour déstabiliser les déposants grecs. Et placer le gouvernement grec devant un choix impossible » remarquait de sa part Romaric Godin.  Faudrait-il rappeler ici que M. Mario Draghi fut pendant des longues années le représentant attitré de Goldman Sachs en Europe ?

 

Déstabilisation politique

Mais Goldman Sachs n’en était pas à son dernier coup. Le site économique grec capital.gr relate que la  très honorable maison prévoit un défaut imminent de la Grèce dans l’euro, accompagné d’un capital control. GS précise que la période chaotique qui pourrait suivre comporte tout de même « le risque d’une sortie de l’euro au lieu de conduire au changement politique qui permettrait d’arriver à un accord » (c’est moi qui souligne). Au cas où nous n’aurions pas compris quel est le changement politique que l’honorable maison appelle de ses vœux, elle en dresse les contours d’une façon on n’en peut plus claire. Le capital control ruinerait la confiance des électeurs au gouvernement, de sorte que la voie vers « un nouvel équilibre politique interne » soit enfin ouverte – par « nouvel équilibre politique, entendre une nouvelle configuration de la carte politique grecque entre les partis, qui permettra d’arriver finalement à la conclusion d’un accord. Cette recomposition de la scène politique grecque qui serait atteinte grâce aux turbulences d’une période trouble de transition, implique nécessairement des nouvelles élections ainsi que la formation de coalitions inédites, nous verrons par la suite lesquelles. Le tout rendra possible le maintien de la Grèce dans la zone euro sous un  gouvernement suffisamment docile aux diktats des créanciers.

Si ce qui vient d’être décrit n’est pas un scénario de déstabilisation méthodiquement planifiée d’un gouvernement élu, qu’est-ce que c’est ? En provoquant un bank run, en ouvrant la voie vers le capital control qui dressera la population contre le gouvernement actuel, certains espèrent  avoir raison de Syriza. Qui plus un accord au contrepied du programme électoral de Syriza, que les créanciers veulent imposer manu militari,  constituerait l’occasion rêvée pour que la coalition de gauche radicale  qu’est Syriza vole en éclats. Une scission au sein de Syriza permettrait d’isoler le bon grain de l’ivraie et ouvrirait la voie à un autre gouvernement de coalition. Remarquons que la dernière mouture de la proposition des créanciers comporte une coupe de 400 millions dans le budget de la défense. Pareille baisse dans le budget de la défense aurait pu être la bienvenue, si elle ne comportait pas une certaine arrière-pensée. ANEL, la droite souverainiste qui est l’allié actuel de Syriza, est particulièrement attaché au maintien d’un budget militaire considérable. Certes dans les programmes précédents il y a eu des quelques coupes du budget de la défense, mais, que je sache du moins, jamais de cette ampleur. Alors on ne peut que s’étonner comment ceux qui au début du programme de « sauvetage », ont exigé que la Grèce honorent les contrats signés pour l’achat d’armements au grand profit de la France et de l’Allemagne, tout d’un coup, par une illumination divine, exigent non seulement de coupes mais de baisses d’effectifs, comprendre licenciement des militaires  professionnels. Scission donc de Syriza, éclatement de la coalition avec ANEL, voici quelques éléments ouvrant une voie royale  vers un autre gouvernement plus commode.

Rôle clef à ce processus, est appelé à jouer M. Stavros Théodorakis, un présentateur télévisuel, qui se trouve actuellement en tête de Potami, réputé pour ses accointances avec le cercle des créanciers. Précisons que S.Théodorakis prône ouvertement la  nécessité des coupes budgétaires avec baisse de retraites, et s’oppose à toute idée  de restructuration de la dette ainsi qu’à toute augmentation d’impôts de couches supérieurs de la société. Ce dirigeant d’une formation qui n’a fait plus que 6% aux dernières élections, est, dans le contexte actuel, l’interlocuteur  privilégié de Bruxelles. Il multiplie les rencontres avec  M. Junker, M. Sapin, M. Moscovici et M. Schulz, ce dernier ne manquant pas d’occasion pour affirmer que c’est bien avec Potami que Syriza aurait dû former un gouvernement de coalition, et participe même à des dîners avec des chefs d’état ! Comble de l’affaire,  ce chantre des intérêts de créanciers se présente en Grèce comme un porte-parole officieux de Bruxelles, faisant part aux  grecs du mécontentement de M. Junker devant la « intransigeance »  supposée du premier ministre grec.

Si par malheur ces manœuvres ne  réussissent pas à le faire plier, on peut compter sur l’usure qui pourrait saper la popularité de Tsipras auprès d’une population qui, jusqu’à maintenant, continue contre vent et marée à lui accorder son soutien. Cette usure sera assurée si Tsipras est amené à appliquer de mesures d’austérité, imposées par les créanciers.  La chose pourrait être facilitée par un coup de main opportun et un bank run organisé ferait bien l’affaire. Les créanciers seraient mêmes disposés de conduire la Grèce au défaut, tout en faisant porter la responsabilité de celui-ci à Syriza.  Il s’en suivra nécessairement une première période confuse sinon chaotique, particulièrement  propice à des manifestations dites « de casserole » dans la veine de celles organisée au Chili d’Allende,  qui contribuerait à faire tomber le gouvernement. Je dois ajouter ici que chaque fois où les négociations se trouvent à un point crucial, des groupes qui se disent anarchistes, créent des incidents violents aux alentours de l’Ecole Polytechnique, en brûlant des voitures, cassant des vitrines etc. Il se peut que ils s’agissent  effectivement des anars mais la coïncidence avec les réunions du Europe aussi bien que l’attitude tolérante de la police à leur égard laisse songeur.

