Quel système économique compatible avec la démocratie ?

Nous avons vu que le système économique actuel est incompatible avec la démocratie car il donne le pouvoir sur les états aux banques et aux multinationales. De plus, il est intrinsèquement incohérent : si on compare la circulation monétaire à la circulation sanguine, car elle joue le même rôle de régulation des échanges dans tout l’organisme, le capitalisme permet aux capitalistes de pomper du sang indéfiniment sans le remettre dans le circuit et personne d’autre n’en remet. Il y a les petits capitalistes, ceux qui mettent leurs économies à la caisse d’épargne en cas de besoin, ce qui pourrait être compatible avec un système démocratique, et les gros, les banques et les grands industriels, qui eux pompent d’énormes sommes. Les banques centrales privées remettent bien de l’argent mais en échange d’endetter l’état de façon exponentielle. Le système ne peut aboutir qu’à la mort des états.

L’absurdité principale est dûe au système bancaire : il faut remettre les banques à la place qu’elles n’auraient jamais dû quitter, à savoir ne pouvoir prêter que l’argent qu’elles possèdent, à la rigueur une petite partie de l’argent en dépôt, mais surtout pas avoir le droit d’en créer. Et donc surtout avoir une banque centrale d’état chargée de remettre gratuitement de l’argent dans le circuit pour compenser celui qui a été capitalisé ou pour s’adapter à la création de nouvelles entreprises ou de nouveaux échanges monétisés. Cet argent pourrait être distribué sous la forme d’un salaire de base versé sans condition à tous qui intègrerait les minimas sociaux.

Cette condition préalable indispensable étant faite, on peut aussi réfléchir à un système plus juste qui n’engendre pas autant d’inégalités en mettant des limites à l’enrichissement de façon qu’aucun particulier ou qu’aucune société ne puisse devenir plus puissant que l’état :

_En limitant les revenus à 10 ou 20 SMIG par exemple, les impôts étant à 100% au-delà : cela enlèverait le caractère insatiable et destructeur du capitalisme car il ne servirait à rien de vouloir gagner plus.

_En limitant le droit de propriété aux biens personnels et à ses instruments de travail. Les actionnaires auraient le droit d’aider une entreprise par leur argent mais n’auraient aucun pouvoir sur la marche de l’entreprise s’ils n’y travaillent pas.

_En limitant les héritages aux biens personnels eux-mêmes limités (une seule maison par exemple). L’argent capitalisé serait remis dans le pot commun et servirait à alimenter aussi le revenu de base.

_En limitant les possibilités de spéculation : les gains spéculatifs entreraient dans les revenus et seraient imposés en conséquence, les transactions boursières fortement taxées ou même supprimées comme l’a suggéré l’économiste Frédéric Lordon, car actuellement elles agissent plutôt en parasitant l’économie qu’en l’aidant.

_En limitant les bénéfices des grosses entreprises de 2 façons :

En n’en laissant aucune en position de monopole ; il pourrait y avoir dans tous les domaines concurrence entre les entreprises d’état à la comptabilité publique et les entreprises privées : si elles font mieux, elles peuvent gagner plus, mais pas dans des proportions énormes ;

En imposant fortement les bénéfices non réinvestis ou qui ne servent pas à rembourser les actionnaires. Ces bénéfices pourraient être versés à une caisse de solidarité destinée à aider les entreprises en difficulté.

 

Un tel système n’aurait que des avantages pour 99% de la population :

_Les salariés pourraient bénéficier d’un salaire plus important car le fait d’imposer une limite supérieure permettrait de revaloriser le SMIG et le salaire médian. Les entreprises n’auraient pas à craindre de payer trop leurs salariés car elles seraient protégées de la concurrence extérieure par un rétablissement des droits de douane.

_Les petites et moyennes entreprises pourraient se développer librement grâce à un crédit plus facile des banques d’état (ou un don par création d’emploi puisqu’un nouvel emploi nécessite de remettre plus d’argent en circulation) et des charges mieux proportionnées.

_La TVA qui entrave le commerce et est un impôt injuste pourrait être supprimée si l’impôt sur le revenu était calculé de façon plus juste.

_Le chômage ne serait plus un problème car le revenu de base permettrait de continuer à vivre décemment même sans travail.

_Le travail, ou plutôt la participation aux activités sociales, serait davantage choisi, plus facilement négociable ou même conçu dans des échanges non monétisés.

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