Un monde meilleur est possible avec un système monétaire démocratique

Toutes les velléités pour rendre notre monde meilleur, plus respectueux des hommes et de la nature, se heurtent à des considérations économiques qui semblent toutes puissantes. Elles ne le sont que parce que nos politiques ont organisé notre impuissance, mais tout pourrait  changer si nous reprenions le contrôle de la création monétaire.

Ce pouvoir de la création monétaire a été volé aux peuples depuis presque toujours, (voir l’article sur l’histoire), le peuple pourrait le récupérer : en effet, l’énorme pouvoir qu’il confère appartient à celui qui le possède, un peu comme la lampe d’Aladin ; à l’instant où il change de main, le propriétaire précédent perd instantanément tous ses pouvoirs.

Voyons ce qu’il serait possible de faire avec le seul pouvoir démocratique qui nous reste, si nous élisions un président courageux réellement disposé à s’attaquer au système bancaire:

_Dès son élection, la banque de France revient sous contrôle de l’état, comme cela était prévu dans son programme, et acquiert l’exclusivité de la création monétaire. L’élection avec ce programme vaut référendum et permet de modifier la constitution pour l’adapter à ce programme: il faut y écrire  l’irréversibilité de l’exclusivité de la création monétaire par la banque de France, supprimer les rajouts qui nous subordonnaient à l’Europe, l’améliorer dans la foulée en la démocratisant; il pourrait même y avoir eu une constitution écrite par le peuple dans le programme qui serait donc automatiquement validée par l’élection. Les conséquences de ce premier acte sont énormes:

_Cela nous met de facto en contradiction avec les traités européens et déclenche le processus de sortie prévu à l’article 50.(Ce qui est un bien car les traités européens nous avaient enlevé notre autonomie politique, économique et militaire). C’est une sortie étalée sur 2 ans maximum qui permet de négocier les liens à conserver.

_Reprendre le contrôle de la monnaie obligera à sortir de l’euro et des traités européens car ceux-ci nous l’interdisent explicitement et ne sont pas modifiables. Mais, contrairement aux prédictions que ne manquerons pas de faire les experts corrompus, nous ne nous en porterons que mieux : l’Europe nous coûte plus qu’elle ne nous rapporte, elle nous enlève notre indépendance politique car les différents gouvernements ne font qu’appliquer les directives de la commission non élue, elle organise le dumping social en supprimant les barrières douanières nécessaires pour protéger notre industrie ; ces barrières n’ont jamais empêché le commerce, elles le régulent. Après la dernière guerre mondiale, la majorité des pays du monde s’étaient mis d’accord sur des règles commerciales permettant de protéger chaque pays : les accords de La Havane n’ont pas été appliqués car les USA s’y sont opposés, les remplaçant par des accords unilatéraux de « libre échange » dont la seule liberté est de permettre aux industries américaines d’envahir les pays qui s’y soumettent. (Alors qu’à leur début, elles étaient bien protégées par des barrières douanières)

_Cela nous fait sortir de l’Euro qui étouffait notre économie mais de façon indolore pour la majorité des Français: les euros qu’ils possèdent deviennent des Francs à parité égale.

_Pour éviter la disparition des capitaux à l’étranger, il est nécessaire d’installer un contrôle des changes et des frontières. Là encore, la majorité des Français n’en sont pas gênés car le contrôle ne concerne que les gros capitaux. De même, l’argent évadé dans les paradis fiscaux ne peut revenir.

_La dette illégitime, et maintenant illégale, est renégociée en supprimant les intérêts mais sans léser les petits épargnants.

_Les banques ne peuvent plus prêter que leur fonds propres et, éventuellement, une partie de l’argent de leurs déposants avec l’accord de ceux ci.

Ces quelques mesures privent instantanément les grandes banques étrangères de tout pouvoir sur notre économie et permettent au nouveau président d’accomplir des miracles car tout ce qui était impossible avant va le devenir:

_D’abord réindustrialiser le pays: les délocalisations ne sont plus rentables puisque des droits de douane protecteurs sont rétablis. L’état peut user de son droit de création monétaire pour des investissements collectifs productifs, racheter des usines abandonnées, prêter sans intérêt à ceux qui veulent entreprendre, faire travailler les chômeurs sur de grands travaux publics.

_L’augmentation de la production permet d’utiliser aussi la création monétaire pour des dépenses de l’état sans générer d’inflation, ce qui permettra de diminuer les impôts, taxes et cotisations diverses.

