Archives mensuelles : août 2017

Bibliographie

                                          

Livres importants

« Les secrets de la Réserve Fédérale » par Eustace Mullins : 40 ans d’enquête pour dévoiler un secret bien gardé.

« Une histoire populaire des Etats Unis » par Howard Zinn : le vrai visage des Etats Unis de leur naissance à nos jours.

« 2000 ans de dette » par David Greber

« Enquête sur la loi du 3 janvier 1973 » par Pierre-Yves Rougeron

Les livres de Philippe Derudder : « Les aventuriers de l’abondance », »Rendre la création monétaire à la société civile », « La dette publique, une affaire rentable », « Une monnaie nationale complémentaire ».

« Les secrets de la monnaie » par Gérard Foucher

J’ai volontairement omis les économistes qui justifient le système néo-libéral car ils occultent tous le problème de la création monétaire qui est fondamental.

 

Sur internet

Beaucoup de sites sur le thème de la monnaie, voir sur Google.

Les interviews sur ce thème d’Etienne Chouard

Les vidéos de Philippe Derudder

Un monde de richesse et de paix, protégeant la nature et la vie sur terre n’est possible qu’avec un système monétaire démocratique

 

Nous avons vu que les puissances d’argent sont en passe d’établir une dictature mondiale. Elles agissent dans l’ombre pour piller la planète, générer des guerres qui les enrichissent, diminuer la population mondiale et asservir ceux qui restent pour mieux profiter des richesses restantes.

Or le cœur de leur puissance réside dans le pouvoir de création monétaire qu’ils se sont octroyés avec la complicité des politiques. Ce pouvoir de la création monétaire qui a été volé aux peuples depuis presque toujours, (voir l’article sur l’histoire), le peuple pourrait le récupérer : en effet, l’énorme pouvoir qu’il confère appartient à celui qui le possède, un peu comme la lampe d’Aladin : il appartenait au roi, a été confisqué par les banquiers, pourrait être repris par un pouvoir démocratique. A l’instant où il change de main, le propriétaire précédent perd instantanément tous ses pouvoirs.

Il faudrait pour cela qu’une révolution populaire ou une élection porte au pouvoir quelqu’un de non corrompu qui ait le courage de le faire. Alors qu’une loi a pu interdire en 1973 à l’état de se financer auprès de sa banque centrale, une autre pourrait décider que la création monétaire ne peut se faire que sous contrôle citoyen avec les règles du premier chapitre. Cela devrait être écrit dans la constitution (même si le fait que ce soit écrit dans la constitution des USA n’a pas empêché la  « loi sur la réserve fédérale » qui est donc inconstitutionnelle). Cela nous obligera à sortir de l’euro et des traités européens car ceux-ci nous l’interdisent explicitement et ne sont pas modifiables. Mais, contrairement aux prédictions que ne manquerons pas de faire les experts corrompus, nous ne nous en porterons que mieux : l’UE nous coûte plus qu’elle ne nous rapporte, elle nous enlève notre indépendance politique car les différents gouvernements ne font qu’appliquer les directives de la commission non élue et aux ordres des puissances d’argent, elle nous oblige à nous financer sur les marchés financiers pour nous endetter inexorablement, elle organise l’austérité et la privatisation de nos services publics, elle organise aussi le dumping social en supprimant les barrières douanières et monétaires nécessaires pour protéger notre industrie. Elle nous oblige également à adhérer à l’OTAN qui nous enlève notre indépendance militaire et nous entraine dans des guerres illégales.

Ce que nous pourrions faire avec une banque centrale au service du public, capable non seulement de prêter à taux zéro pour des investissements productifs à la nation mais aussi de créer de l’argent nécessaire pour payer ceux qui travaillent pour la collectivité est tellement extraordinaire par rapport à ce que nous vivons que certains vont le juger utopique ; c’est pourtant une réalité potentielle qu’il ne tient qu’à nous de réaliser et que nous allons essayer de préciser.

Tout d’abord, il sera possible de créer de la monnaie chaque fois qu’une richesse intéressant les autres a été produite (bien matériel, service, transmission de savoir ou de savoir-faire, temps de travail), soit donnée directement si la richesse est produite pour la collectivité entière, soit sous forme d’emprunt sans intérêt (ou d’une autorisation de découvert sans agios) si quelqu’un veut acquérir une richesse avant d’avoir produit lui-même (voir l’article sur la Théorie de la création monétaire). La « banque centrale » pourra ainsi prêter sans intérêts à l’état ou même à des entrepreneurs privés pour des investissements productifs d’intérêt général (un investissement productif n’est pas un investissement qui rapporte de l’argent mais un investissement qui apportera des richesses à la population).  Les banques ordinaires pourront toujours exister mais ne pourront prêter que leur argent propre (ou celui de leurs clients s’ils sont d’accord).

Pourront être payés directement par création monétaire :

_Tout le personnel administratif, les fonctionnaires, les enseignants.

_Tous ceux qui travaillent dans les services publics : poste, distribution d’énergie, d’eau, transports collectifs, …Qui pourront donc être quasiment gratuits.

_Tous ceux qui travaillent dans la santé publique.

_Tous ceux qui construisent des bâtiments publics : autoroutes, hôpitaux, mairies, …

_A ceux-là, il faut rajouter ceux que la collectivité accepte de prendre en charge : handicapés, chômeurs, malades, femmes enceintes.

Cette création monétaire sera importante au début car il faudra remplacer tout notre « argent-dette » par de la monnaie pleine, mais ensuite, pour éviter qu’il y ait trop de monnaie en circulation, ce qui créerait de l’inflation, il sera nécessaire d’en détruire une partie par des impôts ou taxes pour limiter les revenus et les capitalisations.

Quelle serait la situation pour les autres ?

_Les impôts et taxes pour payer ceux qui travaillent pour la collectivité ne sont plus nécessaires, quelle simplification : les salaires sont nets, les échanges se font de gré à gré, il n’y a plus de notion de travail « au noir »

_Les entrepreneurs sociaux ont accès à des prêts (ou découverts) sans intérêts.

_Les industries, libérées des « charges » deviennent très compétitives.

_ Le pays ne peut plus s’endetter sauf si la balance commerciale avec d’autres états est déficitaire. Il y a autant de balances que d’états avec lesquels on commerce. Le problème d’une monnaie démocratique internationale ne pourra se résoudre que beaucoup plus tard, le dollar actuel étant loin de répondre aux critères nécessaires. Les taux de change entre 2 états sont négociés par les états et non fluctuants au gré des marchés.

_Il devient possible de créer des emplois pour des grands travaux peu rentables dans l’immédiat mais apportant un bien collectif, par exemple dans la transition énergétique, dans la protection de l’environnement. Ces missions auraient à être décidées par la collectivité qui pourrait accepter qu’elles soient déficitaires (payées par création monétaire mais « nourries » par la collectivité).

La théorie nous dit que tout cela est possible si la production interne est suffisante pour subvenir aux besoins (ou à la plupart des besoins) de ceux qui sont pris en charge par la collectivité, ce qui est manifestement le cas de la France, d’autant plus que pourront se rapatrier toutes les productions délocalisées. Pour ceux qui considèrent encore que c’est utopique,  essayons de voir concrètement comment cela pourrait se passer en France si nous élisions un président sur le programme de sortir de l’UE et de récupérer la banque centrale et la création monétaire (l’histoire montre que les révolutions spontanées n’apportent pas de véritables changements : quand le peuple excédé descend dans la rue pour demander le départ du tyran sans avoir réfléchi avant à ce qu’il voulait mettre à la place, celui-ci part peut-être mais est remplacé par un autre perpétuant le même système).

Son premier geste est d’activer l’article 50 qui nous permet de sortir de l’UE légalement : cela fait démarrer des négociations qui vont durer un maximum de 2 ans et il est certain que l’UE va tout faire pour qu’elles durent ce maximum.

Pendant ce temps, il nous est normalement impossible de sortir de l’euro et notre système économique risque d’être soumis aux turbulences que ne manqueront pas de nous infliger les puissances financières. Nous pouvons contrer cela en demandant à notre banque centrale (qui existe toujours mais doit obéir à la BCE pour l’euro) de produire immédiatement une monnaie française complémentaire de même valeur mais non convertible qui, elle, obéira aux règles de création monétaire démocratique : tous les français devront ouvrir un compte à la banque centrale qui gèrera uniquement leur monnaie française (MF) et auront une proportion de leur salaire (à déterminer en fonction de notre capacité de production, environ 70 à 80%) virée en monnaie française (les entreprises devront avoir une double comptabilité). Pour faire face à l’engorgement que cela va faire pour la banque centrale, on pourra lui adjoindre par exemple la banque postale renationalisée (ou permettre aux banques privées de gérer les comptes sur la banque centrale). Cette monnaie correspondant à des salaires est de la monnaie pleine exempte de dettes ; elle permet de vendre des productions en monnaie française qui, elles, seront exemptes de taxes et d’impôts à 80%, donc moins chères que  les productions en euro, ce qui les rendra plus attractives et fera croître la proportion de monnaie  française. La part en MF des salaires des fonctionnaires qui travaillent pour la collectivité va pouvoir être produite par création monétaire. Les prêts sans intérêts en MF pour des investissements productifs sont immédiatement possibles. Tout cela est très souple et va se gérer automatiquement. Ces 2 ans vont nous permettre d’expérimenter sans danger et de mettre au point notre système monétaire démocratique tout en nous mettant à l’abri des sanctions. Pendant ces 2 ans, cette monnaie complémentaire qui se rajoute à l’euro permet à la banque de France de faire des réserves en euro. Au bout des 2 ans, la MF devient la monnaie nationale, l’euro devient une monnaie étrangère et est soumis au contrôle des changes avec un taux de change qui fera partie des négociations. Ceux qui ont une énorme fortune en euro ne peuvent obtenir des MF que dans la limite des plafonds autorisés et ceux qui ont caché leurs euros dans des paradis fiscaux ne pourront les rapatrier que dans les mêmes proportions (nous n’avons plus que faire de l’argent parti dans les paradis fiscaux puisque nous pouvons créer à volonté celui dont nous avons besoin). Une partie des MF des particuliers peut être convertie en euros, pour des voyages par exemple, mais il y a contrôle des changes pour des sommes importantes. A noter que retrouver l’identité française n’exclura pas la libre circulation des personnes : c’est le taux de change monétaire qui servira de frontière douanière.

