Nous croyons tous savoir ce qu’est la monnaie et pourtant personne, même pas les économistes, n’en donne une définition précise. Et, faute de définition précise, la pensée devient confuse :
-Nous définissons par le même mot la chose ou l’écriture qui permet de mesurer, et le système monétaire utilisant cette monnaie : comment elle est créée, comment elle circule, comment elle est détruite.
-Quelle différence entre monnaie matérielle (pièces et billets), monnaie scripturale (écrite), monnaie numérique (écrite de façon numérique), monnaie virtuelle (qui n’existe pas?)?
-Parle-t-on d’une monnaie qui a une valeur propre (pièces d’or) ou pas ? Ou d’une monnaie symbolique qui représente une richesse réelle (billets échangeables contre de l’or)? Et cette richesse réelle est elle une richesse possédée par celui qui a créé la monnaie (banquier)ou une richesse que l’on vient de vendre (monnaie économique)? Est-ce-que toutes ces monnaies correspondent à la même définition de la monnaie ? Ont-elles les mêmes critères de fiabilité ?
-Qu’entend-t-on par « fausse monnaie » ?
-Quelle différence entre monnaie fiduciaire (de confiance) et monnaie de Banque Centrale ?
Commençons donc par trouver la définition de ce que doit être la monnaie d’un système économique et tout le reste s’éclaircira.
Définition de la monnaie par son rôle dans l’organisation des échanges
La monnaie est au service de ceux qui la créent, et, suivant leurs intentions, il y a plusieurs façons de faire fonctionner le système monétaire. Nous nous plaçons dans cette étude d’un point de vue démocratique, du côté du peuple, et considérons la monnaie comme un moyen d’organiser des échanges équilibrés : pouvoir acheter pour la même valeur que ce que l’on a vendu. C’est la façon dont nous considérons généralement la monnaie, ou désirons qu’elle le soit, alors que la réalité de notre monnaie depuis 2000 ans est tout autre
L’humanité n’a pas toujours eu besoin de monnaie mais a toujours eu besoin de faire des échanges:
Les humains sont des êtres sociaux qui ont très rapidement compris l’intérêt de vivre en groupe communautaire : le groupe apporte sécurité par rapport aux dangers extérieurs et permet la répartition des tâches grâce à des échanges coopératifs.
Les petits groupes, tels les tribus n’ont pas besoin de monnaie car tout le monde se connaît et peut voir la façon dont chacun participe à la vie du groupe. Les échanges entre tribus peuvent se faire en troc, soit de biens à biens, soit en utilisant une monnaie propre à chaque tribu.
L’apparition interne de la monnaie, scripturale ou matérielle, pour mesurer la valeur de certains échanges ne s’est faite que dans des groupes plus importants. La première monnaie dont on ait la trace est une écriture sumérienne dans un bloc d’argile comptabilisant la quantité et la valeur du blé fourni. Les pièces de métal sont apparues plus tard.
Dans les 2 cas, écrite ou symbolisée matériellement, la monnaie est ce qui permet de se souvenir de la valeur d’un échange :
_Par exemple pour un troc différé dans le temps : un paysan demande un animal à un voisin et lui rendra l’équivalent en céréales lorsqu’il aura fait sa récolte. Écrire ou symboliser que cet échange a eu lieu permet de s’en souvenir au moment voulu. Rappelons qu’un troc consiste en un échange équilibré entre 2 personnes et demande à la personne à qui on a donné de rendre pour la même valeur. Le troc suppose des personnes quasiment autonomes qui n’ont besoin que de quelques échanges avec leurs voisins ; le troc a surtout existé dans les échanges entre communautés.
_La monnaie communautaire par contre peut permettre de dépasser la notion de troc à l’intérieur du groupe en mutualisant les échanges: il est possible avec elle de mesurer la valeur de ce qu’on donne à un membre du groupe et de recevoir d’un autre pour la même valeur. Cela demande un consensus social de tous les membres du groupe pour accepter cette monnaie comme valable.
