Programme pour un monde meilleur

Notre société n’est pas si mauvaise, dirons certains, qu’il faille en changer : il y a pire, regardez les autres pays, plus pauvres, ou en guerre, ou sous la coupe de tyrans. Certes, il y a pire : nous croulons sous une abondance de biens matériels et il y a encore un semblant de démocratie. Mais il y a aussi pas mal de défauts que nous allons répertorier, qui gâchent la vie de pas mal d’entre nous, qu’il serait possible de supprimer si nous sommes assez nombreux à le vouloir et qui ne feront que s’aggraver si nous ne faisons rien.

 

L’austérité liée à la dette

       On nous dit que l’état est obligé de réduire tous ses programmes sociaux pour rembourser une énorme dette, ceci en culpabilisant les plus démunis qui grèvent par exemple le budget de la sécurité sociale.

Les vraies causes de la dette

Il y en a  essentiellement quatre :

-Les intérêts exorbitants des emprunts de l’état : ils sont dus au fait que les états ont délégué à des banquiers privés le pouvoir de créer de l’argent. Chaque fois qu’il y a besoin de créer de la monnaie, ne serait-ce que pour équilibrer la masse monétaire en circulation lorsque le PIB augmente, ils doivent verser des intérêts réels à des banquiers qui n’ont fait que créer une monnaie artificielle sur une ligne d’ordinateur alors que si c’était l’état qui le faisait, il n’y aurait pas d’intérêts à verser. La totalité de nos impôts sur le revenu servent à payer les intérêts de la dette alors que si depuis 1970 l’état n’avait pas recouru à des emprunts sur les marchés financiers, il n’y aurait plus aucune dette. Ceux qui s’intéressent à cette usurpation de la création monétaire peuvent consulter l’article « le coup d’état des grandes banques » ou l’excellent site www.comprendrelargent.net

-La reprise par l’état des énormes sommes données aux banques sans contrepartie pour les renflouer après la crise de 2008 due à leur excès de spéculation.

-Le déséquilibre entre recettes et dépenses : on nous dit que l’état dépense trop en  oubliant de dire qu’il pourrait gagner plus s’il n’avait pas fait tant de cadeaux aux riches et aux grandes entreprises : l’ensemble des baisses d’impôts accordés aux grandes entreprises et aux plus riches depuis 10 ans nous coûte chaque année 100 milliards. La fraude fiscale des grandes entreprises et des plus riches, contre laquelle on ne lutte pas beaucoup, est évaluée à 50 milliards par an, soit l’équivalent du déficit de l’état. La fraude sociale, quant à elle, que l’on ne manque pas de stigmatiser et d’incriminer, n’est évaluée qu’à 300 millions d’euros (sur un budget de 500milliards).

-le déséquilibre du commerce extérieur : on nous dit que nos entreprises ne sont pas assez compétitives, ce qui justifie les cadeaux fiscaux et l’aggravation des conditions de travail, mais c’est parce qu’on les met en compétition avec des pays où les travailleurs sont beaucoup moins payés.

Les solutions

Redonner à un état démocratique  le pouvoir de créer sa monnaie et l’écrire dans sa constitution. C’était écrit dans la constitution des USA mais 3 grands banquiers ont réussi un véritable coup d’état en 1913 en faisant voter la « loi sur la réserve fédérale » qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est ni une réserve ni fédérale. Elle donne,  grâce à un savant montage, tout pouvoir à ces 3 banquiers de contrôler la masse monétaire du pays et les taux d’intérêt. Ils peuvent ainsi à leur guise provoquer inflation ou récession. (cf texte sur « le coup d’état des grandes banques »). Ce système a été reproduit dans la construction européenne où la banque centrale n’a pas le droit de prêter aux états. Elle crée de l’argent qu’elle prête aux banques privées qui prêtent à leur tour aux états, générant ainsi des taux d’intérêt qui n’ont pas lieu d’être. Une grande partie de la dette est donc illégitime. Certains parlent de la renégocier sans changer nos institutions mais cela dépend du bon vouloir des banques et il est peu probable qu’elles acceptent à moins d’y être forcées. Seul un état qui inscrirait la création monétaire dans sa constitution rendrait ces intérêts illégaux.