Ces 2 ans serviront aussi à renégocier la dette : cette dette est illégitime car elle n’a pas été contractée par le peuple français mais par des politiciens traites à la nation qui ont décidé sans le consentement du peuple de se financer sur les marchés financiers. Le paiement des intérêts est immédiatement suspendu et le remboursement des intérêts précédents considéré comme un remboursement du principal, les politiciens traitres sont poursuivis. Si les négociateurs sont intransigeants, notre MF nous permet d’activer la menace de faire banqueroute : cela a déjà eu lieu dans l’histoire de France et ne peut donner lieu qu’à un refus ultérieur de prêter. Mais, avec un système monétaire démocratique, un état ne peut pas s’endetter sauf envers un autre état si sa balance commerciale est déficitaire et cela ne nécessite pas un emprunt mais un rééquilibrage des échanges commerciaux.

Tout cela va demander de modifier notre constitution : ces 2 ans pourraient être utilisés aussi pour réécrire complètement une constitution plus démocratique écrite cette fois par le peuple ; mais il serait encore mieux qu’elle soit écrite avant l’élection et fasse partie du programme pour pouvoir être appliquée immédiatement (Voir une proposition de constitution à la page « constitution »en particulier les articles sur la monnaie et l’économie; il existe aussi un site mieux fait où tout un chacun peut participer à l’écriture de la nouvelle constitution: « j’écris la constitution »). En effet, la gestion publique de la création monétaire ne résout pas tous les problèmes démocratiques à elle seule, il faut aussi que la circulation de la monnaie soit gérée plus démocratiquement : le rôle de l’état dans une démocratie est de limiter les pouvoirs des plus forts et de protéger les plus faibles. Or, posséder plus d’argent que l’on en a besoin donne du pouvoir sur ceux qui en ont moins et, quoiqu’on fasse, il y en aura certains dont les productions seront plus valorisés que d’autres et qui gagneront donc plus d’argent. On peut dire que la spécificité du capitalisme, ce en quoi il n’est pas démocratique, est de ne pas mettre de limites sur la quantité et la façon de gagner de l’argent, même de façon malhonnête, ce qui crée une loi de la jungle où les plus riches écrasent les plus faibles.

Voici par exemple ce qui serait possible de faire si on veut concevoir un état réellement démocratique :

_limiter les revenus  : à côté du SMIG, il y aurait un RMA (Revenu Maximum Autorisé) et les salaires minimum et maximum de chaque profession seraient intégrés dans cette fourchette par une commission démocratique nationale.

_limiter les possibilités de capitalisation et taxer à 100% au-delà d’un seuil défini démocratiquement.

_limiter la possibilité de spéculation qui parasite l’économie, en la taxant fortement et en l’incluant dans le revenu.

_limiter le droit de propriété à la propriété d’usage : maison, biens, instrument de travail.

_Limiter le droit d’héritage, en particulier en ce qui concerne les industries.

_limiter le pouvoir des actionnaires dans une entreprise : ils peuvent être remboursés mais n’ont pas à toucher des dividendes et n’ont aucun pouvoir sur la marche de l’entreprise s’ils n’y travaillent pas. (34,5 milliards d’économisé en 2017)

_limiter les bénéfices d’une entreprise : tout ce qui n’est pas réinvestit va dans une caisse de dépôt nationale qui aide les entreprises en difficulté.

_Soumettre les entreprises étrangères et les multinationales travaillant en France à la loi française sur leurs activités en France.

Il n’y aurait donc plus d’impôts ni de TVA mais des taxes uniquement pour ceux qui dépassent les maximum autorisés ou pour des produits dont on veut freiner la consommation (essence, alcool, tabac, …). Le produit de ces taxes entrerait en déduction de la création monétaire nécessaire. Pour les entreprises, le salaire brut deviendrait le salaire net et il n’y aurait plus de « charges  patronales » sur la partie en MF. La MF pourra être une monnaie uniquement scripturale pour empêcher les fraudes sur les limites, sans danger pour les particuliers honnêtes (alors que le faire dans le système actuel nous livrerait pieds et poings liés à une oligarchie mafieuse).

Une autre solution serait un revenu de base universel par création monétaire qui, par contre, nécessiterait des impôts pour récupérer le trop créé. (Voir l’article sur « le revenu de base démocratique »)

Ce système de monnaie service public pourrait satisfaire presque tout le monde, y compris les vrais entrepreneurs industriels : la limite de 10 SMIG de revenus par exemple permettrait de vivre suffisamment largement (d’autant plus que le SMIG serait plus élevé que le SMIG actuel et qu’il s’agit d’un salaire sans impôts). D’après l’INSEE, cela ne toucherait que les 0,01% les plus riches de la population si le SMIG se rapproche de 2000€. Tout le monde gagnerait en liberté d’entreprendre et en qualité de vie ; les chômeurs ne retrouvant pas d’emploi pourraient être employés sur de grands travaux visant la qualité de l’environnement et l’écologie.

Utopique ce système? Oui si vous pensez qu’il l’est. Réalisable? Oui si vous pensez qu’il l’est. Nous fonctionnons par prophéties auto réalisables: si vous pensez que c’est une utopie, vous ne bougerez pas et le système actuel continuera. Si vous êtes convaincu qu’il peut se réaliser, vous allez commencer à en parler autour de vous et chercher quelqu’un capable de l’appliquer et vous en trouverez .Des hommes politiques intègres et courageux capables de porter ce projet existent mais sont soigneusement étouffés par les médias, il faut les chercher sur internet avant que celui-ci soit aussi censuré. L’heure est grave car nous vivons la phase finale d’un coup d’état amorcé il y a plusieurs siècles, qui vise la domination mondiale des peuples par une petite oligarchie comprenant quelques grands banquiers, les grandes multinationnales et leurs alliés politiques, médias et grands industriels (voir l’article sur l’histoire de la création monétaire). Et cette petite oligarchie a une idéologie nazie, capable de provoquer la mort d’une partie de la population pour satisfaire sa soif de possession et de pouvoir. Nous pouvons encore réagir tant que les nations  existent mais n’oublions pas que la construction européenne vise à leur destruction à moyen terme pour ne gérer que de grandes régions sur le modèle américain. Il faut militer pour ce système, le faire connaitre pour qu’il devienne la volonté d’une majorité de la population. En attendant, et parallèlement, il est possible de créer des SEL ou des monnaies locales qui l’appliquent mais les réglementation actuelles limitent leur portée : Les SEL peuvent faire de la création monétaire mais sont interdits aux professionnels alors que les monnaies locales sont utilisables par les professionnels mais ne peuvent que dupliquer l’euro. C’est cependant un début qui peut nous permettre d’expérimenter un système démocratique et nous aider à surmonter le prochain krach qui ne va pas manquer de se produire.

 

Histoire de la création monétaire

                             

On trouve pléthore d’ouvrages sur l’histoire de la monnaie, ses différentes formes, son évolution, mais curieusement très peu sur les conditions de sa création, de sa diffusion et de son fonctionnement

Les premières formes de monnaie,  (coquillages, bœuf, sel, grain de blé…), qui remontent à la préhistoire, semblent avoir un caractère démocratique et servir vraiment à mesurer la valeur des échanges. Mais rapidement les puissants (seigneurs, souverains) imposèrent leur monnaie : pour instaurer la confiance dans cette monnaie et éviter les falsifications, ils lui donnèrent une valeur propre importante, or ou argent.

Or le fait d’imposer une monnaie qu’ils créent leur donne de fait un énorme  pouvoir supplémentaire sur les peuples : ils en créent plus ou moins à leur guise et la distribuent forcément uniquement à ceux qui travaillent pour eux. Si les gens du peuple veulent commercer entre eux, ils doivent d’abord travailler pour le seigneur, ce qui ne les empêche pas de devoir payer des impôts en plus. Et le Seigneur peut encore user de son rapport de force pour ne pas payer très cher leur travail.

A l’époque de la royauté, ce rapport de force était clair et assumé. Mais l’or et l’argent étant en quantité limité dans le monde et le besoin de monnaie de plus en plus grand , ils avaient beau diminuer la quantité de métal dans les pièces, l’argent qu’ils pouvaient créer ne suffisait pas et ils se trouvèrent obligés d’emprunter à ceux qui en avaient accumulé beaucoup, les riches commerçants et les banquiers.

Les banquiers ont commencé à être des orfèvres, simples dépositaires de l’or de leurs clients qu’ils gardaient en lieu sûr et donnaient en échange un certificat de dépôt qui permettait de récupérer l’or moyennant un droit de garde. Mais, bientôt, ce furent les certificats de dépôt, plus faciles à transporter que l’or, qui servirent de monnaie d’échange. Voyant qu’une grande partie de leurs clients ne venaient jamais rechercher leur or, les orfèvres eurent l’idée d’émettre des billets identiques aux certificats de dépôt mais qui étaient cette fois des reconnaissances de dette : ils venaient de se donner le pouvoir de créer de la monnaie au prix d’une duperie dans la confiance qu’on leur faisait, car, si tout le monde venait réclamer son or à la fois, ce qui arrivait parfois quand il y avait crise de confiance, ils ne pouvaient satisfaire tout le monde et faisaient faillite. C’est à partir de là qu’ils sont devenus  banquiers, gagnant leur vie grâce aux prêts avec intérêts  et aux opérations de change entre les nombreuses monnaies.

Au 18ème siècle, un juif de famille modeste, Mayer Amschel Bauer, qui se fit appeler par la suite Rothschild, vivant dans le ghetto de Francfort- sur-le-Main se lança dans un des seuls métiers autorisés aux juifs, celui de banquier. Il eut l’idée de prêter aux états et réussit à gagner la confiance du Prince Guillaume de Hesse-Cassel, très riche grâce à l’armée de mercenaires qu’il louait régulièrement, qui lui confia la gestion de sa fortune. Ses affaires furent florissantes et il envoya ses 5 fils  établir des succursales dans toute l’Europe. Celui qui s’établit en Angleterre, Nathan Mayer Rothschild put prêter d’énormes sommes au roi d’Angleterre, Guillaume d’Orange, qui permirent à celui-ci de financer ses armées en lutte contre Napoléon. En 1812, grâce à l’appui du roi, il réussit à prendre le contrôle de la banque d’Angleterre. En 1815, il multiplia sa fortune déjà considérable par vingt en spéculant sur un mensonge, faisant croire à la victoire de Napoléon à Waterloo.