Les échanges dont on peut mesurer la valeur sont aussi bien matériels ( biens , productions) qu’immatériels (services, transmission de savoir ou de savoir faire) mais tous les échanges ne sont pas monnayables, cela dépend des conventions sociales. Dans un système de valeurs chrétiennes, la vie humaine n’est pas monnayable mais il fut un temps, pas complètement révolu, où on pouvait acheter des femmes, des enfants ou des esclaves.
La monnaie sert donc à mesurer et conserver dans le temps et l’espace la valeur attribuée à certains échanges. Au niveau économique, le système monétaire doit permettre à celui qui a donné à quelqu’un d’avoir le droit de recevoir de lui (troc) ou de n’importe quelle personne du groupe (échange communautaire) pour la même valeur. Celui qui a commencé par recevoir doit rendre pour la même valeur (dette). A noter que nous utilisons le mot « monnaie» pour désigner à la fois le symbole qui représente la mesure (pièce, billet, écriture) et le système monétaire qui est la façon dont cette mesure est utilisée. Pour une plus grande clarté, nous donnerons donc 2 définitions:
La monnaie est l’écriture ou la symbolisation matérielle d’une mesure de valeur
Le système monétaire est une convention sociale qui permet de mesurer, de façon scripturale ou matérielle, la valeur de certains échanges, de façon à conserver cette valeur dans le temps et l’espace.
Curieusement, on ne trouve pas cette définition de la monnaie dans les traités d’économie ou dans Wikipédia. On trouve seulement 3 définitions incomplètes :
_ « la monnaie est une unité de compte » mais on ne précise pas ce qu’on compte. Il serait plus précis de dire « la monnaie est une unité de mesure de valeur»
_La monnaie est« un intermédiaire des échanges ». Il serait plus précis de dire : « elle mesure la valeur des échanges ».
_ « La monnaie est «une réserve de valeur » mais on ne précise pas de quelle valeur il s’agit car la monnaie a toujours 3 valeurs :
_la valeur propre : la valeur qu’a la monnaie quand on ne s’en sert pas comme monnaie. (la monnaie Or avait une valeur propre importante alors que la monnaie papier ou scripturale a une valeur propre infime).
_la valeur qu’elle symbolise au moment de sa création ou de sa réception : celle de la richesse réelle que l’on vient de vendre. (un bien, un service, un travail, une transmission de savoir ou de savoir faire). Pour la majorité d’entre nous, elle représente la valeur attribuée à notre travail.
_la valeur que les autres lui accordent lorsqu’on veut acheter qui devrait normalement être la même si le système est bien conçu mais qui peut être différente : _s’il y a inflation : la valeur de la monnaie a diminué, _s’il n’y pas confiance dans cette monnaie, sa valeur devient nulle si _si, au contraire, c’est une monnaie obtenue indûment, sa valeur pour acheter est beaucoup plus importante que ce qu’elle a coûté pour l’obtenir.
Pour qu’un système monétaire permette des échanges équilibrés, il faut et il suffit que les 2 dernières valeurs soient identiques.
Nous voyons donc que ces 3 définitions incomplètes pourraient aisément être remplacées par la définition donnée plus haut. Pourquoi celle-ci a-t-elle été occultée ?
Si on prenait conscience que le système monétaire est avant tout un instrument de mesure (de valeur), on pourrait alors se demander pourquoi il n’obéit pas aux règles de sécurisation auxquelles tous les instruments de mesure obéissent pour être fiable:
_ une mesure doit être étalonnée: un étalon est une unité officielle dont tout le monde peut posséder une copie pour faire sa mesure (c’est le mètre pour les longueurs, le kilo pour les poids, le mètre cube ou le litre pour les volumes,…..). Il n’y a pas d’étalon dans notre système monétaire, les prix sont variables en fonction de l’offre et de la demande. L’Or lui même n’était pas un étalon puisqu’il n’était pas reproductible, c’était un simple intermédiaire des échanges qui servait à faire du troc.