_Il devient possible de décider ce que nous voulons faire  sur le plan social et environnemental, quelque soit son coût.

_La croissance à tout prix n’est plus un problème: le système peut fonctionner de façon stable sans croissance.

_Il n’est plus nécessaire d’écraser ses voisins pour être compétitif, la coopération est privilégiée.

La gestion publique de la création monétaire ne résout cependant pas tous les problèmes sociétaux à elle seule et d’autres mesures devront être prises si on veut aller vers une société plus égalitaire et plus démocratique, voici quelques suggestions:

_Il serait possible à un  état pas très démocratique, comme celui que nous avons actuellement, d’utiliser la création monétaire à son profit exclusif et de recréer un système capitaliste d’inégalités. Il serait mieux que la banque centrale ait une gestion démocratique indépendante de l’exécutif. Le plus simple est d’en revenir au livre de compte mais modernisé: 95% de la monnaie en circulation est déjà sous forme scripturale, toute la monnaie pourrait l’être à condition que nous ayons entière confiance dans l’organisme de gestion et que le paiement en ligne puisse se faire aussi entre particuliers, par exemple avec une application smartphone. Il existe déjà de tels logiciels pouvant jouer le rôle de banque centrale: la création monétaire ne peut se faire que lorsqu’il y a échange de richesse réelle: celui qui donne est crédité positivement, celui qui reçoit négativement. Les 2 doivent confirmer l’échange pour qu’il soit enregistré. Il est possible d’avoir un solde négatif pendant un moment (un découvert) sans que cela engendre de pénalité (équivalent à un prêt sans intérêts). Le solde négatif de l’état lorsqu’il rémunère ceux qui travaillent pour la collectivité n’est pas une dette de l’état, mais une dette de la collectivité envers ceux qui ont travaillé pour elle, qu’elle paiera en leur fournissant des richesses en échange de cette monnaie. Ce solde négatif indique seulement la quantité de monnaie pleine créée, autrement dit le budget de l’état, et n’a pas à être remboursé. Le budget de l’état est public et voté par les citoyens qui vérifient que l’état ne peut pas créer de monnaie autrement que pour des investissement productifs publics. Ce logiciel est dans des serveurs dupliqués, pour éviter une paralysie s’il y a une panne, avec un contrôle humain démocratique pour faire des prêts exceptionnels (ou des découverts exceptionnels) aux particuliers investissant dans une activité productrice. Il ne peut pas y avoir de prêts pour des investissements spéculatifs.

Mais une véritable avancée démocratique ne pourra se faire qu’avec une nouvelle constitution donnant plus de pouvoir au peuple pour participer à l’élaboration des lois et la révocation de ceux qui utilisent mal leur pouvoir.(voir la page « constitution » et « un monde meilleur est possible »)

_Outre sa création, il convient de faire face aux obstacles qui empêchent une bonne circulation de la monnaie, par exemple la capitalisation : l’argent capitalisé est immobilisé et manque à ceux qui veulent échanger. Il n’est pas possible d’empêcher toute capitalisation, il est normal que chacun mette un peu d’argent de côté pour faire face à des imprévus ; mais cette capitalisation doit être limitée et taxée au-delà d’une certaine limite pour encourager la circulation. (Certaines monnaies locales sont «  fondantes », perdant un peu de leur valeur si on les garde trop longtemps).De plus, elle ne doit pas être transmissible au-delà d’un certain seuil pour respecter l’égalité des chances.

_Un autre obstacle est la spéculation qui consiste à revendre plus cher ce qu’on a acheté sans avoir rien produit de nouveau : elle permet d’obtenir de la monnaie sans rien produire, ce qui n’apporte rien au système économique mais se nourrit sur lui, le parasite. Il est impossible d’empêcher toute spéculation (il n’est pas malhonnête de revendre sa maison plus  cher qu’on ne l’a acheté) mais elle doit être limitée à quelques gains particuliers et sévèrement taxée au-delà. La spéculation boursière en particulier, qui mobilise actuellement 98% de l’argent créé et permet surtout aux banques de vivre sur le dos du système économique en le parasitant et en l’étouffant, mérite cette taxation si ce n’est d’être interdite.

Le prêt sans intérêts à tous, la taxation de la capitalisation et de la spéculation au-delà d’un seuil raisonnable, sonneront le glas du système capitaliste. Reste à voir plus précisément comment peut fonctionner ce nouveau système en respectant nos règles démocratiques d’égalité (au moins d’égalité de chances et devant les lois), de liberté (les interdits ne concernent que ce qui est dangereux pour les autres) et de fraternité (en favorisant la coopération plutôt que la compétition). Il faut qu’il permette à chaque citoyen de satisfaire ses besoins tout en contribuant dans la mesure de ses capacités aux tâches nécessaires à la vie de la collectivité.