A cette époque, les 13 colonies américaines de la « nouvelle Angleterre » vivaient dans la prospérité car elles avaient créé leur propre monnaie gérée démocratiquement. Les banquiers anglais, mis au courant, firent adopter par le Parlement anglais une loi défendant aux colonies de se servir de leur monnaie script et leur ordonnant de se servir uniquement de la monnaie-dette d’or et d’argent des banquiers qui était fournie en quantité insuffisante. La circulation monétaire dans les colonies se trouva ainsi diminuée de moitié.

«En un an, dit Benjamin Franklin, les conditions changèrent tellement que l’ère de prospérité se termina, et une dépression s’installa, à tel point que les rues des colonies étaient remplies de chômeurs.»

Ce fut la vraie cause de la guerre d’indépendance. Les Pères Fondateurs des Etats-Unis, ayant tous ces faits en mémoire, et pour se protéger de l’exploitation des banquiers internationaux, prirent bien soin de stipuler clairement dans la Constitution américaine, signée à Philadelphie en 1787, dans l’article 1, section 8, paragraphe 5: «C’est au Congrès qu’appartiendra le droit de frapper l’argent et d’en régler la valeur.»

Mais les banquiers londoniens ne désarmèrent pas. Leur émissaire, Alexander Hamilton, secrétaire du trésor dans le gouvernement de Georges Washington, réussit à faire créer une « banque des Etats Unis » privée avec une charte de 20 ans. Les résultats furent tellement catastrophiques qu’elle ne fut pas reconduite. Nathan Rothschild usa alors de son influence pour faire déclencher la guerre de l’Angleterre contre les Etats Unis qui fit des milliers de morts et les appauvrit au point qu’ils durent demander une aide financière, ce qui fut fait en échange du renouvellement de la charte.

Toute l’histoire des Etats Unis peut se résumer en une lutte des banquiers pour maintenir leur pouvoir de création monétaire qui leur assure un contrôle total de l’économie du pays et donc de sa politique contre ceux, trop peu nombreux, assez lucides pour résister. Il n’y avait plus de roi avec une autorité indépendante pour les remettre au pas (en ne payant pas les dettes ou en les emprisonnant), les présidents avaient besoin des banquiers pour assurer leur fortune et les énormes frais des campagnes électorales, des élus pouvaient être achetés, l’opinion publique manipulée par des médias, achetés eux aussi, et des « experts » venant d’universités financées par les banquiers. Petit à petit, la majorité de l’administration américaine a été constituée de banquiers.

Quelques présidents ont cependant eu le courage de vouloir s’opposer à eux :

_plusieurs présidents se sont opposés au renouvellement de la charte ensuite mais ont fait l’objet de tentatives d’assassinat : Jackson y échappa car l’arme s’est enrayée, Zachary Taylor est mort empoisonné à l’arsenic, James Buchanan, après avoir voulu encadrer les banques, a résisté à un empoisonnement à l’arsenic.

_Pour financer la guerre de sécession, Lincoln émit une monnaie gouvernementale, le billet vert et avait promis de s’attaquer aux banquiers une fois la guerre finie: «J’ai deux grands ennemis: l’armée du Sud en face et les banquiers en arrière. Et des deux, ce sont les banquiers qui sont mes pires ennemis.» Il fut assassiné 5 jours plus tard, le billet vert disparu, une formidable restriction du crédit s’ensuivit, organisée par les banques. L’argent en circulation dans le pays, qui était de 1907 millions $ en 1866, soit 50,46 $ pour chaque Américain, tomba à 605 millions $ en 1876, soit 14,60 $ par Américain. Résultat: en dix ans, 54 446 faillites, pertes de 2 milliards $. Cela ne suffisant pas, on alla jusqu’à réduire la circulation d’argent à 6,67 $ par tête en 1867! Et le président suivant réemprunta chez Rothschild.

_James A. Garfield fut élu ensuite sur le programme de reprendre un contrôle gouvernemental de la monnaie : « celui qui contrôle la monnaie d’une nation contrôle la nation ». Il fut abattu un an plus tard.

_Il y eut encore Mac Kinley, élu en 1896, qui assainit le budget de l’état en ne recourant pas à l’emprunt et parlait de mettre le dollar sous contrôle d’état quand il fut assassiné en 1901.

_. Après la panique monétaire de 1907, le peuple américain réclamait que le système monétaire de la nation soit stabilisé. Le président Roosevelt créa la Commission Monétaire Nationale pour étudier le problème mais le sénateur Aldrich qui la présidait dépensa l’argent alloué en voyages d’étude en Europe sans rien produire. Par contre, il réunit dans le plus grand secret 5 représentants des 3 plus grosses banques (2 dominées par JP Morgan, la troisième Khun,Loeb & Co représentée par Paul Warburg) à Jekyll Island, une île de Géorgie achetée par des millionnaires et réservée à des millionnaires. En 9 jours, ils mirent au point un projet qui fut présenté ensuite comme celui de la commission et qu’ils réussirent à faire voter en 1913 juste avant Noël après avoir dépensé une fortune (5 millions de dollars) pour en faire faire la propagande par les professeurs de leurs universités: ce fût la « loi sur la réserve fédérale » au titre trompeur car ce n’était pas une réserve et c’était un établissement privé et non fédéral. Il avait une apparence collégiale : un conseil des gouverneurs nommés par le président et rendant des comptes au congrès. Mais ce conseil serait contrôlé par un « comité consultatif fédéral » dont les membres seraient choisis par les directeurs des 12 banques partenaires et resteraient inconnus du public et du contrôle parlementaire. Les actions des 12 banques régionales furent rachetées par des banques nationales et ce furent celles contrôlées par Rockefeller, khun-Loeb et Morgan qui en prirent la majorité et contrôlèrent de fait tout le système. Cette loi donnait (et donne encore) à ces 3 banques le pouvoir exorbitant et inconstitutionnel de battre la monnaie à la place de l’état, de fixer les taux d’intérêt, la masse monétaire et le cours de la devise, de faire en sorte  que l’argent soit rare ou abondant,  de  prêter à l’état ensuite à l’intérêt de leur choix, et de rendre ainsi l’état prisonnier d’une dette inextinguible.(La dette des USA s’est mis à croitre de façon exponentielle à partir de la création de la FED, les USA sont l’état le plus endetté au monde, de l’ordre de 500% du PIB)(Encore aujourd’hui ce sujet est tabou : lire à ce propos le livre d’Eustace Mullins « les secrets de la réserve fédérale »  qui a mis 40ans à réunir les documents prouvant cette conspiration, qui a eu beaucoup de mal à se faire publier et dont la traduction française est parue en 2010 aux ed « le retour aux sources »).Le président Wilson qui a signé cette loi n’a cessé de le regretter ensuite : «Je suis un homme des plus malheureux. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est maintenant contrôlée par son système de crédit. Nous ne sommes plus un gouvernement libre d’opinion, plus un gouvernement avec des convictions et un vote à la majorité, mais un gouvernement sous la volonté et la contrainte d’un petit groupe d’hommes dominants « -. Woodrow Wilson 1919

Grâce  à la FED, les crises qui étaient auparavant incontrôlées vont pouvoir l’être au gré  de ces grands banquiers ; c’est le cas de la crise agricole de 1920-1921 : la première guerre mondiale avait provoqué une prospérité générale aux Etats Unis, en particuliers chez les agriculteurs et les ouvriers agricoles qui, méfiants, déposaient leur argent dans des banques provinciales ne faisant pas partie de la FED. Pour casser cela, on encouragea d’abord les agriculteurs à emprunter à grande échelle pour s’équiper et acheter des terres grâce à des taux d’intérêts très attractifs en échange d’hypothèques sur leurs biens, prêts que seules les grandes banques savaient gérer. Puis, lors d’une réunion secrète le 18 mai 1920 du Conseil des Gouverneurs de la FED où seuls les gros banquiers étaient présents, il fut décidé une contraction brutale du crédit (le taux passa de 3% à 7%) et de la monnaie, ce qui eut pour effet de mettre en faillite les agriculteurs et les banques associées, de  réduire le revenu national de 15 milliards de dollars, jetant des millions de personnes au chômage et réduisant de 20 milliards de dollars la valeur des terres et des ranchs.

Sans le système de la réserve fédérale, aucune guerre mondiale n’aurait pu être déclenchée : les pays européens possédaient de grandes armées opérationnelles qu’ils s’épuisaient à financer mais n’avaient pas une économie suffisante pour financer la guerre ; la FED leur prêta 25 milliards de dollars (que les Etats Unis n’avaient pas non plus, qui furent créés et non remboursés) répartis entre tous les futurs belligérants. La guerre faisait marcher l’industrie et rapportait des bénéfices. C’est pour cela aussi que le président Wilson, qui devait sa fortune et son élection aux banquiers, leur donna des postes de commande dans son administration et mis l’Amérique en guerre.

Mais ces hommes les plus puissants des Etats Unis rendaient eux-mêmes compte à une autre puissance qui les contrôlait de fait déjà en 1910 : la puissance financière Anglaise concentrée dans la branche londonienne de la maison Rothschild. Bien que ces firmes fussent américaines en apparence, entretenant simplement des agences à Londres, le fait est qu’elles allaient prendre leurs ordres à Londres car, depuis le début, c’est la banque d’Angleterre de Nathan Rothschild qui avançait masquée en finançant les grandes banques américaines. Pouvant disposer de sommes énormes, créées maintenant sur ses ordres par le board de la FED aux états Unis, la City de Londres est le centre financier de la planète : 5 banques d’affaire de Londres contrôlent en réalité les banques new-yorkaises qui possèdent la majorité de contrôle dans la banque de réserve fédérale de New-York.