_la création de la mesure doit être certifiée: il faut être certain que celui qui écrit la mesure n’a pas triché (les mètres, balances, pompes à essence, sont régulièrement vérifiés par un organisme d’état). Cette certification existe dans les échanges entre particuliers mais il n’y a aucune certification dans la façon dont les banquiers créent la monnaie.
_la mesure doit conserver sa valeur dans le temps et l’espace (sur plusieurs années et d’un bout du pays à l’autre). Nous voyons que ce n’est pas le cas dans notre système monétaire et qu’il y a une inflation systématique. Ce n’est pas non plus le cas lorsqu’on prête avec intérêt, quel qu’il soit, puisque, au total, on a modifié la mesure initiale.
L’important dans une mesure n’est pas la valeur propre de son écriture mais l’exactitude de ce qu’elle symbolise et, pour cela, il est nécessaire que les 3 conditions précédentes soient vérifiées.
Nous entendons par fausse monnaie une monnaie dont la valeur de création est très inférieure à la valeur du pouvoir d‘achat. Attention aux mots qui empêchent de penser : les économistes appellent monnaie fiduciaire (de confiance) la monnaie de banque centrale et fausse monnaie la monnaie qui imite la monnaie de banque centrale ; de telles définitions empêchent de penser qu’il puisse y avoir de la fausse monnaie de banque centrale, or nous verrons que c’est pourtant le cas. Cette fausse monnaie là est indétectable pour les utilisateurs tout en rapportant énormément aux faussaires et ne s’appréhende que si on connaît les modalités de création et le fonctionnement global du système monétaire.
Nous constatons que la monnaie Or, sur le modèle duquel nous fonctionnons depuis 2000 ans est d’une nature différente puisque sa valeur propre importante permet de l’utiliser dans un échange de troc : on troque d’abord ce que l’on vend contre de l’Or puis on troque de l’Or contre ce qu’on achète. Ce système a surtout été intéressant pour des échanges internationaux mais a été une erreur lorsqu’il a été introduit à l’intérieur d’une nation. Intéressant au début pour le souverain car il obligeait le peuple à travailler pour lui s’il voulait acquérir cette monnaie, l’or avait l’inconvénient de ne pas être disponible en quantité suffisante dans le pays, ce qui bloquait le système économique et obligeait le souverain à conquérir de nouvelles mines ou à emprunter. C’est parce qu’ils ont utilisé la monnaie des marchands que les souverains ont finalement été remplacés par les marchands. Nous pouvons appeler cette monnaie et toutes celles ayant une grande valeur propre des « monnaies troc ».
Ces monnaies -troc mettent ceux qui possèdent la richesse à troquer en position de souverains puisqu’ils ne la distribuent qu’à ceux qui travaillent pour eux. En fait, dans le cas de la monnaie Or, c’est le métal précieux qui est le véritable souverain et n’importe qui qui en possède peut acheter ce qu’il veut. C’est ainsi que la recherche et la possession de l’or ont pu devenir une préoccupation plus importante que des travaux plus utiles à la société. L’Or, qui, dans les civilisations antiques, servait seulement à décorer les temples, est devenu une espèce de dieu créateur de monnaie, de richesse et de pouvoir. Et ceux qui peuvent créer la monnaie papier grâce à lui sont devenus les Grands Prêtres de ce Dieu. il n’est pas étonnant que les juifs l’adorèrent un moment (le veau d’or du livre de l’exode).
Il existe donc 2 sortes de monnaies :
_Les monnaies troc où la monnaie a une valeur propre importante. Elles peuvent avoir un forme réelle (pièces d’or, animal, n’importe quoi de précieux) ou symbolique (monnaie des banquiers à l’époque où elle représentait de l’or). Pour être fiables, il faut que la valeur propre de ces monnaies soit égale à la valeur de la richesse vendue et ne varie pas.
_Les monnaies-mesure où la valeur propre de la monnaie n’a aucune importance. Par contre elles doivent symboliser exactement au moment où elles sont données ou crées la valeur des richesses vendues . Pour être fiables, il faut qu’elles obéissent aux 3 critères énoncés plus haut.
