Explication de la « crise »

                                      

La pseudo crise que nous vivons depuis 30 ans au moins n’est pas une « crise », car une crise est passagère, mais la conséquence d’un système monétaire fou et antidémocratique, conséquence due au fait que nos états ont renoncé à créer eux-mêmes leur monnaie au profit de quelques banquiers privés. Examinons ces conséquences :

_Toute la monnaie créée, aussi bien pour les particuliers que pour l’état, l’est sous forme de dette, ce qui veut dire que si tout le monde voulait rembourser ses dettes, il n’y aurait plus d’argent en circulation. Mieux : ces dettes ont des intérêts qui ne sont pas créés et sont donc impossibles à rembourser; cela engendre une situation inextricable où les derniers ne pourront pas rembourser et provoque automatiquement une compétition sauvage entre les membres de la communauté, chacun essayant d’éviter d’être exclu en n’étant pas dans les derniers à rembourser. Ce système, qui prend de l’argent dans le circuit économique sans jamais en remettre (sauf du faux, de l’argent dette) , n’a réussi à perdurer jusqu’à présent qu’à l’aide de divers stratagèmes :

En commençant par ponctionner l’argent plein qui existait avant 1974 où nous n’avions pas encore de dette. Puis

En allant prendre chez les autres l’argent des intérêts qui manque chez soi. Il faut exporter plus qu’on importe, ce qui engendre cette fois des compétitions économiques sauvages entre les états au détriment des ouvriers.

En s’obligeant à une croissance perpétuelle : la croissance permet de payer les intérêts avec le nouvel argent-dette qu’elle permet de créer. Mais, comme ce nouvel argent-dette a lui aussi des intérêts, on ne fait que repousser le problème en l’empirant.

En endettant les états : au lieu de pouvoir créer de la monnaie, l’état doit s’endetter, toujours avec intérêts, ce qui crée un endettement exponentiel non remboursable. Notre dette actuelle atteint presque la valeur de notre PIB ; or, le PIB, qui représente la valeur des échanges, est beaucoup plus important que la masse monétaire puisqu’une même monnaie peut servir pour plusieurs échanges (dans notre exemple de la première partie, la masse monétaire en circulation est de 10§ alors que le PIB était de 30§). Ce qui veut dire que, même si nous donnions tout ce que nous avons sans rien garder, nous n’aurions pas assez d’argent pour rembourser cette dette. Les banquiers savent bien que cette dette n’est pas remboursable, ils ne demandent pas le remboursement mais se contentent de toucher la rente des intérêts. En France, tous nos impôts sur le revenu servent à payer cette rente. Et l’existence de cette dette leur sert de moyen de pression pour intervenir dans la politique des états, exiger l’austérité et s’emparer des richesses du pays. Ce qui est arrivé à la Grèce nous arrivera fatalement un jour. Les USA sont endettés à plus de 500% du PIB, plus que la Grèce, la dette de la France a commencé à se former en 1974, quand nos politiciens convertis à l’idéologie néolibérale ont préféré se financer sur les marchés au lieu de leur Banque Centrale, idem au Canada quand P. Trudeau a privatisé la Banque Centrale en 1974. Il devient alors impossible de payer les réalisations collectives avec de la création monétaire, L’état doit s’endetter encore plus et se rembourser en partie avec des impôts.

Mais tous ces stratagèmes commencent à ne plus pouvoir fonctionner : la croissance perpétuelle dans un monde fini est impossible, l’hyper compétitivité entraine souffrances et perte de salaire d’une partie croissante de la population, le manque d’argent dans le système économique fait baisser la consommation ; or, c’est la consommation qui est aussi le moteur de l’enrichissement et les méthodes essayées pour la relancer, cadeaux fiscaux aux entreprises et cadeaux monétaires aux banques (ce que la BCE a appelé « quantitative easing ») sont impuissantes à la relancer.