Le krach de 1929 fut programmé par Londres et la FED pour mettre fin à une période de spéculation, en augmentant brutalement les taux d’intérêt, après avoir prévenu au préalable les initiés ; les autres, les petits spéculateurs, perdirent tout ; 11630 petites banques firent faillite, augmentant encore la concentration de l’argent dans les grandes banques. La FED laissa pourrir la situation jusqu’en 1933 pour soutenir l’élection de Roosevelt, lui-même banquier : elle créa alors 100 millions de dollars d’argent frais et les usines recommencèrent à embaucher. La loi bancaire de 1935 étendit la durée des mandats des gouverneurs de la FED à 14 ans, 3 fois et demi la durée d’un mandat présidentiel, ce qui signifiait que quel que soit le nouveau président, il ne pourrait rien changer à la politique de la FED .En 35 ans,  les banques de la FED ont accru leurs actifs de 143 millions à 45 milliards de dollars sans rien produire, simplement par la création monétaire dont 95% sous forme de crédit

C’est à cause de cette période de chômage de masse et de misère que put naître le nazisme. Les juifs, dont beaucoup étaient banquiers, ont servi de boucs émissaires et ont été victimes de la haine engendrée par la violence du capitalisme bancaire. Après la première guerre mondiale, l’Allemagne avait été condamnée à payer tous les dégâts de la guerre et se trouvait écrasée sous les dettes, ce qui provoqua la chute de la république de Weimar. Hitler fut porté au pouvoir par les grands industriels allemands et réussit à redresser l’économie en créant une monnaie nationale, ce qui, plus que son antisémitisme, a été la principale raison de l’entrée en guerre de l’Angleterre et des Etats Unis : « La guerre ne fut pas seulement pour abolir le fascisme, mais pour conquérir les marchés de vente. Nous aurions pu, si nous avions l’intention de le faire, empêcher cette guerre d’éclater mais nous ne voulions pas. »- Winston Churchill à Truman (Fultun, USA Mars 1946).

Il y eu encore un président pour s’opposer à la création monétaire privée : John Fitzgerald Kennedy venait de signer un décret permettant à l’état de battre monnaie lorsqu’il fut assassiné. Le film de Zapputer, maintenant déclassifié, apporte la preuve qu’il s’agissait bien d’un complot. Ce fut le dernier à s’opposer, la voie était libre pour mondialiser ce dispositif.

La mondialisation s’est faite sur le modèle de la FED, remplaçant les banques centrales des états par des banques privées. La construction de « L’Union Européenne » a été pilotée par les Américains et s’est faite sur le même modèle : la Banque Centrale Européenne,  hors contrôle démocratique, ne fournit pas les états mais des banques privées qui prêtent ensuite aux états avec intérêts, ce qui augmente leurs dettes de façon inextinguible  et permet aux banquiers d’imposer leur politique.

A la fin de la guerre, les Etats Unis s’étaient beaucoup enrichis et avaient réussi à faire venir chez eux la majorité des réserves d’or. Dans les accords de Brettons Woods, ils imposèrent que seul désormais le dollar serait convertible en or à 35d l’once et que les autres monnaies seraient adossées au dollar. La FED en profita pour émettre beaucoup plus de dollars qu’elle n’avait de réserves d’or, ce qui finit par éveiller la méfiance des autres pays, dont la France, et, quand celle-ci commença à demander la conversion des dollars en or, le président Nixon suspendit le 15 août 1971 la convertibilité du dollar en or. Pour continuer à s’endetter, Nixon a gagé illégalement 25% du territoire américain. Pour continuer à s’endetter, il a proposé aux pays producteurs de pétrole, en échange d’une protection militaire, de vendre leur pétrole contre des dollars investissables dans des bons du trésor remboursables par les générations futures. Mais l’Amérique ayant de moins en moins de choses à offrir, plusieurs pays producteurs commencèrent à exiger d’autres monnaies :

_En 2000, Saddam Hussein préféra  des euros au dollar. 2ans plus tard, l’Irak fut envahi sous de mauvais prétextes et son pétrole revint aux pétrodollars

_En Libye, Mouammar Kadhafi avait institué une banque centrale appartenant à l’Etat et une monnaie d’échange de valeur, le dinar d’or. Il ne vendait plus son pétrole que contre des dinars, des pays africains le rejoignaient ; les Etats Unis à travers leurs alliés français ont envahi la Libye, sa banque centrale a été privatisée et le pétrole libyen revendu en dollars.

Il est à noter que les seul rares états qui résistaient et avaient une banque centrale d’état indépendante du dollar sont ceux contre qui des guerres ont été engagées.

_La cible suivante est l’Iran, qui a aussi une banque centrale gouvernementale. Mr Obama s’est montré plus pacifique que les précédents présidents, mais ses successeurs sauront-ils résister aux puissances de l’ombre?

Cet historique montre que ce qui nous arrive est le résultat d’un processus commencé il y a plusieurs siècles, un véritable coup d’état de quelques banquiers et de leurs alliés prêts à tout, même au meurtre, pour satisfaire leur soif de richesse et de domination. Nous avons parlé des présidents mais les souffrances de la population sont bien pires : la population a subi régulièrement des crises économiques liées au disfonctionnement endémique et aux krachs  boursiers, elle a subi de fréquents appels à la guerre pour satisfaire la nécessité d’une extension permanente, elle est victime d’un  système qui ne permet pas qu’il y ait une place pour tous,  induit individualisme et racisme, et tend à concentrer le pouvoir et l’argent sur un petit groupe de personnes dont le but avoué est d’établir une dictature mondiale de banquiers. Et les moyens  utilisés pour y parvenir sont  mafieux: destruction militaire ou économique de tous ceux qui s’opposent avec un grand mépris de la vie humaine y compris pour leurs propres citoyens.

La France actuelle est partie prenante de ce système, ayant perdu avec les traités européens sa souveraineté politique et financière, ayant perdue par la corruption des médias et des politiques sa démocratie,  ayant perdu avec son adhésion à l’OTAN sa souveraineté militaire : comment serait-il possible d’en sortir ?

Un monde de richesse et de paix, protégeant la nature et la vie sur terre n’est possible qu’avec un système monétaire démocratique

 

 

Pourquoi nous ne sommes plus du tout en démocratie

     

La démocratie idéale, « le gouvernement par le peuple pour le peuple » est une belle formule qui n’a jamais existé : même chez les athéniens, qui est la forme la plus évoluée de démocratie que nous connaissons, elle n’existait que pour une petite partie de la population, pas pour les femmes ni pour les esclaves. Elle ne semble pas être une forme naturelle d’organisation des humains (ni des animaux d’ailleurs). L’organisation la plus naturelle, ou la plus efficace, se fait autour d’un leader, d’un chef mais il y a d’autant plus de démocratie dans le groupe que ce chef est à l’écoute des aspirations de son peuple et qu’il est révocable lorsqu’il ne convient plus à la majorité. A ce titre, le fait d’élire des « représentants », ce que nous faisons, n’est pas un gage de démocratie car ils ne sont pas forcément à l’écoute des aspirations du peuple et ne sont révocables qu’à condition d’en choisir des nouveaux dans la même caste.

Faute d’être vraiment démocratique, la constitution de notre république avait prévu une certaine séparation des pouvoirs : des pouvoirs qui s’équilibrent sont le gage qu’un dictateur ne pourra pas s’installer. Il y a donc séparation théorique entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Je dis bien théorique car on a bien vu que, grâce aux procureurs, l’exécutif pouvait interférer avec le judiciaire et que, depuis quelque temps, les français avaient pris l’habitude d’élire un législatif soumis à l’exécutif : nous avons donc un président tout puissant et irrévocable pendant 5 ans.

Mais le plus grave n’est pas là : la constitution a oublié de soumettre à la démocratie 2 pouvoirs importants : le pouvoir des médias et le pouvoir de création monétaire et ce dernier pouvoir, le plus important, a contaminé tous les autres.

Grâce au pouvoir de l’argent, les banquiers (pas les petits banquiers, les quelques gros détenteurs des banques centrales) ont pu regrouper tous les grands médias dans les mains de quelques amis grands industriels.

Grâce au pouvoir de l’argent, les banquiers et leurs amis, les puissances d’argent, les multinationales, ont pu corrompre une grande partie des politiques en finançant leurs campagnes électorales et en assurant leur fortune personnelle (comment appeler autrement les postes bien rémunérés offerts avant ou après le passage au gouvernement ?)

Grâce à la possession des médias et à des techniques de plus en plus élaborées de manipulation des masses, ils arrivent à faire voter suffisamment de citoyens crédules pour le candidat de leur choix. Ce n’est d’ailleurs pas lui qui va gouverner effectivement mais ses conseillers sponsors et commanditaires qui sont derrière, dans un sens qui va satisfaire leurs intérêts plutôt que ceux de la majorité de la population.

Ce système fonctionne bien depuis longtemps aux USA où toute l’administration est composée de banquiers et il nous a été importé avec l’UE qui nous interdit l’accès à nos banques centrales et soumet nos chefs d’état consentants aux directives d’une commission non élue plus à l’écoute des lobbies que du peuple.

Il ne sera donc pas possible de retrouver une certaine démocratie sans sortir de l’UE.

Pour comprendre comment on en est arrivé là, je vous invite à revisiter l’histoire sous l’angle de la création monétaire.

Histoire de la création monétaire

Explication de la « crise »

                                      

La pseudo crise que nous vivons depuis 30 ans au moins n’est pas une « crise », car une crise est passagère, mais la conséquence d’un système monétaire fou et antidémocratique, conséquence due au fait que nos états ont renoncé à créer eux-mêmes leur monnaie au profit de quelques banquiers privés. Examinons ces conséquences :

_Toute la monnaie créée, aussi bien pour les particuliers que pour l’état, l’est sous forme de dette, ce qui veut dire que si tout le monde voulait rembourser ses dettes, il n’y aurait plus d’argent en circulation. Mieux : ces dettes ont des intérêts qui ne sont pas créés et sont donc impossibles à rembourser; cela engendre une situation inextricable où les derniers ne pourront pas rembourser et provoque automatiquement une compétition sauvage entre les membres de la communauté, chacun essayant d’éviter d’être exclu en n’étant pas dans les derniers à rembourser. Ce système, qui prend de l’argent dans le circuit économique sans jamais en remettre (sauf du faux, de l’argent dette) , n’a réussi à perdurer jusqu’à présent qu’à l’aide de divers stratagèmes :

En commençant par ponctionner l’argent plein qui existait avant 1974 où nous n’avions pas encore de dette. Puis

En allant prendre chez les autres l’argent des intérêts qui manque chez soi. Il faut exporter plus qu’on importe, ce qui engendre cette fois des compétitions économiques sauvages entre les états au détriment des ouvriers.