Ces 2 sortes de monnaie sont incompatibles car elles ont des conditions de fiabilité différentes. Donner une valeur propre importante à une monnaie mesure n’apporte rien à la mesure mais permet à la fois de justifier qu’elle ne puisse être produite que par certains, et de masquer qu’elle n’est pas vraiment une monnaie mesure fiable en évitant de la confronter aux critères nécessaires. On comprend maintenant pourquoi les économistes ne donnent pas de définition claire de la monnaie : cela permet de l’utiliser tantôt comme une monnaie mesure (dans nos comptes en banque), tantôt comme une monnaie troc souveraine (dans la finance).
En donnant une fausse valeur arbitraire à leur monnaie qui n’a aucune valeur propre, les banquiers nous font croire qu’il s’agit d’une monnaie -troc qui justifie leur monopole alors que nous l’utilisons comme une monnaie mesure sans savoir qu’elle ne respecte pas les critères de fiabilité.
Pour chacune de ces monnaies, c’est le mode de création qui va déterminer si le système monétaire sera souverain ou communautaire: si elle est crée par un seul individu, ou groupe d’individus, le système sera souverain car ce sont eux qui vont déterminer le droit des autres à faire des échanges. Il sera communautaire si c’est ceux qui échangent qui peuvent la créer.
Au total, il ne peut donc y avoir que 4 sortes de monnaies fiables possibles conformes à notre définition de la monnaie :
1) Les monnaies-troc souveraines comme la monnaie Or des rois au début. Elles ont pu être utilisées correctement au début par les souverains qui les distribuaient vraiment en échange de services rendus à l’état (mais leur or se raréfiant, le poids d’Or dans les pièces s’est raréfié aussi, ce qui rendait le troc non fiable) puis frauduleusement par les banquiers :la monnaie or symbolique sous forme de billets ne peut plus être considérée comme une monnaie fiable à partir du moment où les banquiers ont émis plus de billets qu’ils n’avaient d’or, autrement dit dès le début de leur existence, vers 1665. Cette fraude non réprimée a permis aux banquiers d’accroître constamment la quantité d’or qu’ils possédaient et, à terme, de prendre la place des souverains. Ensuite la monnaie a représenté de moins en moins d’or et ne représente officiellement plus rien depuis 1971. Mais les financiers continuent de la considérer comme une richesse réelle en lui donnant la valeur de ce qu’elle peut acheter : c’est une valeur totalement artificielle, détachée de la valeur d’acquisition à laquelle elle devrait être liée, qu’ils nous font confondre avec une valeur propre inexistante. Confondant cette valeur avec la valeur propre, ils peuvent ainsi l’utiliser dans le casino boursier. Aux USA, puis dans le monde entier, cette monnaie a permis le développement du capitalisme qui a remplacé sous une autre forme l’esclavagisme : ce sont ceux qui possèdent les capitaux (les banquiers et ceux à qui ils veulent bien prêter) qui décident des salaires et des conditions de travail de l’ouvrier.
2) La monnaie-troc communautaire : dans les sociétés paysannes à l’époque de la royauté, ou dans la cité romaine antique, quand un animal ou une mesure de céréales que tout le monde possédait pouvait servir de monnaie d’échange, nous avions une monnaie -troc fiable car tout le monde pouvait la créer et sa valeur se conservait dans le temps.
3) La monnaie mesure souveraine, comme celle de l’Égypte ancienne et des sumériens où un employé de l’état écrivait la mesure de ce que chaque travailleur faisait. Il y eut aussi une monnaie mesure sans valeur propre sous la Russie des Tsars.
4) la monnaie mesure communautaire où ce sont ceux qui échangent qui déterminent la valeur de l’échange et en écrivent la mesure .
Ce raisonnement théorique est confirmé par l’histoire et va nous permettre d’analyser les différents systèmes actuels, ceux que l’on nous promet, et ceux qui nous permettraient un meilleur avenir.