Pour ceux qui pourraient voir à l’analyse qui précède, une énième théorie du complot, je propose de prêter l’oreille à un économiste peu suspect de verser dans le complotisme à savoir Romaric Godin: « L’Europe doit donc de toute urgence abandonner ses buts politiques et accepter enfin le résultat de l’élection du 25 janvier. Elle doit aussi respecter sa propre parole, celle qui, le 20 février, affirmait que la Grèce devait décider de ses propres réformes dans le cadre du programme. (Souligné par moi). »

 

Des amis qui vous veulent du bien

J’en viens aux faits et gestes politiques qui permettent d’affirmer qu’un plan de renversement du gouvernement Tsipras est lancé par Bruxelles. Stavros Théodorakis, encore lui, fut invité par la Commission et reçu par M. Junker le jour même où le premier ministre a été convoqué à Bruxelles. Notons qu’il ne fut pas le seul à se rendre à Bruxelles le mercredi 24 juin mais s’y sont précipités tous ceux qui vont être appelés à former un gouvernement obéissant, une fois Tsipras évincé. On y a vu M. Samaras dont les déclarations étaient plus qu’explicites : il propose un gouvernement d’unité nationale sans M. Tsipras en faisant quand même la conssession de s’abstenir de toute participation personnelle au schéma proposé. En même temps le nom de M. Karamanlis commence à circuler; celui-ci pourrait en effet se présenter comme un recours possible, dans la mesure n’ayant occupé  aucun poste gouvernemental depuis septembre 2009, il est moins usé que ceux, compromis dans la gestion des memoranda.  Quant à M. S. Théodorakis, toujours lui, du haut de ses 6% de voix et de sa science économique, vient de donner une interview au FT où il précise qu’il est à la disposition de qui veut l’entendre pour un remaniement gouvernemental. Mais le 24 juin a également été reçue à Bruxelles Mme Gennimata qui vient de succéder à M. Vénizelos à la tête du Pasok, forte de 289.482 voix que celui-ci avait récoltées aux dernières élections. J’invite le lecteur de réfléchir un instant pour se poser la question suivante : que pouvait faire tout ce beau monde à Bruxelles, au moment où les négociations  avec les créanciers se trouvent à leur point critique,  sinon se présenter comme une alternative « sérieuse »  au gouvernement actuel, qui, quant à lui, ne serait pas composé des personnes responsables et  des adultes (Lagarde dixit) ?

Coup d’état financier

Deux scénarios se dessinent : Ou bien il faut obliger le gouvernement Tsipras à la capitulation totale en acceptant de mesures exceptionnellement dures auxquelles il faudrait éventuellement ajouter l’arme majeur du capital control, ce qui ne manquerait de le discréditer aux yeux de l’opinion, ou bien il faudrait provoquer une scission opportune au sein d’un Syriza pour introniser  ensuite  un gouvernement de coalition avec la soi-disant bonne partie de Syriza où M. Théodorakis jouera un rôle de premier ordre. Une combinaison de deux reste bien entendu possible.  Le tout dans une persective de défaut qui. Pour éviter les malentendus, je précise que j’appelle de mes vœux une cessation de paiement même si cela se traduit par un défaut, sous la condition qu’il soit soigneusement préparé et encadré. Sans cela, il pourrait déclencher un enchaînement d’évènements incontrôlables qui mènerait à la chute du gouvernement.

Ce que vient d’être décrit ici porte un nom, ce n’est rien d’autre qu’un coup d’état financier où à la place des tanks  on fait appel aux banks! Un coup d’état fomenté par les institutions européennes, voilà le visage de l’Europe que les dirigeants européens souhaitent donner à voir à leurs peuples. Je ne saurais dire si ceux-ci toléreront ces agissements. Les trois de la ex-Troïka, malgré leur dissensions internes, font tout pour dresser les citoyens européens contre les Grecs en leur  faisant croire que ils ont payé et continueront à payer pour le sauvetage de la Grèce. Ce que l’on oublie à dire, est que, le programme qui fut présenté en 2010 comme un plan d’ « aide »  à la Grèce, n’était en réalité qu’un généreux plan de sauvetage de banques européennes exposées à la dette grecque. Tous les économistes qui se respectent s’accordent aujourd’hui sur ce point : à l’époque il aurait fallu faire une restructuration importante de la dette grecque qui la rendrait viable, avant d’entreprendre n’importe quelle  mesure pour la suite  Or, une telle restructuration aurait pu faire perdre 30 milliards à peu près aux banques européennes, au premier rang desquelles se trouvaient BNP Paribas, Société Générale et la Deutsche Bank. Et pour que celles-ci n’accusent pas une perte qui aurait nécessité leur recapitalisation au frais du contribuable, un sauvetage qui n’a pas manqué de la ruiner a été imposé à la Grèce. Bref, ce qui fut présenté comme un plan d’aide à la Grèce n’a été qu’une recapitalisation  indirecte des banques, qui ont eu tout leur aise pour se débarrasser à temps les obligations grecques avant la restructuration de 2012 qui a permis que la patate chaude passe du secteur privé vers les états. Le fait est confirmé par la toute récente déposition de Panayotis Rouméliotis à la commission parlementaire Vérité sur la dette. Rouméliotis qui représentait à l’époque la Grèce au sein du FMI, a révélé que des représentants de grandes banques européennes furent reçus à plusieurs reprises par l’équipe du FMI à Athènes afin d’éviter une restructuration qui les prendrait de court. Force est de constater, l’appel Sauvons le peuple grec de ses sauveurs que nous avons lancé en février 2012 n’a malheureusement rien perdu de sa pertinence.

 

Négociations ?