-Faire rembourser les banques, les très grandes entreprises, et les très riches des cadeaux qui leur ont été faits ou du moins supprimer ces cadeaux inutiles.

_Les grandes entreprises sont taxées à 25% sur leurs bénéfices en Europe alors qu’elles le sont à 40% aux USA. Les multinationales arrivent même à ne pas payer d’impôts du tout grâce à de savants montages dans les paradis fiscaux mais on pourrait, si on le voulait, trouver des moyens de les imposer quand même. Les très riches étaient imposés à 70% sous Roosevelt et ne s’en portaient pas plus mal ; ils le sont beaucoup moins maintenant, d’autant moins qu’ils ont à leur disposition des « niches » fiscales » qui leur permettent de minorer encore les prélèvements.

-Faire cesser cette compétitivité à outrance, cette concurrence faussée car elle met en compétition des pays avec des niveaux de vie très différents. Il faut rétablir des droits de douane pour protéger nos industries et permettre même la réindustrialisation du pays. Les USA l’ont fait pour protéger leurs industries quand elles étaient faibles et ont prôné le « libre échange » quand elles ont été assez fortes pour écraser les autres. . Après la guerre de 1940-1945, et pour éviter de nouveaux désordres économiques reconnus comme grands responsables des guerres, 53 pays capitalistes s’étaient  réunis pour élaborer une chartre régissant le commerce international : la Charte de la Havane fut élaborée du 21 novembre 1947 au 24 Mars 1948. Le but était de créer une Organisation Internationale du Commerce (OIC), dans le cadre de l’ONU, en complément du FMI et de la Banque mondiale, afin de reconstruire un ordre économique international cohérent, l’ONU reconnaissant les fondements économiques de la paix énoncés dans l’article 55 de la Charte des Nations Unies. Cette chartre prévoyait un équilibre des balances commerciales des différents pays, des normes de travail équitables avec interdiction du dumping, le contrôle du mouvement des capitaux et la possible intervention de l’état, la coopération entre les états plutôt que la concurrence effrénée. Cette OIC n’a jamais vu le jour car le Congrès américain qui venait de changer de majorité, s’est opposé à sa ratification. Il estimait que les Etats unis devaient s’assurer une totale liberté pour écouler leur surplus de marchandises aux pays qui en étaient dépourvus au lendemain de la guerre. C’est ainsi que nous avons eu l’OMC, indépendante de l’ONU, à la place de l’OIC. L’OMC et le FMI, sous domination américaine, ont favorisé des pactes bilatéraux toujours à leur avantage. C’est le cas du « partenariat transatlantique » que l’on veut nous imposer qui prévoit au contraire la domination des grandes entreprises multinationales sur les états. La construction européenne du traité de Maastricht entre dans ce même cadre néolibéral mettant les états en concurrence au lieu d’être en coopération, organisant le dumping social, donnant le pouvoir aux grandes entreprises sur les états à travers des instances non démocratiques.

Pour faire cesser cette hyper-compétitivité, il faut rétablir des droits de douane de telle sorte que le prix d’une marchandise importée soit le même que celui de la même marchandise fabriquée en France : ainsi, la concurrence ne porterait que sur la qualité du produit et ces droits de douane pourraient être reversés en aides aux travailleurs du pays concerné.Il ne faut pas croire que rétablir des droits de douane nous isolerait du monde: ces droits n’ont jamais empêché le commerce mais permettent de le réguler et de protéger nos industries.

 

Le Chômage 

     Il y a actuellement plus de 6 millions de demandeurs d’emploi inscrits à pôle emploi (tous ne sont pas inscrits et seulement 6 chômeurs sur 10 sont indemnisés), 8,5 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (987€ par mois) dont 3millions d’enfants.

Les causes

La désindustrialisation du pays par les délocalisations plus rentables pour les multinationales.