Les systèmes monétaires actuels
le système monétaire « occidental » ne remplit aucune des conditions de fiabilité, c’est à la fois une fausse monnaie-troc et une fausse monnaie-mesure tout en prétendant être les 2 à la fois:
_La valeur propre de la monnaie scripturale ou sous forme de billets est infime, ce ne peut pas être une monnaie troc.
_ il n’y a pas d’étalon, ce qui l’empêche d’être une monnaie mesure. Spontanément, nous cherchons à mettre des étalons : pour le salarié, ce pourrait être le temps de travail mais il n’y a pas d’étalon pour les marchandises dont le prix est déterminé en grande partie par la finance. Les 2 prix ne sont pas liés par le même étalon : Il fut un temps où il y avait une certaine correspondance entre le SMIG et l’indice des prix, mais elle a été supprimée. Mais c’est surtout au moment de la création que le manque d’étalon permet aux banquiers de faire de la fausse monnaie.
_ il n’y a aucune certification au moment de la création, ce qui permet la fraude: il y a un immense hiatus entre la valeur représentée à la création (quasiment nulle) et la valeur d’achat ( celle représentée par l’écriture ou le billet) alors que ces 2 valeurs devraient être identiques. Et alors qu’un faux monnayeur ordinaire se contente d’utiliser la monnaie qu’il a créé, les banquiers doublent la mise en demandant qu’on leur rende une vraie monnaie en échange. Et comme ils la détruisent, la dette n’est pas soldée car on leur doit encore la monnaie qui circule.
La fraude ne concerne que la création monétaire. Ensuite, dans l’économie, cette monnaie, fausse monnaie-troc au départ évolue comme une monnaie mesure : les échanges entre particuliers sont certifiés, avec des valeurs d’acquisition et de libération sensiblement égales s’il n’y a pas trop d’inflation, mais avec quand même une absence d’étalon qui permet de faire n’importe quoi avec le prix des marchandises. Pour faire croire que c’est aussi une monnaie-troc et sauver le capitalisme, les financiers n’attribuent à la monnaie qu’une seule valeur, la valeur de ce qu’elle permet d’acheter, qu’ils confondent avec la valeur propre.
Comme nous ne sommes pas dans le cadre d’une monnaie troc, ce système place de plus frauduleusement les banquiers en position de souverains. Ce système n’est pas viable, il pompe constamment l’économie vers la finance et ne peut que s’effondrer après avoir tué l’économie. Si l’on compare le système monétaire qui irrigue les échanges au sein d’une société au sang d’un organisme vivant qui permet les échanges entre les cellules, demander à un banquier de produire notre monnaie, c’est comme demander à un médecin de produire notre sang : ce médecin nous demanderait de lui rendre plus de sang que le sang prêté, pas tout pour ne pas nous tuer complètement, mais suffisamment pour qu’on soit obligé de lui en demander encore. Et si nous ne lui obéissons pas, il arrête de nous en fournir, nous sommes devenus son esclave. C’est ce que nous subissons aujourd’hui.
Ce système est né d’une fraude fondamentale non dénoncée, quand les banquiers ont commencé à faire des prêts avec l’argent de leurs déposants. Si tout le monde ne venait pas chercher son or en même temps, cela ne se voyait pas, et quand les besoins de monnaie se sont amplifiés, au lieu de renoncer à l’or dont les quantités devenaient insuffisantes, les gens ont continué à faire confiance aux banquiers. (Cette « confiance » a plutôt été imposée par les souverains). Des banquiers privés ont pris possession des banques centrales et ont inventé le système des « réserves fractionnaires » pour multiplier la monnaie insuffisante des banques centrales : les banques ordinaires pouvaient aussi faire des prêts non pas sur une petite partie de l’argent de leurs déposants, comme à l’origine, mais sur la quasi totalité de l’argent déposé. Il suffisait d’avoir une petite réserve en monnaie de banque centrale (moins de 10% actuellement, 8% théoriquement mais seulement 1% obligatoirement). Ce qui veut dire que si quelqu’un dépose 100e, la banque peut prêter 10 000e et, sur ces 10 000€, 9900e sont de la fausse monnaie et 100€ sont le vol de la monnaie déposée, sans compter que cette monnaie déposée provient forcément d’un emprunt fait dans les mêmes conditions. Ainsi ils peuvent multiplier dans des proportions pharamineuses une monnaie de banque centrale qui n’est pas non plus une monnaie fiable puisque les réserves d’or ou d’actifs ne correspondent pas toujours à la valeur des billets ou écritures créés.