 

J’espère que cette stratégie des créanciers qui met en danger, non pas seulement la Grèce mais l’Europe dans son ensemble, soulèvera un vent de protestations sans précédent partout dans le monde. Car, si les créanciers arrivent à leur fins, si ce coup d’état financier monté par les institutions européennes et le FMI réussit,  il ne restera plus rien de l’idée européenne. Des cendres calcinées de celle-ci émergera non pas le visage « complaisant » du chef de Potami, mais celui, odieux de l’Aube Dorée.  A qui d’autre pourrait profiter le sentiment d’une impuissance totale et enragée qui résultera inévitablement devant le spectacle des manœuvres qui vous laissent aucune prise sur votre propre destin? Faire preuve de tant d’aveuglement au moment où partout en Europe des parties d’extrême droite et des formations ultranationalistes ouvertement racistes prennent le pas, c’est dire jusqu’où les dirigeants européens sont disposés d’aller pour imposer le dogme néolibéral. Ou bien il ne s’agit point d’aveuglement mais d’un choix délibéré ? Certes il y en a quelques-uns parmi le cénacle de dirigeants qui, face à ce danger, optent pour un scénario plus soft, celui non pas de l’éviction immédiate  mais de la prolongation de six mois du programme sans restructuration de la dette, six mois pendant lesquels Syriza sera sommé d’appliquer les contre-réformes préconisées partout en Europe comme un remède miracle à la crise. Un tel scénario présente l’avantage de compromettre les chances de Podemos et d’autres formations affines. Mais il n’empêchera point la montée en force de l’Aube Dorée qui serait en droit dans ce cas d’affirmer que les politiciens sont tous « les mêmes». A qui d’autres pourrait profiter la conviction que les politiques sont ‘tous vendus’ qui ne manquera pas de s’imposer à l’opinion ?

Le dernier rebondissement avec le durcissement maximal des créanciers qui se sont réglés sur les positions libérales à outrance de Mme Lagarde ne fait que confirmer l’hypothèse d’une stratégie de déstabilisation. Il est à noter que cette nouvelle provocation  intervient juste deux jours après que les représentants de trois institutions avaient accepté comme une bonne base de discussion les positions grecques, tandis que   deux jours après le texte présenté par les créanciers tordait le coup à l’esprit initial du texte grec, qui de son côté consistait à faire porter le maximum de charges aux entreprises bien portantes et non pas uniquement sur les épaules de plus faibles très  fragilisés par de coupes successives de revenus. En somme les propositions du FMI adoptée par les créanciers dans leur ensemble,  sont si extrêmes qu’elles ne sauraient qu’être rejetées. Si par bonheur Tsipras, sous la menace de la faillite, signait un accord plus dur que celui proposé à Samaras, quelle aubaine ! Les  peuples européens doivent enfin comprendre que celui qui sort du droit chemin paie la rançon forte.

Les institutions européennes se sont avérées de véritables maîtres ès manipulation et vraies fausses négociations. Un vrai mécanisme médiatique s’est mis au service de cette stratégie. De faux bonds en retournement de veste, de déclarations qui étaient faite pour s’annuler un jour après, des engagements pris et cyniquement et ouvertement non tenus, depuis cinq mois ils n’avaient que  fait semblant de négocier, afin de repousser la chose jusqu’au mois de juin, à la fin duquel la Grèce, sans prolongation du programme, ne touchera pas la dernière tranche d’aide. Pour que ses ajournements incessants passent à l’opinion, les créanciers n’ont pas manqué de dénoncer l’« intransigeance »  irresponsable du gouvernement grec. Et ils l’ont fait  au moment où ils l’obligent par le tarissement de liquidités, de reculer considérablement  à l’égard à ses positions initiales. Tout avait bien commencé par un coup tordu : comme l’a révélé Paul Mason, journaliste au Channel 4, Varoufakis était arrivé au Eurogroupe du 16 février une des propositions de Moscovici en mains, pour découvrir que ce n’était point sur celle-ci que portait la discussion mais sur un texte beaucoup plus dur que Daiselboum allait sortir pendant la réunion.  En  faisant circuler des contre-vérités, en traitant comme nulle et non advenu la proposition de 47 pages déposée par Syriza début juin. Ce texte ne reprenait point les positions propres du gouvernement grec, mais bel et bien celles issues de quatre mois de pourparlers inutiles. Ainsi les institutions européennes ont réussi à repousser les vraies négociations vers une période critique où le gouvernement grec est obligé de verser plusieurs remboursements. Mais les dignitaires de Bruxelles ont voulu y voir un document irrecevable puisque non conforme à leurs  diktats.  Fin juin, ils croyaient avoir réussi de coller Tsipras dos au mur et escomptaient  rafler ainsi la mise. C’est à ce moment que,  pour gagner encore du terrain de l’adversaire, ils ont sorti  le bazooka du bank run orchestré, comme arme de destruction massive. Mais Tsipras tant bien que mal continue  à résister. Certes il a fait de concessions dont plusieurs sont inacceptables, comme les privatisations, mais il continue à ne pas accepter une capitulation totale et sans conditions.  Et sur ce point,  même si l’on n’est pas d’accord sur sa stratégie, il faudrait lui rendre un  hommage appuyé ; tenir bon lorsqu’on est seul dans la fosse à lions, demande un certain courage voire un courage certain.

Devant tant de mauvaise foi, tant d’arrogance, tant de perfidie qui s’ordonnent à une stratégie de déstabilisation d’un gouvernement qui dérange, j’aimerais inviter le Premier Ministre grec à suspendre les paiements des créanciers jusqu’à ce que la croissance revienne en Grèce. Il serait utile de rappeler ici que selon le rapport provisoire de l’audit de la dette grecque, celle-ci a explosé entre 1980 et 2010, non pas  à cause de dépenses licencieuses mais dès par l’effet conjugué de taux d’intérêts très élevés et de la course aux armements.

Tous égaux devant la loi ?