-Le gain de productivité des travailleurs : en trente ans, l’économie française produit 76 % de plus avec 10 % de travail en moins. Du fait des gains de productivité, l’économie a besoin de 10 % de travail en moins mais, dans le même temps, le nombre de personnes disponibles a augmenté de 23 % ! Un écart de 33 % s’est donc creusé entre l’offre et la demande de travail.

-Le fait qu’il y ait un chômage important favorise les entreprises qui peuvent augmenter la pression sur leurs employés.

Les solutions

Réindustrialiser le pays  grâce à des droits de douane protecteurs.

-Diminuer le temps de travail qui pourrait être ramené à 4 jours, 28 ou 30 heures (actuellement, la moyenne du temps de travail est de 33,7h aux USA et de 30,05h en Allemagne). Certains ont un mauvais souvenir du passage aux 35h parce que celui-ci s’est fait dans de mauvaises conditions : les entreprises soumises à des impératifs de compétitivité ont triché et ont demandé aux salariés de faire en 35h ce qu’ils faisaient en 40h sans embaucher. Il en serait autrement si elles n’étaient pas soumises à une concurrence si sévère et étaient sûres de pouvoir vendre plus cher grâce à la protection douanière.

_Le » salaire de base », revenu distribué indistinctement à tous, financé à la fois par l’ensemble des aides aux plus démunis (RSA, allocations diverses), les impôts sur les plus riches et la création monétaire. Il s’ajoute aux revenus du travail quand il y en a et permet de continuer à vivre sans quémander quand il n’y en a pas.

 

L’immigration 

Il est évident que nous ne pouvons pas accueillir tous ceux qui fuient leur pays à cause d’une mauvaise organisation économique. Mais il y a déjà beaucoup de barrages mis à leur installation et leur coût financier est dérisoire par rapport à tous les manques à gagner. Le problème est en amont, il faut aider les pays d’où ils viennent à mieux organiser leur économie.

 

 

L’insécurité 

Les récents attentats ont renforcé le sentiment d’insécurité, le désir de s’en remettre à quelqu’un de puissant qui nous protège, et d’éradiquer le mal vu sous la forme d’un intégrisme religieux. Mais méfions-nous de ces pulsions primaires et du discours des pompiers pyromanes : le problème n’est pas un problème religieux mais un problème économique et politique et ceux qui prétendent nous protéger sont en grande partie responsables : les frères Kouachi ont été élevés dans un orphelinat en France et avaient alors des compétences et un désir d’intégration mais que leur a-t-on proposé à leur majorité ? on les a mis à la rue car à 18 ans, ils ne relevaient plus de la protection de l’enfance, sans accompagnement pour les aider à trouver un travail (et notre système faisant qu’il n’y a plus assez de travail pour tout le monde, les plus fragiles restent sur la touche), dans des ghettos de désœuvrés à la recherche d’une identité sociale. Que leur propose-t-on à part le spectacle de l’exclusion et de la corruption généralisée ? Ce sont ces conditions qui leur permettent d’adhérer à des discours qui leur fournissent un idéal adapté à la violence qu’ils ressentent. Et s’ils commencent à dévier, la seule réponse est la prison qui, loin de les rééduquer, ne fait que renforcer leur violence.

La solution n’est pas dans la répression car on ne peut mettre un gendarme derrière chaque citoyen et ceux qui sont déterminés passeront toujours à travers les mailles, mais dans une meilleure éducation et intégration de notre jeunesse.

Ce sentiment d’insécurité était distillé par les médias bien avant les attentats car des individus en insécurité se terrent chez eux, ne font plus confiance à leur voisin et ne s’associent plus dans des mouvements sociaux. Et le désir de répression qu’il inspire permet de faire voter des lois qui, sous prétexte de lutter contre les « terroristes » sont liberticides pour l’ensemble de la population car, par un glissement de sens, sont passibles d’être accusés de « terroristes » tous ceux qui s’opposent aux privations de liberté imposées par le gouvernement. On a vu aux USA nombre de lois liberticides votées après le 11 septembre qui sont toujours en vigueur.