C’est ce qui leur permet de dire maintenant que l’argent qui est sur nos comptes ne nous appartient pas, car il a déjà été prêté à quelqu’un, au lieu de dire que c’est leurs prêts qui sont frauduleux. Cette fraude initiale non dénoncée, qu’ils ont réussi à faire passer pour une normalité, a pris des proportions ubuesques. La faute n’en est pas seulement aux banquiers mais à ceux qui l’ont couverte, essentiellement les intellectuels et les dirigeants. Tout être humain a besoin qu’on lui mette des limites quand il fraude, et, s’il n’en trouve pas, il fait des fraudes de plus en plus grosses jusqu’à temps que cela se voie. Il est étonnant que depuis tout ce temps, personne n’ait fait une véritable réflexion sur la monnaie comme celle que nous venons de faire. La plupart des économistes ont juste cherché à justifier le système et ceux qui ont commencé à vouloir le moraliser n’ont pas été écoutés : Irving Fischer a été un économiste célèbre mais il a été oublié quand il a parlé d’un système «100% monnaie » qui empêchait les banques d’utiliser l’argent des comptes courants pour faire des prêts. Maurice Allais a eu le prix Nobel d’économie avant d’être oublié quand il a commencé à dire que les banquiers faisaient de la fausse monnaie. Le système «monnaie pleine» a été repris par un ancien banquier suisse, François de Siebenthal, qui a réussi à organiser en 2014 une votation sur ce sujet en Suisse. Cette votation a échouée car les médias d’information suisses, qui sont comme partout aux mains des banquiers, ont réussi à manipuler l’opinion. Et ces économistes n’ont même pas été au bout de leur réflexion en ne remettant pas en cause _la création monétaire par des banques centrales privées, _la création monétaire par la dette, _et en ne faisant pas la distinction entre la monnaie troc et la monnaie mesure. Le système « monnaie pleine » est proposé comme une amélioration du système monétaire actuel mais reste intégré dans le système politique républicain dirigé par les banquiers. Il ne faut pas s‘étonner qu’il soit refusé car le système monétaire est complètement intriqué avec le système social : il correspond actuellement à une dictature d’un petit cercle comprenant les grands banquiers et quelques grandes familles. On ne peut pas changer le système monétaire si on ne fait pas en même temps une action politique pour destituer ces usurpateurs.
La «théorie moderne de la monnaie» semble découvrir qu’un état peut aussi créer sa monnaie mais elle n’utilise cette propriété que partiellement, en gardant par ailleurs l’ambiguïté sur la définition de la monnaie et en maintenant le fonctionnement actuel des banques.
D’autres parlent des cryptomonnaies pour s’affranchir des banques car les échanges sont certifiés par les blockchains et cryptés pour les rendre anonymes. (Mais, d’après Snowden, elles ne donnent que l’illusion d’échapper aux banques: les créateurs de ces cryptomonnaies subissent de telles pressions qu’ils sont obligés de donner les noms de leurs utilisateurs aux banquiers, même le créateur du Bitcoin a été obligé de céder).
Outre cette particularité, elles ne possèdent aucun des autres critères d’une monnaie fiable: examinons par exemple le bitcoin et la June.
Le Bitcoin
_il n’est pas étalonné, donc très sensible à la spéculation, ce qui fait d’ailleurs son principal attrait pour ceux qui l’acquièrent.
_les échanges sont certifiés par une blockchain très coûteuse en énergie. C’est une monnaie uniquement numérique : que se passe-t-il en cas de panne d’électricité ou de piratage informatique?