Il est important que chacun puisse avoir suffisamment d’argent pour satisfaire ses besoins mais

_Nous n’avons pas tous les mêmes besoins d’argent : celui qui vit presque en autarcie, produisant presque tout ce dont il a besoin lui-même aura moins besoin d’argent que celui qui est très spécialisé dans son métier et ne sais rien faire d’autre. Il y a des échanges qui se font sans argent : services entre amis, don, troc, travail non rémunéré (bénévolat, femme au foyer, …). On peut considérer qu’il serait juste que chacun travaille le même temps, environ 30h par semaine au total entre les heures de travail pour soi et les heures de travail pour les autres ; celui qui travaille beaucoup pour lui a donc besoin de moins  d’heures de travail monétisé.

_Nous ne gagnons pas tous la même chose par notre travail monétisé car, à temps égal, les productions réalisées n’ont pas toutes la même valeur. On peut aussi considérer que, selon la profession et le degré de qualification, les heures de travail n’aient pas toutes les mêmes valeurs mais ces valeurs doivent être fixées par une commission nationale et non seulement par l’employeur et doivent avoir une limite inférieure et supérieure, par exemple entre 1 et 10 SMIG, une modulation supplémentaire pouvant être faite entre débutant et expérimenté. Le SMIG correspond à l’argent nécessaire pour satisfaire les besoins fondamentaux (se loger, se nourrir, d’équiper, se soigner, avoir des activités de loisir) et est le minimum que peut gagner quelqu’un qui travaille 30h par semaine de façon monétisée ou qui est empêché de travailler. (Si l’empêchement et dû à l’entreprise, c’est l’entreprise qui paye, sinon, c’est la collectivité).

_Les entreprises permettent actuellement à quelques-uns de gagner des sommes astronomiques au point que gagner le plus d’argent possible prend le pas sur la finalité première de cette entreprise. Ceci est dû à l’énorme pouvoir concédé aux actionnaires propriétaires spéculateurs qui peuvent intervenir comme ils veulent dans la gestion de l’entreprise, y compris choisir le dirigeant, y compris la faire s’endetter pour toucher plus de dividendes.

Le droit de propriété doit être réduit à la propriété d’usage : sa maison, ses biens, son instrument de travail. L’instrument de travail n’est transmissible qu’à un autre travailleur, pas automatiquement à la descendance. Les éventuels actionnaires extérieurs ne tirent aucun bénéfice et n’ont aucun pouvoir sur le fonctionnement de l’entreprise s’ils n’y travaillent pas. (Ceux-là disparaitront car tout le monde aura droit à des prêts sans intérêts).

Si nous considérons que personne ne peut gagner plus de 10 SMIG, le prix de vente des richesses produites devra se rapprocher de la formule :

Prix de vente= coût de production+ salaires/quantité produite

Ce qui veut dire que le prix de vente est calculé en fonction du salaire et non l’inverse comme actuellement. Les salaires étant fixés, les prix de vente ne varient qu’en fonction des coups de production et ont donc tendance à rester fixes s’ils ne dépendent pas trop des importations.

La part due au capital disparaît, ce qui fait un gain de 30 à 40%. La part due aux intérêts des emprunts bancaires disparaît aussi. Nos entreprises deviennent très compétitives même sans dévaluation de Franc. De toutes façons, les parités entre monnaies doivent se décider dans une négociation entre états en fonction du prix moyen de l’heure de travail, par exemple, et non en fonction de l’humeur du marché.

Les bénéfices  devront être mutualisés pour alimenter une caisse publique de secours          ( pour aider les entreprises en déficit) et d’investissements

_Nous ne démarrons pas tous du même point : celui qui hérite d’une grande propriété, voire d’une fortune n’aura pas besoin d’autant d’argent que celui qui démarre de rien. Pour respecter l’égalité des chances, il parait juste que le droit d’héritage soit restreint à des biens personnels (maison, épargne dans la limite autorisée, et entreprise familiale seulement si l’héritier y travaille). Le reste revient à l’état qui le redistribue démocratiquement (modalités à voir, peut-être concours public)

_Il y en a qui ne peuvent pas travailler autant que les autres : chômage, maladie, handicap. Il est humain de les prendre en charge et le système monétaire doit s’y adapter.