En s’obligeant à une croissance perpétuelle : la croissance permet de payer les intérêts avec le nouvel argent-dette qu’elle permet de créer. Mais, comme ce nouvel argent-dette a lui aussi des intérêts, on ne fait que repousser le problème en l’empirant.

En endettant les états : au lieu de pouvoir créer de la monnaie, l’état doit s’endetter, toujours avec intérêts, ce qui crée un endettement exponentiel non remboursable. Notre dette actuelle atteint presque la valeur de notre PIB ; or, le PIB, qui représente la valeur des échanges, est beaucoup plus important que la masse monétaire puisqu’une même monnaie peut servir pour plusieurs échanges (dans notre exemple de la première partie, la masse monétaire en circulation est de 10§ alors que le PIB était de 30§). Ce qui veut dire que, même si nous donnions tout ce que nous avons sans rien garder, nous n’aurions pas assez d’argent pour rembourser cette dette. Les banquiers savent bien que cette dette n’est pas remboursable, ils ne demandent pas le remboursement mais se contentent de toucher la rente des intérêts. En France, tous nos impôts sur le revenu servent à payer cette rente. Et l’existence de cette dette leur sert de moyen de pression pour intervenir dans la politique des états, exiger l’austérité et s’emparer des richesses du pays. Ce qui est arrivé à la Grèce nous arrivera fatalement un jour. Les USA sont endettés à plus de 500% du PIB, plus que la Grèce, la dette de la France a commencé à se former en 1974, quand nos politiciens convertis à l’idéologie néolibérale ont préféré se financer sur les marchés au lieu de leur Banque Centrale, idem au Canada quand P. Trudeau a privatisé la Banque Centrale en 1974. Il devient alors impossible de payer les réalisations collectives avec de la création monétaire, L’état doit s’endetter encore plus et se rembourser en partie avec des impôts.

Mais tous ces stratagèmes commencent à ne plus pouvoir fonctionner : la croissance perpétuelle dans un monde fini est impossible, l’hyper compétitivité entraine souffrances et perte de salaire d’une partie croissante de la population, le manque d’argent dans le système économique fait baisser la consommation ; or, c’est la consommation qui est aussi le moteur de l’enrichissement et les méthodes essayées pour la relancer, cadeaux fiscaux aux entreprises et cadeaux monétaires aux banques (ce que la BCE a appelé « quantitative easing ») sont impuissantes à la relancer.

Il reste une dernière solution pour perpétuer le système qu’il ne faut pas négliger car elle a déjà servi : susciter des guerres. Les difficultés économiques engendrent toujours des tensions dans les populations qu’ils savent attiser pour provoquer des conflits. Les guerres sont des aubaines pour les banquiers qui financent les 2 partis pour les armer puis pour les aider à reconstruire ce qui a été détruit, ce qui permet une nouvelle croissance.

Comme nous venons de le voir, le banquier central  qui  traite l’état comme un particulier se met au-dessus de l’état et la dette irremboursable qu’il provoque lui permet de s’emparer des richesses de l’état.

De même pour les particuliers : les dettes que ceux-ci contractent, au lieu d’être des mesures de leur dette envers la société, deviennent des dettes envers le banquier, ce qui autorise celui-ci à s’emparer de leur richesse s’ils n’arrivent pas à payer les intérêts.

De même au niveau mondial : les USA ayant réussi à imposer le dollar comme monnaie internationale, les banquiers anglo-américains se trouvent au-dessus de tous les états dépendants, peuvent piller les richesses de tous ceux qui commencent à s’endetter,  et cherchent à établir une dictature mondiale.

Le banquier prête à qui il veut, en quantité qu’il veut, au taux qu’il veut : quel énorme pouvoir ! C’est lui, et non la société, qui  décide des investissements à faire et il choisit non pas ceux qui sont le plus intéressants pour la société à long terme, mais ceux qui rapportent le plus à court terme. Il peut augmenter ou diminuer la masse monétaire à sa guise, créer inflation ou récession. (C’est ainsi que le prix de l’immobilier a beaucoup augmenté ces dernières années car c’est un crédit sûr pour les banquiers et c’est là qu’ils en ont fait le plus, rendant la demande supérieure à l’offre, ce qui crée l’inflation).

Il y a dans toute la société un renversement des valeurs : l’argent étant artificiellement trop rare, ce sont les considérations d’argent qui priment sur toutes les autres au détriment des véritables besoins et des valeurs éthiques et morales. Au lieu que ce soient les échanges choisis qui créent l’argent, c’est la nécessité d’avoir de l’argent qui oblige à des échanges pas forcément souhaités. Ceux qui distribuent l’argent, les banquiers en dernier ressort, sont en position de force par rapport aux autres et peuvent imposer une véritable dictature.

Enfin, rien n’empêche ce banquier de créer de la monnaie pour se financer autant qu’il veut ou pour financer autre chose que des  richesses produites, en particulier pour spéculer à la bourse. Au départ, la bourse servait à financer l’économie : les riches prêtaient aux industriels moyennant un dividende raisonnable. Elle est devenue un casino pour riches où l’on fait des paris sur la variation des cours de n’importe quoi, où l’on arrive même à provoquer la variation de ces cours, où tous les coups sont permis, même les plus mafieux pour s’enrichir plus que les autres. Mais ces jeux sur l’argent ont des répercussions sur l’économie qu’ils ponctionnent au lieu de la financer. Alors que tous les jeux d’argent sont taxés par l’état pour les particuliers, ceux-là curieusement ne le sont pas. Dans un système monétaire démocratique, la bourse serait inutile puisque les vrais industriels pourraient se financer à taux zéro avec un prêteur qui ne viendrait pas se mêler de la marche de l’entreprise. D’autre part, les cours ne peuvent être dans un mouvement continuel de hausse que parce qu’il y a de l’argent créé spécialement pour cela, hors de toute richesse productive créée : plus de 95% de l’argent créé l’est pour la bourse, moins de 5% seulement sert à toute l’économie. La finance est un parasite, une sorte de tique qui suce le sang de la bête économique et qui va exploser ou la tuer. Cette façon de créer de la monnaie ex nihilo sans qu’elle corresponde à une richesse produite est exactement ce que font les faux-monnayeurs : cela a été dénoncé par Maurice Allais, un prix Nobel d’économie, mais occulté par la plupart des économistes néo-libéraux.  Par exemple, comment Patrick Drahi a-t-il pu devenir en 3 ans une des plus grandes fortunes de France ? Tout simplement parce que les banques lui ont créé des millions, par un simple jeu d’écriture. Et pourquoi à lui et pas à vous ? Parce qu’elles savent qu’il va pouvoir ponctionner les entreprises qu’il achète pour en tirer d’importants bénéfices et donc pouvoir rembourser les intérêts : cet argent créé pour des activités non productives pour la nation est le type même d’argent faux qu’il ne serait pas possible de créer dans un système monétaire démocratique. Nos richesses sont achetées par de faux monnayeurs.

Tout cet argent créé hors de toute production engendre une énorme inflation, donc une énorme dévaluation de la monnaie, qui nous est caché car l’indice est truqué :  ce terme devrait s’appliquer aussi à l’inflation boursière mais il a été cantonné à quelques articles de consommation courante judicieusement choisis selon un mode de calcul faussé : l’immobilier ayant beaucoup augmenté ces dernières années a été sorti de l’indice ; on a introduit une composante « qualité » qui fait que si l’article augmente, mais qu’on estime que la qualité a augmenté aussi , il n’y a pas d’augmentation ; si votre article augmente mais qu’il en existe un autre semblable moins cher, on considère que vous prenez le moins cher, ou que vous en achetez moins, etc… C’est cette inflation réelle qui fait que les cours de la bourse peuvent être longtemps en augmentation, jusqu’au krach quand la banque centrale décide d’arrêter: les cours des monnaies sont maintenus artificiellement, mais les critères de confiance ne sont pas respectés et, en réalité, la plupart des monnaies ont perdu toute valeur. Et, dans ce système, les bulles et les krachs périodiques sont inévitables.

Comble de la perversion du système : quand le système bancaire menace de faire faillite pour avoir trop boursicoté au casino-boursier, c’est l’état qui doit s’endetter encore plus auprès d’eux pour les renflouer car le système monétaire est vital pour le pays. Actuellement, toutes les conditions sont réunies pour un nouveau krach  et, comme il va être difficile de faire payer encore l’état, une directive européenne est passée pendant les vacances pour permettre aux banques de ponctionner les comptes de leurs clients pour se renflouer.

La spéculation et le prêt avec intérêt permettent à ceux qui ont déjà beaucoup d’argent, essentiellement les banques, d’en acquérir encore plus sans rien produire, ce qui est l’essence même du capitalisme mais est une absurdité: il est incompatible pour un instrument de mesure de s’agrandir à l’usage; imaginez que les mesures prises avec votre mètre varient et s’agrandissent toutes seules! Quelle foi y accorder ? Alors que les richesses que cet argent représente ont plutôt tendance à perdre de la valeur à l’usage! Nous devons perdre l’habitude de considérer qu’il est normal que l’argent placé « rapporte »: cela ne se justifie que parce que nous n’en avons pas assez et pour compenser l’inflation, ce qui ne devrait pas avoir lieu dans un système bien géré. Il serait plus normal que l’argent capitalisé, donc inutilisé dans des échanges, perde peu à peu sa valeur : c’est ce qu’ont voulu marquer certaines monnaies locales en étant « fondantes ». Sans aller jusque-là, on pourrait décider que l’argent capitalisé soit limité à un maximum individuel et seulement mis à l’abri de l’inflation : c’est ce que font la majorité des français avec leur livret de caisse d’épargne. Le système capitaliste accroît automatiquement les inégalités en rendant les riches toujours plus riches sans rien produire et les pauvres toujours plus pauvres quels que soient leurs efforts pour travailler plus.