 

L’éducation 

Malgré le dévouement de la plupart des enseignants, notre système d’ « éducation nationale » ne mérite guère son nom, il vaudrait mieux parler d’ « instruction nationale ». Une véritable éducation part de la spécificité de chaque enfant, de ses préoccupations  personnelles, pour l’amener à se construire et à développer ses compétences. Tout notre système est à repenser avec l’aide des intéressés en fonction de ces principes.

 

Ecologie et respect de l’environnement 

Le non-respect de l’environnement est une conséquence du système capitaliste qui oblige les entreprises à devenir toujours plus grosses et produire toujours plus pour résister à la concurrence, s’enrichir ou simplement survivre, au mépris des hommes et de l’environnement : les très gros chaluts  qui détruisent les fonds marins et des milliers de tonnes de poissons inutiles rejetés morts en mer, Monsanto qui affame les populations des pays du sud en leur faisant produire des plantes brevetées et stériles résistantes aux pesticides qu’ils vendent aussi, ….Quand on ne respecte pas les hommes, on ne respecte pas la nature ; quand un homme n’est pas respecté, il ne respecte pas non plus les formes de vie plus faibles. L’idéologie capitaliste considère qu’il n’y a pas de place pour tous, que les plus forts peuvent accéder à une richesse illimitée en ne laissant que des miettes aux plus faibles : une telle idéologie est par nature destructrice et conduit au pillage des ressources. Vouloir être écologique dans de telles conditions est voué à l’échec.
L’idéologie démocratique au contraire, qui préconise le respect d’autrui, le partage et la collaboration plutôt que la compétition, débouche naturellement sur un respect de l’environnement

 

L’accroissement des inégalités 

L’accroissement des inégalités est inhérent au système capitaliste : les riches ont 3 moyens accroître leur richesse indéfiniment sans rien produire : en faisant travailler les autres pour eux ( les propriétaires des entreprises ou les actionnaires), en prêtant leur argent avec intérêt, ou en spéculant (la bourse n’est qu’un jeu spéculatif au même titre que le tiercé à la différence qu’il n’est pas imposé par l’état et que les chevaux qu’on fait courir sont les salariés  des entreprises). Ce sont eux qui décident du salaire des salariés et, profitant de leur pouvoir, ils ont réussi en 10 ans à accroître leur part du PIB de 10% au détriment des salariés.

Entre salariés aussi, les différences peuvent être énormes  : le PDG de Renault par exemple gagne 100 fois le SMIG .Et les salariés les mieux payés cumulent ces salaires avec des primes et des actions propriétaires.

Les solutions

-Au plus fort du capitalisme triomphant aux USA, des patrons pourtant très puissants comme JP Morgan considéraient que l’écart des salaires entre un patron et un ouvrier ne devait pas dépasser la proportion de 1 à 20. Aujourd’hui, il n’y a plus de retenue et on en est de 1 à 100 et plus. Il faut que l’état instaure un revenu maximum au-delà duquel l’imposition sera de 100% en faisant entrer dans le revenu les revenus spéculatifs. Cela aurait le double avantage de réduire les inégalités (en permettant aussi de revaloriser le SMIG) et de faire en sorte que les puissants n’aient plus pour seule obsession d’accumuler indéfiniment de l’argent au mépris de leurs concitoyens et de l’environnement.

-Les actionnaires non-salariés d’une entreprise pourraient prêter leur argent et  toucher des intérêts sur les bénéfices mais n’auraient aucun pouvoir de contrôle sur la marche de l’entreprise (on a vu des fonds de pension obliger l’entreprise à s’endetter lourdement pour toucher encore plus de dividendes et limoger le PDG qui n’était pas d’accord).

-Les patrons ne seraient pas les seuls à décider du salaire : une commission nationale pourrait décider du salaire moyen de chaque profession, celui-ci pouvant être modulé ensuite en fonction de la qualité du travail.

_Les revenus boursiers seraient taxés comme les autres revenus. On pourrait même supprimer la bourse, comme le propose l’économiste Frédéric Lordon, car si l’état peut facilement prêter aux entreprises, celle-ci perd de son intérêt et ne sert plus qu’à la spéculation.

