La dette

       On nous dit que l’état est obligé de réduire tous ses programmes sociaux pour rembourser une énorme dette, ceci en culpabilisant les plus démunis qui grèvent par exemple le budget de la sécurité sociale.

Les vraies causes de la dette

Il y en a  essentiellement quatre :

-Les intérêts exorbitants des emprunts de l’état : ils sont dus au fait que les états ont délégué à des banquiers privés le pouvoir de créer de l’argent. Chaque fois qu’il y a besoin de créer de la monnaie, ne serait-ce que pour équilibrer la masse monétaire en circulation lorsque le PIB augmente, ils doivent verser des intérêts réels à des banquiers qui n’ont fait que créer une monnaie artificielle sur une ligne d’ordinateur alors que si c’était l’état qui le faisait, il n’y aurait pas d’intérêts à verser. La totalité de nos impôts sur le revenu servent à payer les intérêts de la dette alors que si depuis 1970 l’état n’avait pas recouru à des emprunts sur les marchés financiers, il n’y aurait plus aucune dette. Ceux qui s’intéressent à cette usurpation de la création monétaire peuvent consulter le texte « le coup d’état des grands banquiers » en annexe ou l’excellent site www.comprendrelargent.net

-La reprise par l’état des énormes sommes données aux banques sans contrepartie pour les renflouer après la crise de 2008 due à leur excès de spéculation.

-Le déséquilibre entre recettes et dépenses : on nous dit que l’état dépense trop en  oubliant de dire qu’il pourrait gagner plus s’il n’avait pas fait tant de cadeaux aux riches et aux grandes entreprises : l’ensemble des baisses d’impôts accordés aux grandes entreprises et aux plus riches depuis 10 ans nous coûte chaque année 100 milliards. La fraude fiscale des grandes entreprises et des plus riches, contre laquelle on ne lutte pas beaucoup, est évaluée à 50 milliards par an, soit l’équivalent du déficit de l’état. La fraude sociale, quant à elle, que l’on ne manque pas de stigmatiser et d’incriminer, n’est évaluée qu’à 300 millions d’euros (sur un budget de 500milliards).

-le déséquilibre du commerce extérieur : on nous dit que nos entreprises ne sont pas assez compétitives, ce qui justifie les cadeaux fiscaux et l’aggravation des conditions de travail, mais c’est parce qu’on les met en compétition avec des pays où les travailleurs sont beaucoup moins payés.

Les solutions

Redonner à un état démocratique  le pouvoir de créer sa monnaie et l’écrire dans sa constitution. C’était écrit dans la constitution des USA mais 3 grands banquiers ont réussi un véritable coup d’état en 1913 en faisant voter la « loi sur la réserve fédérale » qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est ni une réserve ni fédérale. Elle donne,  grâce à un savant montage, tout pouvoir à ces 3 banquiers de contrôler la masse monétaire du pays et les taux d’intérêt. Ils peuvent ainsi à leur guise provoquer inflation ou récession. (cf texte sur la réserve fédérale). Ce système a été reproduit dans la construction européenne où la banque centrale n’a pas le droit de prêter aux états. Elle crée de l’argent qu’elle prête aux banques privées qui prêtent à leur tour aux états, générant ainsi des taux d’intérêt qui n’ont pas lieu d’être. Une grande partie de la dette est donc illégitime. Certains parlent de la renégocier sans changer nos institutions mais cela dépend du bon vouloir des banques et il est peu probable qu’elles acceptent à moins d’y être forcées. Seul un état qui inscrirait la création monétaire dans sa constitution rendrait ces intérêts illégaux.

-Faire rembourser les banques, les très grandes entreprises, et les très riches des cadeaux qui leur ont été faits ou du moins supprimer ces cadeaux inutiles. Les grandes entreprises sont taxées à 25% sur leurs bénéfices en Europe alors qu’elles le sont à 40% aux USA. Les multinationales arrivent même à ne pas payer d’impôts du tout grâce à de savants montages dans les paradis fiscaux mais on pourrait, si on le voulait, trouver des moyens de les imposer quand même. Les très riches étaient imposés à 70% sous Roosevelt et ne s’en portaient pas plus mal ; ils le sont beaucoup moins maintenant, d’autant moins qu’ils ont à leur disposition des « niches » fiscales » qui leur permettent de minorer encore les prélèvements.

-Faire cesser cette compétitivité à outrance, cette concurrence faussée car elle met en compétition des pays avec des niveaux de vie très différents. Il faut rétablir des droits de douane pour protéger nos industries et permettre même la réindustrialisation du pays. Les USA l’ont fait pour protéger leurs industries quand elles étaient faibles et ont prôné le « libre échange » quand elles ont été assez fortes pour écraser les autres. . Après la guerre de 1940-1945, et pour éviter de nouveaux désordres économiques reconnus comme grands responsables des guerres, 53 pays capitalistes s’étaient  réunis pour élaborer une chartre régissant le commerce international : la Charte de la Havane fut élaborée du 21 novembre 1947 au 24 Mars 1948. Le but était de créer une Organisation Internationale du Commerce (OIC), dans le cadre de l’ONU, en complément du FMI et de la Banque mondiale, afin de reconstruire un ordre économique international cohérent. Cette chartre prévoyait un équilibre des balances commerciales des différents pays, des normes de travail équitables avec interdiction du dumping, le contrôle du mouvement des capitaux et la possible intervention de l’état, la coopération entre les états plutôt que la concurrence effrénée. Cette OIC n’a jamais vu le jour car le Congrès américain qui venait de changer de majorité, s’est opposé à sa ratification. Il estimait que les Etats unis devaient s’assurer une totale liberté pour écouler leur surplus de marchandises aux pays qui en étaient dépourvus au lendemain de la guerre. C’est ainsi que nous avons eu l’OMC, indépendante de l’ONU, à la place de l’OIC.L’OMC et le FMI, sous domination américaine, ont favorisé des pactes bilatéraux toujours à leur avantage. C’est le cas du « partenariat transatlantique » que l’on veut nous imposer qui prévoit au contraire la domination des grandes entreprises multinationales sur les états. La construction européenne du traité de Maastricht entre dans ce même cadre néolibéral mettant les états en concurrence au lieu d’être en coopération, organisant le dumping social, donnant le pouvoir aux grandes entreprises sur les états à travers des instances non démocratiques.

Pour faire cesser cette hyper-compétitivité, il faut rétablir des droits de douane de telle sorte que le prix d’une marchandise importée soit le même que celui de la même marchandise fabriquée en France : ainsi, la concurrence ne porterait que sur la qualité du produit et ces droits de douane pourraient être reversés en aides aux travailleurs du pays concerné.

 

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