_sa valeur n’étant pas stable, il est impropre à être une mesure de valeur fiable. Il ne correspond d’ailleurs pas à la définition d’une monnaie utilisable dans l’économie: sa création n’est pas liée aux échanges, elle est réservée aux « mineurs » (ceux qui font marcher le système avec leurs ordinateurs) mais de façon aléatoire et ne mesure donc pas exactement la valeur de leur travail.
C’est une « monnaie » troc souveraine non fiable qui place l’utilisateur sous la dépendance d’un souverain inconnu: un logiciel programmé par qui et comment?
Ce n’est donc pas véritablement une monnaie correspondant à notre définition, mais un actif boursier que l’on s’échange.
C’est le cas de la plupart des crypto-monnaies : elles permettent d’échanger à l’abri des banques mais en se mettant sous la dépendance d’un système de création monétaire non lié aux échanges. Certaines récompensent les «mineurs»(ceux qui font marcher le système), par de la création monétaire, mais cela reste très marginal. Le fait que la création monétaire ne soit pas liée aux échanges de richesses réelles donne au créateur de monnaie un pouvoir de contrôler les échanges. Ce sont encore des monnaies trocs souveraines dont le souverain n’est plus le banquier mais un logiciel ou celui qui le manipule. Et le pire est qu’on troque des richesses réelles contre quelque chose de virtuel qui n’est qu’un actif boursier de valeur variable : c’est encore plus fragile et indomptable que la monnaie Or.
Pourquoi être obligé d’acheter une monnaie alors que nous pouvons la créer gratuitement? Pourquoi lui donner une valeur propre inutile et virtuelle qui masque l’absence de fiabilité en tant que mesure si ce n’est pour ne pas remettre en cause le système bancaire capitaliste actuel?
La June
_comme le bitcoin, elle n’est pas étalonnée, donc de valeur variable selon les utilisateurs.
_les échanges sont certifiés par une blockchain moins gourmande en énergie que celle du bitcoin mais c’est aussi une monnaie uniquement numérique.
_Sa valeur variable est une gêne pour en faire une mesure fiable mais dans des proportions moindres actuellement que pour le bitcoin car le fait qu’elle soit distribuée de la même façon à tout le monde la rend moins spéculative.
La June correspond à une création monétaire gratuite réellement indépendante des banques mais sa création n’est pas liée à la valeur des échanges : elle est faite par un logiciel de façon égalitaire en fonction du nombre d’utilisateurs. Pourquoi rémunérer tout le monde pareil alors que les besoins en monnaie sont liés aux besoins d’échanges et ne sont pas les mêmes pour tous? (quelqu’un qui vit presque en autarcie n’a pas les mêmes besoins d’échange que celui qui a un travail très spécialisé et dépend beaucoup des autres pour satisfaire ses besoins).
Ce n’est pas à proprement parler une monnaie car sa création n’est pas liée à des productions vendues, ce n’est qu’une distribution programmée de bons d’achat : quel intérêt ont alors les producteurs à produire? Et qu’est ce qui prouve que la quantité créée est adaptée à la quantité de production pouvant être achetée? De plus, cela suppose que tous les utilisateurs ont des besoins de même valeur, ce qui est faux. La June permet actuellement d’échanger en dehors des banques partout dans le monde, mais elle serait inadaptée pour en faire la monnaie d’un état.
Les monnaies locales: elles sont adossées à l’euro et ne font que le dupliquer, donc ne sont pas différentes. Leur seul intérêt est de renforcer l’identité locale, d’inciter à consommer localement, et d’être sûr que cet argent là ne sera pas utilisé par la finance.
Aucune de ces monnaies n’a toutes les propriétés d’une véritable monnaie mesure communautaire telle que nous l’avons définie: on ne la retrouve que dans les SEL (Systèmes d’Échange Locaux)
_La monnaie des Sel est étalonnée sur le temps de travail, ou temps de vie consacré aux autres. Par souci d’égalité, la valeur de l’heure de travail dans les SEL est la même pour tous, donc ce qu’on achète est calculé avec le même étalon que ce qu’on produit.
_Elle est certifiée par celui qui reçoit, qui est débité de la même somme.