Mme Merkel ne cesse de demander plus d’effort aux Grecs. On ne saurait que lui donner raison. C’est vrai que une hausse  de 45% de mortalité infantile, de 42% du taux de suicides, accompagné d’une baisse de trois ans de l’espérance de vie ne lui donnent pas entière satisfaction. De même, le taux de de retraités qui vivent en dessous du seuil de pauvreté (44,6%),  est sans doute scandaleusement bas. Encore un effort doit donc être fait par  ce ramassis de privilégiés qui passent leur temps à bronzer au soleil pour atteindre un chiffre qui témoignerait de leur volonté de se mettre enfin au travail. Ce qui voudraient dire pour les plus vulnérables parmi eux, qu’ils se décident enfin d’apporter leur contribution à la réussite des programmes d’ « aide », en ayant la politesse de se laisser mourir. Si l’on ajoute à cela que le plus grand hôpital du pays, Evangélismos, n’a plus de quoi continuer à fonctionner que jusqu’à la fin juillet, il devient on ne peut plus clair que l’effort qu’est demandé aux grecs n’est autre qu’une accélération intensive du travail de la mort. Force est de constater que l’Europe telle qu’elle fonctionne aujourd’hui s’avère un mécanisme redoutable de thanatopolitique, tant à l’endroit des migrants à qui elle offre une place dans les fonds marins, qu’à l’endroit des populations vulnérables considérées comme superflues qui sont invités de presser le pas vers la paix éternelle.

Pour ceux qui pourraient trouver que ces affirmations gratuites, je voudrais rappeler la réponse de commissaire aux Affaires économiques et monétaires de l’époque, à une question d’eurodéputés de Syriza qui, en en septembre dernier dénonçait la violation systématique des droits sociaux, économiques et humains de la population grecque les quatre dernières années, en s’appuyant sur un rapport relatif de N.U de Cephas Lumina pendant.   L’excellent M. Jyrki KataÏnen  n’a pas hésité un instant de dire que la validité de la Chartre de Droits Fondamentaux de l’UE est suspendue en Grèce mais aussi dans tous les pays sous programme, dans la mesure où les Memoranda n’ont pas à être soumis au droit communautaire. Une bévue d’un ultra ? Voyons ce qu’en décembre dernier, son successeur, le très socialiste  M. Moscovici, avait répondu à une question   d’eurodéputés de Syriza sur le non- respect du Droit de travail en Grèce. Selon lui, les Memoranda ne sont que des accords intergouvernementaux et en tant que tels se soustraient du Droit Communautaire. Bref ce qui est affirmé sans ambages ici, est le fait que le principe fondateur de la démocratie depuis Solon, à savoir l’isonomie, n’est plus valable ni pour les Grecs ni pour les autre pays sous la tutelle de la Troïka. En somme, ce dont il s’agissait c’était l’instauration des véritables de zones de non-droit au sein de l’Europe, qui fonctionneront comme haut-lieux d’une exploitation extensive, d’autant plus que du Droit du Travail, il ne reste presque rien. Un presque rien que les créanciers trouvent excessif et s’efforcent à rendre équivalent à zéro. Cette création des zones économiques spécialisées, régies par la seule loi du plus fort, ne sert pas uniquement la maximalisation de profits sur place mais l’intimidation  de ceux qui ailleurs en Europe se mettront à résister à l’offensive néolibérale. Si jamais vous vous mettez en tête que c’est à votre pouvoir de changer quoi qu’il en soit, voilà quel sort vous attend. Il est largement temps de se poser la question  quel est le régime où les droits fondamentaux d’un texte fondateur de l’UE sont valables –même si ce n’est qu’en théorie – pour les uns, et non pas pour les autres, en fonction de leur pays de résidence et de leur appartenance ethnique. Je laisse au lecteur le soin d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

De nos responsabilités

De tout ce qui précède on peut conclure que l’Europe de M. Junker, Schulz, Moscovici et Dijsselbloem n’est qu’une structure de pouvoir téchno-financier dont la seule raison d’être est le sauvetage à tout prix de banques, quitte à en sacrifier quelques-unes de la périphérie pourvue que le résultat politique est là. Car cette technostructure européenne, dotée d’un mécanisme qui peut sème la terreur aux marchés, et pourvu d’un dispositif thanatopolitique, a comme but  de « neutraliser la démocratie », lorsque celle-ci comporte un risque de rupture. Et tout moyen est bon, même la faillite du système bancaire grecque si c’est pour arriver à ses fins qu’est de faire tomber un gouvernement élu qui n’est point révolutionnaire mais se bat tant bien que mal de défendre les droits du peuple dont il est représentant

Devant cette attaque sans précédent à la notion de l’isonomie, devant cette mise à mort de la démocratie dans le pays-même qui l’a vue naître, pourrions-nous rester muets ? Plusieurs d’entre vous ont déjà entrepris des initiatives, des textes, des actions de solidarité avec les grecs, ce dont je les remercie de tout cœur. Mais aujourd’hui un seuil a été franchi. Il ne s’agit plus ni du sort des grecs ni de celui de l’Europe. Ce qui est en danger est cette infime marge de démocratie que nos dirigeants daignent bien nous laisser encore. Un coup d’état est en train d’avoir lieu devant nos yeux, et il n’est pas possible de se taire. Faisons entendre nos voix partout dans le monde. Il y va de notre responsabilité.

Athènes, le 25 juin 2015

Vicky Skoumbi

Annexe

Du paquet Junker pour la Grèce, du respect de règles européennes,  et d’autres histoires à dormir débout

 

Les dirigeants européens rivalisent à qui mieux mieux en double langage et contre-vérités ; le soi-disant « ami » de Grecs au sein des institutions européennes qui faisait jusqu’à récemment étalage des amabilités à l’endroit de Tsipras, M. Junker pour ne pas le nommer, veut nous faire croire qu’il offre à la Grèce un généreux paquet de  35 milliards, étalé sur cinq ans et  destiné aux investissements. Certains se sont précipités de le nommer « paquet Junker ». Mais des journalistes qui honorent leur  profession, sont allés voir de plus près de quel est ce paquet que le président de commission offrirait en cadeau à la Grèce. Or, il ne s’agit de rien d’autre que des fonds structurels faisant partie d’un « repackaging » de fonds non utilisés. La Grèce, en tant que membre à part entière de l’UE, y a droit au même titre que les autres pays membres, indépendamment de toute conditionnalité et certainement pas en fonction de l’issue des négociations. Cependant M. Junker ne se contente pas de présenter comme un «  plan pour la Grèce » ces fonds que l’UE doit à la Grèce par la redistribution proportionnelle parmi les pays membres de fonds qui sont restés dans les tiroirs mais, en pleine contradiction avec ses prérogatives, il met une conditionnalité politique à son versement. Bref un chantage on ne peut plus cynique où la  Commission se croit dans son droit de retenir une somme due à un pays en état de nécessité et fait dépendre son versement de l’issue de discussions. « Il est assez étonnant de penser que la Grèce, membre jusqu’à nouvel ordre à part entière de l’Union européenne, serait « moins bien servie » dans le cadre de la répartition des fonds européens si elle ne parvenait pas à s’entendre avec les créanciers. La Commission a donc commencé à mettre en place cette « zone euro à deux vitesses »  qu’Alexis Tsipras évoquait ?» écrit Romaric Godin.