Pour tenir compte de tous ces éléments, il va falloir que ceux qui le peuvent travaillent plus que ce qui est nécessaire pour la simple satisfaction de leurs besoins de façon à subvenir à la fois à ceux qui ne peuvent pas et à tous ceux qui travaillent pour la collectivité : c’est ce que nous faisons à travers les différents impôts et cotisations diverses, mais tout cela pourrait se simplifier et s’enrichir grâce à la création monétaire maîtrisée :

Plus besoin d’impôts ni de TVA, c’est par la création monétaire que sont payés tous ceux qui travaillent pour la collectivité et la collectivité rembourse en produisant plus pour eux, donc en s’enrichissant. Les impôts ne touchent que ceux qui dépassent les plafonds.

Les pensions de ceux qui ne peuvent travailler suffisamment sont payées par création monétaire aussi.

Débarrassées du coût du capital, du coût des intérêts et des charges sociales des travailleurs, les entreprises deviennent très compétitives en étant protégées en plus par les éventuelles barrières douanières. Pour éviter que des entreprises privées abusent d’une situation de monopole, on pourrait organiser dans tous les domaines une compétitivité saine avec des entreprises d’état à la comptabilité transparente : si le privé peut faire mieux que l’état, il peut gagner plus, mais pas dans des proportions énormes. Les services publics par contre (poste, EDF, SNCF, santé, routes, aéroports,  banque de France …) sont forcément nationalisés.

Chacun travaille de façon monétisée en fonction de ses besoins.

Le travail est un devoir et un droit, l’état est employeur en dernier recours.

Ce système de monnaie service public pourrait satisfaire presque tout le monde, y compris les vrais entrepreneurs industriels : la limite de 10 SMIG de revenus permet de vivre suffisamment largement, d’autant plus que le SMIG serait plus élevé que le SMIG actuel (d’après l’INSEE, cela ne toucherait que les 0,01% les plus riches de la population si le SMIG se rapproche de 2000€). Tout le monde gagnerait en liberté d’entreprendre et en qualité de vie.

Utopique ce système? Oui si vous pensez qu’il l’est. Réalisable? Oui si vous pensez qu’il l’est. Nous fonctionnons par prophéties auto réalisables: si vous pensez que c’est une utopie, vous ne bougerez pas et le système actuel continuera. Si vous êtes convaincu qu’il peut se réaliser, vous allez commencer à chercher quelqu’un capable de l’appliquer et vous en trouverez .Des hommes politiques intègres, courageux et démocrates, capables de porter ce projet existent mais sont soigneusement ignorés des médias, il faut les chercher sur internet avant que celui-ci soit aussi censuré. Il est encore possible de faire une révolution pacifique en utilisant le peu de démocratie qui nous reste, essentiellement l’élection présidentielle, pour reprendre le contrôle de la création monétaire, qui est la clé qui nous permettra d’aller vers plus de démocratie, de redresser l’économie, de nous intéresser vraiment au bien être social et au respect de l’environnement. Les candidats qui prétendent faire cela sans reprendre le contrôle de la création monétaire ne sont pas crédibles car le système actuel l’empêche.L’heure est grave car nous vivons la phase finale d’un coup d’état amorcé il y a 2 siècles qui vise la domination mondiale des peuples par une petite oligarchie comprenant quelques grands banquiers et leurs alliés politiques, médias et grands industriels. (voir l’article sur l’histoire de la création monétaire). Nous pouvons encore réagir tant que les nations existent mais n’oublions pas que la construction européenne vise à leur destruction à moyen terme pour ne gérer que de grandes régions.Un chef d’état non corrompu et courageux pourrait le faire. Il faut que ce chef d’état ne soit pas déjà lié aux banques, pour financer son élection par exemple, et qu’il soit courageux car, avant d’arriver au pouvoir, il subira tous les coups tordus des médias et politiciens actuels aux ordres de l’oligarchie bancaire. Il risque même sa vie s’il est trop seul, c’est pourquoi cela ne pourra se faire qu’avec un soutien populaire important. Il faut militer pour ce système, le faire connaitre pour qu’il devienne la volonté d’une majorité de la population. En attendant, et parallèlement, il est possible de créer des monnaies locales qui l’appliquent pour vérifier sa validité. La plupart des monnaies locales déjà créées s’appuient sur l’euro (on ne peut créer une unité locale qu’en déposant 1€ dans une banque), ce qui leur interdit toute création monétaire nouvelle et limite considérablement leur portée mais, à ma connaissance, aucune disposition légale n’empêcherait d’en faire.

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