_ Elle est créée gratuitement par une banque centrale gérée par la collectivité. Cette création ne peut être faite que pour quelqu’un qui donne de son temps à quelqu’un d’autre ou à la collectivité. Il peut y avoir aussi création de monnaie soit pour aider ceux en difficulté par décision de l’assemblée générale (c’est une sorte de cadeau fait par le groupe), soit pour financer un projet collectif.
_elle est insensible à la spéculation et n’a aucune raison de varier entre le moment de sa création et celui de son utilisation puisque l’étalon est le même dans les 2 cas.
Contrairement à la June, sa création est réellement faite par le peuple et s’adapte parfaitement aux capacités de production. Les SEL constituent une excellente expérimentation d’une monnaie « Simple Mesure de la Valeur des Richesses Vendues» prouvant que tout ce qui sera dit par la suite n’est pas utopique et fonctionne (Rien n’empêcherait, si on le voulait, de donner aussi à la monnaie des SEL la forme de pièces, billets ou symboles divers). Ce système fonctionne d’autant mieux que la communauté est large et contient des compétences complémentaires permettant de subvenir aux besoins essentiels. Elle serait parfaite (avec quelques aménagements comme nous verrons plus tard) comme monnaie nationale, c’est pourquoi les banquiers au pouvoir ne la tolèrent que sous forme réduite et locale.
Citons encore le JEU (Jardin d’Échanges Universel),qui utilise la même monnaie que les SEL, étalonnée sur le temps, certifiée par les 2 protagonistes de l’échange, mais qui ne permet pas la création monétaire pour ceux qui travaillent pour la communauté.
Les monnaies que l’on nous promet
Les mondialistes encore au pouvoir veulent imposer la monnaie numérique souveraine possédant les mêmes caractéristiques que la monnaie actuelle sans la possibilité d’avoir des espèces, ce qui nous mettra définitivement en esclavage puisqu’ils la créeront et la distribueront à leur guise, _pouvant la rendre fondante (à utiliser avant une date limite) _ou non valable sur certains articles, _ou non valable sur certains espaces pour limiter nos déplacements, Ils pourront même supprimer les comptes des opposants politiques pour leur ôter toute vie sociale (cela a déjà commencé : Nigel Farage, un opposant politique anglais, s’est vu fermer son compte en banque car « ses valeurs ne correspondaient pas à celles de sa banque »; il peut encore changer de banque mais que faire s’il n’y a plus qu’une seule banque mondiale dirigée par les Rothschild?). Cela vient d’être fait en France à Jacques Baud.
Ils n’arriveront certainement pas à leur fin car les patriotes mettent en place à leur insu un nouveau système monétaire dont on nous dit qu’il supprimera les fausses dettes qui nous accablent et sera de nouveau basé sur l’or avec une sécurisation quantique des échanges qui empêchera toutes les malversations possibles des banques actuelles.
Nous reviendrions à l’utilisation de l’or comme monnaie troc internationale. Cela est un progrès par rapport à la monnaie d’un pays comme monnaie internationale, mais cela conserve les inconvénients de la monnaie OR : sa quantité finie qui limite la possibilité d’échanges et encourage la fraude, et son utilisation par la finance. On pourrait très bien envisager une monnaie mesure internationale différente de toutes les autres monnaies, sans valeur propre, mais ayant tous les critères d’une mesure fiable.
Cette monnaie internationale ne doit pas empêcher les états d’avoir en interne leur propre monnaie mesure sans valeur propre, comme avaient fait les tsars.
C’est ce que mettent en place les BRICS mais en ayant encore en interne des monnaies-troc.
Or nous verrons qu’une monnaie simple mesure de la valeur des échanges permet un tout autre fonctionnement économique.
La vraie nature de la monnaie n’est pas de représenter une richesse possédée mais une richesse vendue, et une monnaie de ce type ne coûte rien à créer, peut être créée par l’état ou les usagers, et a des propriétés nouvelles que nous allons explorer, qui vont paraître extraordinaires tellement nous sommes habitués au mauvais fonctionnement de la monnaie .