Mais il y a plus. Selon des informations provenant des étudiants italiens, la Commission aurait suspendu pour des raisons de procédure le programme Erasmus pour la Grèce ! Si cette exclusion contraire non seulement aux règlements mais à la notion même de l’isonomie, s’avère fondée, elle serait la preuve supplémentaire que ceux qui s’échinent à exiger de la Grèce le respect des règlements, sont disposés à les violer sans hésitation, lorsqu’il s’agit d’exercer un chantage politico-économique à un gouvernement réfractaire.  En d’autres termes, la Commission traite dores et déjà la Grèce comme un non-membre de l’UE, en suspendant les aides auxquelles elle a droit, jusqu’à ce qu’à ce que la Grèce cède sur tous les fronts.

Comme quoi il n’y pas à s’étonner que M. Junker fut le PM du Luxembourg pendant la glorieuse période qui a transformé celui-ci à un paradis fiscal. Il serait intéressant de savoir  en combien de manque à gagner des autres pays européens se traduit cette politique. Combien de manque à gagner de la Grèce qui aujourd’hui manque des fonds suffisants pour couvrir les besoins les élémentaires d’un système de santé en ruines ?  Selon Eva Joly il se peut que le montant s’élève à quelques milliards.

  1. Junker ne manque pas de dénoncer à qui veut l’entendre, le mépris de règles européennes dont ferait preuve Tsipras. Le président de la Commission, si attaché au respect de règles, saurait-il nous dire quelle règle européenne permet à l’Allemagne de dépasser pendant cinq années consécutives le 6% réglementaire d’excédents commerciaux, sans être le moindre du monde inquiéter par aucune instance européenne ? Si j’y fais mention, c’est parce que, comme le dit Ambrose Evans-Pritchard dans le Daily Telegraph, un excédent de l’ordre de 7,9% comme celui qu’affiche actuellement l’Allemagne, a comme effet moins de croissance et plus de chômage pour les autres pays européens. Bref, l’Allemagne n’exporte pas que ses produits, mais a trouvé moyen d’exporter du chômage à ses partenaires européens, sans qu’aucun d’entre eux ne trouve rien à redire.

Enfin, last but not least, jusqu’à quand les économistes de la BCE continueront-ils à cacher sous le tapis l’état pas franchement rassurant de la Deutsche Bank?  La situation délicate de ce géant aux pieds d’argile, embourbé dans une série de scandales et soupçonné de blanchissement d’argent, représente un danger considérable non seulement pour l’Europe mais pour l’économie mondiale. La Deutsche Bank vient d’écoper une amende de 2 milliards pour falsification du Libor, et  est actuellement «aux prises avec quelques 6.000 litiges » juridiques! A la mi-mars ses filiales américaines ont étaient les seules avec celles de Stantander, à ne pas passer les Stress Test de la Fed. Mais le plus inquiétant est que le géant allemand, poursuivi Outre-Atlantique pour évasion fiscale, détiendrait dans son portefeuille une bombe de plusieurs giga-tones.  Rien de moins que quelques trillions de produits à très haut risque, voire toxiques. Sur leur montant exact, les chiffres les plus fous circulent. Il y en a qui parlent de 3 à 4  de trillions, d’autres de  quelques dizaines. Peut-être que le très pointilleux M. Draghi daignerait nous informer de ce qui en est au juste. Car lorsque cette bulle-là éclatera, le krach qui suivra, fera paraître celui du 29 comme une partie de plaisir. C’est bien commode de présenter la Grèce dont la dette ne représente même pas 2% du PIB de la zone euro,  comme le danger qui menacerait l’économie européenne, mais en tant que citoyens européens, nous avons tout de même le droit d’en savoir un peu plus long sur les pratiques plus que douteuses et surtout sur l’état de santé de la DB. Certes le niveau de la TVA sur les spaghettis en Grèce est un sujet d’importance cruciale qui suscite à juste titre un intérêt mondial. Néanmoins, on ne peut pas s’empêcher de penser, qu’il pourrait s’agir là d’une manœuvre de digression bien commode,  destinée à détourner l’attention de ce qui pose vraiment problème.

 

le coup d’état des grands banquiers

Vous êtes-vous déjà demandé d’où vient l’argent ? Si vous avez besoin d’argent, vous allez à une banque qui vous en prête moyennant le fait que vous lui en rendiez plus, normal, pensez-vous pour le service qu’elle vous a rendu. Mais d’où vient l’argent de la banque ?