La circulation monétaire étant  isomorphe à la façon dont s’effectuent les échanges dans une société, il est certain que si l’on établit un système monétaire non démocratique, il ne va plus y avoir de démocratie réelle. Dans le système monétaire actuel, le roi est le banquier central ; c’est donc lui qui dirige de fait le pays. Explication dans le chapitre suivant.

Pourquoi nous ne sommes plus du tout en démocratie

 

Qui peut créer la monnaie et quelles en sont les conséquences

Dans notre exemple, l’organisme émetteur était représenté par une seule personne au service de la collectivité. Dans une société plus grande où il y a plusieurs sortes de banque, cela correspond à la banque centrale. Mais qui possède la banque centrale ? L’état ? Un organisme indépendant sous contrôle démocratique ? Ou un banquier privé ? Nous allons examiner les différents cas.

L’état possède la banque centrale et est seul habilité à pouvoir créer la monnaie

C’est la solution qui parait la plus logique : étant le seul à pouvoir la créer, il maitrise sa fabrication et permet de se passer d’étalon, il est le mieux placé pour poursuivre les faux monnayeurs, c’est lui qui légifère pour encadrer la monnaie officielle, c’est lui qui paye les fonctionnaires, c’est lui qui devra lever les impôts quand il y en aura. C’était autrefois le principal pouvoir régalien, seul le roi avait le droit de frapper la monnaie. Il semblerait que, dans une démocratie, ce rôle devrait revenir à l’état. Mais il faut que cet état soit démocratiquement très encadré pour ne pas abuser de son pouvoir de création monétaire au profit de quelques ’uns ou pour masquer une mauvaise gestion qui crée trop d’argent par rapport aux capacités de production : cela crée une demande supérieure à l’offre qui a tendance à faire augmenter les prix et produire de l’inflation.( Il faut noter qu’une légère inflation n’est pas très grave : elle déstabilise la monnaie en diminuant sa valeur mais ne pénalise que ceux qui conservent la monnaie au lieu de l’utiliser, qui sont donc trop riches).

Pour éviter ces inconvénients, on peut imaginer

Un organisme public sous contrôle démocratique indépendant de l’état

Cet organisme serait soumis aux règles strictes de création monétaire avec une gestion transparente publique. Il ne pourrait fournir de l’argent à l’état et aux particuliers qu’en respectant ces règles. Le risque que tout ne soit pas transparent serait très atténué 

Un banquier privé se propose d’assurer la fonction de banque centrale

Sa gestion n’étant pas publique, il faut avoir une grande confiance en lui pour qu’il applique strictement les règles de création monétaire.

S’il est honnête, il va ne prêter avec intérêts que son argent plein propre ou une partie de celui de ses clients avec leur accord, prêter par création monétaire à l’état et aux particuliers sans intérêts,  créer de l’argent plein pour tous ceux qui travaillent pour la collectivité et uniquement pour ceux-là. Lui-même ne peut se payer que par création monétaire à un tarif raisonnable.

 Mais, si on ne peut faire confiance à l’état, à la comptabilité publique, pour gérer correctement cette création, comment croire qu’un individu privé ne sera pas tenté d’en profiter pour son compte ?

S’il est malhonnête, li va faire croire qu’il prête de l’argent plein même quand il fait de la création monétaire, en profiter pour demander des intérêts dessus, considérer l’état comme un particulier  et lui prêter avec les intérêts de son choix, ne faire aucune création monétaire pour ceux qui travaillent pour la collectivité mais en faire pour lui pour pouvoir jouer au casino-boursier.

Cette solution parait donc complètement folle car on prend le risque que toutes les règles de création monétaire soient bafouées et que le système devienne ingérable.

C’est pourtant dans ce cas de figure que nous sommes car la plupart des Banques Centrales actuelles sont des banques privées : aux USA la Réserve Fédérale  est en réalité régie par un consortium de quelques grandes banques anglo-américaines privées qui ne prêtent qu’avec intérêts même à l’état ; en Europe, les banques centrales des états sont sous les ordres de la BCE qui, d’après les traités, a interdiction de prêter (et encore moins donner) aux états, ce qui revient au même que la situation américaine. Dans les 2 cas, les états se sont interdits le pouvoir de création monétaire et ne peuvent qu’emprunter à des banques privées qui ont, elles, le pouvoir de création monétaire.

Les conséquences en sont très graves et expliquent complètement ce qu’il est convenu d’appeler la « crise » actuelle qui n’est pas une crise car pas passagère, mais le résultat des contradictions du système. Nous allons les détailler.

Explication de la « crise »

  Comment créer un système monétaire démocratique

      

 Pour les besoins de la démonstration, nous supposons une petite communauté à peu près autosuffisante, où chacun s’est spécialisé dans un métier, qui fonctionnait jusque-là par le don et qui décide d’introduire une monnaie. Nous appellerons « richesse » ce qui est effectivement échangé (bien, service, savoir, savoir-faire, tout ce qui représente ou a représenté un travail)  et monnaie, ou argent, ce qui mesure et symbolise cette richesse.

La monnaie est avant tout un instrument de mesure: elle mesure la valeur des richesses échangées de la même façon qu’un mètre mesure les longueurs et doit donc fonctionner comme un instrument de mesure : il faut tout d’abord définir une unité reposant sur un étalon fiable et ensuite les règles de calcul.

Supposons donc que cette communauté se soit mis d’accord sur une unité reposant sur un étalon connu de tous et que ce soit une seule personne qui gère la création monétaire, ce qui permettra d’oublier l’étalon de valeur propre. Nous nommerons § cette unité. Supposons que les valeurs de ce qui s’échange obéissent à la loi de l’offre et de la demande. Il faut pouvoir garder en mémoire ces valeurs et, pour cela, 2 méthodes de symbolisation sont possibles :

La monnaie scripturale : les gains ou dépenses de chacun sont écrits (d’où le nom de « scriptural ») dans un livre de compte (comme dans l’Égypte ancienne ou les SEL actuels) ou à l’intérieur d’un ordinateur comme c’est le cas dans nos comptes en banque. Chacun a un compte où sont marqués en unités positives ses gains et en unités négatives ses dépenses.

La monnaie matérielle qui a pu prendre différentes formes suivant les époques : cailloux, coquillages, pièces métalliques, billets.

Qu’elle soit scripturale ou matérielle, il y a 2 façons possibles de créer de la monnaie : par la dette (monnaie vide) ou pour remplacer la richesse qui vient d’être vendue (monnaie pleine). Nous allons examiner ces 2 méthodes.

Création monétaire par la dette

Examinons ce qui se passe sur une communauté réduite au minimum de 3 personnes: Anatole, Bernard, Camille

Supposons qu’ils aient chacun une richesse à proposer aux autres, et que, pour simplifier, ces richesses soient estimées à la même valeur, 10§.

Anatole voudrait acheter à Bernard, Bernard à Camille et Camille à Anatole.

Comme il n’y a pas encore de monnaie qui circule, il va falloir en créer : nous appellerons OE cet organisme émetteur d’une monnaie matérialisée. Anatole va devoir emprunter à l’OE 10§ (dix unités étalon) ; ces 10§ qui viennent d’être créés n’ont que leur valeur propre, importante si c’est de l’or, beaucoup moins si c’est un billet ou une écriture :  on peut parler de monnaie vide, ou monnaie dette, ou monnaie négative par analogie avec la monnaie scripturale négative) ; ces 10§  mesurent seulement la dette d’Anatole envers la société, dette qu’il s’engage à rembourser en produisant pour la société au moins autant.

Avec ces 10§-, il paye Bernard qui les garde en échange de sa production; ces 10§ représentent maintenant la valeur de la richesse qu’il vient de vendre et lui donnent le droit d’acheter pour la même valeur. Les 10§- vides sont devenus pour Bernard 10§+ pleins alors qu’ils ne le sont pas puisqu’ils doivent être rendus: rien ne distingue  l’un de l’autre.

Bernard va pouvoir utiliser ces 10§+ pleins pour acheter la production de Camille qui les pense pleins aussi.

Camille va utiliser les 10§+ pleins qu’elle vient d’acquérir en échange de sa production pour acheter celle d’Anatole.

Anatole, qui n’a plus rien à acheter va pouvoir rendre les 10§+ qu’il avait emprunté à l’organisme émetteur qui va annuler sa dette et les détruire. (10§+ + 10§- = 0)

Au final, tout l’argent créé par l’OE lui a été rendu, il n’y a plus de monnaie qui circule mais tous les échanges souhaités ont pu se faire et personne n’est en dette envers les autres. Le raisonnement serait le même dans une communauté plus large et si les richesses à échanger n’avaient pas la même valeur; au final, certains resteraient avec de la monnaie pleine et d’autres avec de la monnaie dette mais la somme totale serait nulle.

De ce simple petit exemple, on peut déjà tirer plusieurs conclusions :

_Mettre en circulation de la monnaie dette est source de confusion car elle est matérialisée de la même façon qu’une monnaie pleine alors qu’elle doit disparaitre quand le prêt sera remboursé.

_ Quand la monnaie est créée uniquement sous forme de dette, pour des prêts  sans intérêts, il n’y a plus de monnaie en circulation quand tous les prêts sont remboursés.

_La valeur propre de la monnaie n’a aucune importance puisqu’elle n’est qu’un symbole, qu’elle soit métallique, en or, sous forme de billets ou scripturale, de la même façon qu’il est indifférent que votre mètre soit fait en plastique, en métal ou en platine iridié : l’important est qu’il mesure exactement un mètre.

_Puisque cette monnaie n’a pas la même valeur que la richesse échangée, son utilisation repose sur la confiance qu’elle n’est pas contrefaite, que sa valeur restera stable et qu’elle ne pourra pas être refusée en paiement d’une richesse de valeur équivalente. La communauté doit ériger des lois pour garantir ces 3 points.

Mais, dans notre exemple, nous avons oublié quelqu’un : celui qui fabrique cette monnaie ou tient les comptes fait un vrai métier au service de la collectivité et mérite d’être rémunéré : comment est-ce possible ?