Il reste une dernière solution pour perpétuer le système qu’il ne faut pas négliger car elle a déjà servi : susciter des guerres. Les difficultés économiques engendrent toujours des tensions dans les populations qu’ils savent attiser pour provoquer des conflits. Les guerres sont des aubaines pour les banquiers qui financent les 2 partis pour les armer puis pour les aider à reconstruire ce qui a été détruit, ce qui permet une nouvelle croissance.

Comme nous venons de le voir, le banquier central  qui  traite l’état comme un particulier se met au-dessus de l’état et la dette irremboursable qu’il provoque lui permet de s’emparer des richesses de l’état.

De même pour les particuliers : les dettes que ceux-ci contractent, au lieu d’être des mesures de leur dette envers la société, deviennent des dettes envers le banquier, ce qui autorise celui-ci à s’emparer de leur richesse s’ils n’arrivent pas à payer les intérêts.

De même au niveau mondial : les USA ayant réussi à imposer le dollar comme monnaie internationale, les banquiers anglo-américains se trouvent au-dessus de tous les états dépendants, peuvent piller les richesses de tous ceux qui commencent à s’endetter,  et cherchent à établir une dictature mondiale.

Le banquier prête à qui il veut, en quantité qu’il veut, au taux qu’il veut : quel énorme pouvoir ! C’est lui, et non la société, qui  décide des investissements à faire et il choisit non pas ceux qui sont le plus intéressants pour la société à long terme, mais ceux qui rapportent le plus à court terme. Il peut augmenter ou diminuer la masse monétaire à sa guise, créer inflation ou récession. (C’est ainsi que le prix de l’immobilier a beaucoup augmenté ces dernières années car c’est un crédit sûr pour les banquiers et c’est là qu’ils en ont fait le plus, rendant la demande supérieure à l’offre, ce qui crée l’inflation).

Il y a dans toute la société un renversement des valeurs : l’argent étant artificiellement trop rare, ce sont les considérations d’argent qui priment sur toutes les autres au détriment des véritables besoins et des valeurs éthiques et morales. Au lieu que ce soient les échanges choisis qui créent l’argent, c’est la nécessité d’avoir de l’argent qui oblige à des échanges pas forcément souhaités. Ceux qui distribuent l’argent, les banquiers en dernier ressort, sont en position de force par rapport aux autres et peuvent imposer une véritable dictature.

Enfin, rien n’empêche ce banquier de créer de la monnaie pour se financer autant qu’il veut ou pour financer autre chose que des  richesses produites, en particulier pour spéculer à la bourse. Au départ, la bourse servait à financer l’économie : les riches prêtaient aux industriels moyennant un dividende raisonnable. Elle est devenue un casino pour riches où l’on fait des paris sur la variation des cours de n’importe quoi, où l’on arrive même à provoquer la variation de ces cours, où tous les coups sont permis, même les plus mafieux pour s’enrichir plus que les autres. Mais ces jeux sur l’argent ont des répercussions sur l’économie qu’ils ponctionnent au lieu de la financer. Alors que tous les jeux d’argent sont taxés par l’état pour les particuliers, ceux-là curieusement ne le sont pas. Dans un système monétaire démocratique, la bourse serait inutile puisque les vrais industriels pourraient se financer à taux zéro avec un prêteur qui ne viendrait pas se mêler de la marche de l’entreprise. D’autre part, les cours ne peuvent être dans un mouvement continuel de hausse que parce qu’il y a de l’argent créé spécialement pour cela, hors de toute richesse productive créée : plus de 95% de l’argent créé l’est pour la bourse, moins de 5% seulement sert à toute l’économie. La finance est un parasite, une sorte de tique qui suce le sang de la bête économique et qui va exploser ou la tuer. Cette façon de créer de la monnaie ex nihilo sans qu’elle corresponde à une richesse produite est exactement ce que font les faux-monnayeurs : cela a été dénoncé par Maurice Allais, un prix Nobel d’économie, mais occulté par la plupart des économistes néo-libéraux.  Par exemple, comment Patrick Drahi a-t-il pu devenir en 3 ans une des plus grandes fortunes de France ? Tout simplement parce que les banques lui ont créé des millions, par un simple jeu d’écriture. Et pourquoi à lui et pas à vous ? Parce qu’elles savent qu’il va pouvoir ponctionner les entreprises qu’il achète pour en tirer d’importants bénéfices et donc pouvoir rembourser les intérêts : cet argent créé pour des activités non productives pour la nation est le type même d’argent faux qu’il ne serait pas possible de créer dans un système monétaire démocratique. Nos richesses sont achetées par de faux monnayeurs.