Au début, les banquiers étaient les gardiens de l’or de leurs déposants et remettaient en échange du papier-monnaie qui avait la même valeur que l’or déposé car reconvertible en or sur demande  tout en étant plus facilement utilisable dans les échanges commerciaux. Rapidement, ils se sont aperçus que tous les déposants ne venaient pas réclamer leur or en même temps et ils ont commencé à prêter une partie de l’or déposé (environ 30%) à d’autres, moyennant des intérêts. C’était déjà une pratique à l’honnêteté douteuse car ils prêtaient de l’argent qui ne leur appartenait pas, et dangereuse car s’il y avait une crise de confiance et que tout le monde venait réclamer son or en même temps, ils faisaient faillite. Actuellement, la monnaie n’est plus adossée à l’or, ce qui n’est pas grave en soi car n’importe quoi peut servir de monnaie à condition d’être infalsifiable et d’avoir une valeur constante : 5% seulement est sous forme de billets, les  95% restants sont sous forme « scripturale », c’est-à-dire simplement écrite dans des ordinateurs. Mais on a permis aux banquiers actuels de faire encore mieux que leurs prédécesseurs : si quelqu’un vient déposer 100€ dans une banque, celle-ci peut prêter 92e avec intérêt à quelqu’un d’autre. Et pas de risque de faire faillite car ces 92€ ne sont pas pris sur l’argent des déposants mais sont créés sur une ligne d’ordinateur puis effacés quand le prêt est remboursé. Autrement dit, une banque vous prête de l’argent qu’elle n’a pas (ou seulement 8% et encore, avec les « titrisations », il n’y a même plus les 8%)). Dans les périodes où elles prêtent beaucoup, tant que les prêts ne sont pas remboursés, on a l’impression trompeuse qu’elles ont créé de l’argent et l’économie peut tourner relativement bien. Mais si, pour une raison quelconque, par exemple parce qu’elles ont fait de mauvaises affaires en bourse, elles cessent de prêter, les prêts se remboursent, l’argent créé s’efface, mais elles empochent les intérêts qui, eux, sont débités de la masse monétaire globale : c’est la récession, la crise. Et donc, au total, les banques n’ont pas créé d’argent pour le système économique mais elles lui en ont pris (les intérêts).

C’est une des raisons pour laquelle la masse monétaire globale s’appauvrit régulièrement. La deuxième raison est due à tous ceux qui ne redépensent pas tout l’argent qu’ils gagnent mais en capitalisent une partie, à petite échelle pour ceux qui mettent un peu d’argent de coté à la caisse d’épargne en cas d’imprévu, à grande échelle pour les banquiers et les riches industriels qui vont jouer en bourse comme on joue au casino.(les sommes jouées en bourse sont 100 fois plus importantes que celles utilisées dans l’économie réelle et ne lui sont d’aucune utilité). Pour que le système économique continue à bien tourner, il faut donc remettre dans le circuit régulièrement de la monnaie nouvelle (également quand une industrie se crée ou quand un travail qui n’était pas monétisé le devient): c’est le rôle de la banque centrale. Si c’est une banque d’état, cela ne coûte pratiquement rien, le prix de fabrication des billets ou, encore moins, de l’écriture scripturale sur un ordinateur. Mais certains banquiers privés ont réussi à obtenir le statut de banque centrale, fabricant la monnaie mais la prêtant à l’état avec intérêt, ce qui est complètement fou car cela veut dire que jamais personne ne crée de nouvel argent et que quand il faut en créer,  l’état s’endette.Ce système a assuré la fortune de ces banquiers mais a plongé ces états dans une dette inextinguible.

Qui sont ces banquiers ?

Le premier qui eut l’idée de prêter aux états, les princes ou rois à l’époque, fut un certain Mayer Amschel Rothschild, à Francfort, dont les 5 fils s’établirent dans les principales villes d’Europe. Celui qui s’installa en Angleterre s’accoquina tellement bien avec le roi Guillaume d’Orange que celui-ci le nomma « Banque d’Angleterre », c’est à dire le seul habilité à émettre de la monnaie. Ce même Nathan Mayer Rothschild,( à qui on doit la formule « donnez moi le contrôle de la monnaie, je me moque de qui fait les lois »), après avoir fait fortune et endetté l’Angleterre, n’eut de cesse de faire interdire par le roi la monnaie locale qui avait été créée dans les colonies d’Amérique et assurait leur prospérité. Il s’ensuivit là bas une période d’austérité qui fut à l’origine de la guerre d’indépendance.

_Dans la Constitution américaine, signée à Philadelphie en 1787,  les « pères fondateurs » avaient bien pris  soin de stipuler clairement, dans l’article 1, section 8, paragraphe 5 : « C’est au Congrès qu’appartiendra le droit de frapper l’argent et d’en régler la valeur. ». Mais les banquiers ne désarmèrent pas et convainquirent le président Washington, dont ils avaient assuré l’élection, de créer une « banque des Etats Unis » privée qui dura 20 ans mais ne fut pas renouvelée. Lincoln leur échappa en créant le « greenback » pour financer la guerre de sécession mais, ayant financé l’élection d’assez de sénateurs et de députés, les banquiers firent voter par le Congrès en 1863 le retrait de la loi des Greenbacks et son remplacement par le National Banking Act (Loi des Banques Nationales, où l’argent serait créé avec intérêt par des compagnies privées). Lincoln fut assassiné au moment où il disait vouloir s’attaquer aux banquiers et une formidable restriction du crédit, organisée par les banquiers, s’ensuivit.