-L’accumulation de bénéfices énormes par de grosses entreprises privées pourrait être automatiquement limité sans gros moyens de contrôle en instaurant dans tous les domaines une concurrence saine entre les entreprises privées et des entreprises d’état : les entreprises d’état fonctionnant de manière démocratique, avec une comptabilité publique transparente et des bénéfices juste suffisants pour assurer la bonne marche de l’entreprise. Si le privé peut faire de meilleure qualité ou à moindre coût, il peut gagner plus mais pas dans des proportions énormes.

 

 

Une justice pas égale pour tous 

Il est facile de constater que la justice est généralement beaucoup plus sévère pour les pauvres que pour les riches ou les puissants.

Les causes

Le code pénal ne propose guère d’autres sanctions que des amendes ou de la prison : les riches souffrent beaucoup moins des amendes.

-Ils peuvent se payer de très bons avocats capables de profiter du moindre vice de forme.

-Le code pénal est beaucoup plus indulgent pour les délits financiers qui peuvent pourtant avoir des conséquences graves pour la vie de nombreux citoyens.

-C’est le procureur, dépendant de l’exécutif, qui décide si une affaire doit être portée devant la justice ou pas : il est donc facile pour l’exécutif de bloquer les affaires qui le touchent.

-C’est l’exécutif qui décide de la carrière des juges : ceux qui veulent rester intègres dans les affaires politiques doivent renoncer à faire carrière.

-Pour échapper encore mieux à la justice ordinaire, les politiques ont créé la « haute cour de justice » composée de leurs pairs et donc plus enclins à la clémence.

Les solutions

-Rendre la justice indépendante de l’état : elle pourrait dépendre d’un « conseil des sages » élu au suffrage universel ou tiré au sort, totalement indépendant, même pour son budget, de l’exécutif.

-Ce conseil des sages pourrait avantageusement remplacer le conseil constitutionnel, garant de la constitution, et le sénat pour donner son accord à toute proposition de loi.

-Il aurait en charge la police qui ne dépendrait donc que de la justice. L’exécutif n’aurait à sa disposition que la gendarmerie.

-Reprendre tout le code civil pour que les lois soient vraiment les mêmes pour tous et que les sanctions aient valeur de réparation en vue d’une réinsertion. La prison ne serait réservée qu’aux personnes dangereuses et serait conçue autrement, en plongeant les prisonniers dans un milieu éducatif très contenant où règne la loi et le respect au lieu de les exposer à « la loi du milieu » qui ne fait que les endurcir.

-La « haute cour de justice »serait supprimée.

 

L’illusion démocratique 

Beaucoup d’entre nous croient encore être en démocratie parce qu’ils ont la possibilité de voter tous les 5 ans pour un président et sa « troupe » de députés  élue pour son appartenance au même parti et qui doit le soutenir quoiqu’il fasse. Si l’on considère que la démocratie c’est la possibilité pour chaque citoyen de participer aux décisions qui le concernent et de pouvoir choisir et révoquer ceux qui le gouvernent, il faut reconnaître que nous en sommes loin :

-Nous ne faisons qu’élire un chef de gouvernement très éloigné de notre quotidien : ceux qui ont le plus de pouvoir sur nous, les patrons, les fonctionnaires, ne sont pas élus ni révocables par nous.

– Ce président ne représente en fait qu’une minorité de français : en 2012  François Hollande a obtenu au premier tour 28.63% des 77.96% votants  exprimés soit 22.31% des Français. Au second tour ceux qui se sont ralliés à lui l’ont fait plutôt pour voter contre son prédécesseur que pour lui et malgré cela, il ne représente que  51.63% des 75.69% votants  exprimés soit 39% des Français. Il en était de même pour Nicolas Sarkozy.

-Ceux qui ont voté pour son programme ont été floués car, même s’il ne respecte pas ses promesses, il est irrévocable pendant 5 ans. Et pour le remplacer, on va nous proposer le précédent.

-Notre choix est canalisé par les médias sur 2 grands partis dits « de droite » et « de gauche » mais qui ont exactement le même programme économique donc le même programme politique à quelques détails près.