Première idée: en prenant un intérêt sur la somme prêtée:

Que va-t-il se passer? Anatole  emprunte 10§- mais devra  rendre 11§+.Il achète la production de Bernard en lui donnant les 10§, qui achète celle de Camille, qui achète à Anatole. Celui-ci se retrouve avec ses 10§+ prêtés qu’il peut rendre mais pas le 1§+ d’intérêt car celui-ci n’a pas été créé. Même s’il avait quelque chose à vendre pour 1§, personne ne pourrait lui acheter sauf en empruntant ; mais c’est ce dernier qui ne pourrait pas rembourser son emprunt.

Pour qu’un système monétaire où la monnaie est créée uniquement sous forme de dette puisse fonctionner dans une communauté fermée, il est nécessaire que l’organisme qui crée la monnaie ne prenne pas d’intérêts sur les prêts qu’il accorde.

Deuxième idée: en levant des impôts puisqu’il travaille pour la communauté, il est normal que chacun participe

Problème : si l’argent est créé uniquement sous forme de dette, quand  tous les emprunts sont remboursés, il n’y a plus d’argent en circulation et il est impossible de lever des impôts.

troisième idée: qu’il se paye lui-même par création monétaire: il mérite que l’on crée de la monnaie pour lui puisqu’il a fourni un travail, c’est la collectivité qui est en dette envers lui et qui va le rembourser en lui fournissant des richesses contre cet argent créé; C’est ce qui se serait passé s’il n’y avait pas d’argent: quand quelqu’un travaille pour le collectif, d’autres se chargent de le nourrir (au sens large, c’est-à-dire lui fournir ce dont il a besoin). Là, certains individus du collectif vont devoir produire un peu plus pour lui mais en s’enrichissant, ce qui est normal puisque toute production vendue mérite sa symbolisation en monnaie. Contrairement à ce qui peut sembler d’une logique imparable, l’impôt sur le revenu pour financer ceux qui travaillent pour la collectivité (ou sont pris en charge par elle) est une double peine car nous les nourrissons 2 fois : une fois en diminuant notre salaire (c’est à dire en ayant produit plus pour d’autres), une deuxième fois en produisant pour eux qui nous paieront avec l’argent que nous leur avons donné ; et ceux qui ne produisent pas pour eux auront été obligés de produire plus dans leur spécialité, inutilement, pour payer l’impôt. L’erreur du raisonnement vient du fait que nous avons pris l’habitude de raisonner d’abord sur l’argent  alors qu’il convient de raisonner d’abord sur la façon dont nous voulons que s’échangent les richesses pour y adapter ensuite le fonctionnement monétaire. Cela n’est valable , bien sûr, que si la collectivité est capable de satisfaire les besoins de tous, en étant autosuffisante ou en ayant des balances commerciales équilibrées. Des impôts ne peuvent être levés que lorsqu’il y en a qui deviennent trop riches par rapport à d’autres pour aider les plus pauvres. Ces impôts viennent alors en déduction de la création monétaire nécessaire.

Ceux qui travaillent pour la collectivité ne peuvent être payés que par création monétaire et ce jusqu’à ce que la masse de monnaie pleine soit suffisante pour pouvoir lever des impôts. 

Création monétaire pleine

Nous venons de démontrer qu’un système monétaire ne peut pas fonctionner pour tous si la monnaie n’est créée que sous forme de dette : il faut obligatoirement de la création monétaire pleine, au moins pour rémunérer ceux qui travaillent pour la collectivité ; peut-on alors imaginer un système où il n’y ait que de la monnaie pleine ?

Comme personne n’a de monnaie au départ, il faut donner à chacun uniquement ce qu’il a besoin de dépenser : cet argent ira donc dans les mains de quelqu’un qui a donné une richesse et méritera donc d’avoir été créé comme monnaie pleine.

Dans l’exemple précédent, si chacun a besoin de dépenser 10& dans l’exercice, il faudra créer ce qu’on pourrait appeler une « allocation de base par création monétaire » de 10& : chacun achète ce dont il a besoin avec ses 10& pleins et personne n’est en dette. Si tout le monde a vendu pour la même somme, chacun se retrouve à la fin de l’exercice avec 10& comme au départ et il n’y a pas besoin de nouvelle allocation pour l’exercice suivant.

Mais la situation où chacun produit autant qu’il dépense est trop idyllique : en réalité, certains vont produire et échanger pour plus que leurs besoins et d’autres pas assez. Supposons dans notre exemple que la richesse de Bernard n’intéresse personne, tous achètent à Camille qui peut produire pour tous et n’achète qu’à Anatole : à la fin de l’exercice, Anatole a 10&, Bernard 0& et Camille 20&. Dans l’exercice suivant, Bernard ne pourra rien acheter alors qu’il a toujours les mêmes besoins et n’est pas vraiment responsable du fait que personne ne lui a acheté : il faut donc recréer 10& mais rien que pour lui : si on en créait aussi pour les autres, on n’est pas sûr qu’ils le dépenseraient. Si Bernard peut produire dans l’exercice suivant, tout rentre dans l’ordre, pas besoin de nouvelle création. Par contre, si sa situation d’endettement envers la société se prolonge, il faut choisir entre 3 solutions : l’exclure, l’aider à produire, ou le faire bénéficier d’une aide sociale. Si nous sommes dans une société solidaire, nous choisirons les 2 dernières solutions. L’aide sociale par création monétaire demande aux autres de produire davantage mais ne leur coûte rien en monnaie, elle leur permet au contraire de s’enrichir davantage en produisant plus.

Pour éviter l’argent-dette, nous devons donc créer un « revenu social de base » destiné, avec ou sans conditions, à ceux dont le revenu n’atteint pas le revenu minimum nécessaire pour satisfaire leurs besoins fondamentaux. Ce revenu est financé par création monétaire, n’affecte pas le revenu des autres et leur permet au contraire de s’enrichir en produisant plus. Sans conditions, il permet à ceux qui le désirent de ne pas travailler pour les autres! Mais pourquoi pas si cela ne lèse pas les autres et s’il n’y a pas besoin de tous pour produire ce qui est nécessaire à tous. (Actuellement les aides sociales sont attribuées sous conditions et, surtout, sont financées par l’impôt et non par création monétaire). Pour éviter les fraudes, il serait nécessaire alors que la monnaie soit uniquement scripturale et que chacun ne puisse avoir qu’un compte. Il reste cependant une source d’injustice : celui dont le revenu est légèrement supérieur au RSB ne touchera rien alors que celui qui n’a rien échangé touchera presque autant que lui. D’autre part, toute cette monnaie créée, aussi bien pour le RSB que pour ceux qui travaillent pour la collectivité va finir par rendre ceux qui produisent beaucoup trop riches. On peut donc imaginer un système où le revenu de base serait universel, délivré à tous sans conditions, mais où tout revenu supplémentaire serait imposé selon un barème progressif,  ces impôts venant en déduction de la création monétaire nécessaire. (Voir le chapitre « le revenu de base dans un sytème monétaire démocratique »)

Conclusion

La monnaie n’est qu’un symbole de la valeur de la richesse qui vient de s’échanger. Sa valeur propre n’a aucune importance mais, pour qu’elle soit fiduciaire (qu’on ait confiance en elle), il faut des lois qui garantissent que sa valeur soit stable, qu’elle ne puisse pas être refusée pour un achat et qu’elle ne soit pas produite par des faux-monnayeurs, sans richesse associée. Elle peut être créée sous forme scripturale  ou matérielle soit en argent-dette, soit  en monnaie pleine. Un système monétaire où la monnaie est créée uniquement sous forme d’argent dette ne peut fonctionner, il faut soit un système mixte où, par ailleurs, de la monnaie pleine est créée pour rémunérer ceux qui travaillent pour la collectivité et les missions collectives, soit un système entièrement monnaie pleine fonctionnant avec un revenu de base universel sans conditions financé par création monétaire et impôt.

 

Mais qui peut être habilité à créer cette monnaie ?   

 

Pourquoi a-t-on besoin de monnaie, avantages et inconvénients

Toute société repose sur la répartition du travail productif, ce qui entraîne la nécessité d’organiser ensuite les échanges.

Une petite société peut se permettre de fonctionner sans monnaie : chacun donne ce qu’il a produit à ceux qui en ont besoin. C’est ce que nous faisons avec nos proches : nous ne faisons pas payer nos services sachant qu’ils nous rendront la pareille si nous en avons besoin. L’inconvénient, surtout dans une société plus grande, est que certains peuvent donner beaucoup plus qu’ils ne reçoivent et d’autres recevoir beaucoup plus qu’ils ne donnent.

Si le don ne veut pas être gratuit et demande une réciprocité, on peut envisager le troc : on échange au lieu de donner. L’inconvénient en est quand les choses à échanger n’ont pas la même valeur, ou quand on ne trouve rien à échanger qui satisfasse celui qui possède le bien convoité. Le troc est surtout utilisé pour des échanges entre communautés.

Pour dépasser le troc, qui oblige à rendre à celui qui nous a donné de façon pas toujours équilibrée, les hommes depuis longtemps ont inventé la monnaie qui permet de mesurer les valeurs, différer et mutualiser les échanges ; en mesurant la valeur de ce qui a été échangé et en conservant cette mesure sous forme scripturale (écrite) ou matérielle (objet, animal, pièces, billets), il n’est plus obligatoire d’échanger des richesses de même valeur et il est possible de donner à l’un et recevoir d’un autre plus tard. La monnaie n’est pas une richesse : elle mesure et symbolise une richesse.