_. Après la panique monétaire de 1907, le peuple américain réclamait que le système monétaire de la nation soit stabilisé. Le président Roosevelt créa la Commission Monétaire Nationale pour étudier le problème mais le sénateur Aldrich qui la présidait dépensa l’argent alloué en voyages d’étude en Europe sans rien produire. Par contre, il réunit dans le plus grand secret 5 représentants des 3 plus grosses banques ( 2 dominées par JP Morgan, la troisième Khun,Loeb & Co représentée par Paul Warburg) à Jekyll Island, une île de Géorgie achetée par des millionnaires et réservée à des millionnaires. En 9 jours, ils mirent au point un projet qui fut présenté ensuite comme celui de la commission et qu’ils réussirent à faire voter en 1913 après avoir dépensé une fortune (5 millions de dollars) pour en faire faire la propagande par les professeurs de leurs universités: ce fût la « loi sur la réserve fédérale » au titre trompeur car ce n’était pas une réserve et c’était un établissement privé et non fédéral. Il avait une apparence collégiale : un conseil des gouverneurs nommés par le président et rendant des comptes au congrès. Mais ce conseil serait contrôlé par un « comité consultatif fédéral » dont les membres seraient choisis par les directeurs des 12 banques partenaires et resteraient inconnus du public et du contrôle parlementaire. Les actions des 12 banques régionales furent rachetées par des banques nationales et ce furent celles contrôlées par Rockefeller, khun-Loeb et Morgan qui en prirent la majorité et contrôlèrent de fait tout le système. Cette loi donnait (et donne encore) à ces 3 banques le pouvoir exorbitant et inconstitutionnel de battre la monnaie à la place de l’état, de fixer les taux d’intérêt, la masse monétaire et le cours de la devise, de faire en sorte  que l’argent soit rare ou abondant,  de  prêter à l’état ensuite à l’intérêt de leur choix, et de rendre ainsi l’état prisonnier d’une dette inextinguible.(Encore aujourd’hui ce sujet est tabou : lire à ce propos le livre d’Eustace Mullins « les secrets de la réserve fédérale »  qui a mis 40ans à réunir les documents prouvant cette conspiration, qui a eu beaucoup de mal à se faire publier et dont la traduction française est parue en 2010 aux ed « le retour aux sources »).

Grâce  à la FED, les crises qui étaient auparavant incontrôlées vont pouvoir l’être au gré  de ces grands banquiers ; c’est le cas de la crise agricole de 1920-1921 : la première guerre mondiale avait provoqué une prospérité générale aux Etats Unis, en particuliers chez les agriculteurs et les ouvriers agricoles qui, méfiants, déposaient leur argent dans des banques provinciales ne faisant pas partie de la FED. Pour casser cela, on encouragea d’abord les agriculteurs à emprunter à grande échelle pour s’équiper et acheter des terres grâce à des taux d’intérêts très attractifs en échange d’hypothèques sur leurs biens, prêts que seules les grandes banques savaient gérer. Puis, lors d’une réunion secrète le 18 mai 1920 du Conseil des Gouverneurs de la FED où seuls les gros banquiers étaient présents, il fut décidé une contraction brutale du crédit (le taux passa de 3% à 7%) et de la monnaie, ce qui eut pour effet de mettre en faillite les agriculteurs et les banques associées, de  réduire le revenu national de 15 milliards de dollars, jetant des millions de personnes au chômage et réduisant de 20 milliards de dollars la valeur des terres et des ranchs.

Sans le système de la réserve fédérale, aucune guerre mondiale n’aurait pu être déclenchée : les pays européens possédaient de grandes armées opérationnelles qu’ils s’épuisaient à financer mais n’avaient pas une économie suffisante pour financer la guerre ; la FED leur prêta 25 milliards de dollars (que les Etats Unis n’avaient pas non plus, qui furent créés et non remboursés) répartis entre tous les futurs belligérants. La guerre faisait marcher l’industrie et rapportait des bénéfices. C’est pour cela aussi que le président Wilson, qui devait sa fortune et son élection aux banquiers, leur donna des postes de commande dans son administration et mis l’Amérique en guerre.

Mais ces hommes les plus puissants des Etats Unis rendaient eux-mêmes compte à une autre puissance qui les contrôlait de fait déjà en 1910 : la puissance financière Anglaise concentrée dans la branche londonienne de la maison Rothschild. Bien que ces firmes fussent américaines en apparence, entretenant simplement des agences à Londres, le fait est qu’elles allaient prendre leurs ordres à Londres car leur origine se trouve dans le trafic international de l’or, des esclaves, des diamants et autres produits de contrebande où la grande Bretagne, grâce à sa maitrise des mers, avait le monopole. Pouvant disposer de sommes énormes, créées sur ses ordres par le board de la FED aux états Unis, Londres est le centre financier de la planète (on comprend  mieux l’indéfectible alliance entre l’Angleterre et les états unis) : 5 banques d’affaire de Londres contrôlent en réalité les banques new-yorkaises qui possèdent la majorité de contrôle dans la banque de réserve fédérale de New-York.

Le krach de 1929 fut programmé par Londres et la FED pour mettre fin à une période de spéculation, en augmentant brutalement les taux d’intérêt, après avoir prévenu au préalable les initiés ; les autres, les petits spéculateurs, perdirent tout ; 11630 petites banques firent faillite, augmentant encore la concentration de l’argent dans les grandes banques. La FED laissa pourrir la situation jusqu’en 1933 pour soutenir l’élection de Roosevelt, lui-même banquier : elle créa alors 100 millions de dollars d’argent frais et les usines recommencèrent à embaucher. Roosevelt tenta bien de discipliner les banques en créant une séparation entre les banques de dépôt et les banques d’investissement (largement contournée puis abrogée en 1970 par Clinton) mais la loi bancaire de 1935 étendit la durée des mandats des gouverneurs de la FED à 14 ans, 3 fois et demi la durée d’un mandat présidentiel, ce qui signifiait que quelque soit le nouveau président, il ne pourrait rien changer à la politique de la FED .En 35 ans,  les banques de la FED ont accru leurs actifs de 143 millions à 45 milliards de dollars sans rien produire, simplement par la création monétaire dont 95% sous forme de crédit

C’est à cause de cette période de chômage de masse et de misère que put naître le nazisme. Les juifs, dont beaucoup étaient banquiers, ont servi de boucs émissaires et ont été victimes de la haine engendrée par la violence du capitalisme. Hitler fut inspiré par les écrits d’Henri Ford, porté au pouvoir par les grands industriels allemands et c’est une banque anglo-américaine (Schroeder-Rockefeller) qui lui a fourni l’argent nécessaire pour  se réarmer.

La mondialisation s’est faite sur le modèle de la FED, remplaçant les banques centrales des états par des banques privées. « L’Europe » a été construite sur le même modèle : sa banque centrale hors contrôle démocratique ne fournit pas les états mais des banques privées qui prêtent ensuite aux états avec intérêts, ce qui augmente leurs dettes de façon inextinguible  et permet aux banques d’imposer leur politique.