-Ces hommes (et femmes) politiques élu(e)s ne possèdent plus de véritable pouvoir : ils l’ont donné aux banquiers et aux grands industriels avec qui ils possèdent des liens incestueux : ce sont eux qui assurent leur fortune et payent leur campagne électorale très coûteuse et, en échange, ils mènent leur politique, à savoir la braderie de l’état au privé et la destruction de l’état social. Le vrai terme pour désigner notre organisation sociale n’est pas « démocratie » mais « oligarchie », c’est-à-dire gérée par un petit groupe dominant. Plus exactement peut être par « ploutocratie » car cette classe dominante n’est pas constituée des meilleurs mais des plus riches.

-Cette petite classe dominante possède tous les pouvoirs :

L’argent : « donnez-moi le contrôle de la monnaie », avait dit Rothschild, « et je me moque de qui fait les lois »

La propriété des grandes entreprises avec pouvoir sur les salariés.

Le pouvoir idéologique par sa possession des médias qui répandent l’idéologie néo-libérale comme étant la seule possible : on pouvait se demander pourquoi un entrepreneur de travaux public achetait une chaîne de télévision alors qu’il n’en avait aucune compétence; la réponse a été donnée par le directeur qu’il a choisi et qui a reconnu être là pour « vendre des temps de cerveau disponible » aux publicitaires, c’est-à-dire aux grands industriels.

Le pouvoir politique : les hommes et femmes politiques de « droite » comme de « gauche » sortent tous des mêmes écoles (qui recrutent déjà de préférence dans cette classe), sont loin des préoccupations populaires, sont formatés à l’idéologie néo-libérale et ont des intérêts convergents.

-Et l’heure est grave si nous ne faisons rien car l’oligarchie qui contrôle les USA se mondialise et n’hésite pas à assassiner des milliers d’individus, y compris dans sa propre population, pour assouvir sa soif d’argent et de pouvoir.

(Voir la fiche « histoire populaire de l’Amérique », résumé du livre de Howard Zinn et celle du « 11septembre », résumé du livre de Ray Griffin)

Ce n’est pas  une « théorie  » du complot,( prenez la peine de vous informer et de vérifier vos informations en dehors de la propagande officielle),  c’est un véritable complot des puissances d’argent contre les peuples, qui a pris son essor à partir du moment où des banquiers privés ont réalisé un véritable coup d’état en prenant le contrôle de la monnaie US grâce à la «  loi sur la réserve fédérale »,emprisonnant ainsi les USA puis les autres états dans une dette exponentielle. Et leur appétit de pouvoir et d’argent est tel qu’ils n’hésitent pas à détruire tous ceux qui s’y opposent : les 3 présidents US qui ont essayé de reprendre le contrôle de la monnaie sont morts assassinés, et, pour le président Kennedy au moins, on a maintenant la preuve qu’il s’agissait d’un complot dans lequel étaient impliqués le FBI et Rockefeller (cf fiche « Kennedy »).Ils se nourrissent des guerres qu’ils provoquent ou attisent, méprisent les peuples et l’environnement, cherchent à imposer une gouvernance mondiale non démocratique et conduisent si on les laisse faire l’humanité à sa perte.

 

Comment établir un état démocratique ? 

C’est la question la plus difficile car une véritable démocratie au sens où nous l’avons définie n’a pu exister que dans de petits groupes, jamais au niveau d’un état important.

La démocratie n’est pas l’organisation la plus spontanée : le plus spontané est que les plus puissants dominent les autres et imposent leur loi et il faut savoir que tout individu, ou groupe d’individus, doté d’un pouvoir a tendance à utiliser ce pouvoir pour aller dans le sens de ses propres intérêts et pour éliminer ceux qui s’y opposent .

