Le capitalisme est par nature antidémocratique

On a coutume de définir le capitalisme par la notion de propriété individuelle et propriété de ses instruments de travail en l’opposant au « communisme » où tout est collectif, comme s’il n’y avait que ces 2 alternatives. Tout ceci est très manichéen car, d’une part le communisme est associé à la dictature stalinienne qui n’avait plus aucun rapport avec l’idéal communiste originel et d’autre part le capitalisme actuel n’est pas que ça : c’est un système économique, certes, mais associé à une idéologie et une certaine organisation sociale.

_une idéologie disant qu’il n’y a pas de bonne place pour tout le monde et que seuls quelques-uns arriveront aux très bonnes. Cela met les citoyens en situation de compétition les uns par rapport aux autres d’autant plus violente que les mauvaises places sont vraiment très mauvaises et que les chances d’arriver aux très bonnes ne sont pas égales. Cela crée un climat social de violence et d’exclusion : imaginez l’ambiance qui règnerait dans une famille si les parents disaient aux enfants que les premiers arrivés pourraient tout manger et que les derniers n’auraient rien. C’est une idéologie qui s’oppose à l’idéologie démocratique car celle ci cherche à donner des droits égaux à tous, à protéger les plus faibles des plus forts.

_Un système politico-économique qui donne du pouvoir à ceux qui possèdent sur ceux qui ne possèdent pas : ceux qui possèdent une entreprise, même s’ils n’y travaillent pas, ont le pouvoir d’engager ou de licencier qui ils veulent, décident du salaire des employés et de la répartition des bénéfices.

_un système économique qui tend à concentrer l’argent et le pouvoir qu’il donne sur un très petit nombre de personnes : la compétition à outrance oblige les entreprises à se concentrer car les plus gros sont les plus forts et les propriétaires des très grosses entreprises peuvent alors détourner à leur profit de très fortes sommes ; de plus, le système permet à ceux qui ont trop d’argent, plus d’argent qu’il n’en est nécessaire pour vivre, d’en gagner encore plus sans rien produire en le prêtant, en spéculant ou en le jouant à la bourse, ce qui fait en particulier la fortune des banques (voir l’article sur le coup d’état des grandes banques).

La société est donc traversée par 2 courants antagonistes : le courant capitaliste de la compétition sauvage et individualiste pour la possession et l’argent. Et le courant démocratique, plus élaboré, qui cherche des relations plus égalitaires d’échange et de solidarité. Mais qui a besoin de s’appuyer pour cela sur  un ensemble de lois protégeant les plus faibles des plus forts et sur un état à la fois fort et représentant l’intérêt général pour les faire appliquer.

Le capitalisme existe depuis longtemps car il correspond  aux pulsions primaires des animaux et des êtres humains, à savoir la loi dite « de la jungle », c’est-à-dire la loi du plus fort qui permet à ceux-ci de faire ce qu’ils veulent des plus faibles, les éliminer ou les soumettre  à travailler pour eux. Il a été contrebalancé par d’autres pouvoirs : pouvoir de la religion, pouvoir de l’aristocratie, pouvoir du roi, pouvoir d’institutions élues démocratiquement. Le problème est qu’aux USA, le capitalisme a gangréné dès le début l’état et n’a plus rencontré d’autres contre-pouvoirs (voir l’article sur les USA). Il s’est mondialisé grâce aux guerres menées par les USA, guerres militaires , guerres économiques et guerre idéologique : l’idéologie « néo-libérale » que nous vivons demande à tous les états qui s’y soumettent d’ouvrir leurs frontières pour être pillés par la concurrence faussée des multinationales, de saborder toute leur partie sociale pour la donner au privé (donc aux capitalistes) et de ne garder que la partie répressive de l’état pour mâter le mécontentement des populations. La construction européenne a été faite dans cet esprit.

Les laisser faire, c’est laisser le monde courir à sa perte. Pourtant il est possible de concevoir un système économique démocratique qui ne soit ni ce capitalisme ni le communisme, en conservant la propriété privée mais en mettant des limites à l’enrichissement.( voir l’article « programme pour un monde meilleur »)

 

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