Comprendre la circulation monétaire

C’est simple si vous n’écoutez pas les économistes officiels : la finance a atteint des niveaux de sophistication volontairement assez incompréhensibles pour le commun des mortels mais qui cachent des mécanismes de base assez simples qui indigneraient tout le monde s’ils étaient compris. On nous annonce chaque jour les cours de la bourse comme on nous annonce la météo comme si notre vie en dépendait, alors que la bourse n’est qu’un jeu d’argent spéculatif qui ne concerne que quelques gros « investisseurs », essentiellement des banques. On veut nous faire partager les préoccupations des banques car, sans banques, nous n’avons plus d’argent !

Et c’est là que se situe une énorme mystification car l’argent que les banques nous prêtent, elles ne l’ont pas, elles fabriquent pour nous un argent virtuel qu’elles effaceront quand nous aurons remboursé mais en ayant empoché des intérêts réels, autrement dit, elles nous volent et vont jouer avec cet argent volé en bourse pour le faire fructifier et en avoir encore plus. (Voir l’article sur le coup d’état des grands banquiers).

Ce système est fou et ne profite qu’aux banquiers. Il ne perdure que parce qu’on lui a donné une apparence si compliquée que personne n’y comprend rien, même les politiques. Comment pourrait-on faire autrement ?

Et d’abord, a-t-on besoin d’argent ? Ne pourrait-on pas se contenter de faire du troc ?

L’argent a été un progrès sur le troc car il a permis d’échanger des choses de valeur différentes. La valeur étant une notion très subjective qui peut être différente d’un individu à l’autre, on a considéré qu’elle pouvait être fixée par la loi de l’offre et la demande : cette loi est valable quand les individus sont dans des relations égalitaires mais devient fausse dès qu’il y a des relations de pouvoir (ce sont les puissants qui fixent la valeur du travail des autres, sinon ce seraient les travaux les plus pénibles qui seraient le mieux payés).

Supposons donc une démocratie idéale où les individus sont égaux et où l’argent sert principalement à échanger des objets ou services de valeurs différentes :  comment pourrait fonctionner l’argent ?

_Constatons d’abord que toutes les relations d’échange n’ont pas besoin d’être quantifiées par l’argent : tout ce que fait la femme au foyer n’est pas monétisé par exemple, ni les échanges de service amicaux,…

_Par corollaire, ce n’est pas le PIB qui mesure la réalité des échanges dans un pays ni la qualité de vie des individus : si, par exemple, de mauvaises conditions de travail rendent les individus malades, il faut payer des médecins et des médicaments, ce qui fait augmenter le PIB mais pas la qualité de vie.

Le système monétaire a donc besoin d’être là seulement quand on en a besoin.

N’importe quoi peut servir de monnaie à 2 conditions :

_Que sa valeur soit reconnue constante par tous les membres de la société.

_Qu’elle ne soit pas falsifiable, c’est-à-dire fabricable sans rien produire (c’est ce que font les banques aujourd’hui)

Ce peut être des vaches, des kilos de blé, des pièces d’or, des billets, ou des écritures.

Mais comment le système monétaire peut-il commencer et continuer ? Quand ce sont des vaches ou des kilos de blé dans une société paysanne, ils sont là au départ et se renouvellent chaque année. Mais quand ce sont des billets ou écritures ? On a beau réfléchir, il n’y a pas d’autre solution que d’en distribuer au départ une même quantité à chacun comme dans tous les jeux de société où il y a de l’argent.. Ensuite, le système fonctionne plus ou moins bien : l’idéal est que chacun achète autant qu’il produise, l’argent circule alors dans la société comme notre circulation sanguine, il y a un flux constant. Mais  si quelqu’un achète  sans rien produire ou sans qu’on lui achète autant, il se retrouve rapidement sans argent tandis que celui qui vend beaucoup sans acheter autant va en avoir trop, la circulation s’appauvrit.

Pour que ça continue à fonctionner, il faut redistribuer, que celui qui en a trop le redonne à ceux qui en ont pas assez, ou alors, s’il veut capitaliser au cas où il en ait besoin un jour, il faut que le gestionnaire remette de l’argent dans le circuit. On voit que la capitalisation est déjà un frein à l’économie : elle forme des caillots dans le sang, et, si les caillots sont trop gros, on risque l’embolie. On voit aussi que ce système ne peut fonctionner que si l’argent est donné et non prêté car prêter revient à en prendre et non à en mettre.

Il y a pire : c’est quand l’argent stocké inutilement s’accroit. C’est un phénomène assez curieux qui n’a aucun équivalent dans les lois naturelles : d’habitude, quand on stocke une énergie, elle a tendance à se détériorer, à diminuer. Le fait que l’argent inutilisé dans l’économie s’accroisse (par la spéculation) est non seulement un paradoxe mais un danger pour le système car, au niveau organique, c’est un cancer qui ronge l’organisme et le tue.

C’est curieux : quand on essaye d’imaginer un système où l’argent a seulement pour rôle de faciliter les échanges, on ne voit pas autant la nécessité de banques privées ! Si les banques privées sont si importantes dans notre système économique, c’est parce qu’il a été créé par des banquiers pour des banquiers : ils créent de la monnaie non pas pour la donner mais pour la prêter, ce qui fait qu’au total ils ne font qu’en prendre et que personne n’en remet ; ça ne peut pas marcher, c’est pour cela qu’il y a régulièrement des « crises », quand ils ont tout pris et qu’ils ne peuvent plus en prendre. En dernier recours, c’est l’état qui s’endette pour remettre un peu d’argent, mais au prix d’une dette exponentielle  dont il sait qu’il ne pourra jamais la rembourser même si, en oppressant la population au maximum, on essaye de l’y obliger.

Un état qui voudrait redonner à l’argent sa seule valeur d’échange supprimerait donc pour les banques le droit de créer de l’argent : il ne leur laisserait que le rôle de dépôt (avec possibilité de prêter l’argent qu’elles possèdent vraiment) et distribuerait (gratuitement) une même quantité d’argent à tous. On retrouve l’idée du revenu de base inconditionnel qui permet à ceux qui font des échanges surtout non monétisés de subvenir quand même à leurs besoins monétisés et qui n’empêche pas ceux qui font des échanges plus monétisés d’avoir des revenus supérieurs. Seuls sont taxés pour permettre la redistribution les trop gros revenus et ceux qui capitalisent trop.

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