Notons bien que tous les échanges n’ont pas besoin d’être monétisés: lorsqu’on a confiance dans la capacité de rendre à celui à qui on donne, ou quand on peut se permettre de donner sans avoir besoin de retour, dans les échanges entre amis, encore plus dans les échanges amoureux, quand ce qu’on échange est inestimable, il n’y a pas besoin de monnaie. Celle-ci n’intervient que quand la communauté devient trop grande et que la confiance en l’autre que l’on ne connait pas n’est pas automatique ; elle sert essentiellement à mesurer ce que l’on donne et ce que l’on reçoit pour que les échanges soient équilibrés. L’inconvénient de la monnaie est de remplacer des sentiments qui nous motivent par des obligations qui peuvent nous emprisonner : au lieu d’avoir un sentiment de reconnaissance envers celui qui nous a donné, ce qui nous motive pour avoir envie de donner aussi,  le payer fait qu’on ne lui doit rien mais qu’on est obligé de fournir un travail pour gagner cet argent. Et le travail peut devenir une obligation pénible si l’organisation sociale et le système monétaire correspondant ne sont pas conçus de manière démocratique. Car posséder plus d’argent que les autres donne du pouvoir sur ceux qui n’en ont pas assez, pouvoir d’acheter leurs richesses qui peut même aller jusqu’au pouvoir de les acheter eux, et ceux qui ont le pouvoir d’en gagner beaucoup ou de le créer peuvent devenir de véritables tyrans.

La vraie richesse, ce n’est pas la quantité de monnaie que l’on possède, c’est ce qu’on l’on a dû vendre pour l’obtenir !

Si la monnaie n’est qu’un instrument de mesure, sa valeur doit être la même pour tous. Pour faire le parallèle avec un autre instrument de mesure, le mètre, qui permet de mesurer les longueurs, il existait un mètre étalon en platine iridié, conservé à température et pression constante pour que sa longueur ne se modifie pas, consultable par tous pour vérifier que tous avaient un mètre de la même longueur. Pour la monnaie, la monnaie étalon est la monnaie légale de la Banque centrale. Mais cet étalon officiel n’est lui-même qu’une représentation symbolique d’une réalité physique définie plus précisément ; le mètre est un multiple d’une longueur d’onde, ce qui permet aux physiciens d’avoir directement accès à l’étalon réel. Il y a en effet double étalonnage dans notre organisation sociale : l’étalon légal et l’étalon de l’étalon légal que l’on pourrait appeler « étalon réel ». Pour la monnaie, l’étalon légal est une monnaie qui représente la même valeur pour tous, est censée garder une valeur constante et est comparable à tout moment: c’est la monnaie de la Banque Centrale et il est possible si on le souhaite de vérifier si son billet est « vrai » (émis par l’organisme officiel) ou « faux ». Mais la monnaie officielle à son tour doit être rattachée à une richesse réelle de valeur constante : c’était le cas d’un animal ou d’une céréale dans les sociétés paysannes. Pendant longtemps, on a « étalonné » nos monnaies officielles sur l’or mais ce n’était pas un bon étalon pour plusieurs raisons :

_Sa valeur est variable : l’or est soumis à des cours spéculatifs qui font que sa valeur fluctue, monte ou descende.

_Son étalonnage est variable : les pièces étaient en or plein au début puis les pièces et les billets représentaient de moins en moins d’or.

_Ce n’est pas une richesse que tout le monde a besoin de posséder et il ne représente donc pas la même valeur pour tous : pour un paysan, l’or pouvait ne rien représenter alors qu’une vache ou un cochon représentait beaucoup plus. Son intérêt était de limiter les possibilités de création monétaire, ce qui était censé éviter l’inflation mais ne l’évitait pas car le raisonnement était faux: pour qu’il n’y ait pas inflation, il faut que la quantité de monnaie émise corresponde exactement aux capacités de production de biens essentiels à la population. Or l’or ne fait pas partie des biens essentiels et ajuster la quantité de monnaie créée à la quantité d’or que l’on possède n’est pas équivalent à l’ajuster sur ses capacités de production de biens essentiels. Pourquoi un pays qui pourrait produire tout ce dont il a besoin pour bien vivre mais qui n’aurait pas d’or ne pourrait pas avoir de monnaie? L’or a été utilisé par ceux qui en possédaient pour asseoir leur domination sur les autres monnaies.

_L’étalon or n’était pas consultable par tous : il fallait faire confiance aux banquiers pour croire qu’ils avaient la quantité d’or correspondante aux billets émis. ce qui a permis aux banquiers, de tous temps, de créer plus de monnaie qu’ils n’avaient d’or, donc de créer de l’inflation.

_L’or n’existe qu’en quantité finie et ne permet pas de s’adapter aux besoins croissants de monnaie quand la production augmente. C’est pourquoi, en 1971, le président Nixon a détaché le dollar, dernière monnaie occidentale à être convertible en or, de l’étalon or.

Donc, actuellement, il n’y a plus de richesse étalon de la monnaie légale de Banque centrale. Sur le plan international, le dollar tente encore de se faire passer pour un étalon légal mais il n’en a pas les vertus (monnaie inflationniste). Le fait qu’il n’y ait plus d’étalon or n’est pas très grave en soi, c’est même une libération. Pour la richesse- étalon, il serait facile de trouver une richesse qui a la même valeur pour tous : par exemple, on peut dire que 1€, c’est à peu près le prix d’une baguette, la baguette serait une bonne richesse-étalon pour les Français. Mais comme la loi de l’offre et la demande peut faire varier les prix individuellement, il vaut mieux que l’étalon réel soit basé sur un ensemble d’articles de première nécessité produits à l’intérieur de la communauté. Cela permet ainsi de relativiser les variations de prix. En fait, le véritable étalon, c’est le panel d’articles sur lequel est basé l’indice des prix.

On constate alors que l’inflation est bien supérieure aux chiffres que l’on nous donne et que notre monnaie légale s’est beaucoup dévaluée avec l’euro (l’indice officiel sur lequel on calcule la dévaluation est truqué car il élimine systématiquement l’inflation spéculative et tous les articles dont le prix augmente trop, comme le logement). Il y a inflation quand il y a trop de monnaie en circulation par rapport aux vraies richesses à échanger : cela rend possible l’augmentation des prix, donc la dévaluation de la monnaie. L’inflation est donc due à une mauvaise régulation du système monétaire et prouve qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas bien dans notre système monétaire puisqu’un instrument de mesure doit être le plus constant possible. Le fait que nous sommes habitués à le voir varier ne doit pas pour autant nous  faire considérer cela comme normal. Nous allons donc en chercher les causes.

Le système monétaire et sa régulation

Le système monétaire reflète l’organisation sociale : mesurer la valeur de ce qu’on échange est une chose, savoir comment on utilise cette mesure en est une autre : par exemple, être en découvert signifie seulement que l’on a trouvé à acheter avant d’avoir réussi à vendre : on peut trouver que cela n’est pas grave et attendre que cela se régularise ou, au contraire culpabiliser et pénaliser ceux qui sont à découvert en leur mettant des frais supplémentaires. Si la société veut des rapports sociaux  équilibrés, elle va veiller à ce que chacun gagne autant ou plus que ce qu’il dépense ; dans une organisation solidaire, il peut être admis que certains soient aidés et dépensent plus qu’ils ne gagnent ; dans une organisation non démocratique, certains doivent donner beaucoup de richesses et reçoivent très peu de monnaie alors que d’autres en reçoivent beaucoup et donnent peu.

Nous allons étudier la création d’un système monétaire démocratique et solidaire, dans lequel les échanges cherchent à être équilibrés, ce qui nous permettra de mieux comprendre les absurdités du système capitaliste « néo-libéral » dans lequel nous vivons.

  Comment créer un système monétaire démocratique

 

Table des matières

 

Pourquoi a-t-on besoin de monnaie, avantages et inconvénients:   http://democratie-sociale.fr/2017/pourquoi-a-t-on-besoin-de-monnaie-avantages-et-inconvenients/

Comment créer un système monétaire :   http://democratie-sociale.fr/2017/comment-creer-un-systeme-monetaire/

_Choix de l’unité et de l’étalon

_monnaie scripturale ou monnaie matérielle

_règles de création monétaire

_Qui peut créer la monnaie et quelles en sont les conséquences   http://democratie-sociale.fr/2017/qui-peut-creer-la-monnaie-et-quelles-en-sont-les-consequences/

Explication de la « crise »   http://democratie-sociale.fr/2017/explication-de-la-crise/

Pourquoi nous ne sommes plus en démocratie   http://democratie-sociale.fr/2017/pourquoi-nous-ne-sommes-plus-du-tout-en-democratie/

Petite histoire de la création monétaire   http://democratie-sociale.fr/2017/histoire-de-la-creation-monetaire-2/

Comment un système monétaire démocratique pourrait rendre notre monde merveilleux   http://democratie-sociale.fr/2017/un-monde-de-richesse-et-de-paix-protegeant-la-nature-et-la-vie-sur-terre-est-possible-avec-un-systeme-monetaire-democratique-2/

Bibliographie:   http://democratie-sociale.fr/2017/bibliographie/

 

Dictature bancaire ou système monétaire démocratique ? A vous de choisir !

Pour la majorité d’entre nous, le système monétaire semble fonctionner normalement : nous gagnons de l’argent quand nous produisons quelque chose, nous en perdons quand nous achetons. Nous ne nous posons pas de questions sur la façon dont il a été créé, l’important est qu’il circule. Mais si cet argent était faux ? Nous ne nous en apercevrions pas si les autres continuaient à l’accepter ; et nous pensons que les banques et l’état finiraient par s’en apercevoir et arrêteraient les faux monnayeurs. Et si c’était les banquiers les faux monnayeurs ? Et si l’état était complice ?

Nous sommes victimes de la plus grande escroquerie de tous les temps qui fait de nous les esclaves plus ou moins bien nourris d’un système qui ne profite qu’à quelques ’uns et conduit l’humanité à sa perte.

Ce petit dossier démontre simplement pourquoi le système actuel ne peut pas fonctionner, comment on en est arrivé là et comment il serait possible d’en sortir pour le bien de 99% d’entre nous si nous étions suffisamment informés pour faire les bons choix lors des élections. Lisez et faites circuler.

Ce dossier est le résultat d’un travail collectif regroupant, résumant ou enrichissant les acquis d’ouvrages déjà publiés et cités dans la bibliographie. Il vous est possible dans chaque chapitre d’apporter vos commentaires pour éventuellement l’améliorer ou l’enrichir, sachant qu’il est volontairement très condensé pour pouvoir être lu facilement par tous : chaque affirmation pourrait faire l’objet d’un chapitre entier pour en apporter les preuves mais la plupart d’entre nous ont déjà suffisamment d’expérience pour pouvoir en apprécier la véracité.

Table des matières: http://democratie-sociale.fr/?p=734&preview=true