-Il ne faut jamais donner un trop grand pouvoir à un seul individu ou groupe d’individu. L’histoire fourmille d’exemples de révolutionnaires portés au pouvoir avec des idées démocratiques qui sont devenus ensuite de véritables tyrans. La constitution de la 5ieme république donne beaucoup trop de pouvoirs au seul président. Et si le président a du pouvoir sur le peuple, il est soumis au pouvoir des grands banquiers et des grands industriels qui sont devenus plus puissants que l’état : personne ou groupe de personnes ne doit pouvoir devenir plus puissant que l’état démocratique comme le permet ce système capitaliste. Le système capitaliste qui permet la possession de son outil de travail n’est pas mauvais en soi : il le devient lorsqu’il n’est pas limité et encadré par un système démocratique.

-Il faut renoncer à l’idéologie néo libérale qui prétend qu’en abolissant les règlementations, un équilibre égalitaire finira par s’établir : c’est manifestement faux ! Quand on supprime les règles, c’est la loi du plus fort qui s’impose. La démocratie a besoin de règles  qui protègent les plus faibles.

 

Des solutions possibles

Il faudrait donc que tout individu exerçant un pouvoir fasse la preuve de ses compétences et, pour respecter la démocratie, soit librement choisi et révocable par ceux sur qui ce pouvoir s’exerce

Cela ne passe pas forcément par l’élection : par exemple, pendant la période de plein emploi des années 60, il pouvait y avoir des petits patrons non élus dans un contexte démocratique car un ouvrier pouvait choisir son patron et en changer quand il voulait.

-Mais cela peut aussi passer par l’élection quand on connait celui que l’on élit et que l’on peut être associé à ce qu’il fait : c’est le cas par exemple des maires des petites communes. Les élections ne sont plus démocratiques lorsque celui pour qui on vote est trop lointain, connu seulement par une étiquette de parti et une image de façade, et que l’on est ni associé ni même témoin de ce qu’il fait vraiment .Il faut donc beaucoup d’élections sur de nombreux niveaux pour que l’élu soit toujours contrôlable par ceux qui l’ont élu : un ministre par exemple n’a pas à être choisi par le chef du gouvernement simplement parce qu’il est de son parti (en pouvant prendre n’importe quel ministère comme s’il pouvait avoir toutes les compétences) mais par une pyramide de ses administrés.

-Certains proposent le tirage au sort de ceux qui ont une charge publique, à durée limitée et non renouvelable comme cela se pratiquait dans la démocratie athénienne. Cela a l’avantage de concrétiser que la politique est l’affaire de tous, pas seulement de professionnels, limite les possibilités de corruption et abolit la dépendance aux bailleurs de fonds pour les campagnes électorales. Le risque est de tirer un incompétent (mais on peut en élire un aussi) : le tirage  pourrait n’avoir lieu que parmi ceux qui ont pu prouver au préalable une compétence.Ce qui sous-entend aussi que la politique n’est pas un métier: il faut un premier métier dans lequel on a montré ses capacités avant de pouvoir accéder éventuellement à une charge politique.

-Dans une démocratie, ce n’est pas le gouvernement qui impose ses lois : il n’est là que pour exécuter les lois votées par le parlement.

-Le parlement lui-même doit être composé d’élus au sommet d’une pyramide d’élus ou d’un échantillon de la population tiré au sort. Mais avec les moyens modernes de communication, notamment internet, il me semble qu’il serait possible que chaque loi soit votée par l’ensemble des citoyens concernés après une discussion nationale.

 