La « crise » que nous vivons n’est pas une crise mais l’aboutissement d’un processus qui livre les états au pouvoir destructeur des banques. Quand elles ont pris tout l’argent qu’elles pouvaient prendre, elles n’ont que 2 moyens pour continuer à s’enrichir: la « croissance » qui leur permet de prêter à nouveau, ou un écroulement général, un krack ou une guerre, car , après, il faudra reconstruire.

La croissance infinie dans un monde fini étant impossible, vers quoi allons nous si nous ne changeons pas de système? L’austérité imposée par les banques pour rembourser une dette illégitime, le dumping social, l’impossibilité d’être dans une extension permanente nous conduisent de nouveau à une période de chômage et de misère dont il risque de sortir, les mêmes causes produisant les mêmes effets, une grande violence.

En sortir serait simple si l’état le voulait : reprendre le contrôle de la création monétaire, ne pas rembourser la partie illégitime de la dette.(Annuler une dette ne coûte strictement rien à une banque centrale et le refus d’annuler la dette de la Grèce alors qu’une grande partie de la dette Allemande avait été annulée après la guerre est un choix politique et non économique)

le capitalisme est par nature antidémocratique

On a coutume de définir le capitalisme par la notion de propriété individuelle et propriété de ses instruments de travail en l’opposant au « communisme » où tout est collectif, comme s’il n’y avait que ces 2 alternatives. Tout ceci est très manichéen car, d’une part le communisme est associé à la dictature stalinienne qui n’avait plus aucun rapport avec l’idéal communiste originel et d’autre part le capitalisme n’est pas que ça : c’est un système économique, certes, mais associé à une idéologie et une certaine organisation sociale.

_une idéologie disant qu’il n’y a pas de bonne place pour tout le monde et que seuls quelques-uns arriveront aux très bonnes. Cela met les citoyens en situation de compétition les uns par rapport aux autres d’autant plus violente que les mauvaises places sont vraiment très mauvaises et que les chances d’arriver aux très bonnes ne sont pas égales. Cela crée un climat social de violence et d’exclusion : imaginez l’ambiance qui règnerait dans une famille si les parents disaient aux enfants que les premiers arrivés pourraient tout manger et que les derniers n’auraient rien. Cette idéologie s’oppose à l’idéologie démocratique qui cherche à donner des droits égaux à tous, à protéger les plus faibles des plus forts.

_Un système politico-économique qui donne du pouvoir à ceux qui possèdent sur ceux qui ne possèdent pas : ceux qui possèdent une entreprise, même s’ils n’y travaillent pas, ont le pouvoir d’engager ou de licencier qui ils veulent, décident du salaire des employés et de la répartition des bénéfices.Ceux qui possèdent de l’argent ont du pouvoir sur ceux à qui ils prêtent ou qu’ils font travailler pour eux. Ceux qui ont beaucoup d’argent arrivent à gangréner le pouvoir politique.

_un système économique qui tend à concentrer l’argent et le pouvoir qu’il donne sur un très petit nombre de personnes : la compétition à outrance oblige les entreprises à se concentrer pour être plus fortes  et les propriétaires des très grosses entreprises peuvent alors détourner à leur profit de très fortes sommes ; de plus, le système permet à ceux qui ont trop d’argent, plus d’argent qu’il n’en est nécessaire pour vivre, d’en gagner encore plus sans rien produire en le prêtant, en spéculant ou en le jouant à la bourse.L’argent qui se capitalise est très peu redistribué, ce qui diminue la masse monétaire nécessaire à la vie économique et oblige à une création permanente de monnaie, ce qui fait  la fortune des banques et la dette exponentielle des états (voir l’article sur le coup d’état des grandes banques).

La société est donc traversée par 2 courants antagonistes : le courant capitaliste de la compétition sauvage et individualiste pour la possession et l’argent. Et le courant démocratique, plus élaboré, qui cherche des relations plus égalitaires d’échange et de solidarité. Mais qui a besoin de s’appuyer pour cela sur  un ensemble de lois protégeant les plus faibles des plus forts et sur un état à la fois fort et représentant l’intérêt général pour les faire appliquer.

Le capitalisme existe depuis longtemps car il correspond  aux pulsions primaires des animaux et des êtres humains, à savoir la loi dite « de la jungle », c’est-à-dire la loi du plus fort qui permet à ceux-ci de faire ce qu’ils veulent des plus faibles, les éliminer ou les soumettre  à travailler pour eux. Il a été contrebalancé par d’autres pouvoirs : pouvoir de la religion, pouvoir de l’aristocratie, pouvoir du roi, pouvoir d’institutions élues démocratiquement. Il peut aussi être plus ou moins violent suivant la plus ou moins grande  rapacité de ceux qui dominent. Le problème est qu’aux USA, le capitalisme s’est développé de manière particulièrement sauvage (voir l’article sur les USA). Il a gangréné dès le début l’état démocratique et n’a plus rencontré d’autres contre-pouvoirs . Il profite essentiellement aux grands industriels et aux banques (voir l’article sur le coup d’état des grandes banques). Il s’est mondialisé grâce aux guerres menées par les USA, guerres militaires ouvertes, guerres par services secrets , guerres économiques et guerre idéologique : l’idéologie « néo-libérale » demande à tous les états qui s’y soumettent d’ouvrir leurs frontières pour être pillés par la concurrence faussée des multinationales, de saborder toute leur partie sociale pour la donner au privé (donc aux capitalistes) et de ne garder que la partie répressive de l’état pour mâter le mécontentement des populations. La construction européenne a été faite dans cet esprit.

Les laisser faire, c’est laisser le monde courir à sa perte. Pourtant il est possible de concevoir un système économique démocratique qui ne soit ni capitaliste ni communiste, en conservant la propriété privée mais en mettant des limites à l’enrichissement.( voir l’article « programme pour un monde meilleur »)