Tout cet argent créé hors de toute production engendre une énorme inflation, donc une énorme dévaluation de la monnaie, qui nous est caché car l’indice est truqué :  ce terme devrait s’appliquer aussi à l’inflation boursière mais il a été cantonné à quelques articles de consommation courante judicieusement choisis selon un mode de calcul faussé : l’immobilier ayant beaucoup augmenté ces dernières années a été sorti de l’indice ; on a introduit une composante « qualité » qui fait que si l’article augmente, mais qu’on estime que la qualité a augmenté aussi , il n’y a pas d’augmentation ; si votre article augmente mais qu’il en existe un autre semblable moins cher, on considère que vous prenez le moins cher, ou que vous en achetez moins, etc… C’est cette inflation réelle qui fait que les cours de la bourse peuvent être longtemps en augmentation, jusqu’au krach quand la banque centrale décide d’arrêter: les cours des monnaies sont maintenus artificiellement, mais les critères de confiance ne sont pas respectés et, en réalité, la plupart des monnaies ont perdu toute valeur. Et, dans ce système, les bulles et les krachs périodiques sont inévitables.

Comble de la perversion du système : quand le système bancaire menace de faire faillite pour avoir trop boursicoté au casino-boursier, c’est l’état qui doit s’endetter encore plus auprès d’eux pour les renflouer car le système monétaire est vital pour le pays. Actuellement, toutes les conditions sont réunies pour un nouveau krach  et, comme il va être difficile de faire payer encore l’état, une directive européenne est passée pendant les vacances pour permettre aux banques de ponctionner les comptes de leurs clients pour se renflouer.

La spéculation et le prêt avec intérêt permettent à ceux qui ont déjà beaucoup d’argent, essentiellement les banques, d’en acquérir encore plus sans rien produire, ce qui est l’essence même du capitalisme mais est une absurdité: si les instruments de mesure sont étalonnés, c’est justement pour que les mesures soient les mêmes pour tous et ne varient pas ; imaginez que les mesures prises avec votre mètre varient et s’agrandissent toutes seules quand vous avez beaucoup mesuré ! Quelle foi y accorder ? L »argent qui représente les richesses augmente dans le temps alors que les richesses que cet argent représente ont plutôt tendance à perdre de la valeur à l’usage! Nous devons perdre l’habitude de considérer qu’il est normal que l’argent placé « rapporte »: cela ne se justifie que parce que nous n’en avons pas assez et pour compenser l’inflation, ce qui ne devrait pas avoir lieu dans un système bien géré. Il serait plus normal que l’argent capitalisé, donc inutilisé dans des échanges, perde peu à peu sa valeur : c’est ce qu’ont voulu marquer certaines monnaies locales en étant « fondantes ». Sans aller jusque-là, on pourrait décider que l’argent capitalisé soit limité à un maximum individuel et seulement mis à l’abri de l’inflation : c’est ce que font la majorité des français avec leur livret de caisse d’épargne. Le système capitaliste accroît automatiquement les inégalités en rendant les riches toujours plus riches sans rien produire et les pauvres toujours plus pauvres quels que soient leurs efforts pour travailler plus.

La circulation monétaire étant  isomorphe à la façon dont s’effectuent les échanges dans une société, il est certain que si l’on établit un système monétaire non démocratique, il ne va plus y avoir de démocratie réelle. Dans le système monétaire actuel, le roi est le banquier central ; c’est donc lui qui dirige de fait le pays. Explication dans le chapitre suivant.

Pourquoi nous ne sommes plus du tout en démocratie

 

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