Concrètement

Tout ceci est une ébauche de ce que pourrait être notre travail collectif: mettre au point un système politico-économique cohérent qui permette une véritable démocratie. Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, des solutions sont possibles dès qu’on accepte de sortir du système » néo-libéral ». Certains diront que c’est  complètement utopiste car trop éloigné de la réalité actuelle. Et pourtant : l’utopie n’est qu’un projet non encore réalisé et nul ne peut dire qu’il est irréalisable sans en fournir la preuve. L’utopie certainement irréalisable en ce moment, c’est la croyance en une croissance infinie dans un monde fini : l’idéologie néo libérale veut nous imposer cette croyance en étouffant toute pensée contradictoire car c’est une nécessité pour ceux qui la pilotent, c’est-à-dire quelques gros capitalistes, pour continuer à s’enrichir : comme ils produisent au bout d’un moment trop pour la consommation intérieure (restreinte aussi parce que les ouvriers ne sont pas assez payés), ils ont besoin de trouver des débouchés extérieurs, soit par des guerres (c’est le but essentiel des guerres faites par les USA), soit par des « traités » bilatéraux léonins qui imposent aux états plus faibles d’ouvrir leur frontière et de détruire leur état social pour être livrés à leurs multinationales. L’utopie, c’est aussi de croire qu’on peut réformer le système sans sortir de l’euro et de la construction européenne actuelle, sans reprendre le contrôle de la monnaie et des frontières : l’expérience vouée à l’échec de Syriza en Grèce nous en fournira la preuve .On nous promet les pires catastrophes si nous sortons de l’euro : fuite des capitaux, inflation, dette accrue. C’est vrai si on ne remet pas en question le fonctionnement des banques et de la création monétaire. C’est faux sinon, on pourrait même effacer la dette sans que le système international s’écroule puisqu’il suffit aux banques centrales de recréer cet argent manquant. Bien sûr, les banques internationales refuseraient de prêter ensuite mais elles n’auraient à le faire que si la balance commerciale est en déficit. Quant aux capitaux en fuite, un contrôle des changes les empêcherait de revenir et l’état pourrait créer toute la monnaie nécessaire à l’économie interne sans faire de dettes. On pourrait ensuite recréer une monnaie commune à certains états européens assez proches en niveau de vie sur d’autres bases, en plus des monnaies nationales (voir l’article de l’économiste Frédéric Lordon dans le monde diplomatique d’aout 2013)

Il est urgent de réagir si on ne veut pas être complètement dépecés, comme la Grèce actuellement, et la France en a encore les moyens. Mais pour cela elle doit renoncer à cette fausse union européenne qui n’est qu’une construction néo libérale non démocratique destinée à terme à détruire les états et elle doit retrouver la souveraineté de sa monnaie et de ses frontières. Elle ne pourra trouver sa légitimité à le faire qu’en adoptant une nouvelle constitution qui écrira ces principes dans le marbre. Elle sera alors en position de force pour renégocier sa dette et les traités européens : elle pèse encore assez pour ne pas être envahie militairement et son expérience servira d’exemple aux autres peuples d’Europe et d’ailleurs qui souffrent aussi de cette domination de l’argent ; la France retrouvera le rôle de phare des libertés qu’elle a eu autrefois.

Mais cette nouvelle constitution, on ne va pas nous en faire cadeau et il ne faut pas compter sur les politiques actuels pour la faire. Elle ne peut être faite que par le peuple pour le peuple. Toutes les constitutions précédentes ont été faites par des « élites » pour des « élites » convaincus que le peuple était incapable de participer à sa gouvernance. Et si vous pensez que c’est une tâche trop difficile pour être faite par des non spécialistes, lisez celle de la 5ieme république qui nous gouverne (trouvable sur internet): elle est d’une simplicité désarmante : après une vague allusion à la déclaration des droits de l’homme (mais sans valeur contraignante), elle se contente de décrire les énormes pouvoirs du président de la république et ses rapports avec les autres institutions : parlement, sénat, conseil constitutionnel. C’est une constitution écrite par De Gaulle pour De Gaulle qui a pu fonctionner pour lui car il plaçait la haute idée qu’il avait de la France au-dessus de ses intérêts personnels mais qui n’est plus adaptée aujourd’hui.

Un peu partout en France, des associations se sont formées pour réclamer ou commencer à écrire cette constitution. Il est nécessaire de rassembler en un seul texte tous ces travaux épars pour le présenter au vote d’une majorité de Français. Je propose de faire un site internet qui regroupe et ordonne tous ces articles, auquel chacun pourra participer en fonction de ses compétences et du temps dont il dispose. Même si vous disposez de très peu de temps, un simple vote pour ou contre chaque article est important : si une majorité de Français pouvait s’unir pour ce projet commun et non pas seulement contre quelques-uns, une révolution tranquille pourrait se